Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille... Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres. Le monde magique anglais est en ébullition à mesure que les trois candidats s'opposent, laissant un peu leurs charges respectives à l'abandon au profit de leur campagne. C'est ainsi qu'à Poudlard, un joyeux bazar règne souvent en l'absence du directeur, et que les créatures de tous poils envahissent peu à peu les villes sorcières pour le meilleur comme pour le pire !
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Un écho d'incidence - James P. Elton

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Mer 29 Avr - 10:18
Le pas de Zoe était sûr. Il résonnait sur le sol marbré. Elle avait trop de choses à faire Zoe, depuis qu’elle était arrivée – ça la réjouissait, elle qui s’était enracinée dans une routine lassante, dans un pays bien trop loin pour y penser. Aussi avait-elle un planning chargé – ce qu’elle avait prévu de faire était tout tracé; planifié. Elle préférait les choses ainsi, organisées – aussi arriva-t-elle devant ce guichet, il était encore fermé. Coude sur le guichet, joue dans sa main, sac devant elle.  C’était une bonne raison pour pester – Zoe se plaignait souvent, était une éternelle insatisfaite. Mais n’était-ce pas la nature de l’homme, de l’univers même, de ne jamais avoir suffisamment ? De toujours demander plus, ou redemander ce que l’on a apprécié – tant bien même en a-t-on souffert. De rechercher ce que l’on a vécu, plus – toujours plus. Car Zoe se souvenait, des bons comme des mauvais souvenirs, des rires comme des pleurs qu’ils avaient vécus – rien n’était tout noir ou tout blanc. De ce hibou qui lui disait qu’il était parti – trop loin, qu’il ne voulait pas qu’elle le suive. Non. Leur relation avait été grise. La vie n’était ni blanche ni noire, non plus. Toutes les idées avaient du bon comme du mauvais. Zoe se demanda – y avait-il des couleurs à la vie; ou tout était simplement perlé de gris, résumé à l’absence de couleur et à toutes les couleurs réunies ? Au tout et au rien – elle sourit. Elle aurait voulu être blanche – entièrement parfaite. Elle ne comprenait pas ce besoin — puisque la vie était fade, désintéressée, grise. Elle aspirait à être si appréciée, par tous; à ne jamais rien avoir à se reprocher. Zoe voulait la perfection. Mais la perfection n'existe pas, disait-on. Peut-être était-ce ce qu'elle voulait – ne pas exister. Ne pas avoir à pleurer, ne pas être autant terrifiée par cette solitude emprisonnante; elle était pourtant heureuse, Zoe.

Elle se sentait un peu trop nostalgique, depuis son arrivée à Londres. Peut-être était-ce ce ciel, constamment recouvert d’un manteau de nuage gris – ou peut-être était-ce cette ambiance, qu’elle ne connaissait pas réellement, si différente de la Floride – si différente du reste du monde. Les sorciers ici s’habillaient étrangement – portaient encore ces vieux chapeaux pointus – et ces capes, immondes. Ils n’utilisaient presque pas les miroirs pour communiquer entre eux – ils étaient retardés. Zoe se demanda un instant si ce n’était pas elle – elle qui avait trop été encrée dans une autre culture, qui ne pouvait pas s’adapter. Son vernis bleu pâle pianotait sur le guichet – elle s’impatientait. Elle était, surement, la seule retardée, ici. Il faudrait qu'elle s'adapte – à leur mode de vie, à leurs coutumes différentes. Pour être parfaite.

Et puis – elle ne reconnaissait personne. Tous ces visages, elle s’y sentait perdue — un peu seule, peut-être. Ou du moins avait-elle peur de l’être; elle ne commencerait à la Gazette que trois jours plus tard – ne savait pas si ses collègues seraient agréables, jeunes. Elle mordit sa lèvre inférieure; elle se redressa et passa une mèche de cheveux derrière son oreille – si féminine. Elle se sentait puérile, Zoe; elle n’avait surement pas encore assez grandi pour se retrouver au milieu de nul part, sans personne. Son appartement était encore vide – seules des photos décoraient ses murs violets. Deux jours, elle se sentait seule.
N’était-ce pas la nature humaine, d’être seul ? De ne vivre que part soi-même – partager, mais toujours décider de son propre gré. Conseils ne servaient à rien – avis ne servaient à rien; pourtant, elle n’aurait jamais pu s’en passer.  Soupire – le temps était long. Elle alla s’asseoir sur  une des chaises – celles faites pour attendre, mais Zoe n’avait pas le temps. Jambes croisées, sac à côté, miroir pour se regarder.

