Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille... Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres. Le monde magique anglais est en ébullition à mesure que les trois candidats s'opposent, laissant un peu leurs charges respectives à l'abandon au profit de leur campagne. C'est ainsi qu'à Poudlard, un joyeux bazar règne souvent en l'absence du directeur, et que les créatures de tous poils envahissent peu à peu les villes sorcières pour le meilleur comme pour le pire !
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[BUMBYDAY] All we need — Maxwell ♥

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Elise B. Dickney
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Jeu 9 Juil - 20:16
« Il y avait eu ce bruit de fond, ce fin bracelet doré coutant un monde enroulé autours de son poignet — il y avait eu sa silhouette moulée dans une robe dorée. Il y avait eu cette robe, oui ; ce plongeant s’effondrant en cascade derrière elle, venant embrasser le sol dans un flottement un peu coulant ; dans quelques plissements aux bordures distinguées. A l’avant, tout était assez court — avant les genoux, mais c’était mieux ainsi ; oui. Ses escarpins lacés dans les mêmes coloris l’élevaient au dessus de nombreux alors qu’elle dévisageait le vide. Elise, l’Elise — celle ayant pour une fois coiffé ses cheveux ; ces derniers réunis en un chignon de taille, flottant et laissant s’échapper de nombreux brins assortis à son accoutrement. Des brins de miel, des brins de soleil — et il y avait ces mèches ondulées venant frôler ses tempes, effleurer ses oreilles, retombant sur ses épaules. Et il y avait cette nuque parsemée de quelques cheveux fins, ce haut de crâne ayant été agencé, oui. Il était rare de la voir aussi prête, aussi soignée — peut-être était-ce une forme d’adieu.

Son artifice à elle ; sa manière de jouer au phœnix — son nouveau patronus. Ou du moins, elle ne comprenait pas ; car il ne faisait que de se moduler, dernièrement. Aussi la sensation du départ se faisait plus qu’imminente, telle une renaissance subite, oui. En quelque sorte. Pendaient à ses lobes quelques chaines d’or, certaines remontant sur ses oreilles — aussi s’affichait à chaque boucle deux plumes ondoyant à chacun de ses mouvements. C’était un peu bizarre — mais étrangement plaisant. Enfin. Passant quelques doigts sur son arcade droite puis derrière son cou, la préfète-en-chef laissa s’échapper un soupir.

Elle était presque nerveuse — à attendre ainsi Max. Elle l’avait prévenu, mais ne pouvait s’empêcher de s’angoisser — aussi regrettait-elle presque de ne pas être venue en pull ; histoire de commettre un dernier sacrilège de taille. Au moins, ils auraient ri — à deux, et bien. Quoique, c’était plus du domaine de Thomas, ça — et d’ailleurs, le voilà qui passait, beau et radiant aux côtés de Deborah. Elle lui avait adressé un sourire, un signe de main — notant abstraitement qu’il faudrait qu’elle aille lui offrir quelques mots, une fois qu’elle aurait son compagnon à elle et qu’ils se seraient à leur tour volatilisés. Vers cet endroit inédit tant promis — quelques rumeurs avaient percé, mais rien n’était encore très certain. Aussi la blonde s’était-elle lancé les sortilèges rudimentaires ; la préservant de toute humidité, tâche ou maléfices dérisoires lancés par un quelconque camarade. L’on était jamais trop prudent. Un mouvement attira son attention, alors qu’elle se retournait ; tout sourire — tout aise et tout bonheur : « Max ! »
En tant qu’amie, elle se sentait soudainement minable.
Mais bon, tant pis.
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Maxwell T. Northwood
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Jeu 9 Juil - 21:34
C'était donc ça, Poudlard. En sortant de la cheminée, situation pour le moins improbable, Maxwell avait eu un pincement au coeur familier. Il avait pourtant cru la jalousie éteinte depuis longtemps, mais quelques braises vivaient encore, manifestement ; il n'y avait plus qu'à déterminer quelle brûlure était la plus vive, entre les deux qui s'opposaient. C'était cet endroit qu'il aurait voulu rejoindre avec sa soeur. C'était cet endroit qui la lui avait pris.

Le regard d'abord rivé sur le plafond étoilé, il avait épousseté à l'aveugle le costume à la base acheté pour les examens oraux d'un passé étudiant si lointain, un vêtement simple et sobre. C'était à la fois impressionnant et plus du tout, comme si son esprit réfutait l'existence de tout ça en lui soufflant qu'il se promenait juste au milieu d'un film très réaliste. Dans ce long-métrage, il y avait plein de figurants aux maquillages étranges et aux costumes farfelus, des effets spéciaux étonnants, mais il y avait aussi plein d'autres comme lui. Il était soulagé de constater qu'il ne détonnait pas trop dans le décor, finalement - Elise avait ri doucement quand il lui avait demandé s'il fallait un chapeau pointu et une robe pour l'accompagner, mais il avait bien fallu poser la question pour être sûr d'être à la hauteur. Elle lui offrait une chance, après tout, et il l'avait saisie pour se retrouver là, tout petit dans l'atmosphère empreinte d'une magie qu'il ne possédait pas. Abigail l'avait, elle, et on voyait où ça l'avait menée. Il se demandait si elle avait fait ça aussi, s'il y avait eu un garçon pour l'accompagner. Il n'avait pas voulu savoir avant qu'elle ne soit plus en état de lui dire.

