Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille... Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres. Le monde magique anglais est en ébullition à mesure que les trois candidats s'opposent, laissant un peu leurs charges respectives à l'abandon au profit de leur campagne. C'est ainsi qu'à Poudlard, un joyeux bazar règne souvent en l'absence du directeur, et que les créatures de tous poils envahissent peu à peu les villes sorcières pour le meilleur comme pour le pire !
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Dark in my imagination [Benedict]

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Serdaigle



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Sloan T. Holmes
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Ven 4 Juil - 3:02


i woke up i was stuck in a dream


Tu te rappelles de l'arbre ? Tu dois t'en souvenir. Je suis sûre que tu t'en souviens, aussi sûre que tu te souviens de Grand-Mère. C'est triste. C'est des souvenirs. Tout autour, ça tourne, mais je sais plus trop ce qui était vrai et ce qui était faux.
Mais c'est pas facile, d'essayer. Essayer c'est qu'une grande partie de tenter, qu'est ce qu'on devait faire, au final. Je sais plus. Tu préfères peut être l'arbre de Grand-Mère. Je ne peux pas t'en vouloir, c'était un tilleul. Tu savais que personne pensait à ramasser le tilleul. Je le fais tous les étés pourtant. Hein pourquoi on se voit pas l'été. Quand est ce que c'est devenu assez compliqué, assez pour qu'on parle plus du tilleul de Grand-Mère. Tu l'aimais bien dis. Tu disais pas ça pour me faire plaisir.

Sans doute. Le vent est comme la tour, sur le jeu. La tour défend le reste, je sais bien, que c'est pas très sage tout ça, mais qu'importe, la confidence ça n'a jamais été très sage.

- Elle sait ce matin là, elle arrivait pas à dormir, elle s'était tirée des dortoirs très tôt. Hésité entre le terrain et ici. - Elle sait que ça a remué dans sa tête, des rêves pas très propres, tu sais, où on a six doigts, où on peut pas lire - Mais après tout on s'est promis d'essayer.
Pourtant pas la première fois que tu le fais sursauter, pourtant pas la première fois que ton loup doit avoir l'air d'un vrai patronus. Effarouchée, elle avait quitté les lieux, sans trop penser avant, après. Où était-elle ce matin-là, quand est ce qu'elle devait s'arrêter, est-ce-que c'était dangereux de le fixer dans les yeux. Avait-il seulement des yeux ?

Empreinte à ce petit spasme répétitif, elle venait ouvrait, et fermait son carnet, sans compter, le nombre de fois, le nombre de claquements. Sans penser, avait-il même des yeux ? Ce n'était pourtant qu'un arbre, on ne s'affolait pas pour un arbre. On avait pas le besoin d'appeler quelqu'un avant le début des cours pour un arbre.

Benedict.

Oh excuse-moi, ce n'est ni l'heure, ni l'endroit, seulement je ne me voyais pas regarder l'arbre dans les yeux toute seule, ni lui demander si il avait l'habitude de pleurer tous les jours. Non plus, si ses larmes étaient magiques. Ce qui serait bien, ça plairait sans doute que ses larmes soient magiques. Mais alors il ne serait pas là, à me dévisager. Benedict, je ne sais plus bien ce qui est réel et ce qui ne l'est pas. Je ne sais même pas si cet arbre a bien pu m'adresser la parole.

Quand est ce qu'on laisse entrer un peu de la folie. La panique, passe par-là, ne s'en va que si on ferme la porte; Qu'est ce qui advient si on ne ferme pas la porte. Est ce bien nécessaire de demander, Benedict ?

Mais ce matin, ce qui la fait remuer sa main, continuellement, c'est simplement le froid. Ses yeux sont vides d'une quelconque folie. Vous voyez, elle va parfaitement bien. Alors Benedict, j'espère que tu ne m'en veux pas, si le saule cogneur est très différent de notre arbre à nous. C'était juste un peu plus facile, que le message codé.

Et assise dans la pelouse, T. Holmes relisait quelques pages de leur dernière trouvaille, elle avait encore et encore cette main qui la faisait fermer et rouvrir les pages, ce constant retour entre hier et maintenant, avec lequel elle devait passer le temps. Il ne fallait surtout pas laisser la porte ouverte. Non.

Il arriva, un peu plus loin. Pour le redire, deux fois. Il était tôt. Il était très tôt.

Elle lui fit ce sourire, qui annonçait la bonne nouvelle, qui paraphrasait la mauvaise, qui étouffait la pire, dans le fond de son palais de princesse. Mais, Benedict, ne soyons pas les pessimistes, c'est pas drôle. C'est pas très grave, de se noyer un peu. Du moins jusqu'au cou.




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Benedict N. Westeylen
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Mer 16 Juil - 22:02

who are you, really ?

