Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille... Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres. Le monde magique anglais est en ébullition à mesure que les trois candidats s'opposent, laissant un peu leurs charges respectives à l'abandon au profit de leur campagne. C'est ainsi qu'à Poudlard, un joyeux bazar règne souvent en l'absence du directeur, et que les créatures de tous poils envahissent peu à peu les villes sorcières pour le meilleur comme pour le pire !
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The gilded age - Deborah

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Ven 12 Juin - 15:32
Ciaran se baladait tranquillement dans le parc de Poudlard. Elle était plutôt contente, il bruinait, il y avait du brouillard, ça lui rappelait chez elle. Ca manquait seulement de mouettes et de vaches, et de la mer aussi, mais pour ça il y avait le lac, même si ce n’était pas tout à fait pareil. Alors elle se baladait, emmitouflée dans sa cape, le sourire aux lèvres, l’air un peu hagard, au bord du lac. Elle s’imaginait qu’elle attendait un grand drakar qui l’emmènerait vivre une vie de pirate, elle aborderait des galions espagnols et prendrait leur or pour le redistribuer aux gens pauvres.

Il n’y avait pas beaucoup de monde dehors, mais sans faire exprès, Ciaran trouva quand même le moyen de bousculer un groupe de Serdaigles qui faisaient des ricochets dans le lac.

« Eh, tu pourrais faire attention ! »

« Oh, désolée… Je…» Toute gênée, les bras ballants, elle se mit à parler pour ne plus sentir les regards agacés qui lui étaient adressés. « Tu sais... Mes parents ils aiment bien faire des ricochets, ma maman elle en a fait vingt-deux dans la compétition internationale, une fois, elle a gagné un trophée. C’est une ricocheteuse professionnelle, ma mère. »

« Tu disais hier que ta mère était éleveuse d’alpacas au Pérou. » Fit remarquer un grand garçon, l’air dubitatif.

« Moi j’ai entendu qu’ils étaient prophètes tes parents, et qu’ils avaient vécu toute leur vie en Chine où ils apprenaient des méthodes de méditation bouddhiste. »

« Tu vas arrêter de raconter des salades, la menteuse ? T’es vraiment débile. »

Ciaran avait du mal à suivre ce qui se disait, ils parlaient tous en même temps et ne bougeaient pas assez les lèvres pour qu’elle sache exactement tout ce qui se passait, mais elle arrivait à sentir leur animosité. Elle baissa la tête, dépitée. Ils ne la croyaient pas. Ce n’était pas gentil du tout. Elle sentit des larmes commencer à couler sur ses joues.

« Mais… Mais c’est vrai… » Dit-elle d’une petite voix. « C’est pas des mensonges… »
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Deborah Bolton
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Mar 16 Juin - 14:32
    Il lui revenait en mémoire ces images déjà un peu trop vieillies, comme des souvenirs qu’elle aurait volontairement enfoui, pas les plus beaux dans sa vie de jeune fille. Une désagréable impression de déjà-vu juste sous ses yeux, peut-être le film habituel de sa vie, dont elle était pour une fois l’outsider.

    Deborah, assise quelques mètres plus loin, les pieds nus jouant dans l’eau fraîche du bout des orteils, se disait que les Serdaigles pouvaient se montrer parfois stupides. Le nez relevé dans leur direction, elle se sentit prise d’une soudaine sympathie pour la petite menteuse. Il lui semblait reconnaître une particule comme un fragment d’elle-même, venue d’elle ne savait trop où, tombée promptement dans l’embarras. Elle pensait bien que ça arrivait souvent. Deborah avait elle-même du mal à se souvenir de tous ses mensonges. Elle se souvenait à peine de tous les métiers qu’elle avait prêtés à ses propres parents.

    _ Moi je sais que c’est vrai. Et tous se retournèrent dans sa direction, tandis qu’elle leur offrait un sourire posé et poli. J’ai lu un article sur eux une fois dans la gazette. Ce sont des gens formidables qui voyagent beaucoup. Et ce n’était pas vingt-deux ricochets, mais bien vingt-trois.

