Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille... Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres. Le monde magique anglais est en ébullition à mesure que les trois candidats s'opposent, laissant un peu leurs charges respectives à l'abandon au profit de leur campagne. C'est ainsi qu'à Poudlard, un joyeux bazar règne souvent en l'absence du directeur, et que les créatures de tous poils envahissent peu à peu les villes sorcières pour le meilleur comme pour le pire !
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Les souplesses du vide • Eddou ♥

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Elise B. Dickney
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Mar 22 Juil - 21:46
« Les élèves dansaient — sans s’en rendre jamais compte ; de manière tout aussi gracieuse que désordonnée, oui. Ils dansaient, déambulaient dans les couloirs, glissant contre certains sols, dérapant dans les fourbes escaliers. Aussi Elise n’échappait pas à la règle ; dévalant quelques marches, tournant au coin d’un couloir ou encore réprimant un frisson  alors qu’elle s’aventurait dans le couloir enneigé. La matinée s’achevait, et la fin d’année s’approchant inexorablement ; ses heures étaient chargées. Serrant sous un de ses bras quelques bouquins, elle se laissait porter par la foule d’étudiants ; certains se ruant dans la grande salle, d’autres vacant, moins pressés.

Aussi ne sentit-elle rien venir.
Juste un courant d’air — très froid.

Nue devant la masse ; instinctivement elle resserra son emprise sur sa baguette qu’elle tenait de sa main libre et lança un accio informulé pour plus de rapidité sur la cape de la personne en face d’elle. La masse de crins bruns lui rappela ceux d’Edgar — enfin, il s’agissait de ce demi cadet, après tout ; quoi de plus naturel. Sous le choc ses livres étaient tombés dans la neige ; et le tissu avait englouti sa tête, se déversant sur son corps. Hrm. Bon.

Ces blagues débiles ne l’amusaient plus vraiment.
Certes. Au delà de l’indifférence, évidemment.
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Edgar Herrison
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Dim 10 Aoû - 13:44

Voilà une matinée comme toutes les autres en cette belle fin d'année. Tout était terriblement normal : le brouhaha, les blagues, la fin des cours, l'angoisse du départ, définitivement comme d'habitude. Comme hier. Comme demain. Mais Edgar n'était pas comme d'habitude, il avait la tête ailleurs, un peu. Beaucoup. Il marchait sans savoir où il allait, seul dans la masse, ce qui était rare il fallait le noter.

Il ne savait même plus pourquoi il devait traverser le couloir enneigé à cet instant, sûrement une affaire importante - mais il n'y avait plus rien d'important en cette fin d'année - il ne savait plus.

Ne chercha plus à savoir.

Ça s'était passé sous ses yeux.
Son regard s'était posé sur le visage bien connu d'Elise, naïvement il avait sourit en espérant qu'elle le remarque - pour parler, dire bonjour, simplement se sourire, il s'en fichait, il aimait bien Elise, beaucoup. Il avait besoin d'une amie là. Mais l'innocence si précieuse d'un Edgar qui n'avait jamais vraiment regardé le corps d'une femme ou seulement en se faisant croire que ça l'intéressait, sombra. Elle fondit comme neige au soleil lorsque de parfaitement habillée Elise passa à parfaitement nue.

Il ne pu s'empêcher de regarder.
C'était honteux, jamais il ne lui avouerait - naïf - mais il la décrypta rapidement. Une femme. Une vraie, bien réelle, bien physique, bien loin des images surdimensionnées qui peuplaient les magazines pour adultes sous son lit.

Elle était jolie. Il rougit, mais aucun papillon ne vint s’emmêler dans son bas ventre, aucune accélération dans sa poitrine autre que celle causée par la gêne. Rien, hormis la brusque réalisation qu'Elise était nue dans un couloir et que bordel, une jolie fille n'était pas censée être nue dans un couloir !

Ça n'avait durer que quelques secondes. Il fit un pas vers elle, décrochant sa cape et... Comme d'habitude, elle fut plus rapide que lui. Sa cape lui échappa des mains et son cerveau eut la bonne idée de la laisser partir.

-Oh...

Il fit les derniers pas qui les séparaient, suffisant pour le faire percuter ce qui se passait.

- Att...