Il vous semble parfois que l'aurore qui monte, en volutes rosées, n'est guère qu'artifice de virtuose, que dans le fond des nuages c'est la nuit qui stagne - la nuit insatiable, la nuit aux crocs si perfides. C'est ce qui grimpe dans le corps somnolent de Benedict, accrochant ses os, entourant pernicieusement son cœur. Le malaise dès le lever, c'est peu banal et ça trouble - eh, de quoi recroqueviller les pupilles, c'est qu'elles sont couardes à se replier frénétiquement... Sauf que chez Benedict on ne voit rien, la lâcheté se dissimule sous une chape d'encre scintillante, c'est si peu mâle n'est-ce pas, l'on n'assume pas sa soumission à la peur, l'on se terre et affichant l'air crâne de la dignité l'on se crache à la face sa propre hideur.
Dark in my imagination.
Et cette haute stature, mince de courage comme de constitution, circule parmi les altitudes fières du paysage de Poudlard. Le panorama magique hein. C'est Sloan qui l'y appelle, peut-être a-t-elle déterré un filon littéraire, l'or des mots, l'abord grisant du pouvoir insoupçonné. Ou quoi, alors ? Sloan a des méandres et des anfractuosités. Ah parce que t'en as pas toi peut-être. Ah tu voudrais les occulter, triste sorcier impuissant... Les bras abaissés au dessous du cœur écorché. C'est aisé de se pencher dans les cavernes des autres, la crypte distrayante de leurs tourments ; pour Benedict sadique c'est plaisant ; c'est la confirmation, je ne suis pas le seul à surnager avec ce boulet qui cahote contre chaque écueil et me menace de la destruction. Mais tout de même, ce n'est pas un cœur polaire Benedict, alors il s'inquiète, et c'est ce plissement féminin des paupières qui vous le hurle très sûrement.
Sloan parfois elle oscille, pourquoi tu joues au pendule dis ? qu'il voudrait lui demander - et se demander, puisqu'on y arrive. Certes mais  il ne connaît pas la clé de son passé et ce qui a changé, l'onde irrémédiable qui a secoué le joug adoré de leur proximité.
Secret, secret, pesant secret. Ne veux-tu pas d'une auréole luminescente pour te dissiper ? Moi, je voudrais. Et elle aussi, j'en suis sûr.
Et oh. N'est-ce pas la Holmes qui s'étale complaisamment, toujours l'air si incongrue, comme de trop et, ah, paumée, dans l'herbe sèche ? Pas si loin du Saule qui cogne. Oui parce que cogneur c'est trop proche de cognard et le quidditch, très peu pour l'esprit léger et poète du garçon. Le saule qui cogne, c'est charmant - un peu comme les pommettes revêches des maladroits qui se perdent. Toutefois il semble que l'on s'égare ; ah les sinuosités sont attirantes. Donc Sloan est avachie, la chair comme inconsciente, avec, médians, apparents, les flots curieux des yeux toujours crépitants d'on ne sait quelle foudre. Dans tous les cas ils vivent ces yeux ; là par exemple ils naviguent sur lui qui s'approche le pas trop solide - l'allant physique peut-être amènera son alter ego moral ; ça marche peut-être comme la douleur, sait-on jamais.
Benedict s'avance, jette son ombre matinale sur la brune.
▬ Sloan il est tôt.
C'est idiot, une constatation. C'est le coup ridicule de la pensée que l'on n'a pu museler ; c'est un dérapage et des cordes vocales et du cerveau - fâcheux n'est-il pas.
▬ Et ça qu'est-ce que c'est. Où tu nous as mis, encore.
Avisant bien sûr l'arbre érigé de travers - à leur instar.
▬ Le tilleul était beau.
Volubile. Et ne crachant de surcroît pas de fulgurants traits d'esprit ; encore ces tenaces constatations dominatrices.
▬ Cet arbre-là il est bancal. Tu penses qu'il frappe pour le cacher ?
Ouais Benedict, parce que les arbres sont farouches et tiennent à leur moi mélancolique. Quand cesseras-tu les paysages état d'âme gamin. C'est qu'un arbre visiblement. Peut-être que pour Sloan c'est autre chose -symbole avant tout, elle n'a pas oublié ; et ça concentre une chaleur nostalgique dans son cœur imposant.
▬ Tu souris pour qui Sloan ?
Que sont donc ces interrogations juvéniles Benedict ? C'est la voix rauquant, aplatissant les oxygènes illusoires - c'est le ton du quêteur de vérité, avec la pusillanimité aussi de celui qui demande pour ne pas être blâmé après ; pour ne pas se blâmer.


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Sloan T. Holmes
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Sam 26 Juil - 1:13

Il cogne juste un peu plus fort.

De sa petite place elle ne se violentait pas à le voir cogner le sol, l'endroit le moins calme pour un petit matin, il fallait la réveiller à coup de saule contre terre. Tâter du cognard quelques heures après achèverait de témoigner de l'efficacité de la thérapie, mais il s'agit seulement d'un rendez-vous qu'on veut brutal et rancunier. Pas pour Benedict, pour sa personne.
On est égoïste aujourd'hui après tout.

▬ J'ai pas vraiment regardé l'heure Benedict.

Il est debout elle n'a que sa voix pour contrebalancer le soulagement de la venue, mais ne se relève pas de suite, la main occupée, dans l'herbe à arracher des brins solitaires. Qu'elle rend orphelins en fait. - elle qui pensait un instant, avoir la patte verte peut être, raté. - et les yeux pas vides elle se dresse de sa taille ridicule puis. Deux secondes.

Mais elle n'a qu'un bec de rapace aiguisé au couvre-feu qu'elle a violé et volé de deux heures. Sans réussir à se faire à la pointe sèche du -ict de Benedict, elle qui le surnommait tout le temps Bene, c'était doux et amical, ce n'était pas affûté comme la perte de la proximité, le relâchement des cœurs et l'oubli des bonjours au sortir des couloirs entre deux professeurs rudes. Elle ne serait plus mélancolique, elle ne l'avait jamais été.
C'était sans doute, les années passées réponse aux sourcils arqués de l'ange à demi-posé sur sa lecture. Benedict. Oui elle avait déjà considéré des hommes, mais il était son petit. ange témoignant un amour particulier au grenier à bouquins de son grand-père, elle ne s'en lassait pas. Le matin ça lui replie les manches, dans le souvenir lointain qu'elle garde. Oh Bene.

