Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille... Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres. Le monde magique anglais est en ébullition à mesure que les trois candidats s'opposent, laissant un peu leurs charges respectives à l'abandon au profit de leur campagne. C'est ainsi qu'à Poudlard, un joyeux bazar règne souvent en l'absence du directeur, et que les créatures de tous poils envahissent peu à peu les villes sorcières pour le meilleur comme pour le pire !
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Saranghae — Virus ♥

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Ligue des Sorciers
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Elise B. Dickney
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Dim 22 Mar - 22:29
« Et il y avait ces rayons hésitants, ces nuages palpitants — et il y avait Londres, tout simplement. Londres et son printemps incertain, Londres et ses sourires toujours un peu voilés. Aussi était-elle là, Elise ; la blonde — à voguer, à errer. Elle faisait un peu tâche, parmi toutes ces créatures et hommes vêtus de noir. Mais qui s’en souciait ? Qui se retournait sur son sillon alors que ses talons claquaient sur le pavé ? Pas grand monde, à vrai dire. Sourire diffus aux lèvres, la blonde tenait serré dans sa main droite un de ces sacs en plastique peu opaques contenant toute une trainée de médicaments divers et variés. Divus était malade — Divus était un homme vieillissant. Ridley n’avait pas le temps de s’occuper de lui, avec tout le travail que la nouvelle saison lui apportait. Le ministère était apparemment dans une crise effroyable, il y avait les comptes à remettre à jour, les dossiers d’hiver à balancer dans les archives et les nouveaux à joliment agencer. Enfin, Elise ne s’en préoccupait pas vraiment — le pouvait-elle seulement ? Enfermée nuits et jours à Poudlard, que pouvait-elle bien voir, savoir ? La gamine ne pouvait qu’apprendre — et au final lorsqu’elle sortirait des murs ; ne serait-ce pas pareil ? A une différence près : l’on ne remarquerait pas son absence ou ses sauts d’humeur. Elle ne serait qu’un grain de poussière parmi des cumuls de saleté. Sourire — soupir. Il suffisait de la regarder, dès à présent — dans ce Londres immense, dans ces rues brouillées de monde. N’était-elle pas qu’une silhouette parmi tant d’autres ? Invisible. Paume passant derrière sa nuque, envoyant voler son coulis doré au plus loin. Rire.

« Tu sais, j’ai l’impression que les gens changent. »

Et elle était là, l’égarée. Ses mains fermement appuyées sur le rebord d’un de ces petits ponts en pierre ne servant plus que de décoration. « Je ne parle pas des étudiants, évidemment — mais d’une majorité. » Sourire alors qu’à ses côtés une plume des mieux dressées écrivait sur un parchemin ses dires. Au mot près et sans dérivation. C’était un miracle, que de trouver un tel artéfact. Un vrai bonheur ; même si les gens vous regardaient bizarrement quand ils passaient près de vous. Sourire. « J’imagine que tu ne reconnaitras pas au premier coup d’œil de qui il s’agit — je veux dire de moi, la personne qui t’écrit. » Commissures se formant puis s’effondrant ; se reformant puis s’envolant — Elise n’était qu’un pavé parmi tant d’autres, à admirer d’un œil jeté à la volée les gens passant, les raies de lumière et les nuages vivaces se rapprochant. « Enfin, que dis-je. Evidemment que tu me reconnaitras. Si peu de conventions — à entamer comme une sauvage sans même prononcer la moindre salutation, pas même ton nom. » Aussi continua-t-elle sur sa lancée, racontant le tout et le rien ; ce qui voulait bien couler hors de son esprit. C’était absurde et attendrissant, tout aussi abstrait que cruellement concret. Car au final, Elise ne faisait que parler d’elle. De choses qu’elle était bien incapable de prononcer à haute voix normalement. Mais c’était toujours ainsi, avec les lettres. Elles avaient ce petit goût de révolu à peine les ouvrait-on. « J’utilise une plume un peu particulière, c’est sans doute pour ça que l’écriture doit paraître à la fois si précipitée et belle à la fois. » Chuckles. La blonde n’avait jamais eu grande estime de soi et de ses écrits — elle apparaissait si grande et si forte, si éthérée et si mûre au levé ou encore au détours d’un couloir. Au final n’était-ce pas seulement comment les gens voulaient la voir ? Comment elle même s’espérait-elle ? Elise prétendait espérer mais cela faisait longtemps qu’elle ne croyait plus en l’être aimant — non celui aimé, mais celui vous aimant plus que vous ne l’aimiez. Elle était toujours l’idiote des deux, celle à trop donner — et s’était déjà scellée dans ce rôle infernal, dans ce sortilège abominable ruinant ses fondations et érigeant les plus hautes barrières. Sourire. Ethéré, évidemment — comme toujours, comme ce qu’elle était. Ce qu’elle resterait. « T’ai-je déjà dit à quel point j’aimais les lettres ? A peine l’encre est-elle posée qu’elle s’imbibe déjà, séchant, s'évaporant puis s’envolant. Tout simplement. » Ses fesses posées contre le rebord glacé, elle tendit ses jambes, les ancrant de ses pointes sur les pavés. « C’est pour cela qu’elles ne doivent jamais être conventionnelles. Ce mot ne me correspond pas, après tout. Enfin, passons. Sais-tu que mon anniversaire est passé, récemment ? Je n’attends jamais rien de particulier de ces journées ; mais je les rêve toujours énormément. Alors je me suis demandée comment nous serions. Vous et moi. Nous, tout simplement — dans trois ans. Dans cinq ans. Serons-nous enfin réunis et unis ? Rirons-nous en nous serrant dans les bras ? » Ce serait sympa. « Ce serait amusant, n’est-ce pas ? » Quelques petits mensonges ne lui ferait pas de mal, se disait-elle. Qu’en avait-il à faire, après tout, de ce qu’elle lui envoyait ? « Enfin, vous ne répondez que rarement à mes lettres ou mots. Je me souviens, fut un temps ou je ne vous envoyais qu’une insulte ou deux. Juste pour que vous réagissiez à moi, pour que vous ne m’oubliez pas. » Et c’était toujours le cas. Enfin. « D’ailleu— » Sursaut, esquisse sincère aux bordures émerveillées se formant ;  la blonde attrapa sa plume qui tenta vainement de protester. Il pleut. Griffonné d’un coup, après quelques sauts de lignes. Et n’était-ce pas parfait ? Elise se laissa aller à un doux rire, un de ceux plus proche du murmure que de l'esclaffement — un de ceux un peu gris, un peu distants — trop insouciants. Rangeant précipitamment ses affaires dans sa poche magique, elle récupéra son sac en plastique et s’envola ; courant sur les pavés humides, sa lettre plié en deux dans sa main.

Menottes jointes dans le dos, sac crissant et talons claquant. Et elle était là, l’indécise ; à faire des huit devant l’entrée d’un de ses cafés préférés. Entrait-elle ou envoyait-elle son torchon avant ? Dilemme. Elle savait qu’à quelques pas de là trônait une de ces vieilles boites aux lettres pour ceux qui ne pouvaient ou ne voulaient pas envoyer leur bestiole volante porter leur courrier. Aussi le choix était-il difficile, cédait-elle à la tentation d’en finir ; balançant son enveloppe dans ce gouffre en ferraille et risquant l’égarement, ou choisissait-elle la sécurité ? Etrangement la boite aux lettres avait ce petit côté mystique et romantique — enfin. Se passant la main dans les cheveux, la blonde poussa un soupir et fit volte face ; poussant la porte du café.