Ce qui n'empêchait pas qu'il était incapable d’aligner deux mots. Il plaça donc sans parler la cape pour la vêtir un peu plus, désespéré. Son regard fixant son épaule. Quel idiot, pourquoi avait-il tout regardé ? Pourquoi ? Et être un adolescent plein d'hormornes n'excusait pas tout, même pas ce qui passa ses lèvres pour détendre l'atmosphère ou il ne savait quoi :

-Au moins maintenant c'est clair : t'es bien une fille !

Il rit, sans réaliser qu'elle n'était pas dans sa tête avec son souvenir du corps bien masculin d'Adelheid sous la douche.


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Elise B. Dickney
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Dim 10 Aoû - 17:12
« Sous les mains d’Edgar qui s’afférait à l’habiller au mieux sous sa cape ; Elise ne put retenir un sourire — il était un être maladroit. Aussi le laissait-elle poursuivre besogne, l’écoutant d’une oreille distraite coudre une conversation improvisée quoique bancale ; aux ourlets incompréhensibles. « Pourquoi, tu en doutais ? » Finit-elle par laisser s’échapper ; laissant s’élargir l’esquisse, prenant un ton taquin. Rehaussant finalement la cape au capuchon gryffondor sur son corps, la blonde soupira ; s’abaissant pour récupérer les quelques bouquins jusqu’à lors toujours étalés dans la neige. Elle savait bien que sa dernière blague était hors de sa portée ; il ne la visait pas particulièrement — enfin, soit. Elle n’était plus à ça près. Se redressant, elle plongea son regard dans celui du sixième année. « Je plaisante. » Arrêt, ses pieds nus commençaient à lui envoyer des signaux d’alarme. « Ca te dérangerait d’enlever tes chaussures ? » Pas pour les lui voler, évidemment — juste pour lancer un sort de dédoublement. La magie coulait à flot dans ses veines, des fois, se disait-elle ; à ne penser qu’ainsi par sortilèges et sorcellerie.

C’était absurde.
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Edgar Herrison
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Dim 10 Aoû - 18:30

-Pourquoi, tu en doutais ?

Il s'arrêta de rire et une seconde il écarquilla les yeux près à s'excuser quand il comprit le léger sourire et le ton qui accompagnait cette question. Il laissa tranquille la cape.

-Evidemment ! On ne sait jamais ce qui se cache sous les vêtements, se laissa-t-il aller à dire naïvement.

Puis, dans son rire il se baissa pour l'aider avec les livres.
Oh.
Il n'avait quand même pas dit ça à une fille qu'il venait de voir nu ? Si ? Oh l'idiot. Ses joues virèrent au rouge framboise et il lui fallut quelques secondes avant de comprendre sa demande.

-M-Mes chaussures ?

En toute logique, il aurait du dire non, mais c'était Elise et si elle lui demandait ça c'était qu'il y avait une raison et ses pieds gelés devaient en être une. Il s'accroupit et défit ses chaussures, se retrouvant à tremper ses chaussettes - qui n'étaient pas les siennes - dans la neige.

-Ça risque d'être un peu grand.

Il n'avait pas encore comprit qu'elle allait utiliser un sort, il était plus moldu que sorcier, il fallait le pardonner.

-Et... sinon, qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda-t-il les yeux perdu dans le plafond.


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Elise B. Dickney
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Dim 10 Aoû - 20:55
« Merci. » Avait commenté Elise lorsqu’il s’était baissé avec elle, quelques instants plus tôt — cela avait été bas, presque murmuré. Enfin, elle avait souri quand il s’était embarrassé de sa demande. C’était presque mignon, dans un sens, de voir les raisonnements moldus prendre le dessus sur le côté sorcier du garçon. « Ne t’inquiète pas, je ne compte pas te les voler. » Avait-elle fini par éluder ; son ton miroitant un rire imprononcé. Aussi continua-t-elle de parler tout en pointant baguette — c’était devenu si naturel ; pour elle, dans un sens.

Elise aimait la magie.
Plus que ça, elle l’adorait — en était presque fascinée.