▬ Tu t'en rappelles dis.

Il l'avait dit, sotte, il était frustré et passé aux joues pourpres de la déception; lui aussi doutait de son humanité, à l'arbre vaniteux qui abîmait les clairières miniatures de Poudlard. Eh Benedict toi tu t'en sortirais mieux dans un jardin pas vrai ?
Elle lui demandera peut être un jour.

▬ Peut être que je souris à cet arbre tout ratatiné de rancœur.

Et debout devant la créature végétale et mouvante, elle sent le vent sous sa jupe de bleue toute repassée de tenue. Les cheveux battants au vent, aussi sauvages qu'ils soient. La silhouette sombre et vert et argent de cet autre qui l'a suivie sans hésiter. On est un peu faibles tu ne crois pas. Il a de ces visages un peu fermés, les pupilles claires et le bord des paupières satinés. Plus au niveau de la bouche, comme si on y avait joué, des lacunes à s'entrouvrir et à laisser passer la joie du nouveau jour. Mais elle aussi. Sa face est identique à avant, ou bien elle n'a pas voulu la voir bouger de place et il est. Autant frais, pas dépravé pour un sou, que la veille, non cette première année où elle lui a dit adieu, jusque celle qui suivrait.

Ils étaient là maintenant.

▬ Je crois que ton Astrid est en colère contre moi. Et le pire dans tout ça. Benedict. C'est que j'ai oublié pourquoi. Mais il me semble... elle s'accorde un souffle très bref... que je lui ai menti.




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Benedict N. Westeylen
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Ven 1 Aoû - 19:36

but i don't want to think about it now !

Les conversations avec Sloan, ce sont ces réponses aériennes, évasées comme des jupes innocentes et virevoltant joyeusement, ce sont des inepties habillées de poésie un peu brutale. Les suppositions candides, et le réel qui vient décaper ce vernis trop tenace. Mais tu n'as pas compris Sloan ; c'est vrai, comment aurais-tu pu ? On est secrets, nous autres lâches.
▬ Oh. C'est pas important l'heure, tu as raison. Les arbres n'ont pas d'heure. Non. Pourtant ils perdurent.
Bien vu Benedict.
On pourrait penser qu'il cherche à meubler la conversation, à faire contraste sur la stérilité du silence mais ses remarques n'ont rien de tout cela - ah non. Il a été enfant avec Sloan - petit et irrésistible, qui se permet tout, intrépide et pleurant pourtant, les paupières en crue, brûlé par le sel amer et indésirable. Il a été audacieux Benedict - il a été chérubin insoucieux. Il a babillé sans interruption avec la brune Sloan - prolixe et tout en enthousiasme délirant, sans songer une seconde à la pertinence de son propos.
Est-ce que l'on songe à faire de l'esprit tout entier englué dans la plus profonde des ivresses ? L'aube de son apprentissage des mots a été comparable à une griserie soudaine et incoercible - l'on s'y jette, éperdu, et l'on en ressort joufflu d'angoisse et les dents nerveuses autour des gencives. Sloan est la cicatrice de ce verbiage naïf.
Alors désolé Slo, mais avec toi je continue à cultiver les mots de tous types...
▬ Il fait pitié cet arbre. Tu trouves toi aussi ? Mais je n'ai pas envie de lui sourire - sa tenue n'a rien d'irréprochable. Il est faible comme moi. Donc je ne lui sourirai pas.
Quelque chose de grotesque dans les parallèles que ne manque pas de faire Benedict - de manière absolument incessante. Et agaçante, dirons certains... Benedict je suis sûr que toi aussi tu t'agaces, parfois.
Oui c'est vrai.
Tout le temps je m'agace. Pourtant j'aime à rester en moi-même vous savez. Tu sais Sloan. Toi tu sais. Et toi aussi tu es ta seule compagnie quand tout vrille avec application et sadisme. Comprends-moi Slo.
▬ Pourquoi tu as dit ton Astrid. Hein Slo. Pourquoi.
Est-ce que tu ne sais pas déjà pourquoi Benedict ? Oh après tout. Peut-être veut-elle seulement signifier votre amicale promiscuité. Rien de plus. Evidemment. Pourquoi pareille question Benedict...
Haut-le-cœur invisible dans les entrailles. L'évoquer a toujours cet effet enivrant et toxique à la fois, et son prénoms a des effluves capiteuses d'interdit. Ne l'abhorres-tu pas, cet interdit indifférent et froid ? Ne réponds pas, ne rajoute pas l'absence de lucidité à la longue énumération de tes incapacités...
▬ Allons. Montre-moi le commencement de l'histoire. Tu sais on commençait toujours comme ça... De quoi est-ce que vous avez parlé Astrid et toi ?
Sloan elle oublie souvent pourquoi - un peu comme lui. Des étourdis aux veines d'enfants. Perdus dans leur propre complexité - c'est tortu un corps, doublé d'un cœur encore plus. Et on n'évoque pas même l'âme et ses hasards.
▬ Et tu connais la vérité que tu lui as cachée, au moins ?
L'air est quiet, leurs souffles aussi. La matinée s'annonce sombre - toute en suppositions et en détours haïssables que l'on emprunte par pure accoutumance. On est habitués nous Sloan, aux discussions qui sinuent et se perdent dans la lumière quand on la cherche.