    Et ça lui venait avec un aplomb tout naturel. Elle restait confiante, Deborah. Elle pouvait tout dire, tout ce qui lui passait par l’esprit. Ils pouvaient bien faire la grimace. Ils pouvaient bien avoir un doute, ils pouvaient bien savoir pertinemment que c’était faux, mais elle ne sourcillait pas. Elle les observait encore avec insistance, et c’était un fait qu’elle ne se démonterait pas, qu’elle n’avouerait aucun mensonge, et qu’elle était même prête à leur tenir la conversation pendant des heures et des heures, jusqu’à ce qu’ils en aient assez. Deborah était une fieffée menteuse. Une agaçante.

    Elle se releva lentement. Ils protestèrent sans doute, mais elle ne les écouta pas, trop occupée à lisser sa robe bariolée de fleurs vertes et beiges tandis qu’elle s’approchait, sa démarche printanière, le vent en poupe, lutine.

    _ Si vous la traitez encore de menteuse ou de débile, je dirai à tout le monde que vous vous amusez à faire pleurer les plus jeunes. Les préfets surtout seront très intéressés je pense. Et si ça ne vous fait pas peur, sachez que je connais la plupart de vos copines, et que ça ne me gênera pas de leur raconter que vous avez flirté avec moi. Vous ne me croyez pas ? Je l’ai déjà fait pourtant.

    Ceci dit, et peut-être satisfaite des quelques râles, des quelques insultes qui se firent entendre à son sujet, elle glissa ses doigts dans ceux de l'apprentie menteuse, avant de l'attirer dans une promenade le long du lac, et bien loin de ces grossiers personnages.

    _ Ils t'ont fait peur ? Ne pleure plus. Je sais que tu n'es pas une menteuse. La. La. Ca va mieux déjà non ? Tu sais qui je suis ?
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Dim 21 Juin - 23:18
Ciaran avait les yeux baissés, elle ne voyait que les pieds des grands qui la traitaient de menteuse. Elle ne voulait plus les écouter et pour ça, elle ne les regardait plus. Elle ne voulait pas qu’on lui dise qu’elle racontait des histoires, comme si c’était mal de raconter des histoires, comme si seules les histoires vraies étaient importante. C’était la vérité, ce qu’elle disait. Sa vérité. Elle était si frustrée que si peu de gens arrivent à comprendre ça.

Mais tout à coup, elle sentit un changement dans l’attitude des garçons. Leurs pieds avaient bougés, ils se tournaient vers une nouvelle paire de jambes qui était chaussée de souliers à l’apparence plus féminine. La curiosité piquée de Ciaran la poussa à lever les yeux. C’était une grande, une Serdaigle elle aussi, Bolton, Deborah Bolton. Elle l’avait souvent vue dans la salle commune, Ciaran, souvent seule. Elle avait l’impression que les gens n’aimaient pas trop lui parler, enfin, pas tous en tous cas. Elle n’était pas très populaire, pour ce qu’elle en savait.

Et Deborah la défendait. Elle disait qu’elle avait vu dans la Gazette un article sur les parents de Ciaran, et ça lui faisait chaud au coeur, à la petite, elle savait que ça aussi, c’était une histoire, mais c’était une histoire qu’elle aimait. Elle acquiesça vivement à la mention des vingt-trois ricochets. Oui oui. C’était tout à fait ça, elle s’était trompée avant. Elle avait toujours des larmes qui lui coulaient sur les joues, sans qu’elle arrive à les arrêter, mais elle n’était plus aussi triste et frustrée.

