Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille... Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres. Le monde magique anglais est en ébullition à mesure que les trois candidats s'opposent, laissant un peu leurs charges respectives à l'abandon au profit de leur campagne. C'est ainsi qu'à Poudlard, un joyeux bazar règne souvent en l'absence du directeur, et que les créatures de tous poils envahissent peu à peu les villes sorcières pour le meilleur comme pour le pire !
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Pour la Science [Cornélia ♥]

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S.A.U.M.O.N
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L'Érudit
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Dim 23 Fév - 22:21
Tout se déroulait selon le plan. Ce petit n'aurait pas volé les réponses d'examens, ça non ; tout était absolument parfait. Du moins, du point de vue de l'Érudit. Il n'avait jamais été amoureux, ou du moins ne s'en était jamais rendu compte. Et en plus de ça, il cherchait midi à quatorze heure, tout le temps, et surtout quand il s'agissait de sentiments.

Comme là, par exemple, où tout lui semblait normal. Des amoureux partout, quel bonheur à observer dans la Grande Salle. D'habitude ils se cachaient, les fourbes, mais là, il avait réussi à en avoir tout plein juste sous les yeux. Il suffisait de se promener. Il avait volé un sac à dos dans un tableau représentant les vainqueurs du concours de tarte à la citrouille de la promotion 1287 de Poudlard. Autant dire que les uniformes étaient bien différents à cette époque, et que le machin sur son dos ressemblait plus à un animal mort qu'à un sac. Mais passons ; le contenu en était bien plus important. Plein, plein de carnets. Remplis des observations qu'il avait déjà effectuées. Parce que ça durait depuis un moment, ce marathon. L'Érudit n'avait jamais autant apprécié de ne devoir ni manger, ni dormir, ni arrêter son espionnage pour aller aux latrines. D'ailleurs, il n'avait jamais vu de tableau représentant des toilettes, bien qu'il puisse voir les vraies toilettes de Poudlard depuis l'étang du canard du sixième étage et il n'était pas sûr de savoir encore comment s'en servir puisque tout le monde fermait les portes (une honte pour la science, vraiment) et puis...

Concentrer ses pensées n'avait jamais été son fort. Il était un tableau, c'était l'excuse officielle ; il avait la mémoire courte pour les choses récentes, alors que les moindres détails de l'Histoire avec un grand H étaient gravés en lui comme sur de la pierre. Alors il gribouillait des pages et des pages de brouillons, puis des pages et des pages de rapports, puis des pages et des pages de philosophie autour des rapports... Et il n'avait toujours rien compris.

Il était assis dans le fond d'un tableau, ses jumelles presque vissées sur le nez, au point que lorsqu'il baissait la tête pour noter, il oubliait parfois de les enlever. Caché derrière un gros rocher dans un paysage de neige immaculée, il commençait à avoir un peu froid, puisqu'il avait replié son manteau rose dans le fond du sac pour passer un peu plus inaperçu. Il n'aurait pas fallu que sa vue effraye les sujets d'expérience. Réaction intéressante de Mr. O'Neill et Miss Wheler. Pulsion soudaine apparente => baiser / T. peu hygiénique mais apparemment agréable. Idée à creuser, comportement fréquent. ...L'Érudit se croyait dans un documentaire animalier, ou presque.

Il releva le nez pour scruter encore la scène dans ses jumelles dorées, un petit modèle d'opéra, encore quelque chose qu'il avait volé. Et puis il enleva les jumelles, parce que quelque chose lui bouchait la vue. Plissant les yeux comme une vieille taupe pour se réhabituer à la vue de près, il sortit la tête entière de derrière son rocher, tel une autruche qui se redresse. Un personnage de tableau, dont l'imposante tenue obstruait presque entièrement la vue vers Poudlard. Alors, L'Érudit fit de grands signes de la main, en sifflant le plus bas possible pour ne pas se faire repérer par les cobayes.

"Par ici !"

Il n'était pas sûr que le rocher serait assez large pour deux, mais au moins il verrait quelque chose.



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Cornélia
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Lun 24 Fév - 15:11
Elle est perdue, encore. Elle ne se souvient pas depuis combien de temps elle déambule, elle n'essaie pas vraiment de s'en souvenir, elle a apprit à aimer la marche, découvrir les tableaux et les différents points de vue de Poudlard à travers les cadres. Elle a fini par arriver aux abords d'un tableau hivernal, dont l'encadrement donne sur une grande salle qui ressemble à un réfectoire. C'est difficile pour elle de se déplacer dans ce paysage, la neige est épaisse, ses chaussures s'enfoncent dans la poudreuse et elle doit relever sa robe presque au niveau des genoux pour pouvoir avancer convenablement. Cette tenue n'est pas facile à porter, il fait froid et ses bras sont nus, elle fixe l'extrémité rivale à moitié désespérée par la distance qui lui reste à parcourir. Elle aimerait bien qu'un peintre ait la merveilleuse idée de peindre un enfant à trottinette, histoire de lui subtiliser discrètement. Quoique, voler un enfant c'est moche.

Elle est occupée à progresser à la vitesse d'une tortue qui tousse quand elle entend une sorte de sifflement, c'est discret et presque inaudible mais c'est bien présent. Difficilement elle tourne la tête, cherchant des yeux la source du son, avant de poser le regard sur une tête, esseulée au dessus d'un rocher, qui s'accompagne de deux bras qui gigotent dans tous les sens, dans le fond du tableau. Elle est partagée entre le bonheur de trouver quelqu'un avec qui discuter et l'appréhension de devoir s'arrêter dans ce cadre. Mais elle ne se souvient pas d'à quand remonte sa dernière conversation, ni même ce sur quoi elle portait et encore moins la personne avec qui elle a eu lieu alors elle décide de se rapprocher de la personne qui l'appelle, à grandes enjambées laborieuses. Bon gré mal gré, le dos tourné à l'école elle progresse jusqu'à discerner correctement les traits de visage de l'homme planqué derrière un rocher et c'est là qu'elle s'arrête. Elle se souvient plus ou moins de son identité, c'est un tableau certes, mais c'est surtout un professeur, et il l'intimide.

Elle voudrait s'enfuir à toutes jambes à l'instant sauf qu'elle n'a pas fait tout ce chemin pour recommencer dans l'autre sens, elle est à bout de souffle, elle a froid et ses pieds vont définitivement perdre leur couleur si elle continue à avancer dans toute cette neige. Dans un sourire contrit elle se place plus ou moins derrière la roche. Manifestement il faut être discret et elle essaie tant bien que mal de se positionner afin de ne plus être trop visible de l'extérieur. Une fois la meringue bouffante de sa robe casée derrière le caillou elle considère plus en détail le professeur, qui ressemble plus à Davy Crockett avec son sac à dos qu'à un fin connaisseur d'histoire de la magie. Elle reprend son souffle, essayant de tendre le cou pour apercevoir l'objet de curiosité si important pour mériter cette discrétion.

- Excusez-moi mais, que faites vous exactement ?

Elle a oublié l'essentiel, elle a même oublié de se présenter, mais ça attendra, elle ne saurait pas bien que dire de toute façon, à part son nom elle n'a aucun renseignements à donner, que ce soit sur sa propre toile ou même son âge.
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Mar 25 Fév - 12:02
La jeune femme l'avait rejoint derrière son gros caillou. Excellente manoeuvre. La planque devenait un peu étroite, tout d'un coup, mais ce n'était pas grave ; il pourrait continuer ses observations. Il considéra un instant l'élégante dame, avant de lui adresser un grand sourire.

« Merci de votre collaboration. » Il chuchotait, mais avec autant de flamme que s'il avait parlé à voix haute. « Je n'ai pas le souvenir de vous avoir déjà croisée... Je me présente donc. Alistair Blackwell, dit l'Érudit, professeur d'Histoire de la Magie. »

Une main sur le coeur, il s'inclina légèrement, pour faire part de son profond respect. C'était la première fois qu'il se présentait à quelqu'un de nouveau avec son nom. Son nom à lui, qu'il avait fallu tant d'années pour retrouver, parce qu'il l'avait oublié.

« A qui ai-je l'honneur, ma Dame ? Vous semblez peiner dans la neige, qu'est-ce qui vous amène par ici ? » Il souriait gentiment, tout en lorgnant du coin de l'oeil ses jumelles. Il entendait ses cobayes parler. Et flûte, ils allaient déménager vers une salle de classe. Il farfouilla dans son sac tout en parlant, pour en sortir le vieil appareil photo. Vite, une image avant qu'ils ne fuient. « Je suis présentement en train d'observer une expérience, voyez-vous. Mon sujet de recherche principal est l'amour, que je tente de comprendre depuis, oh... Plusieurs centaines d'année. »

Il était vraiment distrait. A la table des Gryffondors, Mr. Cooper demandait à Miss Evans de porter son enfant. C'était beaucoup trop intéressant. Il attrapa son carnet et sa plume. Reproduction vraiment confus. Plus obligatoire pour couple depuis ca. 1970, mais symbole d'amour ? T. Bizarre. Une nouvelle photo, pour immortaliser Edward à genoux, une rose en main, devant Jude. Le flash était aveuglant.

« Hum oui. Donc. » Il revint à sa compagne. « J'observe les étudiants. Il y avait une potion pour... Exacerber leurs sentiments ? Je crois que c'est ça. Dans le dessert. Je me cache pour éviter de fausser les résultats. J'ai remarqué que certaines personnes n'aiment pas être observés, et certains élèves me sont sympathiques, peut-être qu'ils exagéreraient pour me faire plaisir, mais il ne faut pas fausser la science. »

Il pouvait sembler un peu fou, mais il était surtout enthousiaste comme un enfant le jour de Noël, parce qu'il se croyait sur le point de tout comprendre, avec une expérience à si grande échelle. La Saint Valentin allait devenir la fête préférée de l'Érudit. Son avidité était presque triste, parce que c'était un signe qu'il ne voyait pas plus loin que le bout de son nez, encore et toujours.