« Rien d’important ; ces derniers temps les élèves sont assez agités. Enfin, ils l’ont toujours été — toi et moi le savons bien. » Sourire infime, ses yeux étaient baissés ; fixés sur le gemino en cours, dédoublant les souliers du garçon. « Mais depuis quelques mois des petits malins s’amusent à lancer des sortilèges de disparition sur leurs chers camarades. Enfin, des evanescos quoi ; rien de très grave — mais des fois je me demande si cela ne pourrait pas mal tourner. » Son regard se redressa avec une lenteur mesurée ; et dans les abysses de ses iris l’on pouvait sans doute distinguer toute l’importance de la chose — Elise était calme ; elle l’avait toujours plus ou moins été. Aussi peut-être n’était-elle plus qu’une demoiselle ayant doublé une année pour des raisons absurdes ; aussi peut-être devenait-elle peu à peu une adulte préparée à l’envol, loin d’ici — loin de Poudlard et de tout ce qui l’avait jusqu’alors tant marquée. « Enfin, ce n’est pas bon d’épiloguer — tiens. » Sourire, de nouveau accroupie elle le toisait d’un air gentil ; lui proposant d’un geste de reprendre son bien. Pardon pour l’attente aurait-elle du ajouter — quoique, elle ne savait que trop. Se contentait de pointer son bois vers les chaussettes d’Edgar, lui lançant un sort de réchauffement ; simple dérivé du banal mais efficace incendio.  « La magie est si belle… » Susurré dans la froideur du couloir, une moue enfantine collée au visage ; ses crins dorés dévalant ses pommettes puis ses épaules de toutes parts — ils avaient tant poussé.

L’année était passée si vite ; éclair fulgurant.
Cela avait pourtant semblé si long — à des moments.
Simples instants.
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Edgar Herrison
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Mar 12 Aoû - 11:35

Il l'observa lancer son sort avec un sourire, il aimait bien la regardait utiliser la magie, comme si c'était naturel. Elise et la magie, c'était une sorcière, une vraie. Lui n'était qu'un moldu temporairement là, et heureusement.

Il observa les chaussures se faire, enfouissant ses orteils dans la neige avec un plaisir douloureux.

-Ils croient peut-être que vu que c'est la fin d'année et que les jeux sont faits pour la coupe, ils ont moins de chance de se faire chopper par leur préfet. Enfin, je les comprends un peu, on s'ennuie en fin d'année.

Il s'ennuyait. Il était triste de voir ses amis lui filer entre les doigts, de partir dans le monde où il voulait passer sa vie, mais où il n'y avait plus rien finalement. Il était un peu au bas de son moral en ce moment, oh et puis il y avait Timothy aussi, ce qui n'arrangeait rien.

-Même si evanesco c'est dangereux oui.

Parce que bien sûr Edgar n'aimait pas ce qui était dangereux - le prochain à lancer ce sort serait lui. Il lui fit un sourire pour la remercier pour... lui rendre ses chaussures, oui, bien sûr. Il se pencha et tira un peu les lacets avant de se faire réchauffer les pieds.

-J'adore ce sort, rigola-t-il.

Il put donc remettre ses chaussures qu'il laça évidemment à la main.

-La magie facilite la vie, mais parfois un peu trop... ça en devient frustrant, et un peu écoeurant, il redressa la tête pour la regarder, mais elle est belle avec toi.

Il lui offrit un léger sourire, pensant réellement ce compliment, puis il lui prit ses livres des mains, en bon galant qu'il était. C'était bizarre.

-Je t’accompagne à ta tour avant que d'autres viennent te déshabiller ?



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Elise B. Dickney
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Mar 12 Aoû - 16:37
« Elise écouta son cadet parler comme si il s’agissait de la chose la plus banale et coutumière qui soit — enfin, il n’était plus vraiment qualifiable de cadet ; étant depuis quelques années déjà à ses côtés en cours. Il en était de même pour tant d’autres, la vision de l’âge était une chose si vaste. Aussi redressée, la préfète accorda un sourire à son comparse, quand il lui prit ses quelques bouquins sans rien plus ajouter à ce sujet ; poursuivant ses tirages faisant écho à ses propres dires, ceux effacés par le temps passant ; les secondes écoulées. « Tu es sorcier Edgar, la magie ne facilite donc rien — tu la possèdes seulement. Enfin je ne sais pas vraiment comment t’expliquer cela, mais ce n’est pas vraiment utile, n’est-ce pas ? L’important est ce que l’on fait de cette compétence — certains peignent, d’autres font régner la justice. Tant de domaine ; que préfèrerais-tu ? »

Elle avait balayé d’une moue les autres propositions, faisant de petits pas aux ourlets inutiles. « Enfin, tu as raison — il fait froid. » Avait-elle fini par prononcer rapidement, coupant ses propres réflexions. « Marchons un peu. » Fit-elle finalement ; ordonnant ses pas en direction de la lointaine sortie ; et si une de ses mains était occupée à ternir bien fermée la cape, les doigts enserrant au possible, comme si l’action allait pouvoir la réchauffer ; l’autre paume tenait baguette — toujours.