Sursaut.

Son reflet n’est pas le seul à lui faire face – dans ce miroir de marbre. Il y a celui d’un garçon, qui la regarde – derrière elle. Elle se retourne alors, embrasse le contact hasardeux, dessiné au travers d’un objet sans importance. « Bonjour. » Sourire. Zoe n’aime pas les hasards – ne supporte pas les imprévus. Comme ce retard, à l’ouverture d’un guichet – qui va bousculer toute sa journée. Elle n’aime pas non – devoir changer ses plans, être dans l’imprévu. Ce n’est pas terrifiant – simplement incommodant, de devoir penser, décider, agir sans être sûr. Sans n’avoir aucune garantie des choix que l’on fait – en avait-elle plus lorsqu’elle planifiait ? « Il y a longtemps que vous êtes là ? » Ses yeux sont surpris – elle est surprise, de ne pas l’avoir vu plus tôt, de ne pas avoir capturé son esprit. Une main se pose sur son chapeau noir aux bords très longs – souples; à la tête arrondie. Elle le retire, le pose à côté d’elle. Une nouvelle main passe dans ses cheveux – elle voudrait qu’ils ne lui tombent plus sur le visage. Son regard se plante dans le sien. Elle ne sait pas qui il est. Elle ne sait pas qui il a été, ni qui il sera. Elle ne sait pas trop quoi dire de plus, non plus – elle ne sait pas quoi rajouter. Mais elle observe ses traits, son regard – elle l’observe tout entier, avale chacun de ses gestes, de ses tremblements. Ses yeux bleus le dévorent de l'intérieur.

Les londoniens étaient étranges – si différents de l’école de Salem. Les cultures se mélangeaient et pourtant – tous restaient si différents. Zoe, en le regardant, observait le monde — ses couleurs, ses nuances. Les cultures composaient les hommes, après tout; mais ils étaient chacun si différents; on ne peut pas les comprendre. Se comprenait-elle seulement elle-même ? «  Êtes vous pressé ? » C’était la seule chose véritable – qu’elle voulait savoir, maintenant. Pourrait-elle lui passer devant ? Elle ne le connaissait pas – ne le connaitrait certainement jamais. Il n’était qu’un passant, qu’un homme qu’elle aurait croisé, dans la rue, sans le regarder. Il était banal — au moins autant qu’elle. Ils n’étaient qu’une petite goutte dans l’infinité des choses qu’il se passait; dans le pays, dans le monde. Pendant que ses amis dormaient – eux étaient ici, devant ce guichet. Ils se rencontraient – ils échangeaient quelques mots, ils se sépareraient, en simples inconnus. Que faisait-il, Lui, si loin d’elle ? Elle mordit une nouvelle fois sa lèvre inférieure – elle n’en saurait jamais rien. C’était la véritable magie de l’univers. Les vies étaient toutes différentes – pourtant, elles pouvaient se rapprocher, avoir un écho d'incidence. Alors elle se demanda – cette conversation aurait-elle un impact sur quelqu’un, ne serait-ce que sur cet inconnu, qu’elle n’avait pas lâché de ses yeux bleus ?

Le monde était si compliqué.
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James P. Elton
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Sam 16 Mai - 19:09
« Et il y avait quelque chose d’un peu nonchalant dans l’attitude de James — ce petit quelque chose un peu grisé, un peu blasé. Aussi était-il là, marchant au travers des différents sous-sols du Ministère — endroit enfoui ô combien savait-on sous terre.

Le brun était arrivé quelques instants plus tôt, transplanant directement dans la zone des cheminées — son regard s’était fait un peu distant. Aussi n’avait-il pas trop envie d’aller droit au but, la où son rendez-vous l’attendait. Paradoxalement, il avait de l’avance — comme pour se préparer, s’imprégner ou assister à un événement de taille.