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Mar 25 Fév - 17:45
Elle fronce les sourcils, elle ne comprend pas bien le but de cette cachette mais en tout cas, cette expérience semble intéressante. Elle tend le cou pour regarder la grande salle et les effusions affectives qui s'y déroulent. En effet la foule semble animée mais elle ne peut pas faire la comparaison vu qu'elle ne se souvient pas de l'ambiance qui doit y régner habituellement. Elle ne sait même pas si elle est déjà venue par ici, si elle a déjà observé les jeunes sorciers autant que présentement. Elle a du mal à voir de si loin, elle prend appui de ses mains sur le rocher pour pouvoir se rehausser et gagner un peu de hauteur. Après tout, les étudiants ne doivent pas la connaître, il ne devrait pas y avoir de problèmes s'ils l'aperçoivent, mais elle cesse rapidement elle ne voudrait pas non plus attirer l'attention et que le professeur soit remarqué.

Elle hoche la tête face à ses remerciements, elle pense plutôt que ce serait à elle de lui montrer de la gratitude, il la sort un peu de sa solitude et lui permet d'échapper quelques instants à sa routine qui n'en est pas vraiment une, sans souvenirs. Elle lui adresse un sourire, elle doute en effet de l'avoir déjà croisé, elle fait attention à ne pas approcher de trop les professeurs, surtout ce personnage de tableau, son monde à elle est bien différent, elle n'est pas sûre d'être à sa place en restant ici. Mais elle aime bien parler un peu avec lui, alors elle reste.

- Je ne pense pas que nous nous soyons déjà croisés, en effet. Je suis ravie de vous rencontrer Monsieur, enfin Professeur Blackwell. Elle s'incline légèrement, aussi délicatement que possible dans cet espace réduit. Je me nomme Cornélia, je suis navrée mais. Je ne me souviens pas de mon nom de famille, j'en suis navrée.

Elle le trouve joli son prénom, son nom de famille aussi. Elle est un peu triste, un peu désolée aussi de ne pouvoir se souvenir de son propre patronyme et de ne pouvoir lui retourner les politesses aussi bien qu'elle l'aurait voulu. C'est un peu honteux de se présenter seulement avec son prénom. Elle sourit doucement à l'évocation de la neige, oui c'était laborieux.

- Disons que, je ne pense pas être déjà passée par ici alors j'explorais un peu et je me suis retrouvée dans cette toile. Il me fallait la traverser pour atteindre la suivante.

Elle le regarde fouiller dans... Son sac tout en parlant, il est bien plus gentil qu'elle ne le pensait, elle peine à se souvenir pourquoi il l'intimidait autant, déjà avant de peiner à se remémorer qu'il est professeur. C'est rare, pour un tableau d'être professeur, enfin elle le croit. Elle étouffe un rire léger quand il lui expose le sujet de ses recherches, elle trouve l'idée saugrenue mais loin d'être inintéressante. Elle le regarde écrire souplement, se penchant pour essayer de comprendre ce qu'il peut bien coucher sur le papier avec autant de ferveur mais elle se reprend vite. C'est impoli de lire par dessus les épaules des gens, elle lisse sa robe, regardant à nouveau les élèves enfiévrés.

- Cependant... S'ils sont sous l'effet d'une potion, cela ne fausse t-il pas vos recherches ?
Elle ne veut pas le contredire, il est bien plus intelligent qu'elle et interrompre un monsieur n'est pas chose à faire mais elle a un doute sur le résultat obtenu. Je voudrais dire, les sentiments provoqués ne sont-ils pas factices ?

Les sentiments, et encore plus l'amour sont des choses bien difficiles à comprendre. Y a t-il un algorithme qui l'explique clairement ?  Elle ne se souvient pas avoir un jour aimé de toute manière, elle ne sait même plus de qui elle était alors elle n'est pas sûre de ne pas dire des bêtises, mais au fond d'elle même elle croit que les sentiments ne naissent pas de raison mais plutôt d'une alchimie presque magique. Malgré tout il doit bien y avoir une partie du cerveau qui déclenche ces sentiments, dès lors quelles en sont les déclencheurs principaux ? Peut être que ce sont exactement les choses que le professeur cherche à comprendre, et dès lors elle a vraiment envie de savoir elle aussi.
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L'Érudit
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Jeu 27 Fév - 12:17
L'Érudit offrit un sourire compatissant à l'élégante dame. Il comprenait bien son ennui, lui-même n'avait eu à offrir qu'un surnom pendant plusieurs siècles.

« Tout le plaisir est pour moi, Dame Cornélia. Il n'y a pas de honte à avoir, je n'ai retrouvé mon nom qu'il y a quelques mois. Le temps fait que l'on oublie, j'imagine. »

Il se demanda un instant si elle était un nouveau tableau. Cela expliquerait qu'il ne l'ai jamais vue dans ses promenades – qui ressemblaient plutôt au galop d'un chevreuil bondissant, puisqu'il était enthousiaste même en marchant – et le fait qu'elle explore. Il hocha la tête tout en prenant ses notes ; ce n'était que logique de traverser cette toile pour atteindre la suivante, même s'il existait tout un tas de chemins alternatifs. Il pourrait peut-être lui faire visiter, plus tard. Ou même maintenant ; les cobayes n'avaient pas manqué de s'éparpiller un peu partout dans le château.

Néanmoins, sa remarque suivante lui fit redresser la tête comme s'il avait été frappé par la foudre car il devait bien admettre que...

« Je n'y avais pas pensé. », souffla-t-il, un peu confus. Il passa les barbes de sa plume le long de sa mâchoire, dans un mouvement pensif. « Croyez-vous qu'il existe un amour plus vrai qu'un autre ? Biologiquement, l'amour semble s'essouffler – ou peut-être est-ce lié à l'âge de mes sujets d'observation. Je ne sais pas trop. Je ne comprends pas. »

Encore un peu plus loin dans la salle, Miss Bradbury s'énervait sur Mr. Jefferson. Une honte, l'Érudit aimait bien Mr. Jefferson, mais Miss Bradbury avait une hérédité chargée, après tout. Il y avait trop d'effets différents à cette potion, le vieux tableau était perdu entre les réactions si variées.

« Je n'ai jamais eu l'honneur d'éprouver le sentiment que j'étudie. » Cela semblait être tout à fait normal, à l'entendre parler. « Je pense que je l'aurais reconnu, si ç'avait été le cas. »

Complètement faux ; il s'était contenté de refouler pour ne pas avoir mal. Parce qu'aimer une humaine, c'était s'exposer à de la douleur en un battement de cil, dans sa très longue vie. Mais elle était partie, elle avait pris sa retraite, et il reprenait le cours de sa vie normalement. Loin des yeux, loin du coeur, surtout quand ce n'était pas possible. Son subconscient était performant, lorsqu'il s'agissait de gérer ses sentiments à sa place.

« Avez-vous déjà été amoureuse, Dame Cornélia ? », demanda-t-il distraitement, alors que son esprit cherchait en fond la réponse à sa question. Était-il en train de fausser tout seul des années d'observations ? La plupart des gens avec qui il discutait étaient coopératifs, mais il avait toujours craint qu'un excès de gentillesse les pousse à... Inventer. Il apparaissait qu'exagérer ses frasques amoureuses était une source de fierté pour les individus. Ou du moins les mâles. Il n'avait jamais compris pourquoi les filles étaient mal vues lorsqu'elles faisaient pareil. Alors un petit coup de pouce magique... Était-ce si nuisible ?



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Cornélia
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Sam 1 Mar - 12:52
Elle lui renvoie un regard étonné, de tous les tableaux présents à Poudlard elle n'aurait jamais imaginé que le Professeur ait lui même oublié son nom. Ça la rassure un peu, elle n'est pas seule dans ce cas, peut être qu'un jour elle aussi elle retrouvera son nom de famille, qu'elle se souviendra de sa vie, rien qu'un peu. Mais elle ne se souvient même pas depuis combien de temps elle a oublié alors elle désespéré un peu.

- Je ne sais pas vraiment si je m'en suis un jour souvenue pour vous dire la vérité.

Il sembla un moment surpris et très étonné de sa remarque, avant de faire des suppositions sur la raison de la véracité de l'amour. Peut être était il lié à l'âge après tout. L'âge était quelque chose de très suggestif pour les tableaux, quelque chose dont elle ne se souvenait pas et dont elle se souciait encore moins. Elle penche la tête, pensive, réfléchissant aux sujets soulevés. Malgré tout que ce soit l'âge ou la biologie elle n'était pas sûre qu'une potion puisse véritablement apporter une quelconque réponse tangible à la question.

- Je ne sais pas trop. Ceci dit, je pense, qu'un amour qui se développe seul et s'entretient au fil des années et des expériences doit être plus... Plus véritable ? Elle a du mal à expliquer sa pensée, elle a du mal à se concentrer et à s'exprimer correctement.

Elle est déconcentrée par les effusions qui s'entendent d'où elle est, des cris, des pleurs et des comportements qui feraient rougir n'importe qui. Elle a ce sentiment de décalage, comme une pièce de puzzle que l'on force à s'emboîter, quelque chose d'imperceptible mais qui pourrait être interprété par son âge, à son époque la retenue était encore de mise. Mais elle ne peut pas mettre le doigt sur cette raison, elle est trop étourdie, trop amnésique pour ça. Mais sa bouche s'ouvre en un parfait o, plus étonné que choqué. Ses yeux s'écarquillent, c'est quand même un grand spectacle qui se déroule sous ses yeux.
Elle reporte vite son attention sur le Professeur, sans se départir de son étonnement, il n'a jamais aimé de toute sa longue vie ?