C’était immuable.
La magie.
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Edgar Herrison
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Mer 13 Aoû - 12:03

Pour une fois, Edgar laissa le silence être sa réponse, ou plutôt il se laissa aller à penser, oubliant d'ouvrir la bouche. Il imagina Elise en protectrice de la justice, Elise, nue, protectrice de la justice, et en soi, c'était plutôt perturbant comme image, le genre de truc qui vous fait cracher ce que vous avez sur le coeur pour éviter d'avouer ce qui venait de passer par votre petite tête.

-Je ne suis pas un sorcier !

C'était parti aussi vite que ses yeux quittant ses épaules pour les murs. Ils marchaient dans son école, sa si chère école. C'était sa maison, il le savait, il le sentait dans ses trippes et pourtant il avait avouer ça. Avant ça n'avait pas été aussi clair, mais maintenant que c'était clair, l'évidence lui collait à la gorge.

-C'est drôle non ? rigola-t-il laborieusement

Il baissa les yeux vers les livres dont il observa sans vraiment faire attention les couvertures.

-J'ai envie d'être libraire, mais pas avec une baguette. J'ai envie de marcher en sentant le poids des livres entre mes bras, de les ranger moi-même, d'écarter deux ouvrages pour en placer un entre les deux, d'aider quelqu'un à trouver son bonheur non avec un sort, mais avec ma tête.

Il se sentait comme un naïf, éternellement secoué par la magie des livres plus que par toutes les autres. Il ne voulait pas être un sorcier, il voulait s'accrocher à son rêve de gosse et le réaliser. Pourtant, tout du long de son explication il avait fixé ses pieds et ce ne fut qu'à la fin qu'il se redressa un peu pour lui lancer un coup d'oeil.

-Et toi, Elise ? Toi et ta magie ?

Il n'avait pas compris ce qu'elle voulait dire par la magie était en lui, il ne pouvait pas parce que pour lui c'était comme une jolie carte joker.




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Elise B. Dickney
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Mer 13 Aoû - 14:44
«  Il y avait eu une exclamation, forte ; quasi criée — puis des explications. Aussi Elise s’était raidie, s’était crispée dans la seconde où l’intonation avait retenti, cognant les murs et déchirant l’air de sa force éphémère. Aussitôt les derniers sons s’étaient dissipés, son corps s’était relâché. Assez délicate pour ne pas couper le garçon dans ses réflexions orales, elle s’était tue ; l’écoutant palabrer d’une oreille se voulant attentive. Et s’était sans doute un peu étrange, de se dire à quel point leur vision des choses était différente — peut-être même un peu absurde, mais ça ; il ne fallait pas le dire à haute voix.

