Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille... Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres. Le monde magique anglais est en ébullition à mesure que les trois candidats s'opposent, laissant un peu leurs charges respectives à l'abandon au profit de leur campagne. C'est ainsi qu'à Poudlard, un joyeux bazar règne souvent en l'absence du directeur, et que les créatures de tous poils envahissent peu à peu les villes sorcières pour le meilleur comme pour le pire !
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[BUMBYDAY] What a Wonderful World

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Serdaigle
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Thomas Walter
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Mer 8 Juil - 14:49
Et Deborah le hantait ; un peu trop de tout et de rien, de pensées illusoires, dérisoires, inintéressantes. Il la voyait dans chaque chevelure qui lui ressemblait, dans chaque jeune fille qu’il croisait. Il y avait son reflet dans le miroir, un peu pâle ; un peu coiffé, un peu respecté. Et c’était étrange de se voir comme ça,  sur son 31. Ils essayaient de jouer les adultes quand ils n’étaient que des enfants. Il y avait ce nœud papillon qu’il n’avait pas vraiment réussi à faire tenir droit ; et puis vous savez, le reste ça allait, étrangement bien pour Thomas. Il ne se sentait plus sixième année, il ne se sentait plus sorcier : aucune magie n’opérait ici. Aussi se retrouvait-il vulnérable, simple humain mitigé entre stress et impatience,  entre anxiété et – oh vous savez.

Cette simple envie de la voir. De la sentir exister et – de la faire sourire.

Il l’imaginait dans différentes tenues alors qu’il passait délicatement ses bras dans la veste qu’il avait trouvé un peu par hasard – qu’elle lui avait offerte. Et c’était tellement puéril – c’était tellement peu lui. Si innocent, si aveugle sur le monde, les gens. Pourquoi elle, pourquoi ce soir ; pourquoi se sentir si enfant dans un corps de grand. Mais ce n’était pas tout, ce n’était pas la seule chose qui le faisait se sentir si mal, si bien. Thomas allait entamer sa dernière année. Les derniers rires et les derniers pleurs, et ça lui faisait terriblement peur. De devenir un peu trop grand pour la maturité qu’il s’assumait, pour les pensées qu’il avait.
Et c’était exactement la même chose.

Il y avait du monde – autour du Portoloin. Il y avait du monde qui attendait, certains qui s’impatientaient et d’autres qui au contraire, redoutaient. Thomas était entre les deux. Aussi il ne lui fallut pas longtemps pour rejoindre une conversation simple, une conversation qui ne voulait rien dire. Et il en connaissait des gens, Thomas. Cela ne l’avait jamais frappé, lui qui pensait être seul à jamais. Et c’était pour certains la dernière fois qu’ils se voyaient ; une raison pour les faire sourire, pour sourire. La dernière image doit être des plus brillantes et colorées. Et le préfet usuellement en retard ne s’était jamais montré tant en avance. Enfin. Il se retourna quand on lui signala qu’il y avait Deborah – vous savez, LA Déborah ; car qui savait, qu’il l’avait invitée. Qui savait, qu’elle serait là. Qui pensait, qu’elle aurait trouvé chaussure à son pied – mais Thomas ne les entendait plus.

Il n’avait suffi que d’un regard pour qu’il en soit ébloui. Il sentit une main d’encouragement sur son épaule de l’un de ses amis, et il fonça – enfin, littéralement. Courir vers elle un grand sourire aux lèvres et. Attraper ses mains, car c’est ce qu’ils faisaient – c’était normal. « J’ai cru que la journée n’allait jamais se finir ! ». Et il rigola innocemment ; leva l’une de ses mains pour la faire tourner sur elle-même. Et elle était magnifique – tellement elle. «  Waw Deborah ! Cette robe est magnifique ! Enfin toi aussi je veux dire tu es magnifique grâce à la robe et. Oh non je veux dire – tu n’as pas besoin de robe pour être magni – enfin. Euh. ». Un nouveau rire ; une main génée qui vient gratter sa nuque. « Tu es très jolie. » Il ne savait même pas ce qu’il était censé dire enfin – un nouveau rire, une nouvelle caresse de bonne humeur et un regard joueur vers le portoloin. « Tu crois qu’ils nous emmènent dans l’espace ? » Oh bien sûr qu’ils n’iraient pas dans l’espace. Surement au ministère ou – quelque part à Londres. Mais inventer, rêver, imaginer ; n’était-ce pas ce qui les construisait tout entier ?


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Deborah Bolton
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Mer 8 Juil - 22:14
Curieusement, la journée s’était écoulée sans stress, et Deborah avait appréhendé l’évènement avec une sérénité marquée, tandis que tous s’affairaient autour d’elle. Mais la jeune fille avait confiance, et ce n’était jamais que Thomas. Ce Thomas qu’elle connaissait à la fois si bien et si mal. Il ne pouvait pas la stresser, pas la brusquer.

Pourtant c’était un jour différent. Deborah avait envie d’être jolie. Elle respirait d’une coquetterie nouvelle, un peu audacieuse aussi. Elle était restée plus longtemps devant son reflet dans le miroir, elle voulait se faire demoiselle. Un peu de rouge sur ses lèvres charnues, un peu de poudre irisée sur ses joues saillantes, quelques gouttes d'un parfum fruité et léger sur ses poignets, dans son cou, et un nuage dans ses cheveux relevés de boucles volumineuses. Ce n'était pas grand chose, mais ça la changeait indubitablement. Elle espérait que Thomas la trouverait belle dans sa robe. Et c'était encore une robe soft, parce que Deborah ne portait jamais rien de trop extravaguant. Elle lui tombait sur les avants-bras, sans même laisser entrevoir le moindre décolleté, quand bien même le modèle de la robe semblait lui grossir la poitrine. Deborah l'avait reçue dans la semaine, c'était signé "Maman", mais elle savait pertinemment que sa mère n'avait pas pu choisir la robe seule. C'était bien son père qui avait décidé du modèle, rien de trop osé pour la fille chérie. Elle semblait si sage dans son drapé de  mousseline de soie verte, mais élégante, indubitablement.

Et elle avait senti quelques regards se porter sur elle. Après tout, on ne l'attendait pas là. Elle n'avait jamais su trouver sa place dans ce type de soirée. Jusqu'à ce soir.

Son préfet préféré l'attendait. Et Deborah le remarqua de suite. On ne voyait que lui, elle ne voyait que lui. Si grand, si beau. C'était bien Thomas qui se précipitait vers elle, et la scène lui semblait familière. Ses lèvres s'étendirent en un adorable sourire, béat, déjà trop grand pour un début de soirée. Ses bras se tendirent naturellement pour mieux jeter ses mains dans les siennes. Oui, c'était ce qu'ils faisaient. L'euphorie la gagna lorsque le son de sa voix résonna dans ses oreilles. Il bredouillait, ça lui ressemblait tellement.
Jolie. Magnifique. On ne le lui avait jamais dit, et en cet instant elle songea qu'elle ne l'entendrait peut-être jamais avec pareille sincérité. « C'est parce que je savais que tu serais beau, je voulais qu'on soit assorti. » Elle éclata d'un rire délicat, sensible, alors qu'elle tournait sur elle-même. « Il y a un protocole pour les bals, je me suis renseignée. Il faut se tenir d'une certaine manière. » Deborah mentait, la voix emmitouflée dans un manteau d'une douceur badine, derrière sa bouche ravie. Elle ne savait rien du tout, mais cela ne l'empêcha pas après avoir récupéré ses mains de passer un bras sous le sien. A tout moment, elle pourrait poser sa tête contre son épaule, et c'était une position de choix. Quant à ceux qui doutaient vraiment de la possible non-existence de son partenaire, et bien, il n'y avait plus d'hésitation possible.

Un bref instant, elle parut vaniteuse. En effet, Thomas lui appartenait cette soirée.

« Oh ! Ce serait possible ? » Elle s'était brusquement tournée vers lui, pressée contre son bras, la tête relevée, les yeux luisants de naïveté. Il la faisait déjà rêvasser. Comment parviendrait-elle à garder les pieds sur Terre une soirée entière ?



OMG, je me suis pas rendue compte que c'était si long ><' il va falloir raccourcir au prochain xD
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Thomas Walter
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Jeu 9 Juil - 21:20
Il y eut un rire qui se mélangea au sien — créant une mélodie ordinaire — singulière. Aussi Thomas fut-il surpris de la voir attraper son bras; il y avait comme une euphorie instantanée qui semblait les emporter tous les deux dans une ambiance enivrante. Aussi riait-il; aussi ce protocole s'il en fut un lui plaisait. C'en était un — à tout parier. Et c'était soudain étrange, de se découvrir protecteur — une nouvelle fois — de Deborah. Presque une habitude incertaine; qu'il ne maîtrisait pas et pourtant. Il ferait comme si. Il s'était dit en la voyant; Deborah, qu'elle n'était pas faite pour le maquillage. Que cela lui allait bien trop bien; elle était jolie, elle était magnifique, hypnotisante. Un nouveau rire s'était échappé de ses entrailles. Et il ne s'était jamais senti aussi bien; entre toutes ces émotions de bonheur et de timidité qui se battaient entre elles.

`Nous sommes à Poudlard après tout — tout peut arriver !` répondit-il d'un air malicieux et son visage à lui s'était baissé; assez pour qu'il puisse la voir si heureuse — rêveuse. Se sentant rougir il détourna son regard. Un rapide coup d'oeil à El— et il failli s'étouffer, car voyez-vous, il ne l'avait presque pas reconnue, la belle blonde qui était son amie. Il se demanda pour qui elle aurait voulu être si belle et; peut-être pour quoi était-il plus propice. Enfin. Il lui sourit, lui fit un signe de la main rapide alors qu'il s'avançait; entrainait sa cavalière vers le Portoloin qui bientôt les ferait disparaitre dans un autre monde; un autre endroit. Il la regarda de nouveau. Elle était si Deborah qu'il en sentit son coeur louper un bon; et il ne put s'empêcher de rire un instant. `Tu es prête ?`. Une légère hésitation et sa main libre vint toucher l'objet magique.

`Wooooo c'est — c'est démentiel ! ` Car voyez-vous, ce n'est pas la mer et ses espèces étranges qui l'avaient d'abord surpris non. C'était toute cette dorure, cet endroit magnifique et inimaginable, et puis — les êtres de l'Eau ! Tous ces gens aussi et. Oh.