Elle a énormément de mal à imaginer une si longue existence solitaire, c'est triste en un sens. Elle n'arrive pas à se dire que c'est sûrement ce qui l'attend. Elle comprend qu'elle oublie, vite. Surtout quand les personnes à qui elle essaie de converser s'énervent parce qu'elle les a apparemment déjà rencontrés. Plus le temps passe et plus les interlocuteurs possibles se font rares. Elle se sent seule souvent dans ses journées, longues puisqu'elle ne dort que très peu, de temps en temps, et encore.

- Si vous ne le connaissez pas, comment être sûr que vous ne l'avez jamais ressenti ?
Cela lui semble assez logique comme question, elle pense que parfois il faut du temps, beaucoup souvent, pour comprendre que le sentiment que l'on ressent est de l'amour, parfois même on ne s'en rend compte que lorsqu'il est devenu impossible ou inatteignable.

Elle retrouve un de ces sourires doux, il lui pose une nouvelle colle, elle n'en sait rien. Elle espère l'avoir déjà ressenti, avoir vécu un peu de ce bonheur lorsqu'elle était en vie. Elle essaie de se souvenir, mais c'est peine perdue, elle s'effrite, mais elle ne s'en rend pas encore compte.

- Je n'en ai aucun souvenir. J'espère, je pense que lorsque je devais avoir l'âge de ces jeunes gens j'ai bien du aimer quelqu'un. Mais je ne m'en souviens pas et je serais bien incapable de vous expliquer quoi que ce soit sur l'amour.

Elle marque une pause, lui adressant un regard désolé, elle aimerait bien pouvoir l'aider. Elle aime bien son enthousiasme et ses gestes précipités. Elle est intéressée elle même par la réponse à cette question à présent, elle est divertie, elle peut parler avec quelqu'un.

- Mais je crois, que si ça avait été moi je n'aurais pas forcément apprécie que l'on force mes sentiments à mon insu. De ce que j'en sais, l'amour est le sentiment le plus agréable mais également le plus douloureux. Mais pourquoi essayer de déchiffrer un sentiment d'ailleurs ?

Est-ce pour l'amour de la connaissance ? Peut être juste par curiosité, peut être par nécessité. En y pensant elle eu un éclair, presque de génie. L'amour ne se cantonnait pas forcément aux personnes.

- Professeur Blackwell, vous devez bien aimer quelque chose ? N'est-ce pas un amour que vous pourriez également étudier ?
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Lun 17 Mar - 12:03
Tout le monde était bien conscient depuis des années, des siècles même, d'une vérité dont l'Érudit n'arrivait pas à faire le tour complètement. Il avait le doigt dessus, mais des oeillères grandes comme le monde. Il courait après le lapin blanc, il cherchait dans tous les sens ce qu'il avait eu plusieurs fois sous le nez sans vouloir le voir. C'était tellement plus facile de se prendre d'obsession pour quelque chose de grotesque, les introspections étaient dangereuses pour l'équilibre. Et pour l'égoïsme.

Il avait été très égoïste, autrefois, et il l'était encore, par simple incompréhension. Il avait toujours eu une soif de science, de connaissances, qui l'avait poussé à finir tout seul, brisant le coeur de ceux qui avaient tenu à sa compagnie. Il avait été aimé, mais trop engoncé dans ses impossibles recherches que pour en tenir compte. Quand il était mort, il s'en était un peu rendu compte en voyant depuis son tableau le peu de famille qui lui restait venir se recueillir. Et il s'était justement demandé ce qu'il avait fait, pourquoi il avait laissé tous ses proches s'éloigner. Depuis, il était devenu serviable, et il s'efforçait d'être attentif... Mais il ne pouvait plus s'attacher. Pour la simple raison que la vie d'un sorcier, si longue soit-elle, passait en un battement d'ailes de papillon. Alors il observait les autres, c'était aussi simple que ça.

Un amour qui se développe seul et s'entretient au fil des années et des expériences... Comment être sûr qu'il ne l'avait jamais ressenti ? C'était...

« C'est une excellente question. Je ne sais pas, pour tout dire. »

Ils échangeaient des questions, et c'était l'un des genres de discussion préférés de l'Érudit. Il était agréablement surpris ; habituellement, les tableaux étaient limités. Peu d'entre eux étaient encore capable de tenir une conversation, parce que l'ennui les abrutissait. C'était au moins l'avantage d'une obsession qui ne lui laissait pas le temps de dormir. Il se concentrait sur quelque chose, il gardait une certaine part d'humanité. Et visiblement, Cordélia, si elle semblait avoir de gros problèmes de mémoire, n'avait aucun souci quant à la réflexion logique.

Ecoutant religieusement, il en oubliait presque d'observer, et il omettait complètement de prendre des notes.

« Croyez-vous que les élèves seront contrariés de cette expérience ? » L'idée lui venait pour la première fois à l'esprit, comme une illumination. « Je n'avais pas envie de les prévenir pour ne rien fausser, voyez-vous... Je n'ai pas songé qu'ils ne puissent pas apprécier, à vrai dire. »

On apprécie toujours ce qui est fait pour la science. Surtout quand c'est en combinaison avec un dessert aux cerises. Enfin, selon l'Érudit. Même si, personnellement, il préférait les framboises. L'amour est le sentiment le plus agréable, mais également le plus douloureux... La douleur lui évoquait quelque chose, et il se surprit à penser que, peut-être, cela aurait pu expliquer la détresse qu'il avait ressentie quant à la disparition de quelqu'un à qui il avait porté plus d'attention que la normale...

Il repoussa cette idée. Bien loin. Sinon son humeur allait en pâtir, parce qu'elle était partie. Il valait mieux répondre aux questions.

« J'essaye de comprendre depuis bien longtemps. C'est quelqu'un qui m'a un jour posé la question. Une amie à moi, nous étions à Poudlard ensemble – en tant qu'étudiants, je veux dire. Elle m'a aidé pendant de longues années après nos études, m'assistant dans mes recherches, et lorsque je suis tombé à cours de livres à lire et d'expériences à mener, elle m'a proposé de me pencher sur l'amour. »

Bien sûr, il n'avait rien compris, à l'époque. Il n'avait pas vu que son amie Valérianne voulait lui ouvrir les yeux, il s'était lancé sur ce nouveau sujet avec un enthousiasme débordant, comme toujours. C'était ce qui avait fini par décourager la pauvre dame, et tuer Alistair Blackwell pour le transformer en ce qu'il était aujourd'hui... Tout ça pour un quiproquo.

Quant à savoir s'il aimait quelque chose, il réfléchit un instant.

« J'ai étudié diverses formes d'amour. J'ai tiré des conclusions sur à peu près tous, dont la plupart semblent motivées à un niveau biologique ou par un quelconque instinct de survie. Ce que je ne comprends pas, c'est l'amour entre deux personnes lorsqu'il ne semble y avoir aucune raison logique. Il faut certainement une raison, quelque chose. Dans le temps, c'étaient les enfants. Maintenant... Je suis encore moins certain de ce que je dois en penser. Et puis il y a toutes ces histoires où les amants passent outre le pragmatisme le plus simple pour être ensemble, et finir par en mourir. Pourquoi est-ce qu'un ode à la vie mène à des tragédies ? Il y a des choses que j'aime, des gens que j'apprécie, mais je pense que ce qui m'échappe... » Il passa pensivement les barbes de sa plume d'écriture le long de sa mâchoire. « Je pense que c'est la puissance de la chose. La violence. La passion. C'est le noeud de mon problème, parce que ce n'est pas logique. »

Tout doit toujours être logique, c'est bien connu. Il fit un geste vague vers Poudlard, et la grande salle agitée.

« La potion recrée cet ouragan. De ce que j'ai observé, ce n'est pas le cas de ce qui se construit lentement, à moins que je me trompe... Enfin. Je dois être un peu confus, veuillez me pardonner. J'imagine qu'à force de vouloir la mesure en toutes choses, j'ai perdu la faculté de ressentir cet élan qui ne semble pourtant pas limité à la jeunesse... » Il secoua la tête, désolé, avant d'adressé un sourire piteux à Cornélia. « Parfois j'aimerais en avoir fini, tout comprendre d'un coup, mais je me dis que je serais bien désoeuvré si ça arrivait. »

Il l'avouait naïvement, en fin de compte ; ce qu'il cherchait, c'était probablement un amour qui réponde à sa perpétuelle agitation d'une manière ou d'une autre. Il ne faisait jamais rien à moitié, et s'il avait aimé, ce n'était pas avec le genre d'amour qu'il aurait pu reconnaître... C'était justement le cas qu'évoquait sa compagne.

« Enfin. Je dois dire, vous êtes brillante, Dame Cornélia. Vous avez des idées intéressantes. »

Elle le faisait réfléchir, et il aimait ça ; le compliment était des plus sincères.




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Cornélia
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Lun 31 Mar - 14:19
Il n'était pas buté, ce n'est pas qu'il ne veux pas comprendre, c'est qu'il n'y arrive pas. Et Cornélia a bien du mal à expliquer l'idée qu'elle se fait de l'amour. Elle ne sait pas si elle l'a déjà ressenti et ne peut que faire appel à son raisonnement et à son imagination couplée à l'observation. Malheureusement l'observation n'est pas non plus un point sur lequel elle peut se reposer étant donné qu'elle oublie progressivement ce qu'elle a bien pu faire, dire ou voir. Il est très rare qu'elle se souvienne même des visages et des noms des personnes qu'elle côtoie pourtant depuis de nombreuses années. Alors elle essaie de dépeindre le plus fidèlement possible ce qu'elle en pense, ce qu'elle suppose que c'est. Et plus elle creuse, moins elle trouve d'explication logique, peut être parce qu'il n'y en a pas, ou qu'elle n'est pas assez vive pour le comprendre. Ses yeux se perdent dans le vide alors qu'elle y réfléchit activement, qu'elle essaie de comprendre, et c'est une des premières fois depuis des années qu'elle prend réellement la peine de réfléchir à un problème, qu'elle recommence à faire marcher son cerveau à un régime acceptable. Mais elle est facilement distraite et c'est compliqué de tenir un raisonnement censé et dans la longueur, elle a déjà du mal à se rappeler des arguments qu'elle a déjà avancés.