Edgar s’était muré dans le silence ; était-ce donc à elle de parler, de prendre parti ? C’était encombrant, dans un sens ; de se dévoiler quand comparse n’était pas d’avis semblable. « Je suis serdaigle, Edgar — la vie me semble si vaste. Il est difficile de faire un choix ; ardu de préférer un chemin à tout autre. Il n’est pas question de moi et de ma magie ; mais de moi et de la magie. Je ne trouve pas ça drôle, d’ailleurs. Ce n’est pas amusant. » Se réfugier derrière un blason et ses stéréotypés pour laisser l’auditeur interpréter à sa manière l’énoncé, basculer sur un commentaire déjà passé ; prendre un ton détaché, peu impliqué. Il n’y avait rien de méchant à agir de la sorte ; c’était une manière d’étouffer les douleurs. « Ta vision des choses elle belle. Je veux dire, celle qui implique ton futur métier. Les sensations ; les odeurs, les poids et les tractions — sans parler des réflexions. » Arrêt. Oral comme physique ; deux obsidiennes noyées par quelques coulis blonds se redressent pour venir heurter comparses. « Mais pourquoi te renier et mettre dehors tout ce que tu vis à présent ? Vouloir devenir bibliothécaire à la moldue annexe et exile à jamais toute la magie de ce monde ; de ton corps et de ton être ? Ne l’aimes-tu pas, cette magie ? » Et d’un tout autre regard ; la préfète avait agité son poignet, faisant sortir de sa baguette un rai de lumière opalescent bondissant dans le vide. « N’est-ce pas beau, Edgar ? » Et un sourire était venu fendre tout entier le visage de la blonde Elise, ses yeux s’illuminant plus elle arrivait à faire avancer le jet, le faisant frôler l’épaule de son compagnon puis accélérer verticalement ; elle aurait rêvé l’améliorer, y ajouter quelque chose de plus fantastique, peut-être même y mêler un peu d’expecto patronum — elle ne pouvait pourtant pas, se jurait d’y arriver un jour ; pour pouvoir faire danser ces lumières animales tout autour d’elle et des autres, peut-être même au dessus du berceau de ses enfants. Aussi s’était-elle mise à bouger, devançant le brun pour faire quelques pas circulaires, à la fois lents et précipités. Dans sa paume son bois de noyer noir semblait pulser, et de quelques agitations elle fit faire des spirales de plus en plus serrées à son filet brillant ; le faisant exploser dans le ciel au bout d’un instant. Orchideus ! Et les fleurs jaillirent, allant se répandre dans ce ciel factice : « Leviosa ! » Idée désespérée pour les empêcher de tomber, au détriment des flocons qui eux ; glissaient inexorablement. Et c’était dans cette apothéose de fleurs immaculées, de flocons et de résidus lumineux qu’Elise avait envie de rire ; de ton son cœur, de tout son être. « N’est-ce pas magnifique, la magie ?! » Sa voix avait été forte ; assez pour frôler le cri — ses yeux comme tout son corps semblaient hilares.

Comment pourrais-tu t’en lasser, Edgar ?
Je ne comprends pas.
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Edgar Herrison
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Mar 19 Aoû - 14:00


Il l'écouta sans comprendre, sans réussir à effleurer ce sens la. La magie. Ma magie. Ils n'étaient pas sur la même longueur d'onde, sur les mêmes sens, ils courraient à l'opposé l'un de l'autre.

Elle s'arrêta. Il s'arrêta.

-Mais pourquoi te renier et mettre dehors tout ce que tu vis à présent ? Vouloir devenir bibliothécaire à la moldue annexe et exile à jamais toute la magie de ce monde ; de ton corps et de ton être ? Ne l’aimes-tu pas, cette magie ?

Que fallait-il répondre, que fallait-il avouer à cet instant ? Il hésita un moment de trop à avouer, à lui dire ce qu'il pensait de tout ça, ce que ça lui apportait, à lui souffler que sa tête ne tournait que dans un sens et que même en parler avec elle ne l'aidait pas à se tourner de son objectif, de ce point au loin qui le terrorisait mais auquel il s'accrochait depuis toujours : il ne fallait pas qu'il reste ici, dans ce monde là.

Et ce moment de trop fut celui où Elise éleva son poignet.
La magie dans sa plus jolie pureté, au milieu des flocons. Elle bouge, tombe, remonte, dessine le monde avec une facilité si tendre, si douce. Il aurait pu tendre la main et la toucher, tendre le visage et l'embrasser. Mais elle était rapide, fugace. Le jet s'élevait et les fleurs s'imaginaient au moment où la voix d'une Elise venait apporter une autre dimension à cet éclat visuel. Le son caressa les murs, les couleurs effleurèrent ses pupilles avec un éclat de froid. Il vibrait. Il vibrait parce qu'au creux de tout cela était Elise, Elise qui magnifiait la magie, qui la rendait unique et belle, qui lui donnait envie d'y plonger à s'en noyer.

Elle était en transe et son cri presque murmuré l'atteignit en pleine tête. Magnifique. Il sourit, il sourit à s'en arracher les joues, à faire pleurer ses yeux, à éclater sa gorge.

-Oui, ça l'est.