Il y eut une bousculade, puisqu'il fallait apparemment se déplacer une fois arrivé, et Max sortit de ses pensées. Il se décida à regarder les gens autour de lui, une main frottant sa nuque avec le semblant d'embarras de celui qui cherche quelqu'un sans trop savoir où regarder de peur de dévisager un inconnu sans le vouloir. Une voix claire et connue attira son attention, et son expression se détendit dans un sourire.

- Elise. C'était presque un soupir de soulagement modulé en prénom. Bonjour !

Et elle était différente, Elise. Ce n'était pas le même endroit qu'une salle d'attente, il aurait peut-être dû s'en rendre compte avant de la voir. Il porta sur elle un regard agréablement étonné, comme s'il découvrait un bouquet de fleurs décorant une pièce bien connue. Il n'avait pas de mots à offrir pour accompagner son sourire un peu gamin, mais il n'y en avait sans doute pas besoin. Il hésita un instant sur la conduite à tenir, avant de lui offrir son bras, décidant que l'occasion valait bien un comportement à la hauteur.

- C'est... Très différent de là où j'étais à l'école.

Ses yeux trahissaient la plaisanterie.



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Elise B. Dickney
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Jeu 9 Juil - 21:59
« Elise avait souri et dans sa gorge avait germé un rire — ses joues s’étaient rosies alors que se passant un doigt sur la tempe, remontant jusqu’à ses cheveux ; elle avait laissé s’échapper un soupir. C’était bien — il était entier, en bonne santé ; tout bien habillé. C’était bien, oui ; presque parfait. Elle pouvait enfin se relâcher, décompresser tout ce qu’elle avait accumulé pendant ces dernières minutes à attendre et à se sentir un peu à part ; un peu en marge. Comme si elle avait commis une bêtise, saviez-vous. Mais à présent qu’elle n’était plus seule, tout semblait au mieux — c’était comme si elle ne pouvait plus se tenir entièrement droite sans quelqu’un à ses côtés. Absurdité un peu tendre, faiblesse jouxtant tristesse — puis sérénité, aussi ; car la blonde avait appris à accepter. L’amour, la simplicité — les dialogues simples comme les vives spontanéités. Il suffisait de vivre, compreniez-vous. Pleinement — simplement.

« Je suis contente de te voir — tu vas bien ? Pas trop perturbé par la cheminée ? » Pause, alors qu’elle réalisait qu’elle s’était comme ; comment dire ? Trop inquiétée. « Enfin, bonjour ! » Et elle lui avait offert une moue pavée de lumière, car elle était contente de se retrouver là avec lui — car Max avait toujours eu ce quelque chose la faisant soudainement se sentir bien. Aussi avait-elle accepté le bras tendu, l’oreille attentive et l’œil brillant.

Un rire court avait franchi ses rêves, un peu doux ; presque chuchoté — mais pas tout à fait : « Eh bien, moi qui croyait que tu avais été dans un univers tout semblable, tout pareil — me voilà bien étonnée. » Plaisanterie longue, plus taquine qu’autre chose ; calme, aussi — pétillante dans son ton bas, peu perché. « Et encore, tu n’as rien vu — je ne sais pas ce qu’ils nous ont concocté cette année, mais il paraît que ça va être assez impressionnant, de ce qui a fuité. » Aussi espérait-elle que ce serait en un sens époustouflant — à lui couper le souffle à elle, mais aussi à lui. Pour qu’il puisse en un sens découvrir toutes les belles choses qu’il avait manqué — pour qu’il oublie un instant les côtés ombragés de la magie ; de ceux qui lui avaient changé la vie. « Enfin, on y va ? Hm — ça risque de pas être très agréable, de te donner un peu la nausée ? Mais après ça ira mieux. » Avait-elle lâché en désignant le portoloin, car elle ne savait pas si il en avait déjà utilisé un — et puis, elle l’avait également prévenu des débordements de l’an passé et de l’an précédent. Elle lui avait narré les soucis, oui ; les surprises — assez désagréables, amusantes, aussi ; des fois ; pour qu’il ne soit pas surpris.

Pour qu’ils ne finissent pas ridicules, aussi — quoique, à force finiraient-ils par avoir l’habitude.
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Maxwell T. Northwood
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Sam 11 Juil - 17:23
Max avait souri, hoché la tête ; il était en apparence calme pour deux, laissant Elise se comporter comme un papillon butinant d'une idée à une autre. Un peu tendu à cause de l'environnement, il ne trouvait pas ça désagréable qu'elle le distraie. Elle était lumineuse, et il se demandait si c'était la fête ou juste son état naturel quand elle se trouvait dans un endroit où la bienséance n'imposait pas de parler à voix modérée.

- Impressionnant ? Imagine que j'ai déjà dû me mettre dans une cheminée et lancer un truc qui fait des flammes vertes en criant un mot loufoque. Ça peut pas être pire, si ? Enfin, vu tout ce que tu m'as raconté... On verra !