Continuant d'y penser, à un rythme de croisière pour ne pas s'épuiser inutilement elle reporte son attention sur l'agitation de l'école, aujourd'hui c'est très animé et c'est sûr qu'une passion qui semble réelle anime les sorciers mais quelque chose la gêne quand elle pense que c'est provoqué. Tout au fond pour elle c'est avant tout quelque chose de naturel, d’incontrôlable et essayer de le reproduire lui paraît si loin de la réalité. Ce n'est pas que les sentiments démontrés sont fades, au contraire, mais ils sont extrêmes et factices. Elle est rappelée à la réalité par la voix du professeur qui lui expose son ignorance quant à ses propres sentiments. C'est souvent compliqué de savoir ce que l'on a ressenti, ce que l'on ressent et souvent ce que l'on aimerait ressentir. Elle lui adresse un sourire doux, au moins ça leur fait un point commun, même si les circonstances sont différentes il ne sait pas non plus s'il a déjà aimé quelqu'un.

Il lui renvoie alors une question qui la prend de court. Elle lisse les plis de sa robe en essayant de se mettre à la place des élèves. Elle croit qu'elle n'aurait pas aimé ça, qu'elle aurait été bouleversée et perdue, qu'elle aurait eu du mal à comprendre. Derrière cette expérience les conséquences peuvent être lourdes, il y a une forme de contrôle sous-jacent. Il est vrai que la façon et la raison dont un amour se déclenche restent inconnues mais le fait qu'une simple potion puisse le faire est perturbant. C'est intriguant également, il y a plein de choses à observer et à tenter de démêler dans ce genre de situation.

- Il y a de grandes chances qu'ils soient contrariés en effet. L'amour contemporain est exclusif, dans la masse d'étudiants touchés certains avaient peut être déjà trouvé un partenaire. D'ailleurs je me demande comment les couples sont décidés par la potion. Peut être que rien est basé sur la compatibilité des deux personnes, que c'est totalement aléatoire.

Car s'il y a une chose dont elle est sûre c'est que l'amour est basé sur des affinités, qu'il doit y avoir une certaine alchimie entre deux moitiés de couple. Et l'amortentia ne semble pas se formaliser de ces critères. Ne pas les prévenir a été réellement une bonne idée, premièrement pour ne rien fausser mais également et surtout parce qu'ils auraient tout tenté pour arrêter le professeur. Le fait qu'il n'ait pas pensé aux réactions des étudiants prouve à quel point il ne regarde pas l'amour du bon angle. C'est un fait scientifique pour lui, une donnée à étudier sans conséquences. Malheureusement les conséquences risquent de lui retomber dessus comme un mauvais coup de bâton. L'intention n'était pas mauvaise mais l'incompréhension provoque parfois des ravages. Elle continue de lui sourire, un mélange de compassion et de tolérance, elle pense que c'est un bon professeur et qu'il ne voulait absolument pas à mal, les élèves devraient bien le comprendre.

Il semble réfléchir activement quand une moue contrariée s'affiche sur son visage. Cornélia a gratté un peu le vernis, il a peut être mis le doigt sur quelque chose mais manifestement il ne veut pas creuser l'idée plus avant, il n'est pas encore forcément prêt pour se rendre compte de ses propres ressentis. Elle peut le comprendre même si elle effleure à peine les raisons, c'est difficile d'aimer pour un tableau, ils sont partiellement éternels et s'attacher veut aussi dire perdre. C'est une douleur dévastatrice parfois et ne pas aimer lorsque l'on est une peinture est une forme de protection plus que d'indifférence. Elle n'a pas vraiment ce problème là, Cornélia, puisque sa mémoire ne lui permet pas de tisser de vrais liens avec les gens, ils se lassent de lui répéter les mêmes choses, seuls quelques irréductibles s'acharnent et continuent de venir la voir inlassablement.

Elle l'écoute avec une curiosité non dissimulée raconter sa vie humaine, elle l'envie un peu de s'en souvenir, elle rit légèrement en essayant de l'imaginer enfant il y a de ça sûrement des siècles. Elle a soudain un élan débordant de compassion pour la jeune amie de celui qui n'était pas encore l’Érudit, elle pense cerner quelque chose, qu'elle lui exposera une fois son récit terminé.

- Professeur Blackwell, cette jeune femme semblait tenir beaucoup à vous, avez vous tenté d'y réfléchir ?

Elle ne veut pas exposer directement ce qu'elle en pensait, elle trouve que c'est mieux de le laisser s'y pencher, qu'il comprenne de lui même. Arracher de force des œillères n'est pas une bonne idée, il faut le laisser analyser et le guider dans la bonne direction sans le pousser. Il expose ensuite ses constats sur les différentes formes d'amour. C'est passionnant pour Cornélia qui cherche toujours à comprendre les choses, cette idée que le sentiment amoureux soit poussé par la survie. Le plan biologique semble avoir atteint ses limites, elle tend le cou pour mieux voir derrière le rocher, provoquant de légers bruissements de tissu. Le nœud du problème est là, pourquoi aime t-on sans aucune raison logique ?

- Je pense... Elle prend le temps de réfléchir plus avant quelques secondes. Je pense qu'il doit y avoir également une raison mentale, que la solitude pour un être humain tout au long de sa vie doit être insupportable. Que nous sommes faits pour ressentir, pour s'attacher, pour aimer.
La question des amants maudis est différente, elle n'a pas de mal à s'imaginer un amour aussi fort qu'il prend le pas sur l'instinct de survie même. L'amour est un instinct lui même pour elle, un sentiment assez puissant pour annihiler tout le reste.
- L'amour est pour moi quelque chose qui peut provoquer un besoin de protection quasi animal. Tout être humain désire protéger ce à quoi il tient, et la personne aimée est au dessus de tout le reste. C'est là la puissance de l'amour, son côté passionnel, mais ce n'est pas logique en effet.

Elle pose une main délicate sur son avant bras face à son aveu, elle l'imagine désœuvré, ce qui l'attriste, il y a toujours des choses à découvrir, et il ne faut pas que ce point soit la fin de ses pèlerinages. Elle l'observe un peu, le physique n'est pas essentiel dans un couple mais c'est un fait avéré, il n'est pas possible qu'il n'ait pas été aimé.

- Même si un jour vous trouvez la réponse à cette question je suis sûre qu'il y aura encore beaucoup de choses à découvrir, notamment sur vous même. Sur vos sentiments, sur ce que l'amour apporte, ce qu'il provoque, sur ses différentes manifestations en fonctions des personnes.

Elle retrouve un sourire plus poussé, touchée par le compliment, elle aime beaucoup discuter avec lui, ce n'est pas seulement divertissant mais c'est aussi stimulant.

- Je peux vous retourner facilement le compliment Professeur Blackwell, c'est très agréable de discuter avec vous et j'espère me souvenir durablement de cette conversation.
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L'Érudit
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Dim 6 Avr - 12:26
De grandes chances pour que les étudiants soient contrariés... L'Érudit était un peu contrarié lui-même par cette perspective. Il avait une manière de penser qui pouvait dérouter le commun des mortels, il était au courant. Il avait d'ailleurs toujours été étrange, même de son vivant, et la transformation en tableau n'avait fait que le dépouiller au fil du temps du peu de sens pratique qu'il possédait. Depuis qu'il n'était plus humain, il était obsédé par un unique sujet, comme c'était souvent le cas des personnages peints ou des fantômes ; il avait beau pouvoir se souvenir d'une masse importante de choses, ce n'était que de la mémoire, parfois étrangement sélective. Sa logique et ses pensées, elles, semblaient toujours se tourner vers la même chose. La plupart du temps, il ne s'en rendait même plus compte... Et, en fait, il détestait s'en rendre compte. C'était un peu comme lui mettre le nez dans ses erreurs, lui montrer qu'il perdait l'esprit un peu à la fois alors qu'il se battait de toutes ses forces pour rester le plus humain possible. Le fait d'avoir un travail et du contact avec les gens de Poudlard aidait énormément. Mais parfois, ce n'était pas suffisant.

Cornélia était étrangement lucide, pour un tableau. Sans doute était-elle beaucoup plus jeune que lui, malgré les apparences qui leur donnaient un âge assez proche. Il n'avait plus beaucoup réfléchi après qu'on lui eut soumis la question de l'amour, car son esprit avait tourné à vide pendant trop longtemps. Dés qu'il avait eu un sujet de recherches, il s'y était lancé à corps perdu, et cela durait encore trois siècles plus tard.

« Pas vraiment... », fit-il dans un souffle, les sourcils froncés, écoutant religieusement ce qu'elle avait à dire.

L'Érudit réfléchissait. Cette impossibilité de rester seul, il la comprenait parfaitement, pour des raisons évidentes. Chacun des gens qu'il côtoyait portait en lui un petit bout de l'humanité du vieux tableau, un peu de santé mentale. On pouvait vivre un moment seul, mais il reconnaissait en sa propre soif de contact que ce n'était pas possible indéfiniment. La compagnie d'autrui était importante pour les créatures ; il en avait offert à Moriarty pendant les années où le fantôme se cachait, car il était douloureusement conscient qu'en être privé était pire que tout.

Restait à relier cela à l'amour, car la concordance ne se faisait pas encore. Un besoin de protection ? Il avait déjà ressenti un besoin de protection violent, mais il était logique. Enfin, il lui avait semblé logique... Jusqu'au moment où il s'était rendu compte qu'empêcher la mort d'approcher un humain qui l'accueillait à bras ouverts était impossible. S'il reprenait son exemple des tragédies, l'idée devenait de plus en plus complexe.