Et il se détourna pour continuer sa route et quitter le couloir glacial, mais seulement quelques pas plus loin il se stoppa.

-Tu es jolie, Elise, mais ne me demande pas de comprendre plus que ça. Je n'y crois pas.

Il se tourna finalement un peu vers elle, esquissant un sourire à moitié échoué. D'un geste il sortit sa baguette qu'il fit tourner entre ses doigts puis d'un geste, parce qu'il y avait bien une chose qu'Edgar avait appris c'était à écrire avec sa baguette. La seule chose qui était bien dans tout ça, croyait-il. il regretterait de s'être figer ainsi, de se tromper autant, mais à cet instant, il ne savait pas. Dans l'air, d'un jet pâle, tremblant, un peu raté, sans la superbe de la magie aboutie d'Elise, il écrit.


Moldu
Maison



Il lui sourit et rangea sa baguette avant de reprendre sa marche, trouant en passant les mots qui étaient son point noir, sa magie à lui.



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Elise B. Dickney
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Jeu 21 Aoû - 23:32
« Il y avait eu un sourire instinctif — un arrêt, quelques mots. Aussi s’était-elle placée dans un entre-deux, celui propre aux attentes prêtes à être avortées si nécessaire ; loin d’être encore totalement formées. Un espace intercalé, dirons-nous, quasi inexistant ; presque intemporel — sauvant des désillusions et des déceptions ; préservant encore quelques instants l’espoir, voire même quelques poussières de rêves ébréchés.  Et c’était triste dans un sens, de la voir ainsi figée dans les secondes ; à regarder passer le temps, se préparant aux actions futures. Qu’allait-il faire ; qu’allait-il dire ? Elle le savait, ne savait pas — jamais réellement. Aussi quand il se détourna pour poursuivre son chemin, laissant d’épaisses traces dans la neige immaculée, quelque chose se serra en Elise. Elle ne se sentait pas à l’aise ; tant bien même de simples particules magiques venaient encore ricocher tout contre elle.

Arrêt.
De pensées, de flux divers — de quasi tout.
Il avait parlé.

Et c’était dur — si dur dans l’instant d’avoir entendu si bien ces mots. Je n’y crois pas. Telle une lame chauffée à froid ; plongée dans un acide si brûlant qu’il n’en ressortait plus aucune trace d’ébullition. Je n’y crois pas — je n’y crois pas. Comme un écho incessant. Comme une blessure ayant suinté, rougie ; guérie — laissant sa trace, sa cicatrice. Aussi Elise ne bougea-t-elle pas, n’oscilla point — se contentant d’être statue paisible, observatrice ; non inquisitrice. Des traits sombres s’étaient formés, une magie commune, souvent utilisée — mais rarement pour écrire de tels propos. Avait-elle cligné des yeux que déjà il s’était retourné ; s’était éloigné.

Ne s’était plus arrêté.
Voulait-elle seulement l’interrompre ; l’empêcher de filer ?
Elle n’en était pas sure, n’était pas si bonne.

Absurde. Il était absurde de prononcer une telle sentence pour par la suite pointer baguette. Aurait-ce été un autre, aurait-ce été Vance ou peut-être même Silas qu’elle aurait ajouté quelque chose ; aurait agi autrement. Peut-être aurait-elle fait quelques pas rapides et silencieux pour venir coller une main violente et vivifiante tout contre une de ces joues innocentes. Et pourtant tant coupable. Peut-être aurait-elle affiché une moue fâchée, ou peut-être même blessée. Elle ne savait pas, ne voulait pas savoir — n’avait peut-être jamais su. Il ne s’agissait que d’Edgar.

Edgar, hein.
Elle en aurait presque ri.
C’était si petit.