Il plaisantait toujours, un peu distraitement. Il regardait le décor, le nez en l'air, se fiant au bras d'Elise autour du sien pour le guider. C'était aussi plutôt agréable d'avoir un contact avec quelqu'un qu'il ne devait pas retenir ou maîtriser toutes les deux minutes, même s'il était inquiet pour Abigail qui était restée avec leur mère pour la soirée ; il avait l'impression qu'on lui avait enlevé un bruit de fond permanent auquel il était tellement habitué qu'il se rendait compte en son absence que ça l'avait fatigué. Il pouvait se laisser aller et avoir confiance tout naturellement.

L'ayant guidé jusqu'à ce qu'il avait supposé être l'entrée, Elise lui montrait un objet dont il ne comprenait pas l'utilité. Il la regarda, clignant des yeux d'un air égaré.

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse avec ça... ?

Max se sentait un peu bête. Il aurait peut-être dû regarder ce que faisaient les précédents dans la file.  Avant qu'elle puisse répondre, ceci dit, il jugea bon de s'en saisir, puisqu'elle lui avait désigné la chose et qu'il semblait que c'était l'action à faire. Un quart de seconde plus tard, ils avaient changé de décor, et Maxwell était complètement désorienté, manquant de trébucher sur le portoloin usagé qu'il avait laissé tomber.

- Woah...

Il porta une main à sa tempe, plissant les yeux très fort pour tenter de remettre le monde à l'endroit. Il rit un peu, incrédule.

- Vous avez jamais entendu parler d'un truc qui s'appelle une porte ?

Pour faire une réflexion pareille, il était évident qu'il n'avait pas encore fait attention aux alentours.



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Elise B. Dickney
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Sam 11 Juil - 17:59
« Si tu savais Max, si tu savais… » Avait doucement ri Elise, répondant dans un tac au tac un peu lent aux répliques taquines de son ami. C’était un peu comme une danse, saviez-vous ; comme un jeu à deux, une chose où l’on se renvoyait des moues, des blagues — des tons.
De la joie, sans doute — paisible.

Aussi étaient-ils restés là, reliés physiquement comme verbalement — et c’était plutôt bien, que de rester ainsi, oui. A être ici sans l’être, distrait mais à l’écoute — à être en vie, tout simplement. « T— » Il y avait eu la première question, la tentative de réponse puis l’envolement. Car Max avait touché trop vite, car Elise n’avait rien pu ajouter ; car ils avaient tous les deux finis dans l’eau, non — nuance.

Dans un palace sous l’eau.
Formulant par mécanisme des sortilèges de protection en plus, la blonde les étendit jusqu’à son camarade moldu ; histoire qu’ils ne finissent pas comme certains déjà bien amochés dans leurs apparats. Enfin. « Tu vas bien ? » Et elle s’était penchée vers lui, trop habituée pour sentir une quelconque nausée, ou du moins ; une assez forte pour l’empêcher de sourire la seconde d’après.

Car elle était là, oui ; la blonde : à rire un peu, s’agitant d’un calme pétillant autours du grand. Ses yeux étaient redressés vers son cavalier alors qu’elle ne pouvait s’empêcher de s’amuser de ses répliques — sans doute ne la lasserait-il jamais, non. « On en a, tu sais ; mais pour aller dans un palais situé dans le lac de notre école, comment dire… C’est un peu compliqué ! »

Elle se moquait, gentille — les pommettes rosées, ses yeux étoilés. Et elle le cherchait un peu du regard, sachant bien qu’il n’avait pas encore tout réalisé. Ca devait être compliqué, aussi. Elle-même tachait de faire abstraction aux merveilles l’entourant, histoire de s’assurer de la santé totale de Max, hein — quoique, avec les répliques qu’il sortait.

Ca devait aller, oui.

Souriant, la préfète-en-chef redressa sa tête ; découvrant enfin dans l’entièreté le lieu qui les accueillerait ce soir. C’était somptueux — aqueux, aussi. Marin. Et les statues démesurées à l’effigie du prince être de l’eau ne faisaient qu’amplifier l’effet d’immensité. « Mais regarde-moi ça, Max ; c’est quand même dingue non ? » On pouvait sentir la mégalomanie de l’hôte, mais tout de même ; elle-même n’était pas accoutumée à tous ces détails, à toute cette richesse.

Ce n’était pas sorcier — c’était eux. Eux êtres de l’eau, eux et leur musique, leurs verres à pied sculptés ; eux et leur buffet aux coloris verdâtres. Dépaysant et époustouflant. Inspirant un coup, la serdaigle laissa s’échapper un long soupir.
Un, deux — elle était acclimatée.
Se sentait prête à vivre une autre catastrophe, oui.
Vraiment.
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Maxwell T. Northwood
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Sam 11 Juil - 21:53
Max n'avait pas fait attention à la magie, trop occupé à reprendre pied ; il avait hoché la tête avec un petit rire essoufflé à sa question, se demandant comment elle tenait aussi droite. Elle avait sans doute l'habitude, et c'était étrange de voir à quel point elle était semblable et différente de lui en même temps. C'était un être humain, mais le bout de bois dans le prolongement de sa main creusait une distance infinie entre eux. Maxwell n'aurait pas dû être là ; il savoura réellement sa chance lorsque son explication lui fit ouvrir des yeux interloqués sur les alentours.

- Un palais dans le... ?

Dans le lac. DANS LE LAC. C'était aussi bizarre qu'Eurydice était verte – ce truc-là non plus, il ne s'en remettait pas. Il remonta ses lunettes de son majeur.  Il y avait un poulpe en liberté et des poissons humanoïdes partout.