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Sloan T. Holmes
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Mar 12 Aoû - 3:10

Look into this mirror tell me, what do you see ?

Deux buissons se dressent à présent sur la plaine. Vifs, hasardeux et oui, une seconde fois, lâches. Un élan brave l’a aidée à attraper la main du Benedict le temps d’un retour à la gravité et plus rien. L’espace enlace aussi bien que la brume qui chancelle déjà au loin, pendant que Sloan et Benedict jouent au jeu des devinettes. L’œil de l’arbre s’est camouflé sous l’écorce, elle est déçue mais ne le dira point. Après, ce n’est pas chez grand mère; ici au plus chanceux, on lira les étoiles, on écrasera les champignons. Mais on ne se sentira jamais à la maison.

▬ J’ai toujours été plus naïve. Mais moins stupide oui.

Elle pouvait affirmer des choses et traverser la vanité un coup, peut être juste tenter de l’atteindre avec des perturbations de l’air agaçantes. Ce qui se traîne et voltige au tantôt autour, ce n’est qu’une gerbe amicale au fond cynique. Holmes se doute, elle lève trop d’hypothèses à chaque coin du problème; c’est un fait, c’est connu. Il est doué pour apporter le nom de plus quand l’inconnue est dubitative. Alors c’est simple de dire qui est le plus stupide des deux ? Aucun, on fait semblant, c’est un déguisement fort convaincant. Levés les yeux sur l’arbre laid et triste, en deuil, Sloan mord la lèvre inférieure, la lèvre faible, la lèvre puérile qui lui démange d’ici, lui dit; il a l’air triste, il a l’air triste tu devrais sourire mais tu ne le feras pas; hein. Il a trouvé l’équation, elle la solution. Ah c’est risible de là, à se dévisager les yeux dans les yeux, approuver que le ton. Le simple.

Le simple ton, l’appartenance ça y est lui a percé les yeux. Benedict est étouffé sous la vérité, encadré par une jalousie qu’elle ne comprend pas mais respire, fort. Oui mais elle ne connaît pas, elle ne pourrait pas dire. Ils ont toujours été si différents, à l’opposé d’une  pièce à se rejoindre armés de sourires et d’appartenances impardonnables. Si bien qu’ils ne se quittaient pas, plus, pas besoin. Puis on avait dit s t o p. On ne sait pas trop pourquoi, où, comment, le jour suivant Sloan ne s’était pas montrée au pied du tilleul et ça en avait retenu de la bile translucide, de la mélancolie faciale. Ce n’est qu’un réflexe d’effrontée, le “ton”, la jeunesse certitude, l’engouement pour le futile, mais certes incongru bonheur. Désiré, juste maintenant quand il n’a plus lieu d’être.

▬ Comme ça.

Non réellement on ne se souvient plus. Automatique, c’est Ton Astrid, ça l’a toujours été aussi loin que remonte ton aveux minable et effarouché, mais au moins ça l’avait faite rire, ça avait fait plaisir. Secouée avec entrain, un peu de joie, un peu d’excitation. Le plus marrant, la transition entre l’enfant et l’homme amoureux. Mais Sloan, elle ne comprenait pas. Ne comprend pas ce que c’est, l’homme amoureux. Se fascine et tourne autour du Benedict comme il faudrait, elle se rapproche, ne se glisse pas, ils n’ont jamais fait dans le tactile, mais vient fredonner ce qui lui semble des plus logiques réponses.

▬ On a parlé de mes jeux, de mon mal. De ce que ça fait de jouer; de chercher; de trouver. On a trouvé, elle était vraiment furieuse… Je crois que Noah est revenu deux ou trois fois, mais ça me remuait trop fort la tête. J’ai pensé à autre chose, pour me calmer. Pour respirer. Je n’ai pas réussi. Et là mensonge.

Rien. Le vide, Sloan se tait.

▬ J’ai pensé en me calmant. Que je ne savais pas ce que c’était. Un homme qui aime, Benedict.




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Benedict N. Westeylen
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Sam 23 Aoû - 12:50