Oh non.

Ils étaient bien sous le lac noir. Ils étaient bien dans le même lac où se baladait à ses heures perdues son épouvantard. Et c'était la catastrophe intergalactique. Aussi ne savait-il pas comment réagir. Il ferma d'abord les yeux et — si fort qu'il s'en fit mal pour se réveiller. Puis il cacha ses yeux avec sa main de sorte à ne pas voir le. Le — au dessus, où il y avait des choses du lac qui. `fzeaiuhklzed aaaaaah` et ça avait été plus fort que lui; il avait réfugié son visage dans — enfin, son front était venu se coller dans le cou de Deborah alors que son bras avait lâché le sien pour attraper l'épaule de la belle et puis il y avait. Des poulpes tout autour. Bouse de sombral. Il ne pourrait pas être le protecteur ce soir, c'était au dessus de ses forces. Être ici, c'était au dessus de ses forces. `jevaismourirjeveuxplusyal—` Et il ne put s'empêcher de rigoler idiotement — oui, il se faisait rire tout seul, un peu trop pitoyable. Il n'avait décidément aucun courage. `pourquoiiiii `


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Deborah Bolton
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Ven 10 Juil - 0:51
Et il y avait le plaisir de fixer ces alentours aquatiques, ses merveilleux habitants, une faune visqueuse, et puis toute cette opulence indécente devant ses yeux hagards, sa figure encore toute chiffonnée par le portoloin. Et le bercement de sa voix autour d'elle, il était si plein d'énergie, Thomas, si extatique, si lui. Deborah était dans un autre monde, elle voulait déjà faire le tour du palais, goûter à tout, rire beaucoup, discuter avec le moindre individu dont la queue dépassait un tant soit peu. Elle tournait déjà un peu sur elle-même pour mieux voir, et c'était comme un délicieux rêve qu'elle pouvait enfin goûter avec un soupçon de réel. Elle s'attendait peut-être à ce que tout disparaisse, à être balayée par cette même réalité d'une vague un peu trop forte, trop lointaine.

Elle sourit.

Son cri l'avait à peine fait sursauter, et ses oreilles étaient comme sourdes, inutiles, accaparées d'un tout, d'un rien. Son cou seul suffisait à l'accueillir, délicatement penché pour chasser ses mèches brunes, laisser toute la place que Thomas aurait pu souhaiter pour se cacher, pour crier. Elle aurait tout étouffé dans sa propre chair pour lui offrir une seconde de confort. Déjà ses doigts cherchaient sa chevelure d'or, caresser l'incertitude, dénicher la peur. « Oh, Thomas. » sa voix patiente, toujours plus tendre, courrait d'une mèche brune à une blonde. « Parce que tu es à leur goût, et qu'ils veulent te manger. » Deborah était une créature taquine, maligne, et les mots soufflés sans regret, sans hésitation, et avec une certaine insensibilité contrastaient durement avec l'affection de ses caresses.

Mais il suffisait. Déjà, elle le chassait, se défaisait de son bras, l'obligeait d'une main décidée à sortir son visage de sa peau tiède. Deborah avait donné une parcelle de sa peau, l'agréable creux de son cou, chaud, qu'elle lui reprenait à présent sans la moindre explication. « Ne te fais pas dévorer, d'accord ? » Déjà, elle tournait les talons, s'éloignait sans égard ni considération. Deborah ne se retourna pas. Et le monde aurait pu s'effondrer derrière son pas sautillant, sa démarche aérienne, l'eau sauvage aurait pu l'emporter, et une armée de poulpes auraient pu le décimer, qu'elle n'aurait pas eu un regard en arrière. Et toute sa gestuelle, ambulante, aveugle, paraissait dire qu'elle ne reviendrait pas. Jamais.
Et Deborah disparut, engloutie par la foule.

Sa errance débuta. Elle déambulait d'une table à une autre, les yeux curieux, se penchant sur le moindre décor. Et enfin tout était tellement grandiose, tellement de trop en un seul et même endroit. Elle soupira. A quoi bon toutes ces richesses si aucune ne pouvait consoler Thomas. Après tout, elle aurait peut-être dû lui dire qu'elle comptait bien revenir. Et comment aurait-elle pu l'abandonner ? Vous savez, s'il n'y avait eu encore que Thomas, elle aurait probablement jeté un sidereum sur toute la mer pour lui dissimuler ces horribles poulpes derrière de vastes constellations et d'énormes planètes. Et elle avait bien essayé de leur faire les gros yeux, à toutes ces tentacules. enfin. Elle ne parlait pas le poulpe.

Elle ne trouva pas ce qu'elle cherchait, et porta donc son choix sur un verre à pied rempli d'un étrange nectar dont la couleur d'un vert de glauque ne lui disait rien qui vaille. Mais cela faisait approximativement sept minutes qu'elle était partie. Beaucoup trop pour son cavalier.
Faisant marche arrière, elle le retrouva rapidement. Et déjà elle se trouvait à nouveau près de lui, avec dans sa main l'affreux cocktail à base d'algues dont la consistance tenait surtout plus d'une soupe à la mélasse. Elle posa une main protectrice sur son bras, et se tenait si proche qu'elle semblait dresser un petit muret contre tout envahisseur potentiellement visqueux. « Ceci est une potion anti-poulpe et anti-calamar. Le premier qui s'approche de toi, je lui fais boire ma décoction gorgée par gorgée. » Elle se tut l'espace d'un instant, et glissa finalement sa main dans la sienne. Elle respirait à nouveau d'une naïveté tendre, enivrée. Et pourtant, espiègle. « Je t'ai manqué ? »
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Serdaigle
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Thomas Walter
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Sam 18 Juil - 22:11
Il n’y avait rien d’autres que des poulpes. Il n’avait pas eu le courage de la retenir — c’était encore plus terrifiant que devoir faire face à toutes ces créatures du monde obscur. Il aurait voulu lui demander où elle allait; ce qu’elle faisait. Il n’avait rien dit — il l’avait regardée s’éloigner en se demandant ce qu’elle faisait. Pourquoi elle l’abandonnait; avoir peur des poulpes était peut-être la pire chose qu’une fille pouvait imaginer. Et c’était surement vrai; certains avaient peur de la mort elle-même, de la solitude ou des mages noirs. Et il lâcha un rire timide alors qu’une main était venue se coller à sa nuque — car il avait peur des calamars. Et c’était un peu pitoyable, il se sentait un peu pitoyable. De se laisser aller à l’indolence, à la panique alors qu’il devait la protéger. Alors qu’il lui avait promis une belle soirée. Cela n’en était pas une; elle n’aurait pas apprécié de devoir s’occuper de lui tout ce temps.

Aussi il la comprenait; aussi n’aurait-il pas pu la suivre. Et elle était devenue plus petite, minuscule au loin, disparaissant dans la foule. Et invisible, jamais elle n’avait eu autant de poids sur son petit coeur. Et il ne pouvait plus se le cacher — il ne pouvait plus se mentir; cela s’était révélé comme une évidence alors qu’il s’était retrouvé seul au bal. Il tenait à elle. Pas de cet amour passionnel ou intrusif: c’était plus doux, plus délicat; peut-être pas même de l’amour à proprement parlé. A dix sept ans, on ne tombait pas amoureux; c’était un attachement sincère, une fascination naissante. Elle était devenue un besoin. Il aurait voulu passer chacune de ses secondes avec elle et il avait; seul; tout gâché. Il n’était pas dupe; si elle le laissait ici seul, à se morfondre, s’il l’avait déçue, il n’y aurait pas de prochaines fois.

Et puis vous savez il avait une nouvelle peur en lui; de l’angoisse insoumise. Il y avait des tas de gens qui mangeaient — qui se perdaient dans des conversations encore un peu trop matures pour qu’il n’ose s’y assimiler. Il n’écoutait pas; il se sentait un peu triste, un peu déçu. Un peu énervé, aussi. Contre lui même, d’avoir été aussi nul. De ne pas avoir réussi à lui faire passer une bonne soirée. Aussi ses deux paumes vinrent se poser sur ses tempes alors qu’il leva le regard vers le haut — vers les différents poissons et calamars qui pouvaient se balader par ici ou par là. Il ferma les yeux, tenta de regagner son calme — peut-être retrouverait-il Elise dans l’immensité de ce petit monde. Peut-être pourrait-il alors lui expliquer qu’il ne comprenait pas ce qu’il se passait. Pourquoi il s’en voulait tant — pourquoi il se détestait plus que jamais, seul, ici, à l’avoir abandonnée. Lâchement. Et puis son regard retomba sur la cérémonie — et entre deux personnes, alors elle apparue de nul part. Le centre de son monde.

Et c’était comme gagner le jackpot au casino — remporter le loto des sorciers — être élu ministre — voir un mort revivre d’entre mille — être accepter dans la plus haute société — vivre de mille feux un sourire sincère — c’était comme la voir pour la première fois. Aussi il l’avait regardée s’approcher dans un tourbillonnement de sentiments réciproques et comparses — et elle était belle; et elle était Deborah. Il l’avait vue s’approcher jusqu’à ce qu’ils ne soient plus qu’à quelques centimètres l’un de l’autre; et il ne l’avait jamais perçue si grande, si immense. C’était la place qu’elle prenait dans son esprit, dans son besoin — c’était l’emprise Deborah. Aussi regarda-t-il le verre sans savoir quoi dire; si ce n’est sourire. Il s’en fichait — il n’en avait pas besoin. Il n’avait eu besoin que d’elle durant plus de 10 minutes éternelles. Aussi posa-t-il sa main sur la sienne; sur celle qui tenait l’objet chasseur de ses pensées. ‹ Je t’ai manqué ? › Et jamais des mots raisonnèrent dans son esprit plus qu’ils le faisaient. Elle lui avait manqué, et c’était humain. Et il devenait humain, s’accepter à faire souffrir — à l’aimer. Et il sentait son coeur s’emballer alors qu’il se baissait un peu, assez pour être encore plus près. Jamais assez. Et il se sentait prêt à faire une crise cardiaque, il se sentait prêt à mourir de stress, d’angoisse, de maladresse, de plaisir. Leurs nez se frôlèrent; et il se perdait dans les méandres du trouble. Un instant de doute — de peur un peu trop accaparante. Elle le troublait. un baiser presque voler - mais il s'était retiré à temps.