Sa bouche forma un « oh » silencieux en voyant Deborah menacer carrément les grands Serdaigles pour les faire taire. Wow. Elle n’avait pas froid aux yeux ! Elle n’avait pas peur de se faire insulter ou frapper ? Et puis elle avait une jolie robe. Bon, ça n’avait pas grand chose à voir, mais c’était vrai quand même. Elle se disait, Ciaran, qu’en fait c’était Deborah, la pirate, qui volait aux riches navires pour redistribuer aux pauvres, sans peur et sans reproche, qui n’hésitait pas à marcher sur les pieds des autres pour se faire respecter. Il fallait bien, la piraterie, c’était encore un monde d’hommes.

Ciaran se laissa entraîner par Deborah loin du petit groupe. Elle ne quittait pas la grande Serdaigle des yeux. Et puis, elle lui demanda d’arrêter de pleurer, et Ciaran se rendit compte que oui, elle avait toujours le visage tout mouillé. Elle renifla un grand coup et essuya ses yeux sur sa manche, puis retourna son visage vers Deborah.

« Oui. Ca va mieux. Tu es Deborah » Elle avait dit son nom avec une profonde admiration. Et puis, sentant qu’elle pouvait lui faire confiance et lui dire qu’elle l’avait reconnue, elle ajouta : « Et tu es une pirate. »
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Deborah Bolton
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Mar 23 Juin - 11:55
DPF bonjour


    Et sous ses yeux un peu fuyants, sous ses joues rosies, ses lèvres fleurissent au son des quelques lettres si familières. Elle aurait pourtant aimé qu’on lui dise s’il s’agissait réellement d’un bon présage qu’on se souvienne de son nom. Deborah, il y avait des sonorités de Printemps dansant, un parfum d’herbe fraîchement tondue. Puis, tournée vers l’étendue d’eau, l’odeur de la mer lui venait à l’esprit, l’eau de mer, salée, des vagues houspillant, l’appel des mouettes qu’elle pensait presque entendre, rien qu’en rêvant. Le temps un peu maussade, froid, la rappelait alors à sa propre solitude, surtout là-haut, quelque part dans sa Tour solitaire, pas vraiment hospitalière. Deborah se sentait étrangère, semblable à un voyageur égaré qui aurait fait naufrage, juste de passage. Et l’étang lui paraissait tellement plus grand, elle aurait tant aimé pouvoir retourner sur son bateau volant pour mettre les voiles vers d’autres lieux, d’autres ailleurs non bien définis. Et le reste autour lui apparaissait simplement diminuer, et ne lui importait vraiment plus que l’autre rive qu’elle devinait devant, et qu’elle espérait magique, et sauvage.

    La piraterie ne lui allait pas si bien. Ses fantasmes divagants la subjuguaient semblables à des leurres, et son visage respirait peut-être trop une légèreté suave pour l’imaginer prendre à l’abordage de gigantesques galions Espagnols. Mais en un sens, l’idée d’être à la barre, hisser les grandes voiles, la laissait songeuse. Elle observa la petite demoiselle, piquée d’intérêt, et qui venait de la transformer en un je-ne-sais-quoi d’autre. Elle se voyait vaillante, brave et téméraire. Elle s’imaginait déjà manier le sabre. Elle rêvait simplement d’aventures et de voyages, elle se plaisait à penser qu’elle pourrait aller déterrer de l’or sur des îles vierges, fouler des plages anonymes pour la première fois.

    _ Je suis un pirate qui a fait naufrage, et j’ai besoin d’un navire pour rejoindre la mer. Et toi, qui es-tu ?

    Mais elle ne s’intéressait pas réellement au nom. Et Deborah voyait tout à fait la demoiselle, un bout de Serdaigle, qu’elle remettait très bien dans sa tête. De fait, on ne se dissimulait pas si aisément dans la tour de Rowena, et Deborah tout en donnant l’impression de ne rien faire, observait for bien les alentours, les défilés de bleus, et ses yeux suivaient, balayaient l’endroit. Et parfois, on se surprenait à penser que Deborah devait bien être au fait de tous les babillages et autres potins permanents du quotidien des Aigles.
    Alors, non, elle ne demandait pas un nom, sinon un mensonge. Après tout, si elle devenait pirate, l’autre pouvait bien prétendre à son tour n’importe quoi.