i can't help myself at all

Ah Sloan. La naïveté c'est beau, d'un blanc cru mangé d'éclats estimables. La petite âme est encore virginale, la candeur de ses mots en est la preuve irréfutable – et Benedict, attendri, la contemple, dans le regret facile de l'enfance. Il a détaché son regard de l'arbre incorrect – il ne donne pas d'amour, celui-là, n'a que les poings pour parler ; oh cela n'a jamais empêché les communications de passer, tâchées de violence végétale – c'est tout de suite moins tendre comme souvenir, les étreintes de l'arbre qui moleste allègrement. Et c'est la brune ignorante qu'il regarde maintenant, les hésitations volubiles qui passent dans sa voix éthérée.
▬ Mais Sloan, on reste naïf – il n'y a que ce motive nos illusions qui change. Les illusions sont toujours là, c'est immuable.
Et les tiennes Benedict ? Tes illusions ?
Elles ont enfiévré son sang, se sont logées dans ses os-titans – ont excité ses nerfs, implacablement, jusqu'à gagner le cœur et le pénétrer pour n'en jamais plus sortir. Gangrènes insoupçonnées elles ont été, et elles se continuent de se propager, en toute impunité. Et qu'y pourrait-il ? C'est son cerveau qui les fait désormais, empli d'ardeurs impossibles à dire, que seule l'impavide imagination se risque à esquisser. Et elles lui crient, ces désirables chimères, qu'Astrid peut être son Astrid comme Sloan le dit, elle lui hurlent de se battre pour eux – pas seulement elle, eux. Parce que ses passions sont des conquêtes, les victimes de sa possessivité inexplicable.
Il relève la tête, ne croyant pas à la coïncidence – ravi de l'automatisme de langage qu'elle a eu, parce pour elle Astrid et Benedict sont indissociables, pas vrai. – N'est-ce pas la plus exacte vérité, eh ? Son désir n'est autre que ces associations parlantes – sourire en écho, émerveillement puéril.
Mon Astrid.
C'est ridicule, Sloan, un homme qui aime.Tu as juste à fixer tes attentions sur moi – tu sauras.
Mais il ne lui dira pas cela – trop peu d'audace dans ce ciel qui les écrase et les pousse au repli réglementaire.
▬ Dis-moi Sloan, tu ne sais pas ce qu'est un homme qui aime ou tu ne sais pas ce qu'est un homme qui t'aime ?
Est-ce que tu sais comment l'on aime Sloan ? Ton cœur est spacieux, tu peux jeter au loin tes craintes et tes soubresauts de détresse – et faire place à une autre âme. Mais prends garde, frivole ! Cette âme, tu ne la choisiras pas. Il faudra dans la confidence de tes songeries déployer des cuirasses secrètes, des boucliers de la dernière chance. Ton cœur jamais ne sera roc infrangible, autant te le dire tout de suite ma pauvre fille, il aura des chutes, des entailles ; le sang sera d'autant plus perfide que tu ne pourras le voir ruisseler – il te mettra dans des agonies véhémentes que tu n'attendais pas.
De discourir ainsi, il s'abstiendra également – en fatal martyr qu'il n'est point, mais dont il aime à endosser le rôle, irrésistiblement porteur de l'empathie dont il se gorge.
Alors Sloan, que te dirais-je...
▬ Mais dans un cas comme dans l'autre, tu sauras. Tu sais, l'amour peut être laid, terriblement laid – on le dit toujours douloureux mais il est rare que l'on admette sa laideur ; moi je te le dis, il est laid l'amour quand il se cache, il est laid l'amour...
Quand il est lâche...


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Sloan T. Holmes
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Mar 9 Sep - 0:18

Got your unkind of ravens
Got your murder of crows

Au souvenir de ce qu’ils pouvaient penser des personnages qui occupaient leurs après-midis, elle se crispe, se ferme, tente de se taire. Son discours est grotesque, mais il est au courant, sinon qu’il est lui-même à l’image du plus stupide qui se plait à traîner dans la mare des plus immondes sentiments, enfoncés jusqu’au corps malade. Quand il n’arrivait pas autre chose que croire à l’actuel désir, mais il arrive le moment où se perd l’excitation et l’engouement maladif de l’adolescence, se creuse à mesure que les protagonistes s’entaillent la chair dans le mauvais sens et ne dépassent jamais la raison. Ah la folie est la limite de la réussite, quoique pouvant y trouver un chemin et espérer dépasser les doutes, il n’y a ici qu’une illogique défaite dont on ne parvient pas à se remettre.

Sloan se contente de se rapprocher et d’écouter un peu plus le vide, qui décidément l’interpelle, très longtemps qu’elle n’avait pas réussi à toucher le silence de si près, ça soigne. Dans les secondes qui s’écoulent après que Benedict aie noyé le mythe, alors, Holmes tend la jambe et fixe cette chaussure de moldue aux lacets plus blancs du tout qui pendouillent tristement sur les côtés de ses converses délavées. Elle a enfilé l’uniforme de ses bleus adorés, a pensé à ne plus y revenir, puisqu’elle aurait désobéi aux heures de sortie. Il se trouvait que peut être, elle avait lamentablement le droit. Elle préférait cependant se faire à l’idée que sans doute, elle demeurait une inégale, une illégale totale sur l’île des manchots incapables d’amours véritables et de confusions trop étranges pour se donner ailleurs qu’à la rémission entière du monde des petits bobos du cœur. Mais ils avaient tous été un peu trop humains à un moment. S’aveugler comme ça, puis ça sentait l’iode d’ici, elle l’avait eu sur ses épaules un peu plus tôt en attendant le serpentard. C’étaient ces rares dernières minutes qui offrirent tant de réflexion et d’absurdité à la situation, si bien que les paroles de Westeylen n’étaient rien, si autrement abominablement vraies… fondées… détestées par ces jeunes âmes frêles qui courent partout en quête d’un mieux, d’une amélioration certes très respectable puis tellement aléatoire sur la fin.

▬ Il ne s’est pas caché, l’amour, Benedict. Ton Astrid aime le mutisme, je dis.

Oh trop pour eux.

▬ C’était triste, quand il est parti de la bibliothèque sans regarder. Non. Rien du tout. Le silence, comme maintenant. Rien du tout. Noah Hartell est un con.

Mais si, on s’y noie tous dans la pitoyable histoire, d’y survivre comme ça, un radeau attrapé au hasard quand on a pas encore la force d’assumer les rames, quand on sait pas où ça mène, quand c’est le continent inconnu de l’autre côté, ou peut être qu’il est trop fier, ou peut être que l’horizon a voulu se planquer ce jour-là, on s’est ramassé contre les rochers hum.

▬ Pourquoi pas comme dans les films. Soudain.