« ’Lise ! » Sourire doux, presque velouté — la concernée s’approcha d’un pas félin jusqu’au comptoir servant aussi de bar. Hochement de tête et salutations ; yeux papillonnant un instant : la conversation se forma et quelques secondes plus tard, là voilà qui s’éloignait du gérant ; allégée de quelques gallions. Et c’était toujours un peu fou comme l’endroit pavé de bois et de simplicité la rendait calme et nostalgique. C’était un peu comme si elle appartenait à un autre univers, compreniez-vous — à une de ces dimensions lointaines qu’elle pourrait peut-être toucher du bout du doigt dans quelques années. Elise ne se sentait pas Elise quand elle venait se perdre ici ; à mi-chemin de tout. Elle se sentait quelqu’un d’autre — un tout d’elle même, une extension de sa personnalité ; un bout de futur et de passé mêlé. Semi présent.  Aussi ne tarda-t-elle pas à repérer la petite table qui l'attendait près de la fenêtre — une merveille. Esquivant quelques clients, la blonde préfète alla s’installer ; savourant l’atmosphère des lieux et les soudains rayons de soleil venant mordre le creux de son cou. Que ne préférait-elle pas à cela ? Ces averses baignées de lumière, imprégnées de l’odeur du printemps ? Un « Merci. » diffus s’arracha à ses lèvres quelque peu rosées lorsque sa tasse de thé fut posée à sa table. Un merci lancé à l’aveugle, car Dickney était bien trop préoccupée à se délecter de ces sensations douces et soyeuses qui l’assaillaient, la tête à moitié renversée en arrière, reposant sur le dossier bancal de sa chaise. Elle se sentait comme hors du temps — comme égarée ; et seuls les bruissements et les conversations diffuses lui parvenant d’ici et là la maintenaient à terre, dans le présent — celui trop concret et brutal. Vivifiant.

Et c'était si bon que de vivre, que de se sentir présente et bien vivante.
Ici et maintenant.
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Viridus Emerald
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Mer 25 Mar - 22:22
Il y avait un certain nombre de choses que Viridus avait envisagé de faire lorsqu'il s'était rendu compte que les potions fonctionnaient enfin, pour lui rendre temporairement une apparence normale. Parmi elles, aller en ville était en bonne position.

C'était ainsi qu'il avait, un beau matin des vacances de printemps, dégluti péniblement le contenu infâme d'une de ses précieuses fioles. Oh, elles n'étaient pas si rares, mais il était fortement déconseillé d'en consommer trop souvent, alors c'était exceptionnel. Ce semblant de normalité était un plaisir mauvais pour la santé, aussi désespérant que ce soit, mais c'était mieux que rien. Il n'aurait de toutes façons pas supporté de prendre une journée comme celle là à Poudlard, car revenir à ce qui était devenu habituel aurait été douloureux, comme l'aveu d'un échec cuisant. La vraie ville offrait un certain anonymat.

Liberté de transplaner, d'aller où il voulait sans qu'on lui demande où était sa mère, de faire n'importe quel achat sans poser de question. Et surtout, liberté d'être de bonne humeur.

Pour être pris au sérieux avec un corps d'enfant, il devait montrer son caractère ; ce corps-là se suffisait à lui-même. Il redécouvrait présence et prestance. Peut-être un peu trop, puisqu'il se surprenait à sourire sincèrement. Il avait oublié tellement de choses, au final. Cinq années sans sortir de chez lui aux vacances. Il ne fréquentait plus que Pré-au-Lard, depuis ce fâcheux incident de potion, car le village était suffisamment petit que pour qu'il y soit connu, et que les gens apprennent à le laisser tranquille. Curieux comme on peut manquer d'air frais et ne même pas s'en rendre compte.

De la même manière, il avait presque oublié la sensation du soleil sur la peau. Être un enfant n'empêchait rien, mais ça empêchait tout. Viridus avait l'impression de sortir d'une longue hibernation et, pour la première fois depuis longtemps, il n'avait pas froid.

Il avait perdu tellement de temps à cause d'une erreur qu'il en venait à découvrir ce qui aurait dû être familier, et à retourner aux endroits de vieilles habitudes. Il avait acheté des ingrédients de potions juste parce qu'il le pouvait sans qu'on lui demande ses papiers, il avait pris le temps de flâner alors qu'il ne se déplaçait jamais sans but. Cela donnait cette impression presque exaltante que l'air froid brûlait dans ses poumons. Liberté, au moins pour un temps ; heures comptées avant le retour à l'ennui mortel.

Sans doute se serait-il ennuyé tout autant en adulte qu'en enfant durant ces cinq dernières années, mais la rupture entre les deux apportait un changement salvateur dans la routine gluante.

Après une longue errance, pour le plaisir de passer inaperçu, il finit par se décider pour une tasse de thé. C'était si simple, et pourtant si compliqué. Bizarre pour l'âge qu'il paraissait, et avec des répercutions dérangeantes sur son niveau d'énergie... Mais pas ce jour-là.

Finalement, peut-être était-ce un cadeau, de pouvoir se contenter de choses si banales, là où son esprit tortueux cherchait toujours l'infime détail pour se garder en éveil. C'était infiniment reposant, de pousser la porte d'un café, et que les rares regards posés sur lui ne paraissent pas étonnés.

"Un thé au jasmin, s'il vous plaît."

Viridus aurait presque parlé tout seul, juste pour entendre sa propre voix, grave et calme. C'était peut-être pour ça qu'il ajoutait des précisions et de la politesse, ça rallongeait les phrases. Quelques noises échangées, un remerciement avec un sourire. Ses élèves en seraient probablement tombés sur la tête... Si toutefois ils l'avaient reconnu, puisque la plupart ne l'avaient connu qu'enfant. Il chercha des yeux une place libre. Il y en avait peu, et son regard tomba naturellement sur celle près de la fenêtre.

Son sourire s'agrandit, avant de devenir naturellement angélique, dans un réflexe de dissimulation bien ancré.

"Excusez-moi, cette place est libre ?"

Question innocente, ton innocent, mais cachant une curiosité dévorante. A croire qu'il avait invoqué un des spécimens les plus intéressants parmi les élèves précédemment cités. Il y avait une autre question, bien cachée, un reste de leur précédente conversation, un tout début d'intérêt. Se souvenait-elle vraiment ?


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Elise B. Dickney
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Ven 3 Avr - 22:12
« Je vous en prie — » Silence, sourire délicieux alors que la blonde restait là ; sans rien voir ni percevoir. Elle était dans un autre monde, compreniez-vous. Un bien à elle, un bien ailleurs — un jonglant entre deux nuances. Elise était toujours là sans l’être ; à vous regarder puis vous dévisager — elle était là puis s’enfuyait, disparaissait. Et tout chez elle clamait cette sereine incertitude — son sac en plastique encore pendant à son bras déroulé ; faisant se courber ses doigts dans une forme caricaturale. Crochet. « L’on ne réserve jamais le hasard. » Et elle avait envie de rire, la préfète — de laisser quelques sons enfantins rouler hors de ses lèvres. C’était sans doute un peu étrange, un peu stupide de la voir balancer ce genre d’inepties — elle n’avait même pas ouvert les yeux. Etait restée là, la tête en arrière, ses cheveux se balançant et l’entrainant dans cet immobilisme paisible ; lui maintenant la nuque en équilibre avec le vide.

Elise se sentait bien — elle se sentait elle.