Alors il n’avait fait que déambuler, arrivant au niveau des guichets, s’asseyant — regardant du coin de l’œil la jeune femme aux allures particulières qui était là, quasi seule avec lui. Certains hommes commençaient à apparaître, mais tout restait si calme — presque endormi.

Merlin savait à quel point l’impression était fausse. Le ministère ne dormait jamais. Aussi avait-il failli proposer à l’inconnue son aide — lui montrer la direction vers un lieu plus actif, ou il y aurait guichet ouvert.
Mais elle l’avait devancé — aussi avait-il souri, simplement ; sans trop rien ajouter. Ses ongles vernis le mettaient de bonne humeur, étrangement — il était rare d’en voir, ces derniers temps. Comme ces fragrances raffinées émanant de la blonde, à l’accent for américanisé : « Peu de temps ; non. » Ses yeux océans avaient dérivés au loin alors qu’il s’était passé une main dans ses cheveux ; ne tardant pas à la renfoncer dans une des poches de son large manteau foncé.

On ne pouvait pas faire plus britannique. Aussi ses fesses enfoncées dans un siège, il ne savait depuis trop quand, il dévisagea rapidement son interlocutrice — que venait-elle faire ici ? Etait-elle sur le territoire depuis longtemps ? Allait-elle rester, partir ? Tout allait si vite, à Londres ; tout allait si vite sans vous attendre, oui. Vous pouviez disparaître de la circulation que tout continuait à fonctionner comme sur des roulettes. N’était-ce pas un peu frustrant ? Fascinant. « J’ai un rendez-vous, oui. Mais j’ai un peu de temps, encore. »

Et sans doute croyait-elle qu’il devait aller se faire enregistrer avant de passer.
L’idée le faisait rire — personne ne passait jamais vraiment aux guichets. Ceux pénétrant dans le ministère seuls le connaissaient plus que personne. Lui-même n’avait plus besoin de ticket d’invitation — il se sentait un peu chez lui, un peu ailleurs ; dans ces larges murs marbrés de noir. Qu’avait-il à faire ? Un appointement de coutume dû aux séquelles possibles et aléatoires laissées par son portage de retourneur de temps pendant plus de trois ans. Et c’était si rare, de porter un tel engin pendant si longtemps — pour toutes les heures de toutes les journées, et ce pendant des années.

Evidemment qu’il y avait des séquelles, c’était un peu pour ca qu’il avait arrêté. Aussi maintenant se sentait-il en marge de la société, ce qui l’avait autrefois éloigné le rendait maintenant un peu vide. Trop peu chargé — également débordé, James ne s’en rendait juste pas compte.
Un large sourire vint effleurer son visage attentif : « Etes vous ici depuis longtemps ? »

Il n’entendait pas par là le Ministère, mais quelque chose de plus important.
Il avait le temps.
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Lun 18 Mai - 1:26
Elle n'avait pas le temps.
Aussi, ce fut un soulagement. Car qu’était-ce d’autre, que de voir qu’elle pourrait lui passer devant — qu’elle pourrait répondre au programme qu’elle s’était fixé, atteindre un objectif demandé. Personnel — secret. Restait-il encore à lui demander — la partie était presque gagnée. Ce n’était qu’un combat interne dérangeant, et n’était-elle pas ça, Zoe ? Une constante bataille entre perfection et imperfection, entre plaire et être égoïste, entre vouloir et désirer. Se battre pour des convictions et pourtant — penser avoir tord, se remettre en question un jour, tous les jours. Ainsi étaient faites les sociétés; se battre pour être apprécié, gagner, plaire ; ou être envié ?