C'était trop tôt; c'était beaucoup trop tôt. Il l’avait imaginé — une fois déjà, d’une façon totalement différente — d’un temps beaucoup plus lointain. Peut-être dans un an, quand il se serait senti prêt à affronter le petit garçon en lui, quand ils serait assez mur et fort pour la protéger. Quand il la connaitrait un peu — assez pour dire si elle préférait les chocogrenouilles ou les dragées surprises. Il n’en savait rien; ils n’étaient que des inconnus. Il ne comprenait pas ce qu’elle lui avait fait. Il ne comprenait pas ce qu’il faisait. Il pensait que cela se ferait sous l’étoile T&D, quand ils la contempleraient en riant de leurs maladresses d’enfants, allongés dans l’herbe de Poudlard ou — il imaginait que cela serait dans un endroit secret, qui leur appartiendrait. Il avait même espéré lui faire découvrir le monde merveilleux dans lequel ils vivaient — ils rêvaient avant d’oser l’approcher de trop près. Il aurait voulu l’emmener dans des endroits qu’il n’avait pas exploré; lui montrer toutes les fleurs qu’il existait, lui en offrir des dizaines et des centaines, la séduire avant de s’engager. Il avait même espéré qu’il serait un peu plus fort; qu’il se connaitrait mieux avant d’oser. Pour être sûr de ne jamais lui faire de mal, pour être sûr de ne jamais la blesser. Pourtant.

C’était comme être Louis Armstrong déposant le drapeau sur la lune — faisant l’impossible; s’adressant directement à l’éternité. Promettre et se détacher sans réellement s'attacher, la regarder; rougit par l’embarras, la maladresse, la douceur qu’il n’avait pas prévue. Il s’était emballé. ‹ Aaaaah › et il était désolé, et il voulait lui dire.  Mais les mots se perdaient dans sa bouche, les mots restaient silencieux. Et il se sentait soudain étrangement pathétique; on ne faisait pas ces choses là comme ça, devant tout le monde, même si c'était à moitié fait. Il attendait le retournement, la vengeance. Une main sur sa joue ou — qu’importe ce que c’était. Il s’était perdu sans comprendre ce trop plein d’émotions qui l’avaient poussé à agir et pourtant; pourtant il se sentait vivant, comme jamais, son coeur raisonnant dans ses oreilles; lui berçant des mots de monstruosité, de peur. Et les calamars semblaient n’être plus qu’un détail de toute cette angoisse qui pesait sur ses épaules.

Il s’était perdu. Il lui avait donné cette fois-ci la meilleure raison pour qu'elle s'en aille, qu'elle fuit pour toujours.
Mais jamais il ne s'était senti si heureux, aussi — et c'était étrange, de se sentir si vivant.
Existant.


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Deborah Bolton
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Ven 24 Juil - 18:19
Les secondes s’écoulaient comme des heures, dans une contemplation nouvelle et silencieuse. Un enchantement comme une hypnose étrange, deux billes scintillantes de bleu, tantôt de gris et de vert, semblables à un pendule agité devant sa figure, sur son œil fasciné. Un bref instant, Deborah oublia. Les badinages intempestifs de ces voix autour d’eux, ces rires d’ivresse, le son des talons qui claquent sur une valse à trois temps, le mouvement des longues robes, des voiles qui se soulèvent dans l’air, glissent avec une assurance princière au sol, un luxe opulent, qu’elle ne percevait plus. Elle ne voyait plus cette effervescence un peu volage de ces adultes trop oisifs, de ces enfants trop naïfs. La planète avait finalement cessé sa lente rotation, et tout n’était plus qu’inertie, mutisme. Rien ne semblait en mesure de s’immiscer entre eux, comme si la soudaine proximité de leurs deux visages avait eu l’étrange effet de rejeter tout le reste, de réduire au silence l’euphorie d’un monde.

Et Deborah s’était perdue. Quelque part entre un regard doré, les battements de son petit cœur tambourinant, semblant vouloir s’extraire de sa cage thoracique. Un drôle d’envoûtement. Thomas ne devait pas savoir à quel point ce pouvait être dangereux, de jouer avec le cœur des filles. Elle aurait aimé le lui dire, sans doute. Sa main libre serra un peu plus fort la sienne alors qu’elle retenait son souffle, mélange de peur, d’émoi et d’incertitude. Qu’il était difficile de devenir grand, et si, embarrassant. « Thomas. » Et elle ne savait pas ce qu’elle devait précisément lui dire, avec cette voix trop basse pour être seulement audible, de ce regard affolé et adorablement trouble, de cette inquiétude incorrigible, cette crainte trop timide pour oser se faire sentir. « Je ne sais plus. » Et que ne savait-elle plus ? Sinon qu’elle ne connaissait que trop mal cette sorcellerie-là, sinon qu’il était présentement en train de lui faire quelque chose, et qu’elle ignorait si cela était bien ou non.

Deborah pouvait sentir le tremblement de ses jambes, de sa main dans la sienne, elle pouvait sentir cette excitation gauche, bizarre, tantôt pressée, barbouillée et brouillonne. Une envie.
C’était effrayant comme son propre organisme lui refusait le moindre mouvement, semblant au contraire se complaire dans le charme de l’instant. Elle s’étonnait. Elle s’étonnait de rester encore figée, à simplement dépendre de lui, suspendue à ses lèvres.

Et lorsque son nez effleura à peine le sien, elle ferma brusquement les yeux, attendit encore ce qui finalement ne viendrait pas. Mais elle espéra comme une jeune fille timide, l’angoisse au bas du ventre, la fièvre aux joues, les lèvres comme des pétales de rose écarlates, légèrement entrouvertes comme elle pensait que cela devait se faire, du peu qu’elle en connaissait, du peu qu’on lui avait montré. Et Deborah imaginait déjà bien la maladresse de l’acte, pourtant teintée d’une tendre affection. Elle pensa qu’elle pourrait bien capturer ses lèvres fines entre les siennes. Et puis. Thomas. Quel goût sa bouche pouvait-elle bien avoir ? C’était toutes sortes d’interrogations un brin confuses qui passaient sur sa figure tendue, absorbée.

Elle croyait fermement qu’il ne leur manquait rien, puisqu’ils étaient déjà T&D et que cette simple appellation semblait en mesure de les définir tout entier. Elle se sentait suffisamment proche de lui pour rêver de l’être encore un peu, plus, beaucoup plus. Thomas avait raison, ils n’avaient pas besoin de cette distance, gênante, embarrassante, tout comme Deborah n’avait pas besoin qu’on la sépare de Thomas, son véritable point d’ancrage dans ce trop vaste univers.

Deborah était prête. Enfin, non.
Pas vraiment.

«  Aaaaah »
«  Hé ? »


Et puis comme un mauvais sort, une mauvaise farce, l'enchantement se brisa en mille morceaux en même temps que sa coupe qu'elle lâcha sans même s'en rendre compte. Un brouhaha se déferla autour d'elle, une nuisance sonore faite de rires et de musique. La vie dansait autour d'eux, les englobait à nouveau dans une ronde folle, un cycle. Car même eux ne pouvaient pas se permettre de tourner sans.  

Et pourtant, rien n'était venu. Des éclats de voix bourdonnaient d'euphorie et d'enthousiasme dans ses oreilles, et tout était soudain, trop rapidement, trop facilement redevenu normal. Deborah ne s'expliquait pas cette déception qui la remuait pourtant, comme les remous d'une vague, alors qu'elle comprenait à peine ce qui venait tout juste de se produire. Et il y eut l’embarras d’avoir songé que… « Je croyais que… Enfin que tu…»  Qu’il allait l’embrasser, qu’il était sur le point. Et il l’était bien, n’était-il pas ? Elle ne l’avait jamais vu d’aussi près, elle n’avait jamais sentie son souffle d’aussi près, et il lui semblait à présent si loin, hors d’atteinte comme il ne l’avait jamais été. Elle le lâcha, les yeux baissés sur la coupe renversée, brisée. Il ne fallait réellement pas qu’il puisse lire la confusion sur son visage, le soulagement d’une certaine manière et puis, ce sourire niais, ses pommettes incandescentes. Thomas avait essayé de l'embrasser. En vérité, il n'y avait pas de doutes possibles.

« Ca ne fait rien, je suis contente qu'on soit ensemble au bal. » Et c'était vrai, qu'il ne fallait pas s'en faire, et que Thomas n'avait pas besoin de s'inquiéter puisque Deborah serait toujours de son côté, peu importe ce qui se passait. Elle ne l'aurait certainement pas échangé, contre rien au monde. Il la rendait bien trop heureuse pour que l'envie égoïste de le garder pour soi ne lui vienne pas à l'esprit.
Et déjà elle se baissait pour ramasser les morceaux, recueillant la tête éclatée du prince Solus dans la paume de sa main. Et puis, il y eut cette promesse sortie d'onnesavaittropoù comme un avertissement. Tout n'était que partie remise. « Un jour, je t'embrasserai. »
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Serdaigle
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Thomas Walter
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Dim 2 Aoû - 20:08
« C’est euh parce que — enfin, je. » Et il allait vraiment le faire, le garçon qui s’était soudainement réveillé de tout cet émoi adolescent. Il aurait pu recommencer; essayer de nouveau et il s’abstiendrait. Aussi une main était venue s’écraser sur sa nuque et il la regardait; riait presque. Il était au moins aussi gêné; après tout, c’était la première fois qu’il se retrouvait dans une situation aussi embarrassante. Et il rigola avec elle — oui, il allait l’embrasser. Il aurait pu l’enlacer de tout ces sentiments qu’il ne comprenait pas; il aurait pu la faire suffoquer de ces émotions dans son ventre; de ce sentiment d’être lourd et si léger; il aurait pu — les faire éclater. Enfin, Thomas se baissa avec elle, pour ramasser le verre cassé. « Ne te fais pas mal — je vais le faire. » Et il sourit alors que sa main venait maladroitement toucher la sienne, sur un bout de verre éteint.

Ce fut bref — juste son doigt qui malencontreusement frôla le sien. Ce fut intense — son coeur qui s’était emballé pour si peu; pour trop peu. Sa main s’était ainsi rapidement retirée et il avait rigolé idiotement; il avait rigolait comme il s’appelait Thomas, comme il était cet être heureux de vivre, voulant rendre les autres heureux. Ce n’était pas en tombant amoureux qu’on arrangeait les choses — c’était bien pire. De se poser des questions sur tout et sur rien, de vouloir être avec elle et pourtant redouter ces moments avec une impatience croissante. Se sentir vivant à son contact, se sentir vivre et — ne penser qu’à ce moment précis. Celui où son doigt avait touché le sien. Enfin.