- D'accooooord.

S'il y avait bien quelqu'un qui suivait les conseils de la reine blanche et admettait six choses impossibles chaque jour, c'était bien Maxwell ; le mot allongé lui donnait le temps de tout accepter comme normal et, quand sa voix s'éteignit, il afficha un sourire hésitant.

- Dingue c'est le mot.

C'était peut-être pour ça que Max était autant attiré vers cet univers, plus encore que par envie de marcher dans les pas de sa soeur. Elise semblait trouver tout ça normal, mais elle affichait  l'expression lumineuse de quelqu'un qui partage ce qu'il aime. Le sourire de Max s'affirma, s'attendrissant de la voir s'épanouir ainsi. Il la croisait dans des moments de peine qu'il fallait à tout prix illuminer, habituellement ; c'était différent de la voir dans son élément.

- Est-ce qu'il y a quelque chose que la magie ne peut pas faire ?...


La question était malheureusement rhétorique. La magie ne pouvait pas lui rendre Abigail, ni s'installer chez lui ; elle ne pouvait apparemment rien faire de ce qui était important. Néanmoins, Max était invité en son sein, et il ne pouvait que complimenter ce qu'il voyait, parce qu'il était un garçon poli.

- Enfin. La soirée s'annonce haute en couleurs. Bleues, les couleurs.


Il souriait doucement, les yeux pétillants ; il y avait de l'eau partout, mais il savait aussi que le bleu avait une importance particulière en la dernière soirée étudiante d'Elise. Il n'y connaissait pas grand chose, mais assez que pour rendre hommage à ce qu'il était venu célébrer avec elle.



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Elise B. Dickney
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Ven 17 Juil - 13:39
« Et il y avait cette joie un peu tendre, ces contentements aux ourlets quiets — et il y avait Max et sa main venant remettre ses lunettes bien en place. Aussi Elise avait laissé s’échapper un petit rire, de ceux irrépressibles car trop contents ; de ceux un peu gamins ne durant pas plus d’une seconde.

De ceux suffisants.

A se sentir en vie — à se sentir aimée. « J’espère que ça te plait ? Même moi je ne suis pas habituée à ce genre de hm. » Elle voulait trouver le mot juste, pour une fois — un qui parlerait à Max tout autant qu’elle, voire peut-être même plus : « D’exploit ? » Et elle avait souri — un sourire dédicacé, un sourire bien à elle ; rayonnant de par l’existence de son cavalier. Il lui semblait impossible de vivre encore une seconde le moindre instant de solitude, à présent qu’elle avait tant de personnes à qui s’accrocher — à présent que Max était entré dans sa vie, à présent que Thomas ne voulait plus la quitter.

Vivait-on vraiment, lorsqu’on ne reposait sur personne ?
La phrase faussement interrogative de son compagnon avait ravivé son attention, et ce de la même manière qu’elle avait planté dans le cœur de la blonde un flot d’amertume un peu dépassé — décoloré. Des douleurs infimes mais multipliées, finissant par se faire ressentir : « J’aimerais — mais dans un sens, tout serait alors que trop facile. » Cela avait été chuchoté, formant sur le visage de la préfète une esquisse plus intime ; plus affaissée — toute aussi douce, quoique plus précise.

Elle aurait aimé rendre sa sœur à Max ; sœur ayant également été une amie, oui. Mais tout paraissait déjà si lointain, alors que cela ne faisait qu’un an. Même moins — comme quoi, dans ce monde les pertes pouvaient être si facilement oubliées. L’on avait l’habitude des choses fantastiques, mais également des faits dramatiques — il y avait tant de merveilles, oui. Tant de complexité, tant de joie mêlées de larmes. Il y avait sainte mangouste, aussi ; et dans un sens tout était pour le mieux.

Car, si Elise pensait de manière égoïste — elle aurait pu se dire que sans ces accidents, elle n’aurait jamais vraiment rencontré celui qui se dressait actuellement à ses côtés.

C’était stupide.

Yeux surpris à l’énoncé du bleu ; moue brillante pour joues rosées. Il y avait une délicatesse dans le naturel de Maxwell qu’Elise ne pouvait s’empêcher d’aimer. « Bleues et d’or — car quoi de mieux que deux blonds dans un espace aussi marin ? » Cela n’avait pas de sens — mais au final, qu’importait ? Sa vie n’avait-elle pas été pavée de rayons dorés ? Entre les préfets serpents et leur représentant ; entre elle-même et Thomas, en passant par son meilleur ami et ce sans oublier Maxwell. Evidemment. « Alors, tu en dis quoi ? » De ce monde, à nous ? De cette magie, oui. « Tu as soif, d’ailleurs ? Regarde-les tous qui se précipitent sur le buffet dès leur arrivée, c’est assez extraordinaire, non ? » Comme quoi, la langue universelle serait sans doute à jamais celle de la nourriture — huh. « Quoique boire un verre sous l’eau ça doit être une expérience assez particulière, non ? » Et elle avait ri, presque innocemment ; à cette idée soudaine.