Oui tout à coup, il m'aimait plus.
L'avais-je jamais aimé ? La seule, dernière pensée dans l'innocence, encore vivante.

Aujourd’hui tu parleras à une enfant qui ne veut rien y comprendre, surtout.





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Benedict N. Westeylen
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Dim 19 Oct - 17:58

but hearts are made for breaking and for pain


De douloureuses réminiscences semblent assombrir les bruns iris, comme pourrit un fruit gangrené. Et c'est pour Benedict le reflux de ses échecs ; ses plaies béent, écarlates et cuisantes – c'est que son cœur n'a pas su employer le langage adéquat, devant les yeux violâtres il a pilé, comme toujours, joué à l'impotent, au fuyard. Toujours il a été fugitif et couard en relations, Benedict. Mais Sloan est là, qui lui porte toujours la même affection innocente, qui s'affaire autour de lui, avec ses questions franches et ses hésitations enfantines. Sloan est là qui tâtonne à l'entour de la galaxie de l'insondable sentiment amoureux, Sloan est là qui piétine, qui se cherche dans les interactions des autres – Sloan est là qui veut se trouver dans l'altérité. Sloan est là qui aime et qui n'ose l'admettre – c'est pour Benedict l'évidence.
Alors il sourit, lentement – c'est un acte réfléchi, pesé comme il en fait peu. Il revoit en elle ses débuts, ses farouches dénégations, et toute la crainte lasse qui l'a pénétré lors des prémices de son amour – lorsque l'espoir arrivait encore à se faire une place parmi les abysses de ses mélancolies. Il lui sourit comme il se sourirait s'il avait l'occasion de se revoir plus jeune et plus gauche encore.
▬ Je ne sais pas ce qu'elle aime. Je sais pas non plus qui elle aime. Je ne sais rien Sloan.
Et il a forci, Benedict, il a mûri – il aurait été bien incapable quelques semaines avant de nommer son ardeur et de l'admettre, fût-ce à sa vieille Sloan délavée par les ères du tilleul antique. Désormais il le peut, et même si cela crispe son ego et fait cuire ses pommettes arrogantes il le fait – après tout c'est Holmes, c'est ce détective miniature aux jambes frêles et blanches qui connaît ses travers d'enfants et voit tous les jours leur évolution, qui toute leur enfance a couru après ses secrets comme il courrait après les siens.
▬ L'amour il s'est caché, sinon je le verrais. Je te vois, toi. Tu changes, mais elle pas. Pas comme je le voudrais.
Toi tu aimes, Sloan. Peut-êtrez que tu ne le sais pas encore, mais tu aimes – au moins aussi fort que moi.
Il tait ce qui lui est apparu à la contemplation des manières de la bleue ; l'égarement – mais cet oiseau-là a toujours été un peu trop vaporeux il est vrai – la lassitude, qui transcende le masque, le doute qui l'éventre impitoyablement. Noah fait figure de repère ici, mais leur lien n'était pas la norme de l'amour vrai – que penser en ce cas ? C'est là tout le dilemme de la brune éthérée, c'est là la procession désarmante de ses mots déliés, creusés de toutes les questions qu'elle s'est faites depuis la naissance de sa flamme – il est en outre des amours qui ne sont jamais flammèches.
▬ Noah c'était quoi pour toi. Sloan, est-ce que tu t'es perdue en lui ou est-ce que tu t'es séparée du reste pour lui ? On dirait pas mais c'est très différent.
Noah. Noah et Sloan.
Est-ce qu'Astrid et lui connaîtront ce même déclin, est-ce qu'ils se jetteront à la face leur brute et irrésistible ignorance, est-ce qu'ils se quitteront toujours frustrés de n'avoir rien su ? Mais, oui. Astrid et lui n'auront sûrement jamais à affronter les rugosités d'une muraille de silences entre leurs deux cœurs – la muraille est déjà inexpugnable forteresse, Titan de roc et Titan d'airain.
Astrid et Benedict sont deux abîmes de mutisme – c'est qu'elle avait raison, l'aérienne amie d'enfance. Astrid et Benedict sont deux ambiguïtés ambulantes et pusillanimes.
▬ On est figé dans les films, leur amour est figé. Ça paraît enviable mais. Ça ne l'est pas tant je pense. Sloan, ton esprit bouge trop pour que tu sois dans un film.
Toujours trop volatile pour tout, cette Holmes-là – mais, Benedict, tu aimerais bien l'être, toi ! t'élever théâtralement au dessus des marécages incertains de tes pulsions volcaniques, t'affranchir du carcan suffoquant de ton cœur torturé par ses ardeurs...


knock, knock, knockin' on heaven's door.

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Serdaigle



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Sloan T. Holmes
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Lun 10 Nov - 13:30

Shitty things coming out of this silly mouth.