Aussi se concentra-t-il à ramasser les bouts de verre les plus dangereux, les plus petits. Elle était petite Déborah aussi — et dangereuse certainement. Ce n’était pas grave, il était maintenant prêt à tremper sa main entière dans des bouts de verres si c’était aussi agréable que ce qu’il vivait en étant à ses côtés. Cela le fit un peu rire; car il l’avait entendue vous savez, et que ça l’avait un peu surpris. Lui qui ramassait ces morceaux de verres s’était arrêté et avait relevé son regard vers elle, un peu étonné. Alors, elle aurait accepté l’embrasser ? Alors, elle voulait l’embrasser ? Si ses joues n’avaient pas encore pris une teinte cramoisie, alors elles ne tarderaient pas ! Car voyez-vous, il avait l’impression que le monde autour de lui s’écroulait — il y aurait pu avoir le poulpe géant à ce moment là que cela n’aurait rien changé : il était heureux, tout simplement.

A fleur de peau; il se disait que tout aurait pu arriver et que jamais il ne se serait senti aussi comblé. Que la terre pouvait bien arrêter de tourner si elle ne l’avait pas déjà fait, car il en avait perdu ses repères. Aussi un immense sourire s’était affiché sur ses lèvres sans qu’il ne le voit, ne le pense. Et, bouts de verre dans une main, genou plié alors qu’un autre était directement sur le sol, son regard levé vers elle, il se sentait bien. « Mais, Deborah ! C’est hors de question ! Je t’embrasserai le premier ! » Et il rigola, venant ébouriffé d’une main sa blondeur. Et cela sonnait comme un jeu à ses lèvres, comme à celui qui réussirait à embrasser l’autre le premier. Et il se sentait si bien — il se sentait prêt à exploser du bonheur qu’elle lui offrait sur un plateau d’argent.

La plupart des brides de verre disparue, il se releva, posant sa main libre sur la nuque de la jeune fille pour l’inviter à se relever. Ce n’était rien — rien qu’une main sur une nuque, comme il aurait pu le faire avec Elise, avec n’importe qui alors pourquoi tant de choses se passaient dans son thorax à ce moment précis — il sourit. « Il aurait suffi d’envoyer un seul sortilège — tu sais ? »

Car il n’y avait pas besoin de nettoyer. Ils étaient des sorciers aussi.
Mais ce soir là Thomas se sentait bien plus humain que sorcier.
Et ça faisait du bien; de s’en rendre compte.


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Deborah Bolton
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Mar 11 Aoû - 21:38
Elle retira prestement sa main alors qu’elle aurait souhaité que s’éternise le bref contact, son doigt sur le sien, puis naturellement, ses phalanges entrelacées entre les siennes. Il ne fallait cependant pas se montrer trop gourmande, trop pressée peut-être. Et elle le laissait faire, amusée en un sens, un peu. N’était-il pas après tout le plus maladroit, celui qui finissait toujours par se blesser ? Et qu’importait vraiment, puisque Deborah se serait précipitée pour sécher la moindre goutte de sang.

Elle souriait encore en étudiant chacun de ses gestes, accroupie face à lui, serrant faiblement le tissu de sa robe, silencieuse et rêveuse. Oui, ce qu’elle ressentait était certainement intense, certainement étrange, une sensation de douce chaleur. Elle se demandait bien aussi, qui parviendrait le premier à franchir la douce barrière des lèvres. Et c’était soudain comme un jeu, un pacte qui venait de s’établir peut-être, une seule règle, deux uniques participants. Puis, surtout, aucun perdant.

_ Oui, je sais. Elle le savait, et ne l’avait pourtant pas fait. La gêne, la panique de l’instant. Et pourquoi l’aurait-elle fait alors qu’elle pouvait librement apprécié le contact sur sa nuque, alors qu’elle pouvait sentir sa peau contre la sienne, l’agréable frisson, le léger picotement chatouilleux de ses ongles juste sous ses quelques toutes petites mèches de cheveux, lâches et indisciplinées, sa zone sensible.

Elle ferma une dernière fois les yeux, un soupir presque étouffé de plaisir. Et quelque chose d’autre, de plus confus, de plus remuant. Un barbouillement plus tard et elle se sentait légère, mais de cette légèreté flottante, une lente dérivation à plusieurs milliers de kilomètres. Il n'avait suffit que d'un battement de cils, des paupières closes qui s'entrouvrent comme après une nuit tiède. Et elle était là, sous son nez. Si loin, si proche, si grande, comme elle ne l'avait jamais vue. Nuageuse et bleue, unique et merveilleuse. La Terre.

Et Deborah se fichait éperdument de savoir comment elle avait pu atterrir là, la façon dont les précédents sortilèges la maintenaient tout juste en vie. Elle ne songea pas un seul instant qu'on aurait pu jamais la retrouver, et elle espérait bien, dans un vague élan d'inconscience, que personne ne viendrait jamais la dénicher, elle ne s'était jamais sentie si peu sorcière. Non. Les gens qui mettaient un pied dans l'Espace portaient la noble appellation d'Astronaute. Elle n'aurait jamais imaginé non plus que les rêves les plus fous, les plus lointains, pouvaient abruptement se réaliser comme ci, comme ça, à partir d'un tout, d'un rien.

_ Thomas ? Et elle ne le voyait pas, incapable de décrocher ses yeux, comme deux billes luisantes et noyées dans une infinité d'étoiles, le regard gourmand, en apesanteur, ses pensées toutes entières perdues dans l'Univers, à se demander si tout ça pouvait réellement exister. Et sa voix perchée sur une nouvelle tonalité, chargée comme de l'hélium, parvenait tout de même à traduire l'émotion, le trouble, l'émerveillement. Deborah tremblait d'une excitation timide. Thomas ! Et si Thomas n'avait pas pu venir, et s'il n'avait pas pu la suivre... Et si... Et si Thomas n'existait pas ? Et si Poudlard n'avait jamais été qu'un rêve, et si ceci avait toujours été la réalité ? Et s'il n'y avait personne pour lui répondre ?

Du merveilleux. De l'inquiétude. Un léger soupçon d'angoisse.
Un paradoxe sentimental.
N'était-elle pas trop petite pour supporter tout ça toute seule ? Ne risquait-elle pas de se perdre en orbite autour de la Terre ?

_ Est-ce que tu es là ?

Elle n'avait pas osé regarder à côté d'elle, de peur, peut-être, de ce qu'elle pouvait ne pas trouver, et du silence. Le silence oppressant, lourd, d'une non existence, du vide et du néant.
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Thomas Walter
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Sam 22 Aoû - 19:07
espace
Nom masculin
L'espace désigne les zones de l'Univers situées au-delà des atmosphères et des corps célestes. Il s'agit donc de l'étendue de densité quasi nulle qui sépare les astres. On parle aussi de vide spatial.

Cela avait été une tempête — puis un rien sans bruit. Une obscurité et des yeux qui s’ouvrent — incertains. Il n’y avait plus personne dans ce lieu étrange; la nuque de Deborah s’était échappée de ses doigts dans une tornade éreintante. Il n’y avait plus de tables — ou de lumières scintillantes. Il n’y avait plus d’eau — de poulpes, de poissons. Tout avait disparu. Il était dans le rien. Et son coeur raisonnait jusque dans ses tempes alors qu’avec un effort indescriptible, il commença à regarder autour de lui. Du monde. Il pensait être allongé alors qu’il flottait. Il pensait avoir la tête en bas alors qu’elle était en haut — et c’est un haut le coeur qui s’empara de tous ses sens; de sa vision et son coeur. Il avait peur.

Non pas qu’il ne sache pas où il était — l’évidence fut frappante dès les quelques premières secondes; quoi qu’il refusait encore de le croire. Cela aurait été impossible; malgré l’absence de gravité, malgré le décor sombre et inquiétant, malgré le noir qui s’affichait au travers de la fenêtre arrondie, du — hublot ? il y avait très peu de chances pour qu’il soit réellement dans l’espace. Certains lieux sur terre devaient bien ressembler à ça — des technologies moldues ou quelque chose. Cela ne se pouvait pas.

« Thomas ? » Cette voix ne ressemblait à aucune qu’il eut un jour connu « Je — Je suis là ! » cria-t-il, un peu hésitant. Il ne savait pas même à qui il répondait; mais il répondait au seul espoir qu’il avait dans ce lieu inconnu. Sa voix était bien déformée, à lui aussi — bien aiguë et. Oh Merlin, que se passait-il ? Et puis brusque révélation : Deborah. Où était-elle ? Etait-ce elle qui l’avait appelé ? Elle aurait rêvé être ici à sa place — et. Il fallait rester calme; il n’était pas seul. Il trouverait un moyen de rentrer. Ils trouveraient, plus exactement. Cela ne devait pas être bien compliqué de retourner à un endroit avec de la gravité. Aussi se déplaça-t-il difficilement dans le blanc de l’habitat — aussi ses mains pagayaient dans un vide sans oxygen — comment respirait-il actuellement ? C’était une simulation — cela devait être une simulation. Prenant un peu trop de vitesse trop rapidement, il s’accrocha à un barreau d’échelle, ne maitrisant pas l’arrêt de ses jambes qui volèrent dans un panneau de contrôle — dans quelque chose qui soudain, alluma des lumières — alluma le blanc immaculé d’un tube aérien.

Aussi la vit-elle — la bas; un peu plus loin. Soulagement : elle était avec lui. « Deborah, tout va bien ?! » Prenant appui sur un mur immaculé; il tenta de se diriger vers la jeune fille et s’y rattrapa doucement — ses mains venant attraper deux — qu’est-ce que c’était ? gros boulons blancs encadrant la fenêtre. Aussi l’encadrait-elle — et de dos elle avait l’air si fragile. « Tu n’as rien ? »

Il se redressa légèrement — pour regarder par dessus ses cheveux coiffés. Et il y avait la Terre, là bas. La planète terre, belle comme jamais — petit et grande dans son paradoxe fermé. Sa maison, son chez lui. Il y avait tout un monde qui défilait devant lui. Et ils n’appartenaient plus qu’au vide — qu’à la non existence. Ils étaient dans le rien — et son souffle s’en était coupé. « Quel monde merveilleux ».