« Protéger quelqu'un jusqu'à l'en détruire ou l'étouffer... C'est un peu contre-productif, tout de même. Mais je crois que je comprends. »


Il fit tourner sa plume entre ses doigts, le regard vide, comme perdu dans la contemplation de la neige au sol, parce qu'il ne savait plus trop quoi écrire sur son carnet. A chaque fois qu'il lui semblait rencontrer le début d'une idée, il semblait qu'il y avait sous la surface un millier d'autres idées reliées ensemble comme une toile inextricable. Tout cela mélangé à son extraordinaire faculté d'ignorer ce qui le dérangeait... C'était comme vouloir explorer la terre entière sans jamais traverser un océan, en trouvant les moyens les plus biscornus possibles pour arriver à ses fins.

Le pire restait qu'il n'était pas entièrement certain de vouloir de la réponse à son ultime question, parce qu'il avait peur du vide qui pourrait venir par après. L'Érudit détestait le vide. Il fallait remplir son bureau et sa classe d'objets, remplir sa toile de choses glanées dans toutes les autres, remplir le silence d'interminables discours, remplir son temps en restant toujours occupé. Il remplissait sa mémoire de savoir, utile ou pas, et toute ses pensées de questions plus ou moins absurdes. Peut-être parce qu'il y avait quelque part un immense vide à compenser. Mais étrangement, Cornélia semblait comprendre, et lui affirmer qu'autre chose viendrait après. Il eut un sourire désabusé.

« Si vous l'affirmez, je ne peux que vous croire... J'imagine qu'il me faudra encore quelques siècles pour tout ça. »

Il secoua la tête, comme pour revenir à lui-même, et son sourire s'épanouit plus franchement. Il était perturbé, certes, mais tout de même.

« J'imagine que si les étudiants doivent m'en vouloir, autant profiter du moment pour effectuer mes observations, je me dépêtrerai de leur courroux lorsqu'il adviendra. » Il se redressa, avant de tendre la main à la dame pour l'aider à faire de même. « Si vous avez un peu de temps devant vous et que le coeur vous en dit, je serais absolument ravi de profiter de votre sagesse quant aux différents cas que nous pourrions observer. »

Il ne savait pas encore si sa compagnie lui était agréable, entre ses raisonnements remarquables et les questions désagréables qu'elle posait, mais il penchait vers le oui. Il lui proposait son bras pour une promenade, en fin de compte. Une étrange promenade empreinte de voyeurisme, mais tout de même. D'ailleurs...

« Pardonnez ma question soudaine, mais puisque je n'ai pas souvenir de vous avoir croisée, je me demande... Où se trouve votre toile ? »

L'Érudit connaissait pourtant plutôt bien le château. Sans doute était-il l'un de ceux qui le connaissaient le mieux, et il y avait quelqu'un qu'il n'avait jamais rencontré jusque là, surtout parmi les créatures. C'était en soi un sujet de curiosité.



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Cornélia
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Jeu 10 Avr - 13:03

Les attitudes lui apprennent beaucoup, elle ne veut jamais de mal Cornélia, elle aimerait que tout le monde soit toujours heureux, qu'ils ne s'inquiètent pas, qu'ils n'angoissent pas. Mais elle ne sait pas trop comment faire, elle ne se souvient pas de ceux qu'elle a déjà croisés, et de ce fait, n'arrive pas à se rappeler de leurs soucis. Elle n'est pas très douée pour remonter le moral des gens, elle est un peu maladroite et pose souvent les mauvaises questions. Ce qui la plonge dans un embarras sans nom qui lui fait perdre ses moyens généralement. Elle est démunie devant le léger enfermement du professeur face à elle, mais elle continue de sourire doucement, parce qu'elle se doute que prendre un air maussade ne ferait que rembrunir la conversation et leurs humeurs, et elle est trop contente de pouvoir réellement parler à quelqu'un qui veut bien prendre le temps de réfléchir avec elle. Habituellement elle passe plus de temps à soliloquer seule, la majorité des autres l'ignorant royalement ou soupirant sur son passage. Elle ne comprend pas bien, mais elle hausse les épaules en se disant éternellement qu'elle tombera bien sur quelqu'un avec qui converser. Et aujourd'hui elle est entrain de discuter avec un professeur au savoir immense. Alors ce serait trop bête de le fâcher ou de le froisser. Ceci dit, Cornélia pensait tout ce qu'elle disait et vice versa, et elle est réellement convaincue que le professeur aura toujours de quoi occuper son esprit, même si elle doit lui trouver elle même des questions éternelles.

Cornélia ne sait pas trop si elle pense beaucoup, elle ne se souvient pas vraiment, et elle se demande si elle s'est déjà posé toutes ces questions, probablement pas au point d'en être aussi passionné. Mais c'est un côté entraînant du tableau aussi, cette énergie que l'on ne retrouve dans aucune toile. Malgré les petites tensions qui régnaient il y a quelques instants elle observe qu'il réfléchit tout de même, constat qui la rassérène un peu. Il semble comprendre la question de la solitude et elle décide de ne pas insister sur la question des amours passés, après tout, elle ignore depuis combien de temps il s'est éveillé en tableau, et elle ne peut qu'imaginer ce que ce doit être de se souvenir de sa propre vie, il y a de ça si longtemps. Sa remarque la fait froncer les sourcils sous le constat clair, c'est vraiment contre productif. Ce qui boucle la boucle en un sens, de nouveau les sentiments ne sont pas logiques. Mais la protection est quelque chose de presque familier pour Cornélia, elle ne se souvient pas mais c'est réellement quelque chose qui fait écho quelque part.

- C'est bien contre productif en effet, mais je pense que c'est un tel besoin que ça en devient totalement hors de la logique. Souvent d'ailleurs le désir de protection va de pair avec l'amour.

Mais son sourire avait déjà perdu un peu de son éclat, ce qui l'attrista un peu, elle voudrait bien s'excuser mais elle ne comprend pas bien son malaise, et elle a peur d'envenimer les choses si jamais elle met trop le doigt dessus. Comme elle y a déjà pensé elle ne veut pas lui arracher de force les choses, il faut qu'il les comprenne de lui même, et l'avantage d'un tableau c'est qu'ils ont tout leur temps pour réfléchir aux choses. Cornélia n'a pas vraiment cette notion, elle a tendance à considérer qu'elle a seulement 24 heures, voire moins avant d'oublier. Elle a donc souvent l'impression de courir contre le temps qui s'étirera de toute façon à l'infini pour elle. C'est cependant une question qu'elle omet volontairement elle même, parce qu'elle n'aime pas se souvenir qu'elle oublie. C'est assez douloureux au final de se rendre compte soi-même de ses limites, alors comme dans quelques heures l'oubli sera irrémédiablement là elle préfère découvrir et remplir le plus ses journées pour ne pas trop y penser.

C'est pour ça aussi qu'elle est contente de parler, parce qu'elle n'a pas à se battre contre elle même, naturellement elle pense, elle réfléchit, elle décortique les choses, et ça fait du bien de faire travailler son esprit. Alors que le professeur finit par sortir de ses réflexions moins agréables que les précédentes Cornélia récupère son éternel sourire doux, peut être que ça le fera aller un peu mieux. Elle devrait peut être arrêter de poser des questions, elle est peut être un peu trop indiscrète ou trop brute avec lui. Elle acquiesce avec douceur à sa remarque.

- Quelques siècles ne sont pas grand chose pour un tableau, vous avez tout le temps d'y réfléchir. Et les questions ne manquent pas, du moins à mon humble avis.

Un jour viendra le temps où il sera bien confronté à ce qu'il enfouit mais en attendant il a tout son temps pour tourner sous toutes ses formes la question de l'Amour. Elle rit un peu lorsqu'il évoque de nouveau l'énervement des étudiants et le bon sens que ce serait d'en profiter. Elle est d'accord avec lui, maintenant que c'est déclenché, autant en profiter au maximum et en tirer toutes les observations dont il aurait potentiellement besoin.

- Vous avez parfaitement raison professeur Blackwell, du reste je ne saurais que trop vous conseiller de faire attention à vous dans les prochains jours. Malgré tout, il me semble que les jeunes humains ont certes la colère mais aussi le pardon rapide. Du moins, pour un tableau.

Elle oublie souvent qu'elle n'a pas la même notion du temps que les vivants, du moins les mortels. Une vie humaine est bien courte comparée à l'errance éternelle des toiles qui, une fois éveillées, ne connaissent plus la finalité, l'aboutissement, la mortalité. Comme les fantômes, les tableaux sont déjà morts une fois et une vie humaine leur paraît bien courte. Elle regarde le professeur qui parait pourtant jeune physiquement se redresser avant de lui tendre poliment la main pour qu'elle en fasse de même. Ne se séparant pas de son sourire léger elle l'imite en saisissant délicatement la main tendue, sans peser trop dessus pour finir de nouveau debout. Elle lisse quelque peu les plis de sa robe encombrante avant d'en saisir une extrémité d'une main pour la relever légèrement et qu'elle ne traîne pas par terre.

- Je doute faire preuve de grande sagesse mais j'en serais ravie, j'ai tout mon temps et je dois avouer que votre expérience est réellement intrigante professeur.

Elle saisit alors le bras proposé pour pouvoir se promener convenablement tout en échangeant avis et constats. C'était certes, peu habituel comme divertissement mais ça avait le mérite d'être original et surtout d'entretenir ses capacités de raisonnement. Sans le vouloir il pose alors une des questions qui lui étaient des plus douloureuses. Elle baissa un peu la tête, son sourire se fanant quelque peu et ses yeux se voilant légèrement. C'était des changements minimes mais qui trahissaient sa tristesse. C'était une question dont la seule réponse qu'elle avait à donner la rendait triste. Elle fit cependant un effort pour continuer à sourire en lui répondant.

- C'est un peu délicat. J'aurai réellement aimé vous renseigner professeur Blackwell. Cependant j'en suis incapable, je ne me souviens pas de la location de ma propre toile.