Sloan est déjà venue se poser là et ne plus bouger. Se prendre pour un oiseau sage, autant digne de sa maison qu’elle puisse l’être, cependant sans jamais posséder les ailes si fières. Non, elle s’arrêtait et puis regardait de ses yeux d’un bleu appuyé et mélangé à l’incompréhension ceux qui se tenaient la main, des amoureux on lui disait. Et quoi d’autre - ah ils s’embrassaient, parce qu’apparemment cela était agréable - la bleue répond d’un sourire à Benedict, là où l’ignorance s’installe. Elle a connu ce sourire depuis toujours, et vers dix ans admettant qu’elle ne le verrait plus jusque l’année d’après, elle avait décidé de ranger leurs livres au grenier. Elle se souvient que Grand-Mère l’avait appelée pour lui montrer les feuilles soigneusement séchées par celle-ci. Elle aimait les regarder, mais regarder des amoureux, c’était se l’infliger. Sloan, avec Noah à l’époque refusait tout contact autre que ses mains et, elle redoutait un peu qu’il se lasse, après tout elle était si ennuyante. Mais ce n’était pas bien passionnant, elle se soulageait par les sourires des autres qui passent près d’eux et se réjouissent. ‘Ils sont mignons pas vrai.’ ‘J’aimerai bien aimer quelqu’un, aussi.’
Elle a quatorze ans la première fois qu’elle se demande ce qu’il y a de si bien chez Noah Hartell. Il est gentil, elle l’apprécie, elle adore ses grigris et il est drôle quand il rechigne parce qu’elle va voir les matchs sur le terrain, oui tous les matchs. Et puis il est souvent seul, elle a du mal à s’y faire, elle se demande comment le réconforter, mais il n’en ressort aucun chagrin de son côté, alors qu’il est supposé être celui qu’elle chérit le plus.

▬ Allez sois pas ridicule je n’ai pas changé d’un poil de gobelin. Noah… je n’ai jamais envie de… lui.


Q-quoi non tu te mélanges. Tu te mélanges.
▬ Je… je suis mal à l’aise.
Quelque chose cloche chez Holmes. Elle lui avouera ce soir-là, quand elle a seize ans et que la parole est moins saccadée à la rencontre avec son petit ami, qu’elle ne sait pas bien ce que c’est que de l’aimer, qu’elle a plus mal au cœur avec lui, constamment peur de faire un faux pas et de le blesser. Elle dit aussi qu’Emmet c’était un essai, pour voir si c’était plus facile, si c’était plus vrai, si c’était agréable comme les amoureux et… elle réalise être encore stupide, une enfant, que ça ne lui fait pas grand chose non plus.
Holmes se questionne, peut-être bien qu’elle a un problème, l'anesthésie constante au contact des autres; c’est assez cruel. Elle pensait que sourire suffisait et que les gens autour suffisaient, à couvrir tout le reste, à se voir joyeux et aimé, et très aimé, vraiment. Mais elle reste froide, là, à les laisser passer devant elle et pendant un moment suppose qu’arrêter de sourire aidera alors, elle crée Sherlock. Sherlock peut sourire sans aucun soucis et aime beaucoup la compagnie des gens, jamais le sentiment de fatigue, jamais las, jamais faible.

Juste inutile, elle, au milieu. Si brusque, si soulevant que lorsque la tornade Astrid passe, elle croit bien ne pas survivre et pourtant, la voici, en vie, très bien, très bien.
Benedict lui a fait aimer la lecture. Ils étaient petits que déjà ils partageaient toutes ces histoires, elle se demandait toujours si on était capables d’autant de choses, si facilement, parce que tout était écrit si fluide, si clair. Cristal. Parfois c’était moins évident bien entendu. Surtout aujourd’hui, elle l’écoute, là et se crispe à son discours, elle s’attrape les épaules pour avoir moins froid.

Il fait si froid quand tu parles de tout ça, je ne sais jamais vraiment si tu vas te volatiliser, Benedict.

▬ Il ne devrait pas bouger. Pas tant que ça. Je ressens plus rien comme il faut, ça… ça s’embrouille de partout. C’est insupportable.