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Deborah Bolton
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Sam 22 Aoû - 22:02




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Elle aurait pu lui dire, qu’elle n’avait pas été capable de reconnaître sa voix, et que l’écho même qui lui avait répondu l’avait effrayée, qu’elle n’avait pas même osé bouger de peur de déranger une entité inconnue qui aurait pu lui soulever des raz de marées dans son petit cœur affaibli. Elle aurait pu lui parler de cette angoisse qui l’avait étreinte si fort, qui l’aurait presque fait suffoquer, une seconde de plus, une seule de trop, et de ses doutes qui avaient si brusquement bousculé son esprit. Elle avait douté de lui, de son existence, et de tout le reste aussi, des microsecondes, un rien dans l'espace-temps, un tout dans le petit univers de ses songes, et rien ne lui avait semblé aussi effroyable que cette affolante, abominable et monstrueuse idée. Elle n’avait pourtant jamais été aussi certaine de ce qui se trouvait juste sous ses yeux, séparée par un hublot. Etrangement, elle aurait remis toute sa vie en cause, elle aurait même pu douter de la couleur charbonneuse de ses cheveux qui n'avait pas changé depuis sa naissance, mais pas de cette vision. Elle n'avait jamais rien vu d'aussi beau, à la fois d'aussi terrible, d'aussi merveilleux pour seulement oser penser que ça ne pouvait être. Mais elle aurait pu lui dire la joie, entière, qui l'étouffait depuis qu'elle avait reconnu ses cheveux blonds, depuis qu'elle avait posé son visage sur cette voix, ridicule, et qui l'avait pourtant tellement effrayée. Elle aurait pu lui dire qu'elle était heureuse de le sentir là, si près d'elle, qu'elle avait toujours aimé sa présence, et beaucoup plus depuis ce fameux moment sous des étincelles cendrées dans la salle-sur-demande, mais elle n'aurait jamais pu lui exprimer son soulagement à cet instant précis, comme un excès d'affection et d'adoration qu'elle avait ressenti jusque dans chaque extrémité de son corps, par vagues. Des vagues tempétueuses, gigantesques, un violent déchaînement comme un débordement heureux. Ou mieux, la chaleur qu'elle devinait en lui, celle-là même qui constituait la vie. Il avait illuminé ses ténèbres, lui avait ramené sa fièvre du bonheur, son effervescence. Elle n'aurait jamais pu lui dire qu'elle était une passionnée, même s'il devait déjà le savoir. Mais elle n'aurait jamais pu lui avouer ces sentiments béats, exaltés, cette tendresse furieuse et emportée qui venait de s'éveiller à elle, remontée soudain de son inconscient.

Alors comment pouvait-il lui demander si tout allait bien ? C'était d'un trop nouveau pour elle, d'un trop incroyable, d'un trop inattendu, comme un surplus d'émotions troubles. Thomas devait assurément être le sorcier le plus puissant qu'elle n'avait jamais rencontré, pour lui faire ressentir toutes ces choses. Et ce devait être Thomas qui avait réalisé son rêve. Elle le savait, c'était pour cette raison qu'il avait touché sa nuque. Il l'avait emmenée ici, parce qu'il était Thomas, son préfet préféré, le sorcier le plus génial du monde, son gardien de la Galaxie, et naturellement, un astronaute. Le plus magique d'entre tous. Et elle avait naïvement détourné ses yeux de la planète Bleue, puisqu'un être tout à fait extraordinaire qui devait lui-même sortir d'un quelconque coin de l'Espace se trouvait tout juste derrière elle. Han solo avait retrouvé la princesse Leia.

_ Si, j'ai tout. Elle avait la Terre comme elle ne l'avait jamais vu, comme elle l'avait toujours rêvée. L'Univers lui tendait les bras, s'étendait au-delà de tous côtés. Il ne pouvait plus lui échapper, car c'était bien elle qui le tenait. Deborah ne ressentait pas cette impression de captivité. Puis, surtout, elle avait Thomas. Cette émotion confuse qui bordait ses cils, comme une tendre folie, et elle semblait si calme, si fragile, de ces tremblements légers, alors que battait à l'intérieur même de sa chaire, sur le bord de ses lèvres, de sa voix hésitante, faible et chevrotante, un ouragan de pensées, de sentiments brouillés.

Elle posa ses mains sur chaque bras qui l'encadrait, stoppant un bref moment la lente dérivation de son corps en mouvement, flottant. C'était étrange cette impression, de ne pas s'appartenir soi-même. Elle réussit à s'appuyer contre lui, sa chevelure brune venant lui chatouiller son menton, alors qu'ils n'avaient d'yeux que pour Elle.

_ Elle est belle, n'est-ce pas ? C'était grâce à lui. Oui, grâce à lui que le monde lui apparaissait comme il était maintenant. Et quand bien même il n'était en réalité responsable de rien, il participait amplement, sans même le savoir, à cette nouvelle vision de l'infini qu'on venait de leur offrir. S'il n'avait pas été là, Deborah aurait fini par se replier sur elle-même pour mieux se morfondre. Thomas l'avait sauvée en quelque sorte. Est-ce qu'on devrait avoir peur ? Est-ce qu'on devrait avoir envie de rentrer ? Est-ce que c'est mal, d'être heureux d'être ici ? Est-ce que c'est mal d'être heureux d'être les seuls à profiter de cet instant ? Parce que si c'est le cas... Je... Je crois que... c'est terrifiant... mais... je... j'aime... cet... endroit... et puis... avec toi... Ses mots s'étaient évaporés dans l'air comme des murmures criards. Elle ne s'était pas rendue compte que parler semblait lui demander tant d'efforts. Peut-être parce qu'ici, les mots n'avaient pas leur utilité. Il suffisait d'avoir des yeux pour comprendre.

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Serdaigle
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Thomas Walter
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Dim 23 Aoû - 2:03
Il n’y avait pas de mal ici — pas de bien. Il n’y avait ni de blanc ni de noir — personne pour juger ou être témoin. Aucune culture — aucune vie. Aucune trace de société — non, il n’y avait qu’eux. C’était une liberté absolue, totale; angoissante. Celle d’être seuls au monde; de s’appartenir. Les règles avaient volé en éclat, les conventions, les idées reçues et toutes les vérités. Il n’y avait plus que le rien. Et alors qu’il observait la Grande Bleue, il était terrifié de se dire qu’ils pourraient être bloqués ici à jamais. Que Deborah ne pourrait jamais revoir sa mère, son père; qu’elle ne pourrait pas quitter Poudlard et vivre une vie palpitante. Que Deborah pourrait ne jamais avoir cette vie d’adulte — qu’elle pourrait simplement être bloquée ici pour toujours. Ou plutôt pour quelques jours, si l’eau et la nourriture venaient à manquer. L’idée que son sort soit le même était instinctive; presque inévitable, pourtant il préférait la mettre de côté — l’oublier. Il n’y avait que Deborah qui comptait, pour le moment. Ils n’avaient plus rien.

Pourtant elle disait tout avoir, et c’était bien ce qui comptait. L’important, sa voix lactée. En y regardant de plus près, elle avait peut-être raison; ils avaient l’impossible à leur portée. Ils vivaient l’inimaginable et l’unique — ils avaient tout. L’univers sous leurs yeux — il l’avait elle pour être heureux. Les questions de survie pouvaient bien rester cachées quelques minutes; il partagerait son bonheur de la sentir contre lui. De la voir se retourner pour l’enlacer — et il n’avait besoin de rien d’autre depuis plusieurs semaines. Depuis qu’il lui avait parlé; la première fois, peut-être la dixième. « Maintenant que nous sommes dans l’espace, je peux officiellement le dire : tu es une étoile. » Sourire alors que son regard se baissait — se levait ? vers sa chevelure. Et sa chaleur lui fit remarquer qu’il avait froid dans cet endroit antique; par des frissons qui lui parcoururent chacun de ses os. Il aurait pu lui dire qu’ils auraient du avoir peur oui — il aurait pu lui dire qu’il avait peur; mais savoir qu’elle était rassurée était un bien grand réconfort. Il ne fallait pas la faire paniquer; il ne fallait pas qu’elle voit l’envers du décor. Deborah devait vivre ce rêve pleinement — c’était le sien, c’était le leur.

L’Espace. Il se demanda s’il n’était pas tout simplement dans un rêve — peut-être avait-il bu une potion étrange qui lui faisait vivre ses rêves les plus fous. Tout lui semblait bien plus raisonnable que de dire qu’ils étaient réellement loin de la planète Terre. Qui le croirait — lorsqu’il raconterait une telle aventure ? « On vole, regarde. » Et ses bras étaient venus l’entourer, promesse de sécurité; alors d’une légère pression de ses pieds il s’était laissé porté par l’absence de gravité. Il l’emportait dans cette pesanteur allégée. Et il n’y avait plus de sens — leurs têtes étaient peut-être en haut ou en bas — leurs pieds n’avaient plus de place précise pour les porter. Et alors ils volaient — réellement. Libre comme l’air — libre sans oxygen. Et alors qu’il se laissait aller à la relativité; qu’il la serrait contre elle comme un trésor précieux — comme sa seule véritable âme soeur, son regard parcourait curieusement chacun des objets du vaisseau. Et il ne reconnaissait rien — ni ces gros tuyaux, ni ces manivelles — ni même ces drôles de lits ou ces écrans étranges. Tout lui était étranger; sauf Deborah, et la planète Terre, juste là — derrière du verre; derrière un écran d’atmosphère.

Et puis il y avait aussi cette question d’espace-temps — combien de minutes ici pour qu’une journée soit passée sur Terre ? A quel point la distance pouvait elle chambouler leurs vies — peut-être cela les ferait-il redoubler. Car Thomas savait qu’on viendrait les chercher; il y croyait comme jamais; il le savait comme il sentait Deborah près de lui. « Peut-être que lorsqu’on retournera sur Terre; tout le monde sera vieux. Ce qui semble une heure ici peut en fait être plusieurs jours chez nous alors; nous sommes un peu immortels. C’est pas croyable ! » Ses émotions valsaient entre émoi et terreur — entre panique et joie. Il voulait tout voir; savoir de ce moment. Découvrir des choses encore jamais vues — s’attarder sur des détails encore imprévus. Nous avons l’éternité pour de vrai. Cela avait été un murmure — simplement susurré d’une voix impressionnée qui n’était pas la sienne.