« Tu n’y crois pas ? » Que fais-tu là ? Ton tranquille ; serein, calme et paisible. Il ne fallait pas plonger dans l’indifférence — n’est-ce pas ? Aussi se retournant, levant bras ; la blonde préfète effaça ses traces, ses preuves et ses fleurs. Il ne restait plus rien, aucune marque ; aucun soupçon de ses œuvres précédentes. « Soit. » Pause. Inspiration ; regard vétuste — l’avait-il seulement attendue ? « Marchons. »

Elle n’était pas même triste.
N’y avait pas songé.
Jamais.
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Mer 8 Juil - 22:59

Il l'avait attendu, au bout du couloir, le regard perdu vers le plafond d'où tombaient les flocons. Il ferma les yeux et écouta son amie marcher jusqu'à lui. Il se sentait un peu vide, un peu en train de flotter. Qu'avait-il fait ? Qu'avait-il dit ? trop, beaucoup trop. Mais personne ne l'aurait devené, Edgar était certain que ce qu'il avait avoué était lambda, que ses mots n'avaient pas laissé de marque. Il rouvrit les yeux quand elle arriva à sa hauteur, et il tourna son regard vers le reste du couloir - il avait raison, il n'y avait plus rien. Il avait commencé, elle avait terminé.

Il tourna son regard vers Elise et l'écouta. La question lui fit pencher la tête sur le côté et puis... le soit tomba. Le ventre du gryffondor se serra et il se remit en marche.
Du coin des lèvres, il sourit un peu ; il était rassuré d'être en quelque sorte accepté par son amie, malgré les bizarreries. Elle ne discutait plus, comme si elle consentait à cette différence entre eux - Edgar voulait y croire. Il y crut.
Alors il lui sourit et souffla un nuage d'air.

-Tu vas faire quoi cet été ? demanda-t-il, naif, idiot, ses lèvres se perdaient sur des phrases sans intérêt. Il était aveugle, incapable de comprendre qu'il s'était éloigné d'Elise, au lieu de se rapprocher.


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Jeu 9 Juil - 19:36
« Il y avait eu ce silence — cette chose sans trop de saveur, sans même une once de répit. Tout n’avait été que silence incolore — silence gris, silence de ceux qui n’ont plus grand chose à se dire. Et c’était un peu triste, sans doute ; car après tout, Elise avait toujours aimé — en grand et en large, dans la différence comme dans la ressemblance. Aussi était-ce peut-être étonnant de la voir si détachée, si résignée. Peut-être en avait-elle marre de lutter, peut-être avait-ce été la sentence en trop.

Comment ne pouvait-on pas croire à la magie ? Comment ne pouvait-on pas y croire, oui ? Encore ; l’on pouvait ne plus y croire, mais ne pas y croire ? Lorsqu’on possédait baguette et artefacts ? C’était absurde, c’était au delà des mots — ce n’était pas agaçant, pas décevant.

C’était juste — oui, juste quelque chose d’inqualifiable.
Aussi la blonde avait-elle eu une pensée égoïste ; une pensée forte qui lui avait brûlé la gorge, alors qu’elle déambulait aux côtés de son camarade, de son copain : il verrait, quand la magie le sauverait. Il verrait, quand elle lui permettrait de vivre, oui ; lorsqu’il ne tiendrait plus qu’à un fil de la vie. Ou peut-être trouverait-il encore des excuses, des prétextes.

Elise ne savait pas — Elise ne se souciait plus.

Elle se contentait de l’apprécier dans sa nouvelle globalité, son affection tachée d’une pointe de gris — il l’avait rejetée comme il rejetait tout sorcier de ce monde. Aussi était-ce sans doute un peu petit de penser ainsi ; mais le fait été là. Soit. Elle continuerait de l’épauler, comme elle l’avait toujours fait ; mais ce serait sans doute un peu différent, maintenant. « Hmmm, cet été ? » Sa voix s’était élevée, enjouée.

Car elle ne détestait pas Edgar — car elle l’appréciait réellement, oui. « Je vais passer en septième wowh. Hmm. Voir Vance ? Diego ? Passer du temps avec mes parents, peut-être, voir des amis — pourquoi pas toi, peut-être ? Ca pourrait être sympa ! » Sourire en biais, regard brodé de diverses luminosités : « Et toi alors, raconte moi ? »  
Elle était toute ouïe.
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Gryffondor



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Edgar Herrison
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Jeu 18 Fév - 22:27
Élise parlait avec enjouement, et à l'entendre, Edgar de se détendait un peu plus. Cette conversation sur la magie était mise derrière eux, comprise, acceptée. Ils n'y reviendraient pas, le Gryffondor n'avait plus rien à craindre, il était accueillit comme il était, croyait-il. Et ça le faisait se sentir un peu plus léger. Comme s'il n'aurait suffit que de ça, un petit soit pour qu'Edgar, bancal comme il était, se sente un peu plus à sa place.