Elle la retrouve parfois, par hasard, elle comprend mieux pourquoi elle est comme ça quand elle voit sa toile, mais elle oublie bien vite l'endroit où elle est entreposée, peut être aussi qu'elle ne veut pas vraiment y retourner, la voir. Elle ne s'en souvient pas de tout ça, dans ces cas là, quand elle a oublié, elle aimerait bien s'en souvenir, savoir où elle est.
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L'Érudit
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Dim 13 Avr - 11:08
L'Érudit hocha la tête. Le temps n'était dans le fond pas grand chose, et il était heureux de ne pas le sentir passer, au risque de se noyer dans la folie. Si c'était là son sage conseil, il serait prudent dans les jours à venir. Ou du moins le croyait-il ; l'avenir est toujours un étrange sfumato pour ceux qui n'ont pas le don de le lire, après tout, et il avait déjà prouvé être du genre distrait.

Cornélia saisit sa main, et il se sentit sourire doucement devant les difficultés qu'elle semblait avoir avec sa tenue. Tous les personnages n'étaient pas logés à la même enseigne, après tout. Lui-même avait eu de la chance. Cornélia était belle, mais ce ne devait pas être pratique tous les jours, surtout pour crapahuter dans la neige. Il se demandait tout de même ce qu'elle venait faire par ici, et pourquoi diable la mode de son époque avait décidé de placer tant de tissu vers le bas plutôt que de couvrir ses fragiles épaules. C'était le genre de choses qui lui échappaient complètement.

Il fut ravi d'entendre qu'elle avait un peu de temps à lui accorder, car si elle ne pensait pas faire preuve d'une grande sagesse, il était tout de même certain qu'elle montre une logique implacable, le genre de logique qui manquait parfois cruellement à l'Érudit malgré sa science plutôt étendue. Elle s'accrocha à son bras, et son sourire s'agrandit. L'expédition allait être bien plus plaisante, à présent. Et sans doute bien plus pour elle que pour lui encore, au vu de la difficulté d'avancer qu'elle avait montré un peu plus tôt. Pour ne rien gâcher, ils formaient un charmant tableau, il n'en doutait pas.

Tout au choix de la direction, il ne se rendit d'abord pas compte que sa question était délicate, mais le ton de la voix de Cornélia attira son attention, violemment. Il soupira, très légèrement ; une fois de plus, sans le vouloir, il avait débordé hors du cadre des convenances et posé la mauvaise question, car elle avait l'air triste. L'inquiétude se peignit sur son visage.

« Oh. Je vous présente mes excuses, je n'ai pas pensé que... »

Sa voix s'éteignit, et il devint pensif. C'était curieux, lui-même n'avait jamais oublié où était sa toile. Aucune de ses toiles, à la vérité, puisqu'il en avait quelques unes pour son usage personnel un peu partout dans le château. Il médita un instant, le temps de passer dans la peinture suivante. Elle était dans le couloir du rez-de-chaussée, une image assez plaisante. Une palette de couleurs qui explosait sous les yeux , un champ de fleurs impressionniste. Il s'était toujours demandé si les tons étaient aussi travaillés pour les gens de l'extérieur ou si les personnages de tableau avaient une perception particulière qui rendait leur environnement plus net. Dans tous les cas, l'Érudit aimait passer par là, car c'était l'entrée du couloir des tableaux, digne d'une visite régulière. S'y retrouver là dedans était tout un art, qu'il maîtrisait à la perfection.

« A quoi ressemble votre toile, Dame Cornélia ? »

Il avait enfin repris la parole, se préparant déjà à chercher dans ses vastes souvenirs où il pourrait trouver un endroit correspondant à la description, sans ce douter qu'elle ne pourrait pas mieux en brosser un portrait que la localiser.

« Avec un peu de chance, » continua-t-il sur sa lancée, « j'y suis déjà passé en votre absence et je pourrais vous aider. L'avez-vous quittée il y a longtemps ? »

Peut-être un autre personnage pourrait-il la renseigner, parmi ses connaissances, si lui-même ne pouvait rien trouver. Néanmoins, il ne le suggéra pas encore, car il ne savait pas exactement qui, dans les personnages, voyageait plus loin que la porte à côté dans l'immense paysage de tous les tableaux. Il était tellement concentré sur la conversation qu'il en oubliait de regarder vers Poudlard, il ne faisait plus l'esquisse d'un geste vers son carnet, abandonné dans une large poche de son manteau.

« Dans tous les cas, où vivez-vous en attendant de vous souvenir ? »

A nouveau, il montrait une certaine inquiétude, à présent que la question lui avait traversé l'esprit. Ou plutôt, il était une aquarelle d'émotions différentes, entre ce souci et la réflexion intense dans laquelle il s'était déjà lancé sur quelques mots à peine. Était-il possible qu'il ait croisé Cornélia et qu'il l'ait oubliée... ?

Spoiler:
 



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Cornélia
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Jeu 17 Avr - 16:35

Le bras offert par le professeur avait en réalité bien des avantages pour aucun inconvénient. Tout d'abord Cornélia était heureuse de pouvoir jouir d'un appui non négociable, malgré toute la bonne volonté du monde couplée à la mauvaise foi la plus évidente, il aurait été inutile d'essayer de faire croire à qui que ce soit que gambader dans la poudreuse était une partie de plaisir et un moment de rigolade. Elle n'avait même aucun souvenir de quelque chose de plus désagréable que cela. Ceci dit, ce n'est pas bien difficile étant donné le peu de souvenirs qu'elle arrivait à conserver. Il est évident que ses chaussures légères et son dos exposé n'étaient pas des plus adaptés à la balade en montagne. D'autre part cela faisait très longtemps que Cornélia avait réellement eu de contact avec quelqu'un d'autre, ce qui lui rendait presque une part d'humanité. Il est difficile de décerner ce qu'une peinture a réellement gardé de la personne humaine qu'elle était, surtout lorsqu'elle est âgée. Cornélia avait peur dans ses moments de réflexion et de lucidité de perdre tout ce qui l'avait rendue humaine, de s'éloigner à jamais de ce qu'elle avait pu être, de son essence. Elle se demandait aussi parfois pourquoi l'avait-on peinte et pourquoi elle avait pris vie. Mais c'était des questions sans réponse, c'était même pratiquement inutile d'y réfléchir. En plus de 80 ans de vie de tableau elle avait renoncé à se souvenir, à se rappeler, elle préfère aujourd'hui noter ce qu'elle fait, ce dont elle parle pour garder une trace.

Comme à l'aller elle relève d'une main soigneusement sa robe pour avancer plus facilement, laissant le professeur les guider vers la destination qu'il lui semble juste, il doit avoir plus d'instinct et une idée plus claire de l'endroit où ses sujets d'expérience doivent se réunir. Elle se concentre donc sur ses pas et sur ses paroles. C'est grâce à son attention sur ses faits et gestes qu'elle perçoit le soupir à peine audible et qu'elle relève ses yeux d'un bleu un peu fané sur son visage, qui arbore une expression qu'il n'a jamais eue jusqu'à maintenant. Elle ne sait pas bien s'il est contrarié ou s'il est inquiet mais elle lui adresse un sourire rassurant, c'est l'avantage de sa condition. Elle apprend à vivre avec, elle oublie qu'elle a eu mal, elle ne se formalise pas de ses peurs qui disparaissent bien vite. Elle ne se rend pas compte que ses souffrances et ses inquiétudes reviendront bien au galop lorsque le sujet sera de nouveau évoqué, et quelque part peut être préfère t-elle ne pas s'en souvenir.

Mais c'est vrai qu'un personnage de tableau sans toile est curieux, inquiétant et passablement sérieux également. Elle ne sait pas mais elle se doute que ce n'est pas normal pour elle de ne même pas se rappeler de l'emplacement de son cadre, elle sait bien tout au fond qu'il y a quelque chose qui cloche chez elle. Chaque jour elle se fait la même réflexion que la veille, elle voit bien que les autres personnages ne bougent pas de leur toile. Alors quotidiennement, sans se lasser elle se demande pourquoi elle n'est pas dans la sienne et pourquoi elle n'arrive pas à rentrer. Pourquoi elle ne peut pas se souvenir de son propre lieu à elle. Et surtout la question du professeur fait écho à une autre de ses interrogations intérieures, et à nouveau elle est terriblement désolée de n'avoir même pas un semblant de réponse à lui fournir.

- Vous n'avez pas à vous excuser, c'est une question tout à fait naturelle. Mais malheureusement, comme je ne me souviens pas de son emplacement je suis parfaitement incapable de vous la décrire. J'ai l'impression de ne pas y être retournée depuis une éternité, même si j'y suis peut être passée hier.

Elle continue de sourire, à vrai dire elle sourit tout le temps Cornélia, même à ceux qui l'ignorent ou qui s'énervent, c'est une peu sa nature et son automatisme de défense. Elle ne veut surtout pas énerver les autres, qu'ils se sentent mal, elle voudrait qu'ils soient toujours tous heureux et souriants. Et c'est ce qu'elle applique sur elle même, même quand elle est inquiète ou angoissée elle ne se départit pas de son sourire, elle essaie de rassurer les autres avec son sourire, de leur communiquer sa douceur, son acceptation. Et c'est facile d'être épanouie avec le professeur pour elle, elle est bien à discuter de cette façon, et son rictus s'allonge d'autant plus lorsqu'ils changent de toile. Le sol sous ses pieds se raffermit et une véritable palette de couleurs explose devant ses yeux. Elle est fascinée et a du mal à savoir où regarder, des milliers de fleurs se dispersent sous ses yeux, il ne fait pas froid et elle essaie d'imprimer dans son esprit le plus profondément possible ce paysage en espérant s'en souvenir le plus longtemps possible, pour pouvoir y retourner sans avoir à passer par toutes les toiles pour le chercher.