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Deborah Bolton
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Ven 28 Aoû - 19:23




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Il savait comment lui faire plaisir, comment la faire rougir. Et elle se sentait si importante, Deborah, dans les bras de Thomas, dans la bouche de Thomas, alors qu’il la sublimait de ses mots, extraordinaires. Et naïvement elle y croyait, parce qu'elle avait la sensation de briller dans cette navette spatiale abandonnée, parce qu'en l'écoutant, elle avait réellement l'impression d'y retrouver sa place. Après tout, une étoile de plus dans l'univers, ça ne changeait rien, absolument rien. Alors elle voulait bien lui faire confiance, elle voulait bien qu'il lui prête toutes les origines possibles et inimaginables, elle voulait bien se perdre dans le cosmos, elle voulait bien, Deborah, devenir l'astre préféré de Thomas. Il pouvait la regarder, la dévisager, et même la capturer. Et même si on ne pouvait pas s'approprier les étoiles, Deborah aurait fait une exception. Parce que si elle devenait réellement une étoile, et qu'elle gagnait des milliards et des milliards de consœurs, ça ne valait rien, sans l'Astronaute qui l'avait découverte. Maintenant qu'ils étaient dans l'espace, elle pouvait aussi lui dire que, même suspendu là-haut dans le néant, c'était toujours lui le plus important, le plus grand, le seul et l'unique. Et ils étaient ici, tous les deux, et ce n'était pas rien.

_ Mais l'étoile Deborah ne pourrait pas devenir T&D, sans l'étoile Thomas.

Et elle se laissait aller dans ses bras qui la réchauffaient, toujours dans cette étreinte trop grande pour son petit corps, alors qu'elle se sentait disparaître contre le sien. Elle n'avait qu'à se laisser porter, telle la belle Saturne entourée de ses anneaux. Et voler. Et c'était encore une sensation différente que de monter sur un balai, et c'était étrange de ne pas sentir le vent sur son visage, de ne pas pouvoir inspirer l'air, le sentir s'engouffrer jusque dans ses poumons, et de perdre cette notion d'attraction. Car il n'y avait aucun moyen de poser pied, aucune chance de glisser, de tomber. Rien ne l'attirait plus. Il n'y avait plus de Terre. Et il ne lui restait plus que lui, comme repère, la proximité de son corps, alors qu'elle savait qu'il suffirait de se lâcher pour se perdre, déambuler dans le tube. Mais Thomas avait tort, ils ne volaient pas, ils dérivaient. Et le lien qui les unissait à ce moment précis ne tenait qu'à cette faculté qu'ils possédaient encore, celle de pouvoir se toucher, s'accrocher à la seule forme de chaleur existante.

_ Tu ne me lâches pas, d'accord ?

Sa jambe sous le tissu de sa robe trouva la sienne, elle hésita d'abord un bref instant, avant de finalement s'enrouler autour. Et elle avait descendu ses mains dans son dos, serré le tissu de sa veste. Ce n'était plus seulement lui qui l'entourait, c'était elle à présent qui se tenait assez fermement à lui. Non, elle ne voulait pas le voir s'éloigner, elle avait besoin de cette prise, elle avait besoin qu'il devienne sa terre d'attache, elle avait besoin de le sentir vivant, pouvoir écouter les battements de son coeur, sentir sous sa joue sa cage thoracique se soulever. Et pour une fois, elle tremblait un peu en entendant les mots de Thomas. Parce qu'elle prenait lentement conscience qu'en bas, on pourrait bien mourir avant l'heure, et parce que si le temps filait vraiment sans eux, on risquait bien alors de les oublier eux aussi. Et peut-être qu'on ne les trouverait jamais, et peut-être qu'on oublierait simplement de les chercher, qu'on ne penserait pas à aller voir si loin, si haut. Peut-être que leur famille, leurs amis pleuraient déjà de chagrin, peut-être qu'on avait perdu tout espoir de les retrouver, peut-être qu'ils étaient déjà morts en bas depuis plusieurs années. L'éternité lui paraissait beaucoup trop longue, beaucoup trop terrifiante. Et elle comprenait sans vraiment comprendre, qu'il existait cette possibilité, le cas où on ne viendrait pas les chercher.

_ Mais, Thomas, ça, c'est si on retourne sur Terre... Mais si on ne nous retrouvait pas ? On va mourir.
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Thomas Walter
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Ven 28 Aoû - 22:19
optimisme
nom masculin
(latin optimus, excellent)
Doctrine philosophique d'après laquelle le monde est bon et le bien y tient plus de place que le mal.
Disposition d'esprit qui incline à prendre les choses du bon côté : Tempérament enclin à l'optimisme.
Confiance dans l'issue favorable d'une situation : Attendre les résultats avec optimisme.


 « Je ne te lâche pas ! » Thomas était un éternel optimiste. S’il y avait des nuages, le soleil brillait toujours au dessus, et c’était un trait qu’il s’accrochait à garder malgré ses prises de consciences, malgré ses échecs, malgré ses peurs. L’entrevue d’une mort dans cette navette l’avait terrifiée —elle le terrifiait. Si on ne venait jamais les chercher, que resterait-il d’eux ? Quelques bouts de papiers oubliés sur une table de chevet mal rangée, quelques photos prises d’une enfance brumeuse — quelques larmes versées d’une famille éloignée. Pourtant; il restait persuadé qu’on viendrait les chercher. Après tout, quelqu’un avait déjà posé un pied sur la lune, d’autres gens étaient actuellement eux aussi dans l’espace, aussi vaste soit-il. Après tout, ils venaient d’un monde magique, du monde le plus improbable et extraordinaire qu’il soit — et leur directeur était très certainement l’un des plus compétents que jamais Poudlard n’avait connu. Ils vivaient une ère remplie de surprises et de beauté; une décennie pleine de rebondissement et d’entraide. Alors Thomas y croyait — on viendrait les cherchait. Ils n’étaient pas condamné à une éternité ici — à leur éternité. D’ici quelques heures, quelques minutes ils auraient de nouveau les pieds sur Terre. Il n’était pas encore l’heure des prières.

Bien entendu, il y avait pensé avant que ses jambes rencontrent les siennes — avant qu’elle ne l’enveloppe d’une nuée de douceur — avant qu’elle n’absorbe toute sa logique, ses pensées, ses théories, ses espoirs, ses craintes, ses peurs, ses angoisses, ses émotions, ses paysages, ses idées. Avant qu’elle ne l’engloutisse tout entier, qu’elle l’hypnotise à jamais, qu’elle l’obnubile de ses tissus, de ses mains, de son corps en intégralité. Il ne voyait que le haut — le bas, le plafond ou le sol de cette navette — il ne voyait que ses cheveux collés contre son buste. Et vous savez, toutes ses craintes s’étaient envolées. « Ils viendront nous chercher — nous sommes des sorciers. ! Ils nous retrouveront, c’est obligé. Rien n’est impossible chez nous — et même s’il ça l’était, un très grand sorcier a dit ’’Ils savaient que c’était impossible alors ils l’ont fait !’’. »  En essayant de moduler sa voix, elle avait vaciller — car ce n’était pas sa voix. Cela l’avait fait rire — et ce n’était qu’une façon d’évacuer — ce petit mal à l’aise soudain qu’il s’infligeait, à lui seul. Ce n’était pas tout à fait lui, entier; même ses pensées n’existaient plus. Il n’y avait actuellement plus que Deborah et son corps sur lui. Il n’y avait pas pensé; ne s’était pas inquiété des effets que le contact de son corps aurait pu lui faire. Et maintenant, ça l’obnubilait — aussi son regard allait vers le hublot, aussi avait-il légèrement détaché ses bras, plaçant paume de mains sur ses épaules — prenant un peu de distance, essayant d’être discret. Une jambe légèrement repliée pour essayer de l’éloigner — un tout petit peu, un tantinet de millimètre qui peut-être le sauverait. Il ne voulait pas lui faire peur; ce n’était pas ce qu’il voulait.

Car à 17 ans, ce sont des choses un peu nébuleuses, un peu honteuses, un peu trop inconnues pour être retenues, contrôlées. S’il avait tout mis en oeuvre pour qu’elle ne le sache pas — le doute planait, la peur peut-être — de l’humiliation; de lui faire peur; de la faire fuir. Et c’était comme se prendre une claque de Merlin; se rendre compte qu’il ne voulait pas la perdre, peu importe la distance de la Terre, peu importe le type de vie qu’ils seraient amené à supporter. L’un de ses bras vint couvrir ses yeux — et il sourit, innocemment. « Je crois que je vais dormir en attendant qu’on vienne nous chercher. » Ce petit sourire laissait tout à croire le contraire; et c’était absolument faux. Dans le noir; dans la cécité qu’il s’infligeait, il pensait que cela serait plus facile, de penser à autre chose. Pourtant elle lui avait dit qu’il était une étoile; lui aussi. Et il se souvenait de ces étincelles qui les avait apaisés — et de Deborah qui pleurait. Ce n’était pas beau, une fille qui pleurait — mais Deborah elle, avait ce charme qui restait, qui ne s’en allait jamais, même quand elle pleurait. Elle était attendrissante quand elle avait peur — elle était ensorcelante sous les étoiles d’une salle commune improvisée. Et une fois encore, il y avait Deborah dans ses pensées. « On devrait peut-être essayé de trouver un moyen pour qu’il sache que nous sommes ici ». Son bras n’avait pas bougé de ses yeux, mais ses lèvres s’étaient décidé à trouver un moyen de s’éloigner sans la vexer. De peut-être réussir à éviter le pire — de peut-être s’en sortir.