Sa main continuait de reposer sur le bras de Northwood — calmement.
Et maintenant ?
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Maxwell T. Northwood
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Ven 24 Juil - 1:06
Ce n'était donc pas habituel ; Max l'avait bien pensé, mais on ne savait jamais. Il avait un peu de mal à faire la part des choses, même s'il semblait logique qu'une soirée demande plus d'application que la vie quotidienne. Il hocha la tête, répondant à son sourire paisiblement. Il avait le calme de celui qui fait confiance, l'aplomb du détachement.

- C'est très beau. Ça me rend curieux. De comment ça marche, tu sais.


Au final il n'y comprenait pas grand chose, à la magie. Il ne connaissait pas la sensation, et il avait l'impression d'être un raciste en rémission, formulant à voix prudente des questions qu'il n'avait jamais posées. C'était curieux, de s'intéresser vraiment, sans faire semblant pour faire croire à l'autre qu'il n'en avait pas besoin ; c'était bien le malheur des frères et soeurs, qui avaient du mal à admettre que la vie de l'autre puisse avoir un intérêt plus grand que la sienne propre. C'était plus facile d'essayer d'ignorer le gouffre qui les séparait que d'en sonder les profondeurs. En ce sens, c'était plutôt bien qu'il rencontre d'autres gens magiques, il n'y avait pas la même blessure. Elle existait de moins en moins, d'ailleurs, depuis qu'Abby était malade. Curieux constat, au final, que de se dire que des choses positives pouvaient découler de leur situation.

Elise était positive. Accrochée à son bras, elle lui donnait l'impression d'être un ancrage dans la réalité. L'esprit de Max avait toujours tendance à vagabonder, mais elle le tenait sur la terre ferme – si tant est que le fond du lac puisse être qualifié comme tel. Il hocha vaguement la tête à sa remarque, la comprenant à peine mais ce n'était pas tellement important. Elle était de ces gens qui débordaient de mots dans les situations qui leur plaisaient, apparemment ; tout ne demandait sans doute pas de réponse, juste de savoir qu'il écoutait, et il faisait en sorte de lui faire savoir.

- On peut essayer, pourquoi pas ? On risque juste de boire la tasse, rien de grave.

Si c'était prévu, c'était que ce devait être possible, sauf si l'humour moisi était puni par une annulation de la magie salvatrice. Il lui sourit et cessa de se laisser guider, ramenant son regard dans la direction qu'il voulait emprunter. C'était un échange aussi fluide que la conversation, il reprenait soudainement son rôle de cavalier sans qu'il y ait d'accroc dans leur déplacement. Il attrapa un verre pour le tendre à Elise dés qu'ils furent près d'un endroit où il y en avait. Il arrêta son geste une seconde pour regarder les détails de l'objet avant de se souvenir qu'elle attendait sans doute.

- Pardon, la déco est perturbante. Il faudra que je me penche sur le cours d'Abby sur les créatures, ça devient urgent. Tiens.

Il lui donna le verre, puis saisit ce qui devint à l'instant le sien. Il le leva en regardant Elise dans les yeux comme il est coutume.

- A la fin de tes études. Au début de tout le reste. A la magie.

Le début, c'était maintenant. Max avait un peu raté le sien, mais qu'importe. Il était un grand garçon ; il pouvait sans amertume lui souhaiter de réussir ce qu'elle entreprendrait. Même s'il n'avait pas bien compris ce qu'elle voulait faire de sa vie, il n'avait pas besoin de comprendre pour l'encourager. Il souriait doucement, bien conscient de l'ironie de son dernier hommage.



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Elise B. Dickney
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Jeu 6 Aoû - 23:44
« Il y avait eu un bout d’humour — de ceux vous laissant perplexe puis heureux, de ceux vous noyant dans un sourire simple et repu ; au rire infime mais réel, bien présent. Il y avait eu Maxwell puis Elise — ses fossettes se creusant alors qu’elle s’amusait de la blague qu’elle venait de recevoir, ses pas le suivant. Et il y avait quelque chose d’apaisant dans cette valse qu’ils menaient, dans ce jeu d’escortes et de mots doux, polis par une routine qu’ils formaient ; affinaient et inventaient.

Il y avait de la surprise, dans leur habitude — il y avait cette chose particulière vous surprenant. Il y avait l’opposé du terme, il y avait l’imprévu ; oui, dans leur normalité. A eux — à deux. Aussi vivraient-ils peut-être à jamais dans cette sérénité aux ourlets distraits, incapables de se refermer ; de se cadrer. Peut-être résideraient-ils dans un monde infini, encore approximatif — délimité par des frontières oscillant entre réel et irréel. Peut-être resteraient-ils ainsi à jamais, oui ; enchainés à leur réalité loufoque, à leurs peines terribles et à leur joie tiède, brûlante — infime.

Peut-être ne vivaient-ils pas, oui.