Et il y avait quelque chose d’intimement intrigant, dans cet accent qu’il abordait. Il y avait une classe oui — qui s’accordait parfaitement avec sa veste de lin, une mode qu’elle assumait très anglaise, presque trop britannique; elle le catégorisait comme n’importe quel autre citoyen, comme n’importe quel Londonien. Cela lui arracha un léger sourire, tout comme cette légère, presque suggérée nonchalance avec laquelle il était assis. Mais il y avait également quelque chose de plus sombre, plus clair, quelque chose dans sa voix — son regard. Un manque d’assurance peut-être, un manque de clarté dans ses propos, et sa question était restée inaccessible, comme marquée par la possibilité d’en choisir le sens, le but. Le choix de l’interprétation lui revenait. Aussi refusait-elle de le quitter du regard un instant — trop intrigant, trop différent. Trop semblable à tous, à personne.

Il lui demandait de faire un choix — mais n’était-ce pas la grosse tâche noire de Zoe, de ne pas faire de choix ? Et le poids de sa tête tomba légèrement sur la gauche, ses mèches d’or suivant le mouvement, se laissant porter par la gravité. Indécise Zoe — incapable Zoe. Une de ses dents vint se poser sur sa lèvre inférieure, la serra. Elle en était presque inconvenante, à s’essayer de répondre sans choisir; une heure ou un jour, elle avait eu le choix de la réponse comme de la question. Elle n’avait pas choisi, Zoe, elle avait contourné. Bientôt sa dent redisparaissait derrière ses lippes couvertes de rouge. ‹ Une heure, un jour, cela ne dépend que de votre question. ›

Et n’était-ce pas sa première réelle approche avec cette ville inconnue ? Après tout, elle s’y était baladée,  l’avait photographiée, s’y était perdue — pourtant il avait fallu qu’elle entende sa voix pour s’y sentir imprégnée. L’accent, la tonalité, le regard peut-être, tout ce qui rendait ce garçon si anglais. Les lieux étaient conventionnels, incertains — leurs populations leur offrait une âme, et l’idée la fit sourire. Ses premières paroles s’adressaient à cet inconnu assis là, aussi ne se serait-elle pas permis d’être malpolie. Vraiment ? Elle se sentait un peu irrévérencieuse assise là, à l’observer sans s’intéresser à ses sentiments, à ce qu’il ressentait. Cela lui semblait important — pourtant.

Une mèche remise derrière son oreille, elle finit par le laisser libre de son regard; il y avait sa veste, un peu repliée, ses mains cachées dans des poches invisibles, un pli de pull qui s’affichait entre deux boutons, un peu mal repassé. Et il n’y avait que ça — aucun bijou, aucun objet factice visible, il n’y avait rien de lui sinon un bout de baguette, légèrement dessiné là, dans cette poche. Ses lèvres s’étirèrent en un sourire sincère, un de ceux amusés, de ceux qui veulent plus. ‹ Pourquoi ? Cela vous intéresse vraiment ? › Et elle ne put retenir un petit rire amusé; elle aimait observer, découvrir les réactions, savoir comment aborder. Elle cherchait à mettre mal à l’aise plutôt qu’à s’intégrer; et son erreur vint s’afficher dans son regard bien trop brillant, retourné se poser dans le bleu de son voisin. Il semblait secret — peut-être légèrement mal à l’aise, ou trop à l’aise pour être compris.

On ne pose pas ce genre de question à un inconnu, une personne dont on ne sait rien — pas même le nom. Aussi ses doigts vernis vinrent attraper d'un geste léger ce long collier — ce sautoir aux perles travaillées — pendant naturellement à son cou. Elle ne faisait qu'observer, simplement, avec ce léger amusement — comme ce léger mal à l'aise qu'elle s'offrait; à vouloir être trop insolente. Et c'était étrange, de ne plus savoir se comporter, avec ceux qu'elle ne connaissait pas. De se recréer un monde, de réapprendre à s'intégrer. De s'autoriser un nouveau départ.