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Deborah Bolton
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Jeu 3 Sep - 3:49




T&D
So let's get high here in the moonlight, even the stars go right over our head, I think I'm gonna shine in the afterlife, leaving the fight for peace of mind instead

Et Deborah ne se rendait compte de rien. Car il y avait des choses propres aux garçons auxquelles elle ne pensait pas, qu’elle n’aurait pas juste imaginé, là, sa vie suspendue dans l’espace. Elle n’aurait pas compris qu’à se tenir ainsi, si proche, si serrée, Thomas pouvait aussi ressentir sa proximité dans tout son corps. Elle n’aurait pas juste pensé qu’elle pouvait lui faire de l’effet. Aussi, dans une parfaite ignorance, Deborah trouvait le moyen de se blottir encore et toujours plus, s’appliquait à annihiler la moindre distance, alors qu’elle cherchait à se poser sur lui, plaquer chaque partie de son corps contre le sien. Et c’était une lutte silencieuse entre eux, où Deborah n’était pas consciente que dans un même temps, de son côté, le pauvre Thomas tentait de se sauver. Non, elle pensait réellement qu’ils ne se lâcheraient pas. N’étaient-il pas après tout, T&D ? Ne formaient-ils pas cet étrange duo, ce drôle de couple ? Car il y aurait forcément ces mauvaises langues pour s’interroger, pour se dire que quelque chose, ou quelqu’un n’était pas à sa place. Thomas ne se faisait-il tout simplement pas avoir ? Et on penserait sûrement que Deborah jouerait encore, même perdue à des années lumières de là, si loin, si proche, tellement différents l’un de l’autre. Et pourtant. Qui aurait pu prévoir que cette Deborah, celle-ci même, aurait pu adoré quelqu’un aussi fort, aussi sincèrement ? Et elle n’aurait jamais eu l’audace, le courage même de le lui avouer, de reconnaître qu’il avait changé un quelque chose en elle, un rien vraiment, un tout encore. Comment penser même être capable de dire à un garçon qu’on connaît depuis trop longtemps, puis aussi, depuis trop peu de temps, qu’on l’aime peut-être un peu ? Plus, beaucoup plus que tous les autres. Comme si c’était facile d’avouer qu’on aurait aimé goûter l’autre, et s’embrasser, et s’aimer plus librement, plus profondément. Et Deborah le regardait avec ses yeux éveillés.

L’Espoir.
Nom masculin.
Etat d’attente confiante ; objet de ce sentiment. Perdre l’espoir. Il est tout son espoir. Dans l’espoir de ou que : il n’y a plus d’espoir : se dit en parlant d’une personne qui va mourir.

Et pourtant. Le Larousse avait tort, les super héros ne mourraient pas, car tout se finissait toujours bien pour eux, ils étaient en effet voués à trouver le bonheur. Et Thomas n’était-il pas son héro, son sauveur ? Il lui avait assuré qu’on viendrait les trouver, et Deborah ne pouvait que le croire, ne pouvait qu’espérer, que lui faire confiance. Car ils étaient ces êtres un peu hors du commun, peut-être des sorciers qui auraient pu changer la face de l'Humanité. Cela n'arrivait-il pas jamais qu'aux autres ? Et Thomas n'était pas un autre, il était son autre.
Il lui semblait après tout que Thomas avait toujours su, qu’il ne disait jamais aucune parole en l’air. Elle pensait si fort que Thomas avait tellement confiance en lui, qu’elle l’aurait suivi aveuglément, n’importe où. La preuve : jusqu’aux confins du monde. Et même ainsi, si Thomas était voué à s'éteindre, sa lumière n'aurait pas disparue seule. Deborah ne l'aurait pas permis. Elle comprenait à présent qu'il lui était nécessaire. Et c'était étrange ce sentiment, de dépendre, d'avoir besoin de quelqu'un. Et il était vraiment ce besoin, ce garçon trop adorable pour son propre bien, trop Thomas tout simplement.

_ Thomas. Oh, Thomas je... je te... Non, en fait non, je n'ai rien dit. Je ne peux rien dire.

En effet, elle n'aurait pas pu lui dire ce qui l'animait vraiment, car elle le comprenait tout juste, trop juste. C'aurait été lui donner son cadeau avant l'heure, se dévoiler trop tôt. Et Deborah avait eu peur, peur de lui avouer qu'il avait sa place quelque part dans sa poitrine, qu'elle pensait un peu trop souvent à lui, qu'elle aimait son rire, et son sourire. Son sourire. Cela aurait pu lui suffire, et comprenait-elle seulement, réellement ? Thomas. Il aurait pu si facilement la briser, et elle se sentait si fragile entre ses mains, si anodine, si importante pourtant. Et si Thomas n'était pas ce Thomas, il aurait pu si aisément se jouer de son petit coeur, de ses battements intempestifs, de ses joues un peu rouges, car elle se trouvait si proche.
Deborah craignait tellement la vérité, avait tellement peur de se dévoiler, aujourd'hui à ce moment-là plus que jamais.

_ Thomas. Tu es un astronaute tu sais.

Et se doutait-il seulement que c'était là le plus beau compliment qu'elle pouvait lui faire, se doutait-il seulement de son admiration ? Car Deborah l'admirait tellement. Thomas était un tout, une merveille. Et elle se moquait tellement de ses faiblesses, il lui apparaissait comme tellement plus, il était son Neil Armstrong. Non, c'était encore une bêtise de le comparer à un autre. Il était son sorcier, le plus important de tous. Elle n'aurait pas aimé observer la planète Terre avec un autre. Il était le seul et l'irremplaçable, comme si on aurait pu seulement en trouver un autre... Impensable, il ne pouvait y en avoir qu'un. Comme si dans cet endroit-là, il était seulement possible de prendre du recul, de la distance. Deborah ne jurait que par lui à ce moment précis. Il était bien le seul digne de confiance. Car elle pensait vraiment que jamais il ne l'abandonnerait.

Dormir.
Et même si c'était juste pour rire, et même si ça paraissait invraisemblable dans un contexte comme celui-là, Deborah aurait pu également s'endormir. Elle se sentait tellement en sécurité dans les bras de Thomas, tellement dans son élément naturel. Et elle commençait à croire qu'elle pouvait s'y penser bien, elle imaginait si peu que le sorcier aurait pu vouloir la chasser... Et elle aurait naturellement veillé sur son sommeil, sa gardienne, comme quelque chose qu'elle ne savait pourtant pas faire, mais elle aurait improvisé, elle se serait inquiétée seule, elle aurait observé les environs avec anxiété sans lui donner matière à s'inquiéter. Car elle aurait voulu être sauvée, et un super héro méritait parfois la paix et le repos, avant de sauver sa demoiselle, ou juste le monde. Il devait en être capable après tout, le courageux gardien de la galaxie.

_ Et si on est vraiment dans l'Espace, est-ce qu'on ne devrait pas attendre un peu, avant de leur faire signe, avant qu'ils ne viennent nous chercher... Thomas, si tu dis vraiment la vérité, alors, on ne reviendra plus jamais ici...

Et c'était une chance unique, la leur. Deborah s'était légèrement éloignée, comme elle réfléchissait, comme elle le regardait. Car elle ne parvenait vraiment pas à regarder ailleurs. Il lui semblait tellement adorable à se cacher, quand bien même elle ne pouvait imaginer, quand bien même elle ne pouvait penser. Et sa main venait naturellement chercher son bras, elle libérait d'un geste doux son visage, ses doigts refermés sur son poignet, elle voulait tellement voir ses yeux, tellement qu'il la regarde, tellement être consciente. Parce que ça ne ressemblait à rien d'imaginable, à rien de connu, parce qu'il était encore une fois son seul et unique repère. Parce qu'elle avait ce besoin irrépressible de sentir qu'il l'accompagnait. Malgré tout, elle ne voulait pas être la seule à observer, à contempler, à juste rêver.  

_ Et personne ne nous croira jamais... Et ça parait tellement vrai... Si tu n'étais pas là, je crois que je deviendrai folle, toute seule, j'aurai peut-être perdu la raison... Mais si tu es là, alors c'est vrai, alors on vit quelque chose d'unique et de merveilleux... Tu sais Thomas, nos voix sont ridicules, mais ça en vaut vraiment la peine... Jamais plus on ne verra la Terre comme ça... Et puis tu sais Thomas, tu es beau dans l'espace...

Et elle rougissait, Deborah, à dire la vérité, à avouer un morceau, un fragment de ce qu'elle pensait réellement, parce que Thomas n'était pas juste beau.
Et elle s'était penchée, la petite sorcière, pas qu'elle l'aurait embrassé, alors que la situation s'y prêtait vraiment. Ce qui se passait dans l'espace devait-il rester dans l'espace ? Son regard se promena un instant autour d'elle. Et c'était réellement une navette spatiale, comme dans les films, comme dans un rêve alternatif, comme dans tout ce qu'elle imaginait, avec des fils qui dépassaient, qu'elle ne comprendrait jamais, comme s'ils étaient réellement capables de faire fonctionner cet objet. Non, tout cela lui importait peu. Elle ferma les yeux, elle ne voulait plus voir toute cette technologie trop humaine, trop difficile. Deborah avait envie de se laisser aller, un presque rien en vérité. Et ses lèvres avaient naturellement trouvé un chemin, bienveillantes. Ce n'était pas celui de ses lèvres, mais juste cet espace au-dessus, le coin en dessous d'une narine, à la bordure de ses lèvres, la limite, une frontière qu'elle n'avait pas osé franchir à son tour. Et ça n'avait duré qu'une fraction de seconde, et puis peut-être que dans l'espace aussi, cela ne se faisait pas. Et elle l'avait complètement lâché, ses bras fermés sur ses épaules, alors qu'elle s'éloignait au-dessus de lui, tandis qu'elle ne savait pas, pas complètement ce qui lui passait par l'esprit. Elle pensait si fortement avoir fait quelque chose de fou. De complètement fou. Et puis peut-être étaient-ils quittes à présent.

_ Il faudrait qu'on ramène un souvenir d'ici, de toi et de moi, avec la Terre vu comme ça. Et ce serait rien que pour nous, et ça pourrait être notre secret, parce que les autres n'ont pas besoin de savoir.

Non, personne n'avait besoin de savoir ça, que ce moment leur appartenait complètement, et que rien ne pouvait exister en même temps. Ils avaient la courbe de la Terre en arrière plan, pouvaient-ils vraiment espérer plus ? Et Lorsque Deborah regardait par dessus son épaule, elle en avait des frissons de plaisir, d'excitation, d'angoisse. Et ç'aurait été mentir de dire qu'elle n'avait pas peur comme de dire que la simple confiance de Thomas ne lui suffisait pas. Et elle avait tendu un bras vers lui, en attendant peut-être qu'il s'en saisisse, car il avait promis de ne pas la lâcher.

_ Thomas, tu voudrais toujours être mon cavalier dans l'espace ?

Car elle souhaitait rêver encore un peu, Deborah.
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Lun 5 Oct - 13:03
Curiosité (nom féminin)
Qualité de quelqu'un qui a le désir de connaître, de savoir : C'est la curiosité qui l'a poussé vers la recherche.
Désir indiscret de savoir : Ta curiosité te perdra.
Besoin de savoir quelque chose : Avoir des curiosités malsaines.