Un elle véritable, pas un de ces reflets entachés ; pas un de ces morceaux amochés — juste elle. Un bout de rien, un bout de tout — un bout d’humain. Aussi n’avait-elle pas envie de comprendre pourquoi son corps lui disait de vite retourner à la réalité — aussi ne voulait-elle pas faire attention à cette voix, à cette attente. Je veux juste savourer l’instant présent, comprenez-vous. Avait-elle envie de lâcher, comme ça — sans doute s’enfuirait-il, d’ailleurs. L’avait-il déjà fait ? Un mouvement de bras se fit, laissant quelques ongles limés achever l’invitation à s'assoir, à rejoindre sa table; son petit bout d'univers cabossé par diverses lumières.

Et c’était ridicule.

Tellement ridicule que la blonde avait envie de s’imaginer à la place de l’inconnu. Qu’aurait-elle fait, elle ; à sa place ? Elle aurait souri, sans doute — aurait peut-être esquissé une de ces moues laissant paraître once de rire. Elle se serait assise, oui ; face au garçon dégoulinant de paresse  heureuse. Car tout était si intéressant, car tout était si inhabituel — car il suffisait. Il suffisait de ces journées mornes, de ces ordres et des ces cadres. Il suffisait de ces conventions, de ces contacts formés et de ces relations épinglées. Elise voulait embrasser le monde et sourire à de simples gens. N’avait-elle pas le droit ? Contentement.

Vivre — n’était-ce pas là ; la véritable définition du mot ? Il ne s’agissait pas de courir, de hurler — il ne s’agissait pas de prouver que l’on existait. Il suffisait juste d’être là ; de sourire et de rire, de prendre le train. De saluer la personne à côté de vous ; de vous installer à sa table — de voir, tout simplement. Où cela vous mènerait. Après tout, où étaient les inconnus ? Il n’y avait que des méconnus, dans ce monde — ou des enfoirés. Laissant son minois basculer, la septième année était là sans l’être — ronronnant presque aux chaleurs envahissant sa nuque et pan de joue. Qu’il était bon de sentir le printemps ; les rayons diffus et les tièdes tendresses. Aussi était-il sans doute temps d’ouvrir un œil ; d’arrêter de savourer cette odeur de jasmin se mêlant aux soupçons humides de la pluie récente. Fermer les yeux avait du bon. Elle en aurait presque proposé son invité à suivre sa démarche. Certains disaient que ne plus voir rimait à ne plus exister — mais ils n’avaient rien compris.

C’était tout le contraire.
Et ça lui donnait envie d’écrire — mais sa plume à pensée était restée sur son chevet. Celle qu’elle utilisait pour les cours d’astronomie ; quand son poignet était trop endormi pour rédiger les trentaines de ligne explicatives demandées. Ca lui donnait envie, oui — de parler de ce phénomène bien spécial. De cette invisibilité, de cet assaut de sensations. Car elle était là, Elise — elle était là, oui ; à savourer les odeurs et les bruissements divers. Il y avait ces échos de conversation, ce rire d’un femme à sa gauche ; très léger. Le sourire sans doute détendu de la personne assise en face d’elle — sans doute heureuse de la voir heureuse. Il y avait cette odeur émanant d’elle, aussi — d’elle Elise. Très légère, car il était toujours difficile de se sentir soi-même — tout ce qui concernait sa propre personne était compliqué. Se savoir, se trouver — se penser… Alors on s’imaginait, la plupart du temps. Comme cela ou comme ceci. Sourire.

Odeur de jasmin — douceurs de bruine. Fragrances de soleil. Il y avait au loin ces oiseaux piaillant, s’échangeant diverses informations. Alerte à l’humain, chat en provenance du toit voisin. Il y avait tant de choses qui nous parvenait, oui ; quand l’on fermait les yeux. Et ça la mettait de bonne humeur, la blonde ; de sentir et d’entendre ces détails. Son propre thé venait envahir son nez de par quelques lapées de vapeur — enfin.

Rehaussement ; l’instant n’avait duré qu’un clignement de paupière ou deux — Elise n’aurait pu trop dire, pour elle tout s’était passé le temps d’une éternité. Se redressant, laissant son plastique se poser à droite de sa chaise aux côtés de ses pieds, elle laissa s’ouvrir ses yeux — histoire de se glisser dans derniers ourlets de réalité.

Chaleur, muscles qui se tendent — une envie de rire puis de pleurer. Un peu plus et elle en aurait craché son thé au visage de son interlocuteur. Enfin. La bleue n’avait rien en bouche, juste une langue trop bavarde et quelques dents alignées en deux rangées. Aussi resta-t-elle ici, tendue ; paisible, avec un de ces sourires de moitié. Que pouvait-elle faire d’autre, après tout ? Lui venait soudainement l’envie de ne rien dire — de tout oublier. Les questions, les désirs d’explication —  la soif de savoir. Oui, tout au placard ; avec les what the fuck tout juste passés. Il ne s’agissait plus de pourquoi ni de comment — qu’il soit celui qu’elle pensait qu’il soit ou non n’avait plus d’importance. L’homme était juste là.

« Vouuuus… » Syllabes trainantes, moue à la fois polie et perplexe. Vous quoi. Petit rire suivant sourire se formant puis se dissolvant. Et elle était là, la blonde ; coincée entre son caban encore sur ses épaules et le blond qui lui faisait face. Elle était là assise et pourtant comme prête à disparaître ; il ne s’agissait que d’un clignement de cil et — expiration. Elise était juste Elise. Il n’y avait ni empressement ni affolement dans son regard — juste une certitude nouvelle naissant peu à peu dans ses pupilles. Amusement. « J’espère que vous pardonnerez le personnage. » Voix plus sure, bouffie de rayons tamisés — dents se montrant un peu lors d’une esquisse avant de disparaître sous lèvres rosées.

Pourquoi ne pas nous inventer une vie ?

La question avait sonné comme une sentence dans son esprit. Elise ne dirait rien, non — elle ne dirait pas bonjour professeur, vous êtes bien changé aujourd’hui. Elle se contenterait de sourire et d’être — elle n’userait ses connaissances pour ériger des barrières et fonder des limites. La blonde avait juste envie de vivre, compreniez-vous ; l’instant présent était propice à l’action — elle se sentait si bien, si vivante et pétillante. Il n’avait été qu’un déclic parmi le reste, aussi ne chercherait-elle pas ; resterait-elle dans cette proposition muette et féline.

Elle avait juste envie d’être elle-même ; compreniez-vous.

Sans cérémonie ni obligation. Juste elle, vous saviez. Elle même ne savait sans doute pas trop — elle n’y réfléchissait pas. Tout était là, et c’était suffisant. Aussi se pencha-t-elle quelque peu, admirant son thé et son pétale rose dansant. C’était une œuvre d’art, se disait-elle souvent : un liquide si noir, noyé par des nappes d’obscurité, déséquilibré dans son intensité — et ce pétale, si clair et si doux. Cet étranger se prélassant et navigant délicatement, sans jamais sombrer — et elle aimait ça ; tant bien même le tout n’était mis que par pure envie de décoration. C’était amusant, d’ailleurs ; de voir s’ajouter au spectacle ses mèches dorées dégoulinant le long de ses joues pour venir flotter au dessus de la table. C’était presque une invitation à se remettre en place ; à lever iris vers la personne en face d’elle — vers Emerald, imaginait-elle.

« Vous avez l’air d’un homme heureux. » Croisement de bras sur table alors que sa chemise bruisse sous l’avancement de sa propriétaire. Qui êtes-vous, comment vous appelez-vous ? Et c’était à peu près tout — Elise était Elise ; elle offrait la possibilité à son interlocuteur d’être ce qu’il désirait. Elle même se donnait ce droit en échappant à toute conformité. Il n’y avait ni règles ni quelconque responsabilité — elle n’avait que lancé une poignée de dés. A savoir sans prononcer ; à décider sans réfuter.