Il y avait ces quelques personnes qui passaient — par ci, par là, qui rejoignaient leur poste de travail, qui se rendaient à des rendez-vous, à des tribunaux. Il y avait ces hommes d’affaires, tous mal habillés mais — c’était Londres qui s’affichait et qui se réveillait alors que le matin montrait le bout de son nez. Il y avait cette palette de couleur que lui offrait ce garçon, un peu sombre, qui se mariait parfaitement avec l’air ambiant — il y avait un tableau qui se dessinait sous ses yeux de peintre oubliée. Ses fesses tournèrent d’un glissement silencieux — menant ses jambes sur le côté de la chaise, toujours croisées. Ses escarpins noirs claquèrent au mouvement — et. Qu’avait-elle à rajouter ? Elle se l’était dit; elle ne faisait que s’intéresser, que découvrir et observer une personnalité qui lui faisait face.
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James P. Elton
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Mar 9 Juin - 10:05
« James avait regardé son interlocutrice un long moment — ses yeux s’étaient posés sur cette main venant remettre mèche en place puis sur ces petits détails que l’on qualifiait de féminins. Aussi la voyait-il sans la voir — cette fille, ou plutôt cette femme. Alors il avait esquissé un sourire ; un de ceux à la fois pour les autres mais aussi beaucoup pour soi — intimes.

Il était un peu perdu, peut-être — ou du moins cherchait-il à l’être, à force de tout trop connaître. « Protocole poli mais également curieux, je suppose. » — et il ne savait pas trop quoi ajouter d’autre, là ; assis à la contempler puis à dériver vers le vide, un bout de sourire sur le recoin de ses lèvres.

Son rire à elle avait heurté ses oreilles — car James était un homme attentionné, lorsqu’il ne se montrait pas égoïste. Car James observait, vu qu’il aimait — aimait tant la vie et ses contours ; et ses détails. Il y en avait tellement — tant qu’il ne les voyait plus vraiment, d’ailleurs.
Sa vision n’était plus très nette, des fois — et il ne savait pas trop pourquoi, mais se laisser baigner dans le flou n’était pas si mauvais, au tantôt.

Peut-être cela rendait-il plus indifférent — ou à l’inverse, plus apte à sursauter au moindre appel. Enfin. « Etes-vous américaine ? » Et l’idée lui était sortie des lèvres comme certains jurons jaillissent sans trop attendre. Sa voix avait été particulière — soit très simple, très lui. Très calme, et il ne savait pas trop ; James. Il se sentait si tout qu’au final ne se sentait plus grand chose. Son environnement modulait ses comportements et se retrouver écrasé par l’imminence de son rendez-vous le rendait sans doute un peu plus gris et plus vague que d’habitude — « Enfin, vous l’êtes. »

Et il avait un peu ri — il se sentait un peu bizarre. Ne savait pas pourquoi il restait là — faisait sa référence à cette inconnue si femme qu’elle en détrônait les londoniennes. Qui prenait encore la peine de se faire si belle au quotidien ? Ca lui faisait un peu de bien, aussi — cet air nouveau. « Enfin — James Elton, enchanté. » de faire votre connaissance. Car ce n’était pas très poli, de rester là ; à lui parler et à tâtonner des choses qu’il savait sans trop savoir. Aussi s’était-il redressé un peu, avait-il sorti sa main de son antre et l’avait-il tendue — se penchant quelque peu, un sourire sincère sur le bout des lèvres.

Ne manquait plus que ses occupations diverses et il lui était offert.
Enfin.
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Ven 26 Juin - 10:55
Un sourire s'étira sans conséquence sur ses lippes peintes d'un rouge flamboyant; le garçon en face d'elle était un personnage étrange — comme ils l'étaient tous. Mais il était rare de rencontrer ces personnes si simples; si compliquées. Ces personnes dont les yeux ne disaient rien de plus que de la gentillesse; qu'un paradoxe illisible de calme et de célérité. Ses dents se découvrirent dans un sourire amusé alors que ses yeux allaient doucement s'écraser sur le sol — ses lippes se pinçaient; et il y avait ces perles qui tournaient inlassablement dans sa main. La curiosité. Excuse facile, excuse à tout. Et c’était ça, peut-être qui se dégageait de l’être entier du garçon sur sa chaise; c’était peut-être ça, qui guidait sa vie instinctivement, cette légère et invisible lueur qui stagnait dans son regard un peu fuyant, un peu constant. Et toutes les possibilités de ce garçon; surement intelligent, surement lassé, s'étalaient sans qu'elle ne se l'explique dans les songes de Zoe. Il aurait pu être Auror comme il aurait pu être un simple fonctionnaire; il semblait tout et rien. Il semblait unique et si commun.