    _ Tu voudrais venir explorer le monde avec moi ?
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Mar 23 Juin - 12:19
Deborah était un pirate sans navire, comme un oiseau sans ailes. Elle était naufragée sur le bord du lac, livrée à elle-même, mais elle avait encore l’odeur de la mer et des histoires de voyage. Ciaran la regardait avec admiration, oubliant presque que c’était elle qui l’avait dite pirate en premier. Elle l’admirait beaucoup. Parfois, chez elle, Ciaran avait prétendu que son île, sa petite île, était un gigantesque bateau qui allait traverser l’océan, naviguer des mois et des années sur les eaux déchaînées… Mais jamais elle n’avait rencontré une vraie pirate. Ca lui faisait tout drôle. Elle était contente.

Et elle, qui était-elle ? Ciaran n’avait pas l’habitude de s’inclure dans les histoires qu’elle inventait. Elle préférait raconter les autres plutôt que se raconter elle-même. Qui était-elle dans ce monde onirique ? Elle ne serait pas un pirate, elle ne pouvait pas, elle n’était pas courageuse et fière comme Deborah. Elle était toute petite, Ciaran. Minuscule, à côté. Elle était la raconteuse d’histoire, celle qui jouait avec les mots…

« Moi, je suis une fée de la mer. Je suis née dans l’écume des vagues et je me nourris de contes et d’histoires de voyage. Je voudrais beaucoup explorer le monde de nouveau avec toi, mais une méchante sorcière a fait couler le bateau sur lequel j’étais, et maintenant, je suis condamnée à rester sur terre jusqu’à ce qu’un nouvel équipage m’emmène. Tu crois qu’on pourrait trouver un bateau ? »

Ciaran était contente que Deborah l’ait trouvée. Et puis, elle l’avait défendue, en grande pirate sans peur et sans reproche, Ciaran aurait voulu la remercier. Elle souriait, de nouveau, son visage encore humide mais plus de larmes ne coulaient de ses yeux.
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Deborah Bolton
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Mer 24 Juin - 11:29
    C’était étrange.
    Deborah n’avait pas l’habitude de lire dans les yeux des autres de l’admiration. Elle n’osait pas croire que ça lui était complètement destiné. Les yeux de Ciaran semblaient briller, les yeux de Ciaran semblaient croire. La croire. Ses joues rougissaient de plaisir. Mais n’était-ce pas ce qu’elle avait toujours cherché chez les autres, cette petite étincelle, rutilante, sous leurs paupières relevés. Deborah avait toujours voulu qu’on la fixe ainsi, elle avait toujours souhaité qu’on s’intéresse à ses mots, et elle avait tant à dire, et si peu de gens à qui raconter.

    Les fées étaient de formidables créatures. Elle en était persuadée. Et elle croyait se reconnaître si fort dans l’autre. C’était bien une histoire abracadabrante qu’elle aurait elle-même pu inventer, c’était bien une histoire qu’elle pouvait être la seule à comprendre, à imaginer. On pouvait bien trouver la scène surréaliste, on pouvait bien penser que ça n’avait aucun sens puisque d’une certaine façon, ça n’en avait pas. Mais Deborah pensait comprendre. Elles étaient deux petites menteuses au bord du Lac en train de réinventer le monde. N’étaient-elles pas en plein fantasme ? Le Pays Imaginaire ne paraissait plus très loin. Rien autour ne semblait vrai, rien ne ressemblait plus à un Lac.

    _ Mon bateau a coulé quelque part, si on retrouvait l’épave on pourrait construire un radeau. J’aurai bien besoin d’une fée des eaux pour m’aider.

    Deborah remonta sa robe jusqu’aux genoux. C’était la mer qui lui faisait face, l’horizon au loin s’étalait à perte de vue. Elles pouvaient aller où elles le voulaient. Elle fixa son reflet dans l’eau.