A aller et à penser — à exister, tout simplement.
Dans l’instant présent.
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Viridus Emerald
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Ven 24 Avr - 20:41
Il lui fallut quelques instants pour arrêter de fixer la place libre et s'installer, pour une raison si simple qu'elle en était absolument ridicule : il était perturbé. Soudainement, il y avait une fissure dans son comportement, quelque chose qui sortait de l'ordinaire. Parce que sa normalité n'était au final plus celle qu'il montrait ce jour-là, aussi triste que ce soit.

Les choses prenaient une toute autre dimension, à présent qu'il se confrontait à quelque chose d'aussi ridicule qu'une table et une chaise, premiers meubles qu'il devait utiliser ainsi. Les enfants, les vrais, ne se rendaient pas compte de la différence puisqu'elle était progressive. Viridus ne l'admettrait jamais, mais il avait légèrement le vertige, à présent qu'il considérait un autre mouvement que simplement marcher. Sa vision avait décidé de lui présenter les choses dans un relief particulier, une impression de clarté absolue, de profondeur plus prononcée qu'habituellement.  

Il en aurait presque oublié comment s'asseoir correctement, dans son habitude de se mettre à genoux sur les chaises – en parlant de ridicule... - mais il n'en laissa rien paraître. Son corps faisait la différence très facilement à sa place, et ses mouvements restaient coordonnés, merci Merlin. Il eut un soupir imperceptible une fois assis, son achat posé sur la table ; tant d'histoires pour une stupide chaise. On aurait dit un amnésique, qui redécouvrait tous les concepts de base un par un – dans le fond, c'était presque ça, à un niveau en particulier. Remettre en route de vieux réflexes, et faire disparaître ceux acquis au prix de nombreuses situations embarrassantes. Heureusement qu'il avait un équilibre hors pair.

Il ne doutait pas que ça reviendrait vite, avec un peu d'entraînement. Mieux valait passer à autre chose que de s’appesantir sur son moment d'absence. Le problème c'était que, s'il avait effectivement entendu la voix de la jeune fille, et retenu une approbation, il n'avait pas retenu exactement ce qu'elle avait dit. C'était le genre de choses qui n'arrivaient jamais. Sa bonne humeur n'en était pas affaiblie à proprement parler, mais il se sentait étrange. Il y avait bien longtemps qu'il n'avait pas été distrait, et ça lui donnait l'impression d'avoir soudainement perdu pied pendant une seconde, un sursaut dans une réalité habituellement si linéaire, une brèche dans son contrôle des choses ; il pouvait donc encore être perturbé, arraché à la sensation d'ennui.

Ses mains s'enroulèrent autour de la tasse posée devant lui, et il ne les reconnaissait pas ; il faillit renverser le breuvage en le soulevant avec trop de force, se rendant brusquement compte que, non, il n'avait pas besoin de tenir cette tasse à deux mains. Le reste de sa journée s'était bien déroulé, puisqu'il s'était simplement promené, et n'avait utilisé que peu d'objets, sa baguette magique et son portefeuille principalement. Ici, c'était plus précis que marcher, et hors du champ des possessions les plus proches de lui, il devait s'adapter.

C'était à la fois frustrant et grisant, et ses yeux s'étaient écarquillés devant son faux mouvement. Il ne faisait jamais de faux mouvement, c'était nouveau, un peu comme l'expression de surprise qui l'avait suivi. Une vraie surprise sincère, pas incluse dans une quelconque moquerie. Étrange sensation.

Il s'éclaircit la gorge, essayant de se donner une contenance, mais ce fut le moment que la jeune femme en face de lui choisit pour lui rappeler son existence – excellent timing. Elle n'avait peut-être rien vu, il n'avait pas fait attention, mais dans tous les cas elle ne relevait pas, et il redécouvrait avec ébahissement la gratitude de celui dont on passe les incertitudes sous silence. S'il avait été à sa place, il ne se serait pas privé de le faire remarquer.

Pardonner le personnage ? C'était plutôt lui qui aurait dû s'excuser. Pour changer un peu, ce jour-là, il semblait avoir décidé de se comporter comme un être humain, ça devait faire un choc vu de l'extérieur. La pensée en elle-même lui donnait envie de rire, et il secoua la tête avec un sourire amusé, prenant ensuite une gorgée de ce fameux thé qui lui avait fait tant envie. Néanmoins, un jeu était un jeu ; il comprenait toujours très vite les changements d'atmosphère. Le vertige passé, il se remettait d'aplomb rapidement, comme attendu de lui. Il aurait bien persisté dans le silence, à vrai dire, pour profiter de cette étrange paix intérieure mais, même avec le sourire, il ne résistait jamais. Elle lui renvoyait la balle, qui était-il pour ne pas continuer ?

« Hmm... J'imagine, oui. »

C'était étrange de reconnaître qu'il était heureux, cet éternel insatisfait. Pour l'instant, en tout cas, c'était suffisant, et ça finirait dans une grosse douzaine d'heures, alors il n'aurait pas le temps de s'en lasser, si seulement c'était possible.

« Vous avez l'air plutôt détendue vous-même. »

Il était évidemment curieux. A la dernière discussion qu'ils avaient eue, il avait eu la sensation qu'elle était en colère contre le monde entier. C'était un tout autre style. Une nouvelle gorgée de thé, et il lui adressa un regard perçant par dessus la tasse. Le naturel revenait, décidément ; il déposa la tasse sans bruit dans la soucoupe.

« Je ne me suis pas présenté, j'en oublie mes manières. Viridus Emerald, ravi de faire votre connaissance. »

Les mots roulaient sur sa langue comme un ronronnement. Pas qu'il ait envie d'être agréable, mais parler était en soi un plaisir infini, d'entendre sa voix résonner – sa vraie voix. Vanité ultime que de parler pour le plaisir de s'entendre. Dans tous les cas, il ne faisait que suivre ce qu'ils avaient commencé. La construction de personnages faisait partie de ses jeux préférés.


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Elise B. Dickney
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Mer 6 Mai - 21:07
« Boire était un art — déguster du thé une délicatesse. Aussi Elise était-elle amusée de voir son interlocuteur confronté aux maladresses. Un sourire simple et léger aux lèvres, elle s’était pourtant interdite tout commentaire, se contentant d’observer. Ses moues, ses mouvements ; ses retrouvailles. Et il était bon d’observer Emerald — pas l’ombre de lui même ni celui macérant et s’égarant. Juste l’homme tout entier et tout nouveau. Un nouveau un peu ancien mais aussi quelque peu épanoui, tant bien même la blonde savait que le tout ne durerait pas plus de quelques heures. Elle n’était pas issue de Serdaigle pour rien, disait-on.

Un maigre soupir passé, elle était là à tendre ses fins doigts en direction de sa tasse ; la soulevant sans un bruit — la portant à ses lèvres dans un de ces gestes simples mais propres rappelant qu’elle n’était pas juste quelqu’un, mais bien elle-même. Dickney. Combien d’heures avait-elle passé à pratiquer les danses et les courtoisies, le violon puis les tenues ? Ses jambes encore minuscules en avaient fini bouffies et pourtant à présent le tout lui semblait être si lointain. Les actes étaient imprégnés en elle alors que les souvenirs flottant s’arrachaient à son esprit. Elise était un peu tête en l’air, oui ; un peu ici et ailleurs — pas vraiment chez elle. Ses souvenirs d’enfance étaient brouillons et vaporeux, telle la buée sur une glace après douche. Aussi ne disait-elle rien, ne pensait-elle rien — aussi se vivait-elle comme les autres.
Finissait par se qualifier de quelque chose plus de quelqu’un.