Le professeur reprend la parole pour énoncer une nouvelle remarque pertinente, sans surprise. Elle s'étonne à chaque fois de son esprit vif et rapide qui analyse rapidement les paroles, les actes et même les gestes. Elle hausse les sourcils, même si c'est très intelligent elle a du mal à se représenter le professeur dans sa propre toile. En partie parce que sa toile a presque prit une forme irréelle, une sorte de rêve à demi éveillé qui n'existerait pas vraiment. Elle rit légèrement en y pensant, même si elle se rend bien compte que si c'était le cas, qu'il était déjà passé dans son tableau ce serait d'une grande aide étant donné sa mémoire et son savoir aussi étendu.

- Pardonnez mon hilarité, c'est juste que... J'ai beaucoup de mal à vous imaginer dans ma toile, même si j'en ai aucun souvenir. Je n'ai vu que très peu de personnages de tableau se déplacer de toile en toile, ou peut être en ai-je vu sans m'en souvenir, c'est fort probable.

Elle marque une pause, pensive. Comme elle l'a évoqué avant de changer de paysage elle aurait pu quitter sa toile hier qu'elle aurait l'impression de l'avoir désertée il y a une éternité. Les tableaux qui voyagent sont-ils si nombreux ? En remuant ses pensées elle ose un regard sur l'extérieur mais n’aperçoit pas de couples qui ressemblent à ceux de la grande salle. S'il continuent à avancer peut être trouveront-ils d'autres cobayes à observer, il faut avouer que c'est fortement intéressant d'examiner leurs actes et les différentes réactions des partenaires. Elle profite de ce moment de réflexion pour songer à ce qu'elle fait et où elle vit exactement.

- Et bien... Je n'ai pas réellement besoin de dormir, je me repose bien souvent dans les toiles que j'explorent et qui me le permettent.

Elle hausse les épaules, elle ne se rend pas bien compte de ce que veut dire vivre pour un tableau, les besoins sont réduits au strict minimum et encore, elle ne ressent pas la faim ni le sommeil de façon vive, à force de marcher elle a bien besoin de s'asseoir quelques minutes mais elle ne ressent pas le besoin de dormir réellement ni d'avaler quelque chose pour reprendre des forces.

- Dîtes moi professeur Blackwell... C'est peut être une question idiote mais, les tableaux qui dorment, rêvent-ils ?

Le rêve était un des sujets récurrent dans l'esprit de Cornélia, elle avait entendu moult élèves évoquer tous les matins leurs rêves mais elle ne se souvenait pas ce que c'était, avoir rêvé, s'être même endormie depuis des lustres.

- Sinon... Je pense que j'explore, la majeure partie du temps.

Si ça se trouve elle tournait en rond depuis des années sans s'en rendre compte. Le peu de discutions qu'elle arrivait à tenir et dont elle se souvenait ne lui apprenait pas ses pérégrinations mais au vu des réactions de certains elle devait avoir croisé certains tableaux plusieurs fois. Alors pour Cornélia il était très peu probable que le professeur et elle se soient déjà vus et qu'il ne s'en souvienne pas. Elle était incapable de lui donner un âge mais sa mémoire, bien qu'apparemment sélective, lui parait inépuisable. Elle ne compte pas sur la sienne pour s'en rappeler mais il est certain pour elle que le savant tableau l'aurait su, ou du moins en aurait eu de vagues souvenirs.

- Mais vous professeur Blackwell, vous ne donnez pas de cours aujourd'hui ? ... Et vous vous souvenez toujours de l'emplacement de votre toile ?

Mine de rien, elle ne voulait pas accaparer son temps, il avait de très hautes responsabilités après tout. Et malgré son sourire doux elle ne voudrait pas être un fardeau. Elle ne veut pas être considérée avec pitié ou compassion, même si elle ne se souvient pas, elle s'était bien débrouillée jusque là, même si elle ne savait plus vraiment depuis combien de temps.
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S.A.U.M.O.N
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L'Érudit
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Jeu 1 Mai - 15:37
Cornélia avait un très joli sourire, malgré que l'Érudit n'en comprenne pas d'emblée pourquoi elle souriait, ni pourquoi elle se mit soudain à rire. D'ailleurs, l'explication de cette hilarité ne fit que l'horrifier. Aucun souvenir de sa toile... ? Vraiment aucun ? Voilà qui était plutôt grave. L'Érudit avait toujours l'impression que quelque chose en lui trouverait sa toile sans même qu'il doive chercher, une espèce de boussole qui le ramenait à la maison, mais il ne savait pas si c'était juste la manifestation d'un excellent sens de l'orientation ou vraiment d'un lien quelconque qui le liait à son habitat. Dans tous les cas, c'était pour lui l'expression d'un problème grave.

Mais elle continuait, apparemment indifférente à sa situation anormale. Ou peut-être blasée par cette mémoire fuyante. Il se dit soudain que Cornélia ne vivait pas vraiment. Lui-même avait du mal avec le rythme des humains, comme quand il était allé réveiller Caesius à cinq heures du matin pour papoter, ou qu'il se morfondait dans sa classe en attendant les élèves parce qu'il oubliait l'existence des heures de repas, mais il essayait. La dame avait quant à elle l'air prise dans un long exode... Ce n'était pas bon.

« Je ne dors jamais, aussi ne suis-je pas le mieux placé pour répondre à votre question. »

Il s'efforça de sourire. Une problématique à la fois, même si celle-là recevait sa réponse d'une voix essoufflée, comme si tout l'air qu'il avait en stock ne devait servir qu'à la suite. Tant de choses à dire. Il aurait dû secouer l'inconsciente, mais il était lui-même, et il ne pouvait qu'essayer de comprendre... Avec douceur.

« Vous savez... » Il ne savait pas comment dire les choses bien, parce qu'il était maladroit lorsqu'il s'agissait d'affaires sensibles et que, pour lui, le présent problème en était une. Il s'humecta les lèvres, indécis. « Je n'ai jamais rencontré personne qui ne retrouve pas sa toile, et cela fait un certain temps que je me promène dans Poudlard. » Quelques siècles, tout au plus. « J'espère que vous pardonnerez cette conclusion qui pourrait vous paraître hâtive, mais il me semble que vous avez un problème de mémoire, alors que vous parlez avec grande aisance, ce qui est extrêmement curieux à mon sens, puisque la seconde faculté m'a toujours semblé plus rare que la première. Est-il arrivé quelque chose à votre toile... ? »

Il se souvenait d'un tableau qui avait été vandalisé, et dont le personnage était resté traumatisé, un peu étrange pendant bien longtemps. La toile avait été réparée, bien sûr, et l'on aurait su dire si les dégâts en eux-mêmes étaient responsables du trouble plutôt que la peur ressentie. Néanmoins, il avait plus souvent croisé des personnages limités dans leur discours que des personnages amnésiques ; lorsqu'on arrivait à les faire parler correctement, la plupart des tableaux avaient des choses à raconter, parfois confuses, mais qui pouvaient remonter très loin dans le temps. Et ces personnages-là étaient presque toujours dans leur propre toile.

L'Érudit s'arrêta un peu brusquement de marcher, sur une idée. Une idée qui aurait sans doute semblé toute naturelle à n'importe qui de sensé, mais qui lui était apparue comme une illumination.

« J'ai en vérité deux toiles presque identique dans Poudlard, et plusieurs autres à ma disposition. Certains de mes collègues passés et présents ont un don pour la peinture, et j'ai eu la chance de bénéficier de leur créativité. Je n'ai pas cours aujourd'hui, non... » Il se fit pensif. Peut-être était-il inutile de préciser que les cours étaient sûrement suspendus pour cause de professeurs amoureux. Un beau bazar. « Vous devriez vous installer dans l'une de mes toiles, dame Cornélia. Je suis certain que je peux retrouver quelque part une carte de l'école où vous pourriez retracer vos déplacements afin de ne pas oublier. Ce serait plus facile pour quadriller, qu'en pensez-vous ? La grande toile de mon bureau est certainement parmi les plus confortables si le désordre ne vous dérange pas trop. ... Évidemment, ce n'est qu'une invitation, le choix est entièrement vôtre. »

Il pourrait se proposer de ranger, mais en fait... Non. Parce qu'il y serait encore trois siècles plus tard, probablement, et que le génie appelle le désordre. Et il avait la même toile, à quelques objets près, dans la classe ; ce n'était pas un dérangement. Ce serait même, en fait, une compagnie bienvenue dans son antre. Les élèves la trouveraient sûrement intéressante, et peut-être l'un d'eux saurait-il où se trouve sa toile...



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Cornélia
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Ven 16 Mai - 18:38

Les choses sont différentes pour l'Érudit et Cornélia, alors qu’elle en rit, l’autre semble horrifié. Et elle ne comprend pas, cette soudaine impression d’urgence, cet effroi qui la trouble et ne la rassure pas. Curieusement elle a entière confiance en lui, et le voir autant à l’affût à propos de ce qu’elle a pu dire la plonge dans le désarroi. Elle fronce les sourcils, elle a ce regard inquiet, presque viscéral, presque animal qui la guide, qui lui dit que quelque chose cloche mais elle ne comprend toujours pas, elle ne saisit toujours pas l’importance de la situation. Elle ne comprend pas que c’est d’elle qu’il s’agit, elle ne réalise pas que sa situation est si alarmante. Pour elle, elle ne se souvient pas, et tout au fond elle doit savoir que c’est extrêmement grave pour un tableau de ne pas se rappeler de l’emplacement de sa toile, mais en surface elle ne se rappelle pas, de l’importance, de tout. Elle est perdue, elle ne se rend pas compte, et l’agitation soudaine de son compagnon de promenade la perd. Elle sait très bien, quelque part qu’elle devrait se souvenir de sa toile, qu’elle devrait pouvoir la trouver les yeux fermés, mais elle en est incapable, et elle ne se souvient pas avoir pu un jour. Alors elle sourit, doucement, comme pour le rassurer, comme pour lui prouver que tout va bien, mais son attitude lui donne raison, tout ne va pas bien. Mais elle ne se souvient pas, elle ne sait même pas où est sa toile, elle ne sait même pas qui elle est, qui elle a été, qui elle a croisé hier, c’est plus facile d’oublier, de ne pas se rendre compte, de ne pas réaliser la réalité.