    _ Si on saute dans l’eau, on entre dans un univers parallèle. Il y aura peut-être des sirènes, un Calamar géant, mais pas de méchante sorcière. Elle sait que si elle vient, je la noierai.

    Et elle tendit sa main vers la petite Serdaigle, l’invitant à sauter avec elle, son sourire large, rassurant, et brillant, comme elle l'offrait à peu de gens. Peut-être parce qu'ils étaient peu nombreux à le comprendre. C’était agréable d’avoir quelqu’un pour vous accompagner aux confins de l’imaginaire.

    _ Nous allons être en retard pour notre aventure.
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Mar 7 Juil - 17:16
Ciaran aurait suivi Deborah n’importe où. Elle était sa sauveuse, une fière pirate au coeur d’or, une jeune fille pleine de joie, pleine de courage et d’aventure. Elle savait, Ciaran, que si elle la suivait, son chemin serait bordé de fleurs et d’algues marines, que rien ne pourrait lui faire de mal. Elle se sentait en sécurité, ici, avec Deborah. Elle était grande Deborah, elle était forte, elle sentait bon la mer et le grand air. Ca lui rappelait un peu chez elle, à Ciaran - mais quel chez elle ? Les Iles d’Aran, ou bien le rêve d’un coquillage au milieu de la plage où naissent les fées marines ?

Deborah voulait construire un radeau, Ciaran lui aurait construit une cathédrale. Elle acquiesça, sourire aux lèvres. Au travail ! Mais il fallait trouver l’épave, d’abord. Le jeu-réalité plaisait beaucoup à la petite Serdaigle. Elle aimait les chasses au trésor, surtout lorsqu’elle n’était pas la seule à y jouer. Deborah proposait de plonger dans l’eau et ça ne faisait pas peur à Ciaran - elle avait l’habitude de l’eau froide qui mordait la peau, elle aimait même ça, un peu. La violence à demi-mot de Deborah ne lui faisait pas peur - elle avait raison, la sorcière était mauvaise, il fallait la noyer. C’était toujours comme ça dans les contes, n’est-ce pas. Les méchants avaient tout le malheur qu’ils méritaient. Et on ne les plaignait pas - ç’aurait été mal comprendre tout l’intérêt de l’histoire.

Un grand sourire aux lèvres, Ciaran accepta la main tendue de la pirate, éblouie par son sourire. De l’autre main, elle retroussa elle aussi sa robe, et avança à la suite de Deborah, les pieds dans l’eau qui était moins froide que celle des Iles d’Aran au mois de mars, mais pas tout à fait aussi chaude que celle du mois de juillet. Elle hésita un instant.

« Tu m’aideras à retrouver mes pouvoirs ? La méchante sorcière les a volés, et je ne peux plus respirer sous l’eau par sa faute. Comment allons-nous faire ? »

Elle laissait les règles du jeu à Deborah, mais contribuait à l’histoire.

« Mais je sais très bien faire des radeaux. Mes parents m’ont appris. Ils étaient les spécialistes des radeaux parmi les fées marines, ils ont un jour construit un radeau plus grand que toute la ville de Dublin, sur lequel tout le clan a célébré l’équinoxe d’automne pendant une semaine, avant de plonger dans la mer jusqu’à la fin de l’hiver. »
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Deborah Bolton
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Dim 12 Juil - 23:08
    Elle s’empara prestement de cette main tendue, qu’elle pressait maintenant entre la sienne, sans réelle force en vérité sinon avec une bienveillance rafraichie, un peu incertaine aussi. Deborah avait cette impression nouvelle qu’on venait de lui confier un je-ne-sais-quoi qui la dépassait totalement, et dont il fallait pourtant prendre soin. C’était peut-être l’effet d’être la plus âgée qui agissait ici, elle s’en rendit compte, hésita de brèves secondes avant de finalement s’engager un peu plus profondément dans le Lac. Le premier contact fut le plus difficile, l’eau lui mordait les chevilles, et bientôt les mollets. Cela ne lui avait pas traversé l’esprit, pour des raisons troubles qui lui échappaient encore, elle ne s’était pas baignée ainsi depuis plusieurs années. Elle en eut honte, un peu comme l’on oublie de visiter une vieille tante qui n’habite pas si loin de chez soi alors qu’on lui avait pourtant promis. Et la nature faisait bien les choses et le lui rendait bien, songeait-elle, puisque le jour où elle espérait finalement renouer les liens, le soleil se laissait happer par une foule de nuages en colère.