Gorgée prise, savourée et avalée — regard adressé au blond qui en faisait à peu près de même, parlant. S’exprimant. Et il y avait ces choses que l’on ne pouvait décrire ni même que l’on voulait les dire — il y avait ces choses, oui ; que l’on laissait scellées en nous sans rien trop ajouter.
Alors elle avait un peu envie, Elise — de tendre sa paume pour venir effleurer le visage de son interlocuteur. Et c’était un peu difficile, que de ressentir ce genre d’envies soudaines. Mais qu’y pouvait-elle, la blonde ? Elle imaginait déjà dos de ses doigts venir effleurer pan de joue alors qu’un sourire se formerait sur ses propres lèvres. Où peut-être aurait-elle juste dévié l’action, oui — peut-être aurait-elle juste tendu main blanche en un signe d’invitation ; pour une acceptation — pour sceller cette rencontre, tout simplement.

Enchantée.
Je me nomme Elise — Elise Dickney. Petit sourire, commissures se soulevant d’un soupçon ; regard tout aussi brillant que nappé de mystère. Et elle jouait, la blonde — jouait à être elle-même. Et c’était bon, oui ; que de se respirer et de s’entendre, que de s’amuser de la sorte en jetant par dessus bord le superflu et les milliers de préjugés.

Oserait-elle ? N’oserait-elle pas ? « Tout le plaisir est pour moi. » Et son esquisse s’était faite plus prononcée, ses yeux devenus soudain trop vivants — trop eux-mêmes. « Elise — Elise Blaze Dickney ; enchantée. » De faire votre connaissance, professeur. Et elle avait fini par le dire, franchissant ses propres barrières — après tout, qu’avait-elle à craindre ?

Ils n’étaient que deux inconnus. Les plus connus des étrangers, les plus méconnus des connus ; aussi. C’était à voir, à inventer. Et si monsieur voulait être lui-même, grand bien lui fasse — Elise n’avait jamais tant été elle-même. C’était son lieu à elle, après tout — ses vacances, sa vie s’étalant ici. Alors il pouvait bien faire comme bon lui semblait, vu qu’elle-même ne faisait qu’être. A bon, à tort ; elle ne voulait juste pas se prétendre quelqu’un d’autre.

« Et — » Il y avait eu un mouvement de lèvres, un arrêt soudain ; quoique un peu trainant. Que pouvait-elle bien répondre, après tout ? Elle détendue ? Un petit rire sorti de sa gorge, assez discret pour ne résonner qu’au niveau de ses propres oreilles. « Comment ne pourrais-je pas l’être ? » Face à vous — que je ne connais pas. Car elle ne voulait pas. « Je pense qu’il suffit de fermer les yeux pour comprendre — ce lieu transpire sérénité, ne trouvez-vous pas ? » Il y avait eu une œillade un peu distraite, un peu échappée. Elle-même s’était laissée glisser dans la paresse quelques instants plus tôt, se laissant rêver ; se laissant exister.

Sans rien exagérer.

Et puis — et puis. Que pouvait-elle ajouter ? Faisait-il allusion à quelque chose de particulier ? Les souvenirs parcouraient son épiderme alors que ses nuées s’éteignaient un peu ; parcourues de nuages divers. Et il y avait quelque chose d’un peu triste dans sa moue, soudainement — comme si son sourire léger se fanait ; d’un pétale puis d’un autre, sans pour autant totalement s’effacer. « J’ai juste accepté, vous savez. »

Ma condition ; la vérité. Et elle était de nouveau dans ce monde, bien concrète et bien violente — dessinée quoique plutôt découpée ; ses fils dorées encadrant ses traits sans une once de pitié. Il y avait cette once de frange un peu rebelle et ces mèches dégoulinantes, qu’on ne savait lisses ou un peu bouclées.

Il y avait Elise, tout simplement. Toute entière et toute ici — figée dans un instant présent, bien loin des fuites instantanées. Il y avait son esquisse, aussi ; s’étant renouvellée, laissant apparaître quelques dents alignées — et ses doigts repliés sur l’étroite tasse aux couleurs si sombres. Si opaques comparées au pétale si rose et si simple. En équilibre si instable dans ces mers de thé.

Elle l’avait trouvé, elle — son sol, bien dur et bien réel. Il n’était plus question de trop flancher. Alors elle était sereine, oui ; car elle avait cessé de se révolter. Car il y avait ces choses contre lesquelles elle n’avait pu lutter. Être aimée comme elle aurait voulu l’être, être regardée comme elle aurait désirée l’être — un jour, une seconde seulement durant.

Il y avait toutes ces choses, oui — l’oubli, l’amour ; l’attention et les tendresses. Les choses pour lesquelles elle avait lutté, pour lesquelles elle était tombée et avait voulu crier — c’était passé.

Car il n’y avait rien qu’elle pouvait faire, car vivre était sa seule solution — car le monde lui semblait soudainement trop beau pour qu’elle se laisse à genoux ainsi. Car il y avait tant de choses ayant fini par la faire pousser de l’avant — tant de choses ayant fini par l’étouffer ; les murs de Poudlard et ses habitants. Il y avait ces envies de maturation et de douceur — il y avait ces envies de délicatesse et de renouveau.

De jeux, aussi — félins.

Aussi était-il là. Aussi n’en avait-elle rien à faire ; aussi n’était-il qu’une personne pouvant s’en aller d’un coup — se lasser. Il ne savait rien, ne s’intéresserait jamais vraiment — et elle le savait oui ; Elise. Qui était Viridus, quel genre de personne il était mais.

N’était-ce pas un inconnu, là ; se dressant devant-elle ?

Et elle aimait ça oui, les hasards et les diverses lumières. Les maladresses, aussi ; comme son geste un peu déplacé quelques secondes plus tôt. Il ne l’avait jamais réellement vue et ne la voyait toujours pas. Enfin. Ce n’était pas lui, en face d’elle. Juste quelqu’un.

« Et vous, que racontez-vous ? » Il y avait eu une curiosité dans son regard, brodée de paresse un peu molle, un peu féline — un peu chat un peu rien. « Ici rien ne s’échappe, ici le temps s’arrête un peu ; aussi. »

Ses bras s’étaient un peu levés, comme pour une invitation à ne rien dire — à s’avancer. Le tout tranché d’un sourire un peu tout ; un peu rien. Innocent de sérénité.

Le regard lui, ne l’était pas vraiment.
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Viridus Emerald
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Mer 6 Mai - 23:00
L'atmosphère était surprenante, et la conversation sortait d'un cadre habituel ; Viridus se sentait bien, dans cet équilibre instable, dans les demi-mensonges transpirants de vérité. Il apprenait quelque chose à chaque mot, à chaque geste, il observait. C'était remettre le personnage en perspective que de le sortir de la foule de ses élèves pour le placer dans un tout autre contexte. Son attention était sur elle, et elle uniquement. Il savait pourtant que ce n'était pas une bonne idée de s'intéresser, mais c'était tellement agréable.

Au final, c'était presque une rencontre, tant les choses étaient différentes depuis leur dernière discussion. Tant de calme, tant de détachement ; il ne percevait plus la tempête qu'il avait cru entrevoir, mais cela ne voulait pas dire pour autant qu'elle avait disparu. Cela l'aurait d'ailleurs étonné, en si peu de temps... Peut-être était-ce Poudlard qui l'étouffait. Ce n'aurait pas été très surprenant, en y ayant passé une année en plus, même si lui comptait bien y passer toute sa vie.