Il y eut un petit rire incontrôlé, imprévu qui s'échappa innocemment de ses lèvres — son regard retombant sur les yeux vides — remplis du britannique. Il y eut cette envie de lui dire qu'elle était peut-être française; mais il s'était rattrapé, il l'avait cernée. L'anticipait sans réellement s'en rendre compte. Et c'était soudain agréable, de se sentir connue de quelqu'un; un peu moins perdue; et c'était soudain détestable, de se voir mis à nue; de se faire anticiper et devancer. Le collier de perle retomba sous la gravité; sa main venue s'agripper au dossier de son siège. ‹ Effectivement. Peut-être êtes vous déjà allé au Massachusetts; c'est un endroit bien différent de Londres — mais pas moins intéressant. ›. Simplement très différent; où l'art embaumait les murs — où les musiciens enchantaient les rues d'un simple coup de guitare maîtrisé; d'une simple voix élaborée.

‹ Enchantée, James Elton. › Et ses doigts vernis se réfugièrent dans la main proposée du sorcier — sa poigne à elle un peu ferme; remplie de caractère, de volonté et pourtant si souple — si Zoe. Ses nombreux bracelets dorés, blancs, sophistiqués ricanèrent au rythme de la poignée alors qu'elle répondait à son sourire d'un mouvement de lippes amusé. Car ne l'était-elle pas, par ce hasard un peu idiot, un peu maladroit qui les avait menés à se rencontrer ? L'ouverture du guichet la fit se retourner soudainement — un peu brusquement, alors que sa main s'échappait doucement de celle de son interlocuteur. Elle n'avait pas le temps pour les hasards — pas le temps pour ces choses là. Quoi que. Elle sourit et se releva, attrapant son sac rapidement, le posant dans le creux de son bras, récupérant la Gazette qu'elle avait attrapé un peu plus tôt.

‹ Pardonnez mon empressement. Il me reste tellement de choses à voir; ici, à Londres. Et ne pensez pas être invisible, M. Elton. Il semblerait que vous ayez bien plus de charisme que vous ne vous accordez à le croire. › Elle se baissa légèrement, laissant quelques mèches encadrant son visage suivre le mouvement — un geste naturel pour les redresser derrière ses oreilles, et voilà qu'elle attrapait son chapeau pour le remettre sur sa tête et se redresser. Un dernier regard vers le garçon qui l'avait retardé — ou qui l'avait accompagné dans son retard, elle n'aurait trop su en parler sans déformer la réalité. ‹ Vous faites même en réalité — un très beau tableau. › Un oeil qui croise les siens; et elle sourit. Il se laissait guider par la vie, et quoi de plus beau ? Quoi de plus heureux que de vivre comme la vie vous vient; sans chercher à la rendre meilleure ou moins bonne. En simplement répondant à vos besoins, en simplement étant calme et pourtant. Sa complexité la dépassait, la rendait curieuse. Zoe elle; devait être parfaite. Elle l'envia un instant, sourit gentiment. Peut-être l'était-il bien plus qu'elle, à ce jour incertain. ‹ Vous semblez être un homme de hasard — souhaitez-vous le laisser jouer une nouvelle fois ou dois-je me présenter dans les règles britanniques les plus formelles ? › Elle s'adaptait. Elle lui laissait le choix.

Comme il l'avait fait un peu plus tôt.
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James P. Elton
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Jeu 9 Juil - 0:03
« Le Massachusetts ? Actuellement il s’agit plus d’un monde de rêve qu’un fait concrétisé — enfin, vous comprenez. » Et il avait souri, cherchant un instant comment expliquer ; comment décrire plus précisément ses pensées: « Je veux dire, saviez-vous que l’endroit est souvent utilisé dans les romans ? L’on finit par le rêver et l’imaginer ; oubliant d’en rechercher la vérité. » Pause alors qu’il avait dévisagé l’inconnue aux reflets dorés, lui adressant un sourire un peu doux — un peu tout. « C’est assez amusant de vous voir à Londres, vous être réel d’un de ces lieux étrangers. C’est un plaisir. » Son sourire s’était alors transformé en rire — un de ces rires tout aussi doux que courts ; aux bordures un peu floutées. Il n’y avait rien de calculé, juste un certain laisser-aller — à être soi, à être bien. Ils ne faisaient que savourer l’instant présent. Le hasard était une chose fantastique — parfois dur, indésirable ; mais aussi si velouté. Il suffisait de les voir, à juste être là. Présents ici, à deux ; bientôt absents.