    _ Bien sûr, que je t’aiderai. Je peux tout faire.

    Elle se détourna, regardait encore droit devant, elle donnait l’impression de ne plus réfléchir, et c’était peut-être bien le cas. Deborah dérivait, un peu étourdie, la tête vide. Elle semblait pencher la tête sur le côté pour acquiescer les mots de l’autre, mais elle n’entendait plus vraiment, pas assez, comme si elle n’était plus vraiment là. Ses yeux se contentaient d’observer, l’eau qui paraissait grise, et puis des rayons de soleil faisaient une percée dans le ciel, éclairer un point précis du lac, plus loin. C’était là-bas qu’elle désirait nager.

    Ca semblait idéal pour cacher une épave.

    Sa main dénicha sa baguette, tellement fine qu’elle pouvait la tenir entre deux doigts, et qu’elle maniait aussi précieusement qu’un compas, que la lunette d’un pirate. Elle pivota à nouveau ver son compagnon de fortune, pressa la pointe magique contre les lèvres de la petite fée, s’apprêtait à lui jeter un sortilège de Têtenbulle en réponse à leur problème respiratoire, lorsqu’un coup de vent, un peu trop fort, un peu trop brusque, balaya son épaisse chevelure sur ses yeux, recouvrant sa figure d’un épais manteau noire. « Je ne vois plus rien ». Il y eut une tentative pour les chasser, vaine, et elle s’entendit rire, un éclat échappé. Et dans sa lutte contre les éléments elle vacilla en arrière, entraînant dans sa chute la petite sorcière qu’elle tenait toujours d’une main.

    Elle se débattit brièvement, comme cela arrive lorsqu'on tombe trop soudainement à l'eau, sans pour autant donner à ses mouvements une véritable utilité ; il suffisait seulement de se remettre droit, elles avaient encore pied. Elle avala une ou deux gorgées intempestives, les joues gonflées, paupières closes. Si c'était la mer, l'eau salée frottait nécessairement l'oeil. Deborah secoua la tête, plaquant sa masse capillaire à l'arrière de son crâne, comme elle émergeait encore. Elle cracha de l'eau. Et son visage chercha naturellement celui de l'autre fille. Elle posa une main rassurante sur les frêles épaules qui lui faisaient face, articula quelques mots.

    _ Nous sommes trempées !

    Et Deborah était encore remuée, un léger sourire pourtant béat devant le plus évident des constats. Le Lac en effet n'avait fait qu'une bouchée de leurs vêtements et de leur peau. Le vent frappait encore les joues. Une légère toux la secoua. Les pirates n'étaient pas immunisés contre les maux de gorge, et les fées non plus très certainement. Sale saison. Sale temps.

    Elle observa les alentours, elles avaient dépassé les Serdaigles depuis longtemps. Peut-être restaient-ils quelques personnes isolées qui ne semblaient pas leur prêter attention.