« Vous semblez bien connaître l'endroit. »

Ce n'était pas une question, juste un constat. Il reprit sa tasse, et s'appuya plus fort sur le dossier de sa chaise, étendant légèrement ses jambes ; ce n'était pas une pose trop relaxée, mais il était définitivement détendu. Il inspira longuement, baissant les yeux vers le liquide frémissant. Viridus ne fermait que rarement les yeux, dans sa méfiance constante, mais il essayait de comprendre.

Il était habitué à un autre genre de sérénité. Le calme froid d'une pièce immaculée, l'ordre absolu et la rigueur presque maladive. La chaleur diffuse était étrangère, telle la sensation du soleil sur la peau après un long hiver. Ce n'était pas désagréable, mais différent – plus rempli, plus bruyant, plus ensoleillé que son quotidien. S'il avait eu meilleur caractère, l'ampleur de sa solitude l'aurait probablement heurté de plein fouet, dans une vague de remords coupant le souffle, mais il n'en avait rien à faire. A quoi bon s'entourer d'imbéciles ? Les rares compagnies qu'ils jugeaient précieuses lui suffisaient. Il restait à déterminer si celle-ci en était un, ou un intérêt éphémère.

Il hocha la tête, avec une certaine langueur. Ses gestes ralentissaient imperceptiblement sous la chaleur enveloppante, comme s'il s'apaisait après une longue période de nervosité inconsciente.  Il n'y avait pas forcément besoin de mots, et il laissa le silence s'étirer comme un chat paresseux.

Ce fut elle qui le rompit, par une phrase intrigante. Elle avait accepté ? Peut-être était-ce la réponse à sa principale question, sans qu'il n'ait à la formuler. A nouveau, il l'observait, d'un oeil neuf, à la limite du déjà vu, ce sentiment de découvrir un étranger derrière un visage connu. Il se laissait le temps de la réflexion, à la différence des réparties qui fusaient habituellement, le temps de prendre son temps, de savourer. Viridus était inhabituellement silencieux, et cela en disait peut-être plus long que les mots.

« Au vu de votre attitude, j'imagine que c'est pour le mieux. »


Le compliment était dit à demi-mot, enroulé dans cette voix qui les offrait bien mieux que la précédente. Référence voilée à avant, à ce qui semblait déjà terminé mais pas tout à fait. Déjà, elle semblait hors de sa responsabilité ; l'absence de l'uniforme la changeait, mais sans doute pas autant que le brasier de son regard, dont elle semblait avoir pris le contrôle. Il ne s'adressait plus à une enfant, et c'était une pensée douceâtre, entre le regret du temps qui passe et la curiosité envers une âme finalement façonnée.

Viridus se sentit sourire sincèrement. C'était le jour des sourires sincères, décidément. Que rien ne s'échappe... C'était une belle illusion que cette bulle hors du temps, que ces personnages, mais c'était suffisamment agréable que pour qu'il maintienne le tout ensemble. Un pas de travers et les parois s'en seraient fracassées silencieusement ; ç'aurait été assourdissant. Il se redressa.

« Peu de choses, vraiment. C'est une journée libre. »

Le mot avait de nombreux sens, dans ce cadre particulier. Une journée libre, mais pas tout à fait, puisqu'il entendait presque le décompte de la potion dans un coin de sa tête. Néanmoins, il avait choisi de l'ignorer, et de s'accorder le luxe ultime, un peu de temps. Viridus Emerald était un homme de goût.

Il eut un hochement de tête vague, vers le sol où reposait le sac contenant ses quelques achats.

« Il me fallait des ingrédients de potions. »

Son sourire se fit joueur, comme pour l'inciter à dire quelque chose, à se moquer ; il n'était pas spécialement discret dans son refus de préparer de maudites soupes. C'était une belle ironie que de constater qu'il en avait tout de même le besoin, qu'il le veuille ou non. L'inconnu qu'il était à ce moment, cependant, n'avait pas cette réputation. Il n'avait d'ailleurs aucune réputation, aucun antécédent ; il se sentait léger. Posant sa tasse sur la table, il y croisa les bras, s'appuyant un peu vers l'avant, les épaules légèrement remontées. Il n'avait pas eu de conversation si normale depuis bien longtemps.

« Ce n'est pas très prudent de parler aux inconnus. »

Viridus était, bien sûr, le mieux placé pour faire la morale à qui que ce soit. Il souriait toujours, et il avait l'air d'un gamin – pas comme d'habitude, heureusement. Il était insouciant, taquin. Une vision rare.


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Elise B. Dickney
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Mar 12 Mai - 20:26
« Et qu’y avait-il, au final ? Une tasse et quelques bruits — des rires légers un peu lointain, des sourires se dessinant sur bouts de visage alors que certains remettaient d’un coup de main leur chevelure en place.
Qu’y avait-il, oui ; au final ? Après tout. Il y avait cet homme juste devant elle, et il y avait cette fille ; oui — Elise. Aussi se sentait-elle bien, la blonde ; noyée dans des mélanges mordorés. Sur sa nuque se dessinaient quelques carrés de lumière, lui chauffant le derme ; la forçant à se détendre et à paresser. Alors elle l’écoutait, oui — son ainé. L’écoutait à la fois très précisément et que trop distraitement. Ses yeux ondulaient sur la surface de la table puis s’aventuraient sur les formes bien particulières du visage de son partenaire. Emerald, que disait-il. Un sourire paisible se formait sur ses lippes alors qu’ils jouaient à attraper leur tasse et à effleurer la porcelaine de leurs lèvres — était-ce réellement un jeu, au final ? N’était-ce pas naturel de renvoyer une certaine image tout en faisant ce dont nous avions envie ?

Elise ne savait pas, Elise sombrait dans des songes un peu trop compliqués pour son état actuel. « J’ai moi-même un surplus d’ingrédients venus de je ne sais trop où. Et de potions, aussi. Je ne sais pas, le temps passe plus vite que l’on ne le pense. Alors elles se sont accumulées et — enfin. Si vous êtes intéressé ? » Sa voix s’était faite molle puis plus vive — jamais très forte, cependant. Aussi s’était-elle un peu penchée en avant, la blonde ; ses mèches coulant le long de son visage alors que son soupçon de frange relevait l’intensité de son regard. Une esquisse un peu particulière trônait sur son minois, aussi singulière que féline ; laissant apparaître quelques dents bien agencées.

Ce n’est pas très prudent de parler aux inconnus. Et la phrase sortie tout droit de la bouche du blond ne tarda pas à venir s’échouer sur Elise, la marquant étrangement. Elle avait envie de rire, compreniez-vous. Car c’était si amusant, de se voir sortir ce genre de phrase. Elle ne voulait pas le connaître et lui était là — à renvoyer quelque chose qu’elle avait cru envolé. Et ça lui faisait du bien, bizarrement ; de se sentir si peu prise pour elle-même alors qu’elle se sentait si pleine à cet instant présent. « Ne l’avez pas vous-même dit ? » Sa tête s’inclina de quelques millimètres alors qu’elle lui adressait une œillade un peu particulière — un peu tout un peu rien. Un court silence alors que ses nuées oscillaient ostensiblement entre sa tasse, son pétale et le regard de son interlocuteur : « C’est une journée libre. »

Et elle y était, à rire doucement — d’un de ces rires chuchotis, de ceux à peine audibles qu’à peine déjà s’échouaient sur lèvres. Dépérissant tout en laissant ce genre d’expression un peu particulière, un peu sourire un peu humide — toute aussi tamisée que solaire.

Il n’y avait rien de particulier, chez Elise — elle n’était qu’une gamine parmi tant d’autres, qu’une blonde parmi des milliers — qu’une fille se faisant happer par la foule et disparaissant tout aussi rapidement. Aussi était-elle là, à regarder Emerald sans trop rien ajouter — ce n’était pas qu’elle ne savait pas quoi dire, mais plutôt qu’elle ne voulait pas trop dire. Car tout était si précieux, dans les instants de silence. Car tout était si humble et tangible — car l’on ne savait pas trop si l’autre allait parler en premier ou.