« Pourquoi te pencher sur des cours alors que je suis là ? » Avait-elle ri le plus innocemment du monde, saisissant délicatement le verre que lui tendait son blond ami. Tout avait été dans la mesure — dans la spontanéité et dans la fragilité. Ses doigts s’étaient levés, tendus puis accaparés ; et sans doute avait-elle eu peur un instant de le briser. « Enfin, je te propose même mieux : se remettre à deux sur mes, enfin, nos cours sur les créatures. » Sourire illuminé, puis plus affaissé ; confident — absent : « Je crois que c’était en sixième année ? Quand j’ai commencé à ne plus aimer pour un sou notre professeur de soins aux créatures magiques, tu sais ? Alors j’ai soudainement eu du mal avec l’apprentissage sur les créatures en général, une forme de rébellion, j’imagine. » Et c’était sans doute un peu absurde d’imaginer Elise ne pas aimer quelqu’un sincèrement — de manière un peu tordue, jusqu’à apprendre de manière superflue des choses qui l’avaient auparavant fortement intéressée. « Tu sais, j’avais rendu un devoir assez particulier, je crois que c’était sur les baguettes. Je m’étais laissée aller à un style assez oral, de ceux que j’affectionne particulièrement ; quand j’y réfléchis. Et je ne te dis pas la taulée que je m’étais prise. » Elle n’était pas du genre à attendre de bons résultats, ni même à maudire ses échecs ; mais celui-ci avait été particulièrement cuisant. « Je ne sais pas, je pense que j’y avais mis du cœur, pour une fois — me prendre une telle bâche, c’est sans doute un peu stupide ; mais j’ai fini par le prendre personnellement. Je trouvais mon idée assez amusante, aussi. Enfin, cela remonte à bien longtemps ; maintenant. Si je le relisais, je me facepalmerais surement. » Et elle avait ri, Elise ; fort doucement — de ces chuchotis scellant un secret un peu banal, un peu bancal. Son bras s'était replié sur elle-même, sa main libre venant enserrer le haut de sa taille alors que son verre à pied trônait devant elle, retenu par ses doigts distraits mais présents. Elle lui était un tableau dédicacé, incomplet de par son regard le dévisageant; content.

Elle ne savait pas pourquoi elle avait autant parlé — d’un passé qui lui semblait à des années lumière de son présent. C’était sorti tout seul, une chose qu’elle n’avait jamais prononcée — qui était restée en elle sans trop la heurter. Peut-être avait-elle été un peu amère, au final ; un peu blessée. « A nous, Maxwell, à nous. » Son prénom avait eu une saveur particulière sur ses lèvres, alors que souriant d’une de ces joies toutes aussi paisibles que brillantes, elle était venue rejoindre le cristal de Northwood du sien ; en l’air.

Il y avait quelque chose qu’Elise ne pouvait s’arrêter de ressentir, lorsqu’elle était ainsi aux côtés de son blond ami. Il y avait ces quelques mots revenant sans cesse, lorsqu’elle tentait d'y décrire. Il y avait cette simplicité, cette sérénité ; cette tendresse un peu tiède, oui. Il y avait cette quiétude qui voulait tout et rien dire. Les choses qu’ils s’étaient dites, ce qu’ils savaient, ce qu’ils ignoraient ; ce qu’ils ne sauraient jamais.

Les non dits, les secrets. Les choses arrachées et les autres dévoilées.

Elle se disait qu’ils étaient nuances, mais ils n’étaient que deux corps ancrés dans une réalité que trop tordue. Elle se disait heureuse alors qu’elle se savait contrastée ; comme elle le devinait ainsi, aussi — pourquoi pas. « Si je pouvais te donner un peu de ma magie, Max ; si tu savais comme j’aimerais. » Car elle aurait aimé lui offrir un monde, le sien à elle ; le sien à eux — de toute une communauté, oui. Un sien particulier, un bout de rêve qui lui avait été arraché, un mélange d’immense et de ridicule, d’inconcevable et de pourtant bien réel, présent. Existant.

« Aaah. » Et elle avait gouté du bout des lèvres la boisson faisant honneur aux êtres de l’eau — avait ri un peu, faiblement. Réprimant une grimace aux bordures un peu trop douces. « A croire qu’ils ne font pas de vin avec du raisin, eux ; mais plus des algues et du poisson. » Ainsi avait-elle sorti sa baguette, se remémorant la formule qu’elle avait découvert dans un de ces vieux bouquins. Une de ces choses qui l’avait passionnée, qui l’avait captivée ; et faite rire, aussi — de bon cœur. Un coup sur sa coupe puis sur celle de Max, et elle riait, Elise — encore et toujours. De ces rires intimes et courts,  lui faisant monter des étoiles jusqu’au plus profond de ses pupilles. « Je ne suis pas de cet être religieux moldu à changer l’eau en vin, mais j’ose te proposer un peu de champagne, Max. » Elle contempla un instant les fines bulles dansant dans cet océan de doré : « En espérant que ça te plaise ! » Et elle riait dans sa jeunesse, Elise ; riait d’une insouciance que jamais elle n’espérait se voir voler — elle-même ne s’en rendait pas bien compte, après tout. Ne pensait pas à grand chose, tant tout son esprit était obnubilé ; accaparé. Une pensée pour son professeur de sortilèges s’était invitée après sa réussite ; alors qu’elle avait prié une réussite. Aussi se sentait-elle peut-être un peu émue d’être arrivée où elle en était, d’avoir pu vivre aux côtés de personnes lui ayant permis de s’élever et de s’affiner dans ce qu’elle faisait de mieux : la magie.