    _ On devrait laisser nos vêtements sur la rive, ils vont nous empêcher de nager. On les séchera plus tard.
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Lun 20 Juil - 12:24
Ciaran suivait Deborah aveuglément. Elle lui faisait confiance, à sa sauveuse pirate, elle lui aurait confié sa vie. Elle savait ce qu’elle faisait, Deborah, ça se voyait. Alors Ciaran rentrait dans l’eau froide, ignorant la morsure du froid dont elle avait l’habitude, se baignant toute l’année dans les eaux agitées des Iles d’Aran. Tout ça avait un bon parfum d’enfance, malgré l’absence de l’odeur du sel. Elle se revoyait toute jeunette à courir sur le sable après les mouettes - et pourtant, ce n’était pas il y a si longtemps que ça. Ciaran se sentait grande, maintenant, ou grandie en tous cas. Elle avait vu Dublin, elle avait vu Londres - le bout du monde, en somme. Et maintenant, elle s’aventurait dans un lac froid à la recherche d’une épave, avec une amie. Des amis, elle n’en avait pas beaucoup là-bas, chez elle. Ils la trouvaient trop bizarres, trop menteuse. Mais Deborah n’était pas comme ça, Frigg non plus, et encore moins April. Elle avait des amis. Et rien que ça, ça suffisait à faire oublier le froid à ses gambettes.

Deborah était magique. Tout était magique ici, mais surtout Deborah.

Le vent souffla tout à coup et le visage de Deborah disparu sous sa chevelure brune. Ciaran n’avait plus aucun moyen de lire sur ses lèvres à présent, ça lui faisait un peu peur. Et si la méchante sorcière arrivait ? Et si Deborah ne la voyait pas, ou ne pouvait pas lui dire quoi faire ? Soudainement, sans qu’elle n’ait compris ce qui se passait, Ciaran avait la tête sous l’eau, elle se débattait, effrayée, pour remonter. Ca ne lui prit pas trop de temps, heureusement, mais ça lui avait fait bien peur. Deborah était de nouveau visible. Ciaran ne put retenir un soupir de soulagement. Oui, elles étaient trempées. Le sourire de Deborah était communicatif ; Ciaran le lui rendit. C’était plutôt drôle, une fois la petite frayeur passée.

Deborah proposa qu’elles laissent leurs vêtements sur la rive, et Ciaran acquiesça. Oui, ce serait mieux sans doutes, leurs vêtements mouillés étaient bien lourds déjà. Ciaran suivit Deborah au sortir de l’eau, et passa sa robe par-dessus sa tête, ne gardant qu’un maillot de corps et sa culotte.

« Tu sais où est l’épave ? » Demanda-t-elle à sa guide. Elle se doutait bien que c’était le cas, Deborah savait tout, mais Ciaran était curieuse. « Peut-être qu’il y aura des requins pour la garder. » Fit-elle remarquer. « La méchante sorcière aime beaucoup les requins. Mais les requins la suivent juste parce qu’elle les a ensorcelés, il ne faut pas leur en vouloir ou leur faire de mal. Tu promets qu’on ne fera pas de mal aux requins ? »
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Deborah Bolton
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Dim 9 Aoû - 22:21
Elle remonta le tissu de sa robe sur ses épaules, frissonnant encore en sentant les lentes ondulations de l’eau contre ses jambes nues, et le mouvement surtout en surface, tranquille, qui battait sa poitrine et son buste encore ruisselant. Bientôt, elle se débarrassa de son vêtement qu’elle jeta négligemment en boule sur la berge. Elle regarda encore autour, les quelques élèves éparpillés et leurs regards éloignés, comme pour s’assurer toujours qu’on ne leur prêtait aucune attention, presque consciente de la vision qu’elle offrait. Car elle était une jeune fille, bientôt une jeune femme. Le contour de ses formes était déjà dessiné, mais non mis en valeur par le choix hasardeux de sous-vêtements aux couleurs pâles, passées, qui avaient fini par s’user au fil du temps. Deborah n’était pas préparée à toutes éventualités. La coquetterie parfois lui venait comme un formidable et rare élan de féminité, assez discret, et qui consistait souvent à coiffer ses cheveux d’un nœud papillon ou de fleurs, ou parfois dans le choix d’une pièce, plutôt démodée ou d’une forme assez simple, et qui ne devait lui aller vraiment qu’une fois sur deux. Deborah s’y prenait comme une débutante.