Et puis, à quoi bon ? De quoi se souciait-elle, au final ? Un soupir perfora sa bouche que trop close alors que de ses doigts fins la serdaigle empoignait sa coupe ; l’entrainant sans un tremblement à elle, inspirant imperceptiblement mais délicieusement les fugaces fragrances. Tout était toujours si bien, ici. Il n’y avait jamais à se forcer, jamais à trop ajouter. Il n’y avait aucun surplus d’existence, aucun geste amorcé dans l’envie de plaire ou de montrer qu’on était là — car tout était déjà si vivant. Car tout était déjà si présent. Car chaque sérénité s’entrecoupait d’une moue heureuse amorcée par tel ou tel invité. De bels inconnus — les plus méconnus de tous, mais aussi les plus proches. Leur visage était invisible, mais l’on pouvait deviner leur sérénité ou leur quota de bonheur — ils étaient là à discuter à voix basse, ou à juste tourner telle des statues paisibles les pages de leur journal. Enfin.

Peut-être un jour y emmènerait-elle son père.
Elle s’était toujours sentie si particulière, dans cet endroit ou personne ne la regardait vraiment. Aussi n’avait-elle voulu trop partager cet endroit, aussi avait-elle hésité à le montrer ; pour créer quelque chose d’encore plus spécial — mais il n’y avait jamais rien eu. Et Viridus s’était juste inscrusté, s’ajoutant à l’image comme si il n’y avait rien de plus naturel.

Acte habituel.

Il semblait si vivant. « Et puis… » vous ne semblez pas bien méchant, comme inconnu. « Ne puis-je pas dire de même ? Il n’est pas très prudent de se joindre à la table et aux conversations d’une telle méconnue. » D’une personne de mon genre, comprenez-vous.

Celle qui était là, quelques instants auparavant — yeux clos.
Existant.
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Viridus Emerald
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Mar 12 Mai - 23:16
Il avait eu un sourire amusé, presque un rire léger. C'était une réponse presque naïve qu'il recevait là, et il ne savait que faire d'autant d'acceptation. Il aurait naturellement imaginé des réponses acerbes, mordantes, s'il avait pensé à une conversation avec n'importe qui le connaissant bien ; il y avait un moment déjà qu'il ne s'appliquait plus à respecter les règles sociales que lorsqu'il y trouvait son compte, ou auprès de quelques privilégiés souvent décédés depuis longtemps. La jeune femme en face de lui lui répondait avec calme, sans une once de méfiance, et c'était apaisant, presque absurde.

Viridus écoutait, et il observait, ses yeux attrapant chaque détail un court instant. Les couleurs étalées devant lui auraient valu d'être peintes, immortalisées à jamais. Il y avait d'ailleurs un contraste frappant entre la beauté indéniable de son interlocutrice et les mots si communs qu'elle prononçait ; elle semblait faite pour choisir chaque phrase avec le plus grand soin, dans un exercice d'équilibre aérien, plutôt que pour les banalités, qui en devenaient plus douces à l'oreille qu'elles n'auraient dû l'être.

« Hmm... »

Nécessité engendrait-elle automatiquement intérêt ? Les potions semblaient lui rendre le mépris qu'il leur vouait, peut-être plus violemment encore. Les plus jolis mensonges, selon lui, étaient les plus proches de la vérité, et il en était un tout entier à ce moment présent.

« C'est plus une nécessité qu'un intérêt. Il se trouve que je cherche un antidote à une potion précise, depuis un certain temps. Ce n'est qu'un essai supplémentaire. Je n'y crois pas trop. »

L'aveu à demi mots n'était pas amer, et il était presque étonné d'entendre son détachement. Il se serait attendu à ressentir l'envie irrésistible de regarder l'horloge égrainant paresseusement les secondes sur un des murs de la pièce, mais rien de la sorte ne venait. A croire que ses réactions se calquaient sur cet inconnu dans la peau de qui il s'était si facilement coulé ; il pouvait inventer n'importe quoi, après tout, sans même dévier de la réalité si elle ne posait pas de question. Être soi-même en étant tout autre à la fois, c'était suffisamment tordu pour qu'il apprécie la performance. Il n'avait rien à y perdre, il ne croiserait peut-être plus jamais sa route dans quelques mois.

Elle répondait à ses recommandations hypocrites, et il sourit à nouveau, amusé presque jusqu'au rire mais pas tout à fait. Il aurait aimé voir la scène de l'extérieur, tellement cela semblait normal. Ou peut-être pas, en fait, si on les écoutait ; tout cela ressemblait à un jeu amoureux, la raison habituelle pour un homme de s'asseoir à une table avec une jeune femme inconnue pour entamer une conversation ponctuée de sourires si pleins de sous-entendus. Il lui semblait que personne ne faisait attention à eux, cependant – c'était très bien comme ça – et il avait ce rire pour lui seul. C'était un détail qui attirait son attention, dans la catégorie des choses qu'il redécouvrait. Il y avait longtemps que personne n'avait ri avec lui, plutôt que l'un ou l'autre soit une cible. Bien sûr, il aurait pu obtenir ce genre de réactions en étant réellement un inconnu auprès de quelqu'un d'autre, mais toute la saveur de l'échange reposait dans leur bagage respectif, temporairement écarté.

Si on lui avait décrit la scène, il n'y aurait probablement jamais cru, en raison dudit bagage qu'il s'obstinait à alourdir le plus souvent possible. Il avait envisagé d'explorer la complexité du comportement de la jeune femme, de découvrir les raisons de ces blessures autrefois si apparentes, mais certainement pas de profiter du soleil avec elle. La chaleur ambiante semblait avoir fait fondre la moindre intention nuisible.

« Ah. Vous avez certainement raison. », fit-il en regardant distraitement le fond de sa tasse, où les feuilles de thé aurait probablement formé un dessin intéressant aux yeux de celui ne considérant pas la divination comme une vaste fumisterie. « Mais qu'y puis-je ? C'est une journée libre, vous me l'avez si bien rappelé... Une belle journée, de surcroît. »

Il aurait voulu formuler un compliment, et cela se voyait probablement dans ses yeux. Néanmoins, il était tout à fait conscient des limites à appliquer, des quelques règles qu'il devait respecter dans l'incapacité de tout oublier, un reste d'instinct de préservation personnelle. Il maniait cependant assez bien les mots que pour se faire comprendre sans rien prononcer qui puisse être mal interprété.

« Il aurait été dommage de ne pas chercher un peu de compagnie, et vous m'avez semblé fort seule. Ce n'est que très naturel. »

S'il feignait à la perfection le désintérêt lorsqu'il le voulait bien, ce n'était pas le cas ici. Non, ce n'était pas naturel, puisqu'il aurait dû garder ses distances, mais depuis quand était-il raisonnable ?


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Elise B. Dickney
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Sam 16 Mai - 20:57
« J’admets. » Et il y avait eu un court silence — des doigts enserrant tasse bientôt vide. Et il y avait eu ce petit sourire, cette esquisse un peu timide quoique un peu trop franche — sans doute trop naturelle pour sembler réelle. « — L’on se souvient toujours mieux des instants passés à deux que tout seul. » Aussi ne savait-elle pas trop pourquoi elle avait sorti cela de la sorte — sans doute était-ce vrai, n’était-ce pas ? Qu’aurait-elle retenu d’un thé dans cet endroit particulier ? La délicatesse du moment et la sérénité l’auraient envahie, puis elle s’en serait en allée — n’en aurait gardé qu’un vestige apaisé. Qu’une moue diffuse mais bien contente.