Il ne dort pas non plus, elle se demande si aucun tableau ne dort vraiment, elle se demande parfois pourquoi elle a pris vie, pourquoi son tableau s’est animé, pourquoi quelqu’un l’a peinte un jour. Elle ne sait pas vraiment qui elle est à part son prénom, elle ne sait pas pourquoi elle s’est éveillée, pourquoi elle ère, mais elle ressent qu’il lui manque quelque chose, qu’elle n’est même pas comme les autres tableaux. Elle voit ses efforts pour lui montrer un sourire mais elle comprend bien qu’elle est anormale, pourtant elle a tout essayé, enfin elle croit avoir tout essayé. Cornélia est emplie de questions en vérité, des questions qu’elle ne pose pas, pour ne pas surcharger son interlocuteur, par peur des réponses, par peur de ne pas se souvenir même du dialogue actuel. Elle le regarde hésiter, elle récupère son sourire doux et compréhensif, ce ne doit pas non plus être facile pour lui de lui répondre, et de chercher à l’aider en même temps, surtout si comme il semble l’exprimer, il n’a jamais rencontré un cas pareil au sien auparavant. Ça la décourage un peu, parce que pour elle il incarne le savoir, la connaissance, et si lui ne sait pas alors il y a de grandes chances pour que personne ne trouve la raison de son amnésie. Peut-être même qu’il n’y a pas de raison précise, peut-être qu’elle a toujours été comme ça, qu’elle n’a jamais su se souvenir, peut-être qu’elle a été faite comme ça.

Elle a un certain pincement au cœur quand elle y songe, qui fait vaciller légèrement son sourire calme, sa question en soulève d’autres, sa toile… Est forcément quelque part dans le château, sinon elle ne serait pas apte à se balader librement dans les cadres, mais elle n’en a aucun souvenir. Et comme elle ne se souvient ni des objets de son tableau ni de son emplacement elle ne se souvient pas non plus de son état. Mais en essayant de s’auto analyser, même si elle aime découvrir elle se doute que pour avoir volontairement quitté son cadre et s’en être tant éloignée qu’elle n’ait pu la retrouver elle devait avoir une bonne raison, peut-être bien que son tableau est endommagé, ou qu’elle ne veuille pas y vivre. Elle est un peu troublée, ne regarde plus le paysage qu’elle trouvait si beau il y a quelques instants.

« Peut-être… Je l’ignore. Mais disons que, je pense qu’il m’a fallu une raison honorable pour la laisser ainsi et qu’il est probable que quelque chose d’inhabituel ait pu s’y produire. Enfin je veux dire qu’il doit bien y avoir une raison à mon départ. »

Elle réfléchit ensuite au point précédemment évoqué par le professeur, elle ne pensait pas être si unique, les personnages qu’elle a croisés ne lui adressant bien souvent qu’un regard ou ne se souciant pas de sa présence elle n’a pu réellement observer un manque de raisonnement ou de souvenirs chez eux. Elle a juste compris qu’ils étaient tous dans leurs toiles respectives et pas elle. Alors lorsqu’il annonce l’existence de nombreuses toiles qui lui appartiennent elle hausse les sourcils de surprise, elle est déjà incapable d’en retrouver une seule alors elle se demande bien comment il est possible de vivre dans plusieurs éparpillées dans toute l’école. Elle l’aurait bien à nouveau assailli de questions mais elle analyse son silence et comprend qu’il pense, qu’il réfléchit et décide de respecter sa réflexion, s’il n’a pas cours elle pourrait peut-être continuer de discuter un peu et aura donc par la même occasion la possibilité de lui poser les interrogations qu’elle se pose. La suite de son discours la touche beaucoup et elle caresse un moment de réflexion à son tour ainsi qu’une rêverie temporaire d’une toile où elle pourrait rester un certain temps.

« C’est très gentil à vous Professeur, mais j’aurais peur de vous déranger. Si vous m’assurez que cela ne vous handicapera pas c’est avec gratitude que j’accepte d’occuper temporairement l’une de vos toiles. Pour la carte c’est une idée excellente, si j’arrive à retracer exactement mes déplacements je finirai bien par retrouver mon propre cadre. Mais dîtes moi… Vous arrivez à vous souvenir de toutes vos toiles ? Je suis généralement contrainte à noter mes moindres gestes pour pouvoir m’en souvenir et savoir ce que j’ai bien pu faire la veille, mais je n’ai jamais songé à tenter de quadriller mes allées et venues. C’est une idée brillante. »

Elle peut enfin tenter de faire réellement quelque chose pour démêler le mystère de son amnésie. Réellement le Professeur Blackwell est plein de ressources. Elle n’est absolument pas dérangée par le désordre, au contraire elle aime découvrir et apprendre et rien que voir les objets qui se trouvent dans les autres cardes la fascinent, même si elle ne se permettrait jamais d’y toucher ou de les déplacer, ces objets ne lui appartenant pas. Elle se contente de prendre du papier et du nécessaire à écriture, ceux-ci lui étant vital en quelque sorte.

« Je ne suis absolument pas dérangée par le désordre, au contraire, je préfère un endroit rempli plutôt que vide, donc je ne pense pas que ce serait un problème majeur. Mais êtes-vous certain que je ne vous causerai aucun dérangement ? »
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S.A.U.M.O.N
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L'Érudit
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Jeu 10 Juil - 14:53
Cornélia elle-même ne semblait pas connaître les raisons de son errance ; l'Érudit devait s'avouer intrigué par ce paradoxe étrange entre sa conversation d'une désarmante normalité et cette mémoire vacillante. Il avait croisé de très nombreux tableaux dans Poudlard, certains plus loquaces que d'autres, mais il suffisait d'écouter Cornélia parler pour se rendre compte qu'elle était sans doute un cas particulier. Comme tous les scientifiques, l'Érudit avait une relation ambiguë avec les cas particuliers, un mélange d'amour fou et de haine profonde, pour cette exception à comprendre et pour cette occurrence qui sort de la règle générale si méticuleusement établie. Il soupira doucement, ce qui ne lui arrivait pas souvent ; ce n'était dans le fond pas très poli, mais il ne savait que dire.

Comme à tout, il y avait sûrement une cause quelque part sous ces effets étranges. Il était évidemment plus doué pour analyser autrui que pour réfléchir sur lui-même, c'était une agréable distraction qu'elle lui offrait, ou plutôt... Qu'il s'offrait en retournant le problème. Il ne s'en rendait même pas compte, mais se concentrer sur l'autre, l'écouter et essayer de comprendre donnait l'excuse parfaite pour arrêter toute introspection. Quelque part au milieu de sa folie douce, il avait un subconscient avec une volonté en acier trempé, dont il ne percevait même pas consciemment les nombreux efforts pour bloquer tout ce qui pourrait le fragiliser ; c'était sans doute l'expression de la fragilité de son équilibre.

Lui, bien sûr, ne savait pas tout ça, et son intérêt était aussi sincère que complet, il était tout à son écoute, sans concession. Elle acceptait son offre ; il se sentit sourire. C'était l'agréable sensation de se sentir utile. Il fallait bien avouer que, malgré son rôle de professeur, il ne la ressentait pas souvent. Parfois en conseillant les rares élèves qui se confiaient à lui, mais il avait rarement l'occasion d'aider quelqu'un plus que par des mots du fait de sa condition, même si ce n'était pas faute d'essayer de ramener à la raison certains tableaux qui avaient depuis longtemps perdu une bonne partie de leur santé mentale. Là, et bien... C'était un vrai service. Peut-être celui lui faisait-il encore plus plaisir qu'à Cornélia, finalement.

« Évidemment ! Il n'y a aucune raison pour que vous me dérangiez, il y a de toutes façons suffisamment d'espace pour que vous puissiez prendre vos aises sans causer le moindre ennui. Je me souviens des emplacements, et si je sais que vous êtes partie, je pourrai vous retrouver, je pense. »


Même si se perdre n'était pas forcément grave pour elle, puisqu'elle n'avait pas de besoins particuliers, c'était tout de même une énorme perte de temps. D'ailleurs, il se demandait depuis quand elle errait de la sorte dans les toiles, sans rien trouver. Sans doute plus longtemps qu'il ne l'imaginait.

« Si vous le souhaitez, je peux vous montrer l'endroit où je vous propose de résider, ce sera sans doute plus simple pour vous faire une idée. »

Il repensait à ce désordre, et se dit qu'il ferait bien de le ranger ; une idée bizarre, qui ne lui passait pas souvent par la tête, puisque quand il cherchait quelque chose, il suffisait d'utiliser un accio. Comme quoi, il pouvait y avoir du changement de temps en temps.

Quoiqu'il en soit, il changea de direction, revenant sur leurs pas, puisqu'ils allaient dans la direction des cachots. L'orientation plutôt linéaire dans les tableaux pouvait désorienter, mais il y avait bien trop longtemps qu'il explorait pour se laisser abuser ; il savait même aller dans des endroits fermés depuis des siècles aux humains, qui en avaient oublié l'existence. Heureusement, ceci dit, au cas où il prendrait encore à Moriarty l'envie de disparaître, il faudrait bien quelqu'un pour lui tenir compagnie.

« Allons-y. »

Il lui adressa un sourire qu'il voulait réconfortant. Il avait de toutes façons assez de matière pour ses recherches, avec la tonne de notes qu'il avait prises et qui reposaient tranquillement dans la poche de sa veste.

« Ce n'est qu'au premier étage, nous y seront dans quelques minutes à peine. »

Avoir de la compagnie était une perspective réjouissante et, dans tous les cas, cela promettait d'être intéressant ; quelqu'un à qui parler, et une énigme à résoudre, tout en un. Ce jour-là était un très bon jour pour l'Érudit.

Spoiler:
 



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Pour la Science [Cornélia ♥]

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