-Je vais passer en septième wowh. Hmm. Voir Vance ? Diego ? Passer du temps avec mes parents, peut-être, voir des amis — pourquoi pas toi, peut-être ? Ça pourrait être sympa ! Et toi alors, raconte moi ?

Quitter un sujet délicat pour un autre ? Voilà le piège de toute conversation, et Edgar l'avait durement oublié. Il pâlit un peu, une grimace dans la joue qu'il retint avec un sourire. Ce n'était pas grave, c'était Élise, il pouvait lui parler et... arrondir un peu les angles. Il n'était pas encore prêt pour parler de tout.
Il ne serait certainement jamais prêt, s'il ne pouvait pas en parler à Élise.

-Je vais voir ma famille, surtout. On a beaucoup de temps à rattraper après un an d'absence, tu imagines ? Ça en fait des choses ! Alors... hmm.

Comment le dire sans blesser Élise ? Il ralentit le pas, le regard perdu sur les deux élèves devant eux.

-J'aurais pas vraiment le temps pour te voir ? Mais... Mais on se croisera peut-être ? Enfin tu as des vacances très occupé aussi. On pourra toujours se retrouver pour l'achat des livres l'année prochaine ? dit-il en sachant pertinemment que ça ne se ferait pas.

Il essuya un peu de neige tombée sur son nez.

-Ça ne te fait pas peur la septième année ? chuchota-t-il sans s'en rendre compte.


©️

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Elise B. Dickney
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Jeu 18 Fév - 22:57
« Il y avait quelque chose en Edgard de bancal — mais Elise avait décidé de ne pas s’y approcher. De ne pas appuyer sur cette chose instable prête à tout instant à s’effondrer, oui. Elle n’avait donc rien dit et souri; comme elle savait si bien le faire. « C’est vrai qu’on a tendance à oublier notre famille, c’est pas comme si on les voyait souvent à Poudlard; alors je pense que c’est normal de profiter un peu d’eux pendant l’été. » Et elle, qu’allait-elle bien pouvoir faire avec eux ? Seraient-ils pris par leur travail ? Sans doute. Quelques conversations le soir autour de la table du salon lui iraient, cependant. Elle n’était pas bien compliquée, lorsqu’il s’agissait de se retrouver; elle savait qu’ils s’aimaient, et peut-être que cela suffisait. Tant bien même y avait-il des erreurs, des hésitations et des incompréhensions. « Peur ? » Et cela l’avait un peu surprise.

« Je ne sais pas ? La septième année c’est accepter de voir partir mes racines. Tous les amis de mon âge, ceux avec qui je partage le dortoir depuis sept années. C’est accepter une nouvelle forme de solitude, c’est voir Lucas s’en aller — tout en sachant qu’il ne gardera sans doute pas… Je ne sais pas. Enfin. C’est une nouvelle forme de solitude à accepter, mais également de nouvelles choses. Un nouveau départ, de nouvelles bases; un pas de plus vers l’avenir. Ça ne me fait pas si peur. Je ne sais pas pourquoi, mais je sais que ça ira ? Rien n’est simple dans la vie, mais cela ne veut pas dire qu’elle ne nous reserve rien de beau; bien au contraire. » Et elle lui avait souri gentiment, Elise — car elle avait des images plein la tête. « Hormis des hommes, rien ne changera vraiment. Les mêmes murs, les mêmes cours… Le même emblème. Je pourrais toujours courir dans les couloirs, rire et serrer le premier venu dans mes bras. Ce sera juste de nouvelles possibilités et responsabilités, un chemin en plus d’emprunté. Enfin, on verra bien. » Et il serait sans doute difficile d’accepter le départ d’un de ses meilleurs amis, mais ce n’était pas la fin, n’est-ce pas ? Il y aurait d’autres rencontres — de nombreux évènements imprévus. Des rires et des larmes; tant de choses oui. Après un été — le dernier été.

« Et toi, Edgar ? Grandir, ça te fait peur ? » avait-elle demandé d’un air absent. Et elle savait qu’il ne fallait pas lui poser ce genre de questions — mais elle ne pouvait s’empêcher de lui renvoyer la pareille.
Elise n’était pas quelqu'un de gentil.
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