Alors qu’ici, alors que maintenant — il y avait beaucoup, si et tant à retenir. Et puis, elle ne serait pas la seule ; non. Peut-être qu’à eux deux arriveraient-ils à former un tableau respectable, tant bien même n’en reparleraient-ils plus jamais. N’étaient-ils pas que deux inconnus ? Le songe la fit un peu rire — un peu seule un peu doucement. Ses épaules s’étaient soulevées un instant alors que son sourire aux lèvres pincées avait tressauté. Et c’était bon, oui ; que de ressentir ces quelques amusements. « Nous — »

Et elle n’avait plus su que trop quoi dire — comme si les mots s’étaient soudainement envolés hors de sa portée. Idée à moitié avortée alors que ses yeux dérivaient du visage de son interlocuteur à ses épaules puis ses mains — finissant dans le rien. Aussi ses cils  touchaient presque ses joues, à l’Elise — tant elle regardait ailleurs, en biais mais pas tout à fait. « Nous nous sommes bien trouvés, pour des inconnus. »

Elle avait achevé l’idée de sa voix que trop à elle — celle flottante mais souriante, un peu étrange un peu trop présente. Aussi avait-elle redressé ses obsidiennes de ses rapidités que trop lentes — avait fini d’esquisser son sourire. Et que voulait-elle bien dire ? Elle-même ne savait pas trop — savait sans savoir, se persuadait qu’elle ne savait pas ; alors qu’évidemment, tout était déjà là. Ses humours, ses sens comme ses rires étouffés. Ses tristesses, aussi ; sans doute. Elise ne savait jamais vraiment — ses moues disaient pour elle, oui ; parfois. « Non, je veux dire. »

Il y avait eu un rire, recouvert d’un dos de main : « J’aurais pu tomber sur une créature forte étrange. » Comme une justification à ses propos alors que l’embarras de ses paroles tâchaient de ne pas se faire ressentir — et il était rare de la voir un peu maladroite, la blonde. Elle ne se souciait plus vraiment d’être prise pour ceci ou cela aux yeux des autres, à présent que tout était passé. Les sombres tentatives comme les espoirs déchirés et désespérés.

Au final était-elle seulement gênée ? En dehors de son visage un peu trop vivant, de ses cheveux dorés oscillant autour d’elle ; lui donnant du mouvement ? Pas vraiment.
Il n’y avait pas de honte à avoir qu’à converser, entre inconnus, entre étrangers. Ce dit Viridus, ce dit Emerald — ne connaissait-il après tout que son prénom et un bout de nom ? Aussi ses épaules s’étaient relâchées, alors que d’un geste un peu particulier elle était venue passer ses doigts repliés au niveau de son oreille, entre mâchoire, cheveux et nuque opaline — savant carrefour, n’était-il pas ? S’effleurant un peu, ramenant quelques cheveux, elle finit par ajouter : « Au final je ne me suis retrouvée qu’en face de vous — bien humain bien entier. » Et elle s’était laissée partir un peu en arrière, d’un de ces actes détachés — plus vraiment concernés.

Sa main s’était levée et yeux fermés elle avait achevé les dernières gouttes de son thé — le pétale se retrouvant seul dans cet océan devenu blanc. « Enfin. Pardon — merci. » Et elle n’avait pas trop su pourquoi c’était sorti comme ça — Elise n’était pas de ceux à s’excuser, qu’avait-elle seulement fait de travers ? Elle n’avait fait qu’exister, que dialoguer avec quelqu’un qu’elle ne voulait pas connaître, qu’elle ne voulait pas savoir en dehors de ces échanges aux bordures un peu précieuses.

Sans doute s’excusait-elle d’avoir fini le tout, sans rien trop laisser.
Elle avait toujours été un personnage particulier — dans leur normalité.
Sourire, soupir — regard se rouvrant et dévisageant, paisible.
Au final, que restait-il ?
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Viridus Emerald
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Sam 16 Mai - 23:09
Les instants passés à deux. Voilà qui résonnait étrangement aux oreilles de Viridus. Il passait peu de temps avec des gens, incapable de les supporter sur la durée, à l'exception de quelques connaissances plus proches avec lesquelles elle partageait généralement plus de choses intellectuelles qu'émotionnelles. L'incongruité de la situation le frappait encore, peut-être un peu plus violemment que précédemment puisqu'elle semblait mal à l'aise.

Les mots sonnaient comme une conclusion, mais ils furent vite rattrapés par des justifications. Les hésitations étaient agréables, preuve d'un impact, d'une réaction ; un point marqué dans cette étrange jeu dont il était probablement le seul à tenir les scores. Malheureusement, c'était aussi, peut-être, un signe qu'il était imprudent.

Cela ne l'empêcha pas de suivre des yeux le bout des doigts de la jeune femme passant doucement sur sa nuque. Un geste délicat, qui attirait son attention, comme un détail révélateur ; sa mémoire se mettait en marche, absorbait la moindre image de l'éphémère, déclinant à mesure que tout ce qu'il avait abandonné à l'entrée reviendrait. Elle, telle qu'il la voyait à cet instant précis, ne survivrait pas au jour, et ce serait ensuite un retour à une normalité nécessaire.

Il avait fallu un moment de silence et des excuses pour qu'il retrouve sa langue, pourtant d'ordinaire si acérée, et il se rendit compte qu'il ne savait pas quoi dire, qu'il n'avait aucune idée de comment interpréter cette succession de phrases et de gestes. Elle avait montré une confiance en elle presque insolente, l'avait entraîné dans une parenthèse étrange de la réalité, et finissait par devenir maladroite. Il croyait avoir trouvé un équilibre et elle s'y dérobait, un retrait presque gêné.

Observant encore un instant, il vit ses épaules se soulever dans un soupir et il avait soudainement envie de ne rien dire, de rester là simplement à profiter du soleil. Elle lui volait ses mots en hésitant, en s'excusant, en le remerciant, car tout cela était tellement naïf, tellement normal. Elle savait pourtant la violence et l'indifférence, l'inaccessibilité et le froid, mais elle tendait la main, d'une certaine manière. Ce n'était pas en soi une nouveauté, mais il en mesurait toute l'ampleur.

« Tout le plaisir est pour moi. »

La politesse, rempart solide derrière lequel se réfugier en attendant de décider. Devait-il partir, cesser de troubler son après-midi tranquille ? Ce serait peut-être la meilleure solution. Rompre une bonne fois pour toutes ce qui s'effilochait de toutes façons...

Il choisit le silence.

Il avait l'habitude d'être destructeur, de casser les jouets de l'enfant qui lui collait à la peau ; il avait l'habitude de beaucoup de choses qui ne s'appliquaient pas ce jour-là, solitude, ordre, éloquence et logique. A tout ça, il opposa simplement le silence paisible, celui qui apparaît si rarement lorsqu'il n'y a plus besoin de parler. Il se détendit à nouveau contre le dossier de sa chaise, fermant pour la première fois les yeux pour profiter du soleil, absorber la lumière qui ne venait pas que de l'extérieur. Il souriait doucement ; pour le temps que l'illusion durerait encore, il s'appliquerait à construire un souvenir, à emmagasiner la chaleur qui lui avait tant manqué.


Perhaps in Slytherin you'll meet your real friends
Those cunning folk use any means to achieve their ends.


sexyVirus par Mori d'amour (et la comparaison des BG serpy aussi)
(je vous ai dit que j'aime Mori ?) (parce que j'aime Mori, voilà)

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