Elle se tourna enfin vers l’autre corps, qu’elle jaugea d’un œil discret. Ciaran lui apparaissait fragile. Ce n’était pas juste une impression dominée par la surdité, mais aussi par l’innocence qui se dégageait de ces traits délicats, l’image encore persistante de cette gamine un peu trop frêle pour se défendre seule, lâchée dans la jungle Poudlarienne et sur le plateau des Aigles. Deborah n’aurait pas su dire dans quelle année elle se trouvait, elle l’imaginait sans doute plus jeune qu’elle ne devait l’être.

_ Là-bas ! Son doigt pointa le disque lumineux à la surface du Lac, plus loin. Des requins ? Promettre ? Morbleu non ! Ils surveillent jalousement mon bateau... Ils savent qu'il y a mon trésor à l'intérieur... Un vague sourire, amusé, passa sur ses lèvres. Deborah levait déjà ses mains en l'air au-dessus de la petite fée des eaux, ses doigts crispés comme l'image de griffes acérées, alors qu'elle mimait la taille de l'objet en question. Un gros... Que dis-je... Un énoooorme coffre rempli de pièces d'or, de bijoux, de pierres précieuses, et tout un tas d'objets... Magiques. La sorcière espère tout garder pour elle, mais ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'un pirate ne renonce jamais à son trésor ! Mille sabords, cette diablesse va le regretter ! Nous allons le lui voler ! Emporté par un soudain élan de fougue, convaincue presque qu'on venait réellement de lui ravir le plus fantastique des trésors, prête à partir à l'assaut d'une chimère, elle brandit haut et fort sa baguette comme s'il s'agissait d'un véritable sabre. A l'abordage moussaillon, en avant toute ! Et pas de quartier !
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Jeu 29 Oct - 23:18
Ciaran avait froid, mais elle n’osait rien dire, ses vêtements la tiraient vers le bas, mais elle ne pipait mot. Il fallait mériter ses étoiles de pirate - ou de fée des mers, et elle regardait Deborah avec émerveillement, Deborah la nymphe échouée, la naïade aux cheveux d’algue, et elle se demandait si c’était bien le titre de pirate qui lui seyait. Mais pirate elle était, pirate elle serait, un trésor à retrouver, une quête au gré des vents. Elle tentait de l’appâter avec des pierres précieuses et des pièces d’or, comme une vraie pirate, mais elle ne savait pas que Ciaran n’attachait pas tant d’importance aux richesses matérielles. Un galet luisant d’eau était tout aussi merveilleux à ses yeux que le plus pur des diamants. Mais elle aimait l’éclat des cheveux de Deborah dans la lumière hésitante du crépuscule, la douceur de l’eau sur ses doigts glacés, et puis, surtout, la beauté de l’histoire. Une histoire de perte retrouvée, de pirate déchue qui reconquiert son navire, de sorcière aigrie et de requins au ventre vide.

Ciaran suivait Deborah pour la beauté du geste.

Ciaran se mit à nager de toutes ses forces dans la direction indiquée par Deborah, en avant toute, laissant çà et là sa gorge exprimer ce qu’elle voulait être un cri guerrier, et qui ressemblait plus à un couinement de chat. Elle mit tant de force à l’ouvrage qu’elle arriva avant Deborah et, toute au jeu, commença à plonger vers le fond du lac, yeux grands ouverts, à la recherche de l’épave. Tout luisait d’une lumière bleue-verte là-dessous, encore éclairé par le blanc du ciel, et bien vite Ciaran se prit à regarder les poissons argentés qui lui glissaient contre les pieds, et les algues qui étaient toutes douces - et un peu gluantes - au toucher et dansaient dans le courant. Elle plongea même un peu plus profond, une fois, et retira du sol vaseux un cailloux tout rond d’un noir profond. Elle vit Deborah qui s’était rapprochée.

« Regarde ! Un indice. C’est un message de la sorcière, qui a déplacé ton épave, mais a laissé ça en sachant que tu la chercherais. A ton avis, qu’est-ce que ça veut dire ? »
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The gilded age - Deborah

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