Une fin venait de retentir, mais eux ne faisaient que débuter.
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Maxwell T. Northwood
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Ven 7 Aoû - 1:24
Elise n'avait pas tort, elle était là. C'était plutôt bien qu'elle y soit, d'ailleurs, même en dehors de toutes considérations sur les créatures, ou les cours. J'aimais bien la manière qu'elle avait de prendre le verre ; Elise aurait fait un bon personnage en apparence, avec sa délicatesse et ses manières d'équilibriste, à défaut d'être suffisamment simple pour que le lecteur comprenne tout en trois lignes. Elise n'était pas un personnage secondaire ; elle aurait probablement eu besoin d'une bibliothèque à elle toute seule pour raconter ses dix-neuf ans, avec la vivacité qu'elle mettait dans un simple souvenir d'école. Ou peut-être juste d'une page, en fait, une dizaine de phrases précises et impossibles à écrire puisqu'il aurait fallu inventer des mots. Je ne sais pas trop. J'écoutais.

J'avais un peu de mal à envisager la forme de haine qu'elle pourrait porter à un professeur, à la voir là, sourire doucement, mais je comprenais ce qu'elle voulait dire. Je ne savais juste pas comment la réconforter d'un échec passé, alors que j'en ressentais l'envie. A la place, je répondis à son rire particulier par un équivalent de mon cru ; ce n'était pas drôle, sans connaître l'idée, mais il y a toujours quelque chose de bien à rire du passé plutôt que d'en pleurer. Nous ne pleurions pas au présent quand nous nous croisions dans des couloirs aseptisés, je ne vois pas pourquoi nous aurions dû pleurer au passé.

- C'est plus très grave, tout ça.


Une conclusion un peu pauvre, sans doute, mais le toast la rattrapait. Une fin marquée par le bruit du cristal contre le cristal comme le carillon d'une horloge. Au début de tout le reste, à la magie, à nous. Il était un peu bizarre, ce nous, un peu rond sur les lèvres d'Elise, un peu glissant sous ma plume. Je n'avais pas eu de nous à deux depuis qu'Abigail était incapable de le dire. Il y avait toujours toi et moi et puis eux un peu plus loin, un petit on de temps en temps, timide. La première personne du pluriel est rare, et elle accompagnait mon prénom. Je crois que je lui ai souri bêtement, parce que j'avais le coeur un peu chaud ; une sensation bizarre, que l'air dans vos poumons est de meilleure qualité parce que c'est le même que celui de la personne d'en face, un genre de prolongation de l'ancrage qu'elle était à mon bras juste avant. Le genre de choses que je ne sais pas décrire, en somme, le truc qui fait l'amitié et qui se manifeste sans prévenir sur un mot bien placé, devant l'inconnu à qui on pourrait soudainement déclarer allégeance éternelle comme devant la connaissance de longue date dont on se rend tout d'un coup compte qu'elle est devenue importante.

Et puis elle recommençait à parler. J'ai haussé les épaules.

- C'est pas très important, la magie, en fin de compte.

Elle devait voir ça comme une grosse ineptie, une insulte peut-être. Deux fois que je disais la même chose, d'ailleurs, et j'avais l'impression un peu stupide d'essayer par mes mots d'abattre des barrières. J'avais rien à faire là, moi, mais j'avais pas envie de l'admettre. C'était plus très grave, Poudlard ; pour Abby, pour Elise, c'était fini, et elles pouvaient revenir à moi pauvre handicapé à côté de leur supériorité manifeste. Et puis ça non plus, c'était pas important, parce que les sorciers et les machins comme moi c'étaient d'abord des humains. J'avais décidé, comme un gosse boudeur dans mon coin. J'ai soupiré. J'étais prêt à m'excuser, surtout qu'elle en faisait preuve, de magie. Des mots en latin, prononcés sans accent parce qu'elle avait dit ce genre de choses toute sa vie. J'ai juste ravalé les mots en espérant qu'elle ne me reproche pas de les garder, et puis j'ai souri. Je ne pensais pas qu'Elise se vexerait de mes bêtises ; peut-être qu'elle comprendrait mon sourire de gamin coupable.

Je passai une main sur ma nuque, regardant mon verre avec intérêt. Je n'avais pas l'impression d'avoir tant baissé les yeux, entre la robe d'Elise, son humeur, et les fines bulles s'épanouissant dans le liquide doré. J'ai goûté, hésitant, sous son rire pétillant.

- Je ne peux pas te dire si c'est réussi, parce que je n'ai pas la moindre idée du goût du champagne à la base, mais c'est plutôt bon. Il faudra que je fasse mon éducation sur le sujet. M'enfin, pour le vin de, euh, sous l'eau, si c'est comme tu dis, je suis content de pas avoir goûté avant, ceci dit.

Elle avait des manières délicates, Elise ; sans doute le goût qui allait avec, même au delà de ce qui se voyait. Mes papilles d'accro au Coca Cola reconnaissaient le bruissement et le sucre comme des alliés, mais je ne sentais sans doute pas si bien qu'elle la finesse indubitablement présente. Une autre initiation, un autre genre de monde où elle essayait de m'inviter, peut-être, sans prendre garde que je n'en fasse pas partie. Je suivais comme je pouvais.

Et puis c'était un autre début, aussi. Un peu hésitant, de mon côté, parce que je ne pouvais pas m'épancher dans des souvenirs que quelqu'un d'autre aurait pu entendre par dessus son épaules. Elise s'épanouissait et moi je gardais plein de mots juste en tête, parce que je ne pouvais pas dire tout ça. Je bus encore un peu, laissant l'or dans mon verre se transformer en rose sur mes joues.