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Serpentard



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Benedict N. Westeylen
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Ven 28 Aoû - 23:55
C'est l'égarement qui suinte du discours de la bleue, les tentatives pour rester droite et prétendre ; les essais-cataclysmes, les insipidités sans fin, et les affres d'une comédie harassante, à jouer chaque instant. C'est tout ce que Benedict a vu de loin, sa vision comme toujours pénétrée des brumes de son intériorité en crue ; tout ce à quoi il n'a pas assez prêté attention. Quoi ! il a déshonoré le serment sous le tilleul courbe ; c'était son tour de garde, et il a failli. Oh Sloan. Je ne t'ai pas oubliée – mais j'aurais préféré m'oublier, moi. Son paradoxe est là ; difficile de s'abhorrer autant que Benedict s'abhorre, et pourtant il est le nœud vers lequel convergent toutes ses pensées – brasillante exécration égocentrée. Et Sloan s'est faite vague, revenant par reflux doux, lorsqu'aux repas sa tête brune passait en flèche sous ses regards vides, vides aux autres ; mais il repérera toujours Slo, entre toutes les foules, relief instinctif, silhouette de l'habitude, vue et revue sous diverses cadences depuis la tendre enfance. Comme il s'en veut ! sûrement il n'aurait pas pu empêcher les abysses d'ouvrir leurs mâchoires puissantes sur les jambes frêles de la Holmes, mais il aurait pu être la main salvatrice, tendue comme un cœur purifié par l'amitié la plus solide, il aurait pu être l'atout, il aurait pu être utile. Mais rien ne change, pas vrai. Et il s'est contenté de s'abîmer entre ses ouragans intérieurs, d'être son propre ravage et sa propre suffocation – s'est contenté de se déchirer en lui-même pour éviter le monde – facile, et couard, comme à l'accoutumée, tout cela semble flétri et éculé à dire vrai ! à croire que le vieux Benedict ne renouvelle jamais ses lames...
▬ Mais Slo, c'est fini tout ça. Et tu es droite et claire maintenant ; qui t'a relevée ? Qui t'a sauvée ?
Parce qu'elle a été sauvée, rien de plus évident – elle est toujours Slo, toujours en vogue, dans l'entre-deux, mais elle est si présente. Elle a un point d'ancrage maintenant, comme lui ; et c'est heureux, car il n'a pas été là pour continuer les soutiens maladroits de leur enfance – mais elle va maintenant. Et elle ira bien, ses sourires fugaces en sont la touchante promesse ; elle change, et quelle ascension ! - de ces escalades discrètes, qui trompent sûrement le commun des fréquentations de la jeune fille ; mais lui ? lui sait jusqu'aux déformations de son visage lorsqu'elle ment. Il la sait probablement mieux qu'elle ne se sait elle-même ; sait-elle même qu'elle s'élève, la douce et naïve Slo aux yeux-tourbillons ?
▬ Tu sais, le mouvement n'est pas normé ; il se décide en lui-même, on ne peut pas le dire anormal ou fou parce qu'il n'obéit à rien que lui-même. Oh je sais, on croit tous avoir trouvé la loi, la règle ; mais il n'y en a pas, Sloan. Ton esprit court comme il faut, ne t'en fais pas.
Il se retourne vers le saule, placide dans l'instant, les bras tendrement agités par la brise matinale, feuilles bruissant et écorce se craquelant, à mesure que le temps court sur sa carcasse roidie. Qu'il aimerait, lui aussi, se désemplir complètement dans des furies passagères, se faire liberté, se désenchaîner d'un coup de tonnerre de la voix ! - mais lui ne sait trouver la colère qu'en se déchiquetant dans le même temps. L'instant lui est ici clément, la discussion l'emporte à la croisée de deux époques – alors lui aussi va correctement, sur un chemin sans sinuosités, ensoleillé.
▬ Le sentiment non plus n'a pas de lois, Sherl ; tu es ta loi – et ta loi va changer au cours du temps tu verras.
Sherl. Tu me manques, Sherlock – on se manque, enfants, quand nos préoccupations s'évaporent d'elles-mêmes, quand les noirceurs aiment à se laisser teindre en blanc.


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Serdaigle



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Sloan T. Holmes
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Mar 15 Sep - 17:11

My name's blurryface and I care what you think.


Benedict était autre chose qu’un tas de livres planqué dans un tas de cartons, entassés au fond des combles, derrière le vieux poste télé. Sloan se disait qu’il avait grandi et que maintenant toute sa personne, son corps élancé près d’elle, tantôt arqué, tantôt tourné vers le vide était imposante. Elle, était minuscule, mais il gardait son talent particulier pour les histoires emmêlées entre ses lèvres pâles. Garçon en marbre qui ne bouge plus beaucoup, qui a arrêté de s’agiter, elle a pas voulu insister sur Astrid: il aurait pu se figer d’avantage. Au lieu de cela, il lui explique, que c’est un véritable puzzle, Astrid et elle ne va pas démentir, elle ne va pas non plus lui expliquer ce qui se passe entre elles. - comme elles sont volcaniques après un certain seuil passé, comme elles se frustrent. - Mais le faire venir à Wesley, c’était ouvrir une autre porte ( sans vraiment l’expliquer, il la comprenait, elle se jouait de charades, et il comprenait. )
Pourquoi toujours lui. Est-ce-qu’on doit parler de lui, maintenant? Est-ce-que ce n’est pas mieux, de faire comme si de rien n’était?
Alors elle l’écoute, elle l’écoute. Benedict est une vague, il soulève son monde quand il parle, il est un peu prophète, la tête droite et fine en même temps de ses dialogues lancés éclairs, comme ça! Sans prévenir. C’est elle qui ne prévient pas d’habitude, c’est elle qui lève des voiles, qui perturbe les foules. ( Ce matin être seuls n’arrange rien, elle est à découvert. ) Il l’a relevée par le passé, il était une première thérapie, un premier mètre donné au reste du monde, mais c'était une Sloan toute à lui, elle souriait, elle ne faisait que ça, ne savait rien faire d'autre.
▬ Tu ne parles pas de toi. Je suis perdue, chaque jour plus. Ce n’est pas tant un sauvetage, c’est que je me noie.

( Elle hésite, un sourire? Non. ) Sloan se rapproche et fourre les mains dans ses poches, le froid de l’a jamais, exactement épargnée, elle est, toute petite, elle a la tête au niveau de son épaule, elle pourrait l’y poser. Mais ils ne sont pas dans un film pour adolescents, elle n’a pas besoin de contact humain, elle a du mal, avec ça.
▬ Il y a une différence, Benedict. C’est que j’aime être avec moi-même. J’aime le silence, j’aime les pages des bouquins qui sentent leur époque, j’aime… ne pas le partager.
Et elle s’est tournée vers lui, parce qu’elle n’avait pas fini.
▬ Mais j’aime, son silence, sa patience, ses sourires, et pour un peu que j’y pense encore, je ne veux les donner à personne. J’ai l’impression qu’ils sont pour moi.

Rien que pour ses sourires elle pourrait dire, que ce garçon auquel elle refuse de donner un nom, la sauve. Cela dit elle pense, encore, qu’il y a leurs corps si proches, à Benedict et à elle, et elle aimerait - ne pas l’avoir perdu une seconde fois. -
▬ Je suis désolée, d’avoir préféré t’oublier. Tu n’es pas un livre Bene. Tu aurais presque pu me le faire croire, tu sais.




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Dark in my imagination [Benedict]

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