Piqué de curiosité. Elle avait voulu lui dire quelque chose qu’elle n’avait pas fini, une parole étouffée par la raison qui l’avait reprise. Il comprenait ce sentiment — aurait voulu le vivre plus souvent, au lieu de parler sans réfléchir. Mais il avait souri, presque ri alors que son doigt venait se poser sur le front de la jeune fille. « c’est pas sympa de commencer une phrase sans la finir ! » avait-il dit en rigolant alors que sa main plaçait une mèche de Deborah derrière son oreille. Curiosité. C’était la curiosité qui l’avait amené à avoir sa culture inutile, la curiosité qui l’avait amené à être plutôt bon élève alors qu’il s’était imaginé moyen. C’était la curiosité qui l’avait piquée toute sa vie et qui l’avait toujours dérangé. Car la curiosité savait rarement bien se placer; après tout n’était-il pas allé voir Deborah pleurant pour savoir ? Pour lui dire quelque chose d’inutile, c’était vrai, puis pour savoir. Ce qui pouvait bien un jour rendre une jeune fille si malheureuse. Il avait voulu lui demander, ce soir là, et la raison l’avait retenue — comme elle la retenait à ce moment précis. L’éducation, les normes lui avaient coupé la voix pour la consoler, plutôt que de savoir. Aujourd’hui, il ne savait toujours pas — et cela le rendait triste, en un sens. La connaissait-il vraiment ? Il ne savait pas. Il l’espérait, l’inconnue connue, il l’imaginait, mais ne savait pas pourquoi un jour, seule, perdue, elle avait pleuré. Il n’imaginait pas, alors, ce qu’à ce moment précis, elle s’était apprêtée à lui dire. Et c’était mieux ainsi.

Mais la curiosité n’était qu’un problème mineur dans sa position actuelle, aussi préféra-t-il se cacher les yeux. Il était un astronaute — et cette fois c’était plus vrai que vrai. Il était dans l’espace, ils étaient dans l’espace. Il s’était alors contenté de sourire, ses lèvres arborant leur position la plus amusée, ses yeux cachés par un avant-bras protecteur. « Nous sommes des astronautes ». Et très certainement cette phrase aurait suivi d’un clin d’oeil, dans d’autres circonstances. Dans des circonstances où elle ne gigoterait pas sur son corps, où il n’aurait pas à se cacher les yeux (et s’en était presque pire, si vous voulez mon humble avis). Aussi trouver un moyen de l’éloigner était peut-être la meilleure chose à faire, sans la vexer, sans rompre la promesse faite plus tôt — celle de ne pas la lâcher. Et Deborah avait certainement raison — il ne reviendrait très probablement jamais ici, pas dans un endroit si magique, sensationnel, incertain, surprenant. Deborah avait raison — ils devaient attendre un peu — c’était un devoir d’être humain, de sorciers. Étaient-ils d’ailleurs les premiers sorciers à être dans l’espace ? La pensée lui effleura l’esprit, et il se promit qu’il chercherait dans des bouquins plus tard. Il sentit la petite main de Deborah s’emparer de son propre poignet, il sentit son avant-bras se décoller de ses yeux qu’il cligna plusieurs fois en la regardant. « ah.. ah oui ? » et puis, il avait ri — Thomas était un peu mal à l’aise avec autant de sincérité ou de franc-parlé de la jeune fille. Il aurait voulu se gratter la nuque, comme il le faisait à chaque fois qu’il se sentait un peu idiot, mais elle retenait son bras. Et c’était mieux ainsi. Ça l’avait fait sourire, et son regard s’était perdu dans le sien. « je, euh, et bien euh. enfin ahahah. merci je crois ? et c’était tout à fait maladroit, et c’était tout à fait Thomas.  « Tu es très belle dans l’espace aussi ! enfin non. Enfin si ! Enfin tu n’es pas belle que dans l’espace, tu es belle tout le temps et — je. enfin. je. » jenesaispasdutoutquoirépondre. Voilà concrètement ce qu’il se passait dans le cerveau de Thomas, en plus du mal aise croissant qu’il ressentait. Avait-il déjà fait un compliment à une fille ? Oui une fois, peut-être. Il se souvenait encore de la douleur qu’il avait ressenti sur sa joue après lui avoir dit qu’il trouvait sa robe très jolie mais pas parce qu’elle lui faisait un beau corps, enfin il n’était pas allé regarder son corps, enfin si mais ce n’est pas pour ça qu’il trouvait la robe joli, mais …. enfin, une autre fois où Thomas s’était lamentablement perdu. Ce devait-être deux ans auparavant. Peut-être trois, il n’était plus sûr.

Mais Thomas aurait longuement pu continuer sur son débat du Deborah jolie tout le temps — car c’est ce qu’il pensait, mais il ne voulait pas qu’elle l’interprète mal ou quoi que ce soit — on n’était jamais trop sûr avec les filles et surtout avec son oral lamentable — mais elle l’avait coupé. Elle lui avait coupé le souffle, elle lui avait arrêté le coeur, elle lui avait mis une boule de bonheur — ou de stress il ne savait pas trop — ou de tout en fait — dans le ventre. Elle lui avait simplement fait un bisou. Un bisou — le premier de Thomas ! Mais pas sur les lèvres, ce n’était pas un vrai bisou, c’était un semi bisou. Et il lui avait promis de l’embrasser le premier, comment se serait-il senti si elle l’avait vraiment fait ? Avait-elle vraiment voulu le faire ? Peut-être s’était-elle trompée. Peut-être avait-elle simplement voulu lui faire un bisou sur la joue et sans faire exprès elle avait dérapé. Ou sur le nez — faisait-on des bisous sur le nez ? Panique de tous les côtés dans la tête de Thomas. Tous les hormones qui s’affolaient (un peu plus, c’était dérangeant) mais aussi tous ses neurones qui perdaient leur chemin, qui s’entrecroisaient et ne faisaient plus rien de correct. Elle l’avait court-circuité, et il ne pouvait que la fixer alors qu’elle s’éloignait, ne trouvant aucun mot pouvant décrire quoi que ce soit ou dire quelque chose de concret. Il n’y avait que de l’incrédibilité — avait-elle réellement voulu l’embrasser? Son coeur avait soudain repris — battant plus fort que jamais. Il lui semblait qu’il raisonnait dans son corps entier — dans son cerveau et son cou. Comme les paroles qu’elle disait — il n’écoutait plus qu’à moitié, fixant avec surprise et étonnement la jeune fille qui l’avait lâchée — et elle s’éloignait. Pourquoi s’éloignait-elle ? C’est ce qu’il voulait depuis maintenant quelques minutes, mais il ne voulait plus. Il ne voulait plus jamais la sentir loin de lui, comme si elle lui avait collé une promesse juste au dessus de ses lèvres. Comme si elle l’avait enchanté d’un sortilège inconnu, et il voulait la récupérer. Son cavalier, il aurait pu l’être pour toujours, à cet instant précis.

Alors quand elle avait tendu la main, il n’avait pas hésiter à la saisir, et la tirer vers lui avec un peu plus de force qu’il ne l’avait voulu — l’apesanteur était assez difficile à gérer. Il avait enroulé son bras libre autour dans son dos, pour l’approcher un peu plus. Aussi lorsque son corps rencontra le tien, il se sentit partir en arrière et son dos heurta le sol — le plafond ou un mur. Ce n'était pas grave, il l'avait à peine sentit, en réalité. Il ne savait pas trop ce qu’il faisait, c’était totalement maladroit et. Il l’avait suffisamment rapprochée pour qu’ils ne soient plus qu’un — et il l’avait fixée un instant, il avait jaugé son regard, il avait cherché à savoir qui se cacher derrière — ce qu’il se cachait derrière ces yeux parfaits. Et puis l’inconnu semblait encore plus attirant, alors il s’était rapproché un peu. Juste un peu, assez pour sentir son souffle. Et puis il avait effleuré ses lèvres avec les siennes, il en avait ressenti leur fraicheur  et leur douceur alors qu’il avait hésité un quart de seconde, avant de simplement l’embrasser. Alors c’était la débâcle des sentiments et la guerre des hormones, le délicieux et la douceur qui se mêlent pour un mélange parfait. Il n’aurait su combien de temps cela avait duré — 1 seconde, peut être 1 minute, le temps s’était arrêté un court instant. Aussi s’était-il retiré en souriant, avant que la vérité vienne le frapper de plein fouet. Il l’avait embrassé. Lui, Thomas Walter, avait embrassé Deborah Bolton. Le rouge monta à ses joues rapidement et il s’éloigna un peu, desserrant son emprise sur son dos, gardant sa main dans la sienne.

« eeeeeeeeeh… je. pardon. » Et pourquoi s’excusait-il, alors qu’il était très heureux d’avoir finalement embrassé Deborah. Il n’était pas du tout désolé, malgré le rouge qui devait avoir consommé son visage entier. Il avait espéré que ce soit plus tard, ailleurs, mais il l’avait fait, sans vraiment comprendre qu’il le faisait. Il avait pris son courage à deux mains pour se lancer. C’était fait — et c’était étrange et en même temps tellement agréable. « Enfin je ne suis pas vraiment désolé — Je veux dire, c’est un beau souvenir ! » avait-dit en rigolant. Thomas, gêné, une main dans la nuque, le regard posé sur les fils qui dépassaient du toit — ce n’était pas vraiment un toit — se sentait bien comme jamais. Maladroit, timide, un peu gêné, mais bien comme jamais. Parce que Thomas n’avait jamais embrassé personne, et que son premier baiser était dans l’espace, avec Deborah. « C’est même le plus merveilleux de tous mes souvenirs ! » et il savait à quoi il penserait pour ses patronus, aujourd’hui. Car c’était un souvenir au pouvoir unique, c’était un souvenir dont il ne pourrait jamais se défaire. Dont il ne voudrait jamais se défaire. Les lèvres de Deborah sur les siennes. Il tenait toujours sa main dans la sienne, il ne l’avait pas lâchée — cette petite paume froide, comme devait être la sienne. Et un sourire un peu idiot, un peu trop inconscient ne se détachait pas de ses lèvres qui n’étaient maintenant, plus tout à fait pures.

Il ne pensait plus à partir, il ne cherchait plus à s’enfuir de cette navette qui était leur secret. Parce que les autres n’avaient pas besoin de savoir. Et il se sentait terriblement bien.


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