Sa main à elle s’était logée dans la sienne avec une fluidité presque étonnante — aussi avait-il empoigné le bout des doigts de la jeune femme avec une douceur contrastée ; avec ce petit quelque chose d’irrégulier. Il y avait eu de la fermeté, mais également ce petit quelque chose vous permettant de vous échapper — aussi leur deux paumes s’étaient effleurées dans une danse assez particulière ; avant de s’éloigner de nouveau, sans rien trop ajouter. C’était à se demander la frontière entre protocoles physiques et délicatesses. Enfin.

Un bruit à la droite du brun attira leur attention, quoique lui ne se retourna pas ; se contentant d’un haussement d’épaules imperceptibles. Les guichets avaient ouvert — et déjà l’on pouvait sentir un certain empressement de la part de l’américaine ; un petit quelque chose ordonné, saviez-vous. Elle lui faisait penser à une montre, de celles encore classiques dont les cliquetis se faisaient inaudibles mais réguliers —ne s’écartant trop jamais de leur route, aux ourlets quiets.

Il s’était redressé, relevé ; ses mains étaient venues se poser sur ses genoux alors qu’enfin il se tenait debout ; face à elle — un sourire énigmatique aux lèvres. Ou peut-être poli — lui-même ne savait pas trop, n’avait juste pas réprimé ses diverses spontanéités faciales comme orales : « Vous me flattez — que répondre à de tels propos ? » Il avait enfoncé ses poches dans son manteau, arquant quelques peu le dos en arrière alors qu’il basculait ses pieds ; s’appuyant sur ses talons — comme un gamin : « Vous m’embarrassez. » Mais ce n’était pas déplaisant, que de se faire ainsi décrire — cela lui ne lui était quasi jamais arrivé, aussi l’originalité aux fragrances étrangères de son interlocutrice était comme un vent frais, une brise un peu particulière qu’on ne savait encore trop juger. « Avant que vous ne vous échappiez, laissez-moi vous proposer quelque chose ; un joli hasard, si vous préférez. »

Et il avait ri — un peu, l’œil éclairé par d’inconnues pensées. Ses yeux océans l’avaient dévisagée, un peu sur le côté — et qu’y avait-il à ajouter, ils étaient d’accord sur un même point. Une même plaisanterie — l’originalité de leur entretient, ordre d’imprévisibilités. « Se tiendra bientôt à Poudlard, l’école de sorcellerie britannique, un événement ouvert à nous, population du Londres magique. S’y réuniront les trois frères ; vous savez, ceux au cœur des politiques actuelles. Aussi, pourquoi ne viendrez-vous pas ? Il s’agirait d’une belle occasion pour se brasser au monde londonien de manière plus concrète, n’est-ce pas ? Qu’il s’agisse de rencontrer ou d’observer — ou juste de prouver son existence, vous savez. » Mimique nébuleuse, oscillant entre humour fin et d’autres choses plus nuancées — dont ce sourire, oui ; qui voulait tout et rien dire, aux lèvres serrées ; s’embrassant solitairement.

« Enfin, si vous vient l’envie ; sachez que je serai présent. » Son esquisse s’était faite plus ouverte alors qu’il s’était incliné ; courbant sa nuque en signe de salutation discrète et muette — ses commissures s’étaient alors étirées, formant deux parenthèses et montrant pans de dents alors qu’il s’était remis en position. Bonheur simple. Des jours heureux — des jours normaux ; de ceux pavés de surprises chamboulant doucement.

Il s’était éloigné, faisant un dernier geste de main — se précipitant dans sa lenteur, dans sa nonchalance ; poursuivant sa journée, tout simplement.
Fuite paradoxale — regard à sa montre. Il était à l’heure.
A point.
Enfin.
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Sam 18 Juil - 16:31
Zoe n’avait pas répondu à cette explication — peut-être parce qu’elle ne comprenait pas comment Massachusetts pouvait être ainsi perçu; ou alors elle le comprenait trop. Et cette simple évocation du lointain lui rappelèrent quelqu’unes de ses propres histoires; d’amour, de souffrance. Celle qui l’avait dévastée alors qu’Il l’avait embrassé pour la première fois au palier de sa porte. Et cela semblait si commun qu’elle ne put en retenir un sourire un peu nostalgique; tout avait été fait dans une telle simplicité qu’il lui semblait impossible de revivre ces simples instants de bonheur; de partager aussi simplement les choses de la vie. Qu’elles se passent sans réfléchir, sans se demander — la prévoyance ne laissait aucune place à la sobriété. Aussi leurs paumes s’étaient séparées dans la promesse d’une rencontre formelle; d’un adieu conventionnel alors que déjà, elle rassemblait ses affaires pour s’éloigner; pour fuir ce rituel des présentations, des bonjours et des rencontres. Connaitre quelqu’un se faisait en quelqu’instants — si l’on le voulait bien. Le connaitre était un autre pas à franchir.

Il s’était levé en face d’elle — et ils étaient deux inconnus qui s’observaient debout, immobilisés dans les murs d’un vaste monde. Une scène un peu unique et piquante qui fit doucement apparaitre un soupçon d’amusement sur ses lèvres rouges; la couleur de la fatalité, c’est ce qu’Il lui avait dit, la première fois qu’elle en avait mis. Qu’il l’avait vue maquillée; qu’il l’avait vue si belle. Aussi resserra-t-elle le journal dans sa main. Devait-elle dire quelque chose de plus — de moins ? Rajouter un compliment aurait surement été mal perçu, un peu laborieux. Pas britannique — ni humain, dans aucune forme d’art, sauf celle de la séduction. Un art qu’elle avait oublié; qu’elle avait laissé dans son passé; prévoyante de souffrance à venir. Il parla le premier. Et il l’avait fait rire — elle sentait ce bouillonnement d’émotion s’évacuer de ses lèvres qu’elle cachait délicatement d’une main soignée. Elle aurait pu s’attendre à de nombreuses répliques — mais qui disait ce genre de choses ? Cela semblait si simple et pourtant personne ne le faisait; parler de son ressenti et des choses sans mots. ‹ Je vais vous avouer un secret — je l’ai fait exprès. › Et c’est avec un sourire sur ses lèvres que ses doigts s’emparèrent des hanses de son sac encore posé sur la chaise.

Elle aurait pu partir sur cette dernière phrase, le laisser derrière et penser avoir laissé cette impression d’étrangeté. De fantôme palpable, vivant. C’était une bonne façon de disparaitre à jamais de la vie d’un inconnu; de rester irréelle. Comme il le serait d’ici quelques jours — cette rencontre pourrait s’oublier vite. Aussi avait-elle commencé à s’éloigner. Pourtant il la retint, d’une simple phrase déterminante. Elle s’était retournés, s’accordant quelqu’autres secondes de retard; perturbant un peu plus son horloge; s’accordant quelques secondes de liberté. James Elton était un peu plus petit d’où elle était; pourtant il restait le centre du tableau; la seule chose qui attirait l’attention. Un joli-hasard — et ça l’avait faite sourire. ‹ Les faux hasards sont censés rester secrets; monsieur Elton. ›. Elle lui avouait; à sa façon, qu'il était prévu qu'elle y fasse un détour. Qu'elle y soit envoyée — pour faire quelques photos. Aucun photographe ne louperait l'évènement; c'était une évidence et déjà, elle imaginait la surprise de l'endroit. Et elle avait répondu à sa salutation d’un sourire discret, s’en était retournée. Et ils s’étaient éloignés dans des directions opposés.

Il n’y avait plus personne sur les sièges inutilisés. La toile était devenue vide — un carré blanc sur fond blanc.
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Un écho d'incidence - James P. Elton

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