- Après ça, tu voudras danser ?

Je ne pouvais être moi que dans les sous-entendus qu'elle saisissait, ceux que d'ailleurs j'avais toujours utilisés sans rien lui expliquer et dont elle avait sans doute déduit la vérité sans jamais l'exiger. C'était tristement exclus. Ce qui ne l'était pas, c'était de me montrer bon cavalier. Je souriais doucement. Elle me donnait déjà l'impression d'osciller doucement près de moi au rythme de ses rires, je pouvais la faire tournoyer.



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Elise B. Dickney
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Mer 12 Aoû - 11:50
« J’espère que tu as raison, Max, j’espère. » Avait souri Elise, réfléchissant un instant sur les paroles de son blond ami. La magie était-elle si importante que cela, finalement ? « Mais tu sais, sans elle, je pense que je n’aurais jamais existé. » Et elle lui avait offert une de ces mimiques solaires, innocentes dans leur spontanéité, aveugles de leur propre beauté. Il s’agissait d’un sourire éphémère, d’un reflet d’âme avant le retour à la normale ; au corps et ses sous entendus — l’esprit. « Tu sais, je me suis imaginée la vie dans le monde moldu, Max. » Elle l’avait dévisagé paisiblement : « Je crois que j’aurais mal fini. » Regard en biais, pailleté de choses que l’on ne pouvait décrire ; destinées à lui, son partenaire du moment — de cet instant. Le leur. « La magie permet la différence, j’imagine. Enfin, passons. » Car il ne s’agissait pas de parler politique, non ; mais plus de rêver à deux, ce soir. De vivre autre chose pendant ces quelques heures données.

Œil surpris pour moue un peu inquiète : « Oh ? Tu n’avais jamais goûté ? » Et elle se demandait si il n’aurait pas préféré quelque chose d’autre, si cela lui plaisait vraiment — si cela convenait, oui. Parfaitement. Car elle aimait ça ; elle — elle Elise. Elle bout de rien parmi ce tout qu’ils formaient à deux. « J’aurais peut-être du te laisser boire un peu du reste, histoire de euh. Découvrir ? Enfin, il y en a encore à côté ceci dit. J’espère que ça te va. Je ne savais pas que tu n’avais jamais bu de champagne. » Ca l’étonnait un peu, pour tout avouer. Mais bon, ce n’était pas bien important ; après tout. Aussi avait-elle souri à la proposition soudaine de son compagnon, formant deux parenthèses aux ourlets de ses lèvres. « Vraiment ? »

Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas dansé — avec quelqu’un. Elle se souvenait encore de l’an passé aux côtés d’Adel, avaient-ils vraiment dansé ? Autrement que de par leur valse décalée agrémentée de pics à moitié dissimulés ? Enfin — elle ne pouvait s’empêcher de sourire un peu, lorsqu’elle repensait au grand Lutoslawski, à son visage parfait et à ses yeux ouvrant la porte de ses terribles folies. Un sourire un peu triste, ceci dit — un sourire de condamnée, de résignée. Un sourire heureux d’avoir connu, un sourire se souvenant de tout — du beau, et du mal ; aussi. Des douleurs qu’ils s’étaient infligés. « Ce serait un plaisir ! » Et ses yeux avaient pétillés, alors qu’elle les avaient plongés dans ceux clairs de son partenaire ; cavalier.

Elle n’aurait jamais pensé danser avec Max avant ce soir — s’était imaginée le faire avec Thomas avant, de manière un peu folle ; un peu lui. Il lui aurait appris à briser les règles du classique, elle l’aurait emmené sur leur piste imaginaire alors qu’il l’aurait trainée dans leur monde ; oui. Mais bon — elle était heureuse de se voir offrir ce genre de surprises, de se voir proposer une nouveauté, une possibilité de réécrire quelque chose ; de réinventer la danse dans les règles, oui. « Par contre, je te préviens : je risque d’être un peu rouillée. » Elle s’entrainait encore de temps à autre, testait ses mouvements d’une inclinaison de bras, d’un mouvement de cou — partait dans des mouvements solitaires lorsqu’elle en ressentait l’envie, ou pensait à ses parents. Car c’était eux qui l’avaient formée, qui l’avait façonnée avant son arrivée — car c’était en les observant qu’elle avait appris à penser, en les vivant qu’elle avait commencé à ressentir, oui — à saisir. Les attentes, les envies — la vie. Car ils lui avaient appris la danse, l’art musical et bien d’autres choses ; car elle leur était redevable et car peut-être un jour, elle se retrouverait à danser avec son père. L’idée ne lui déplaisait pas, elle imaginait déjà sa moue, émue et fatiguée — car Daniel avait laissé en lui une marque indélébile, une trace sur son visage qui jamais ne disparaitrait ; une ride invisible. Celle de la tristesse, des pertes irrévocables, inoubliables. Enfin. Elle l’aimait ¬— c’était peut-être tout ce qui comptait.

Posant son verre sur le buffet, après en avoir saisi une gorgée, elle avait tendu la main vers Maxwell ; d’une courbette sensible : « Si vous voulez bien. » Elle avait laissé s’échapper un rire. Un grand, un simple — un tout aussi vivant qu’elle était en vie, avec lui.

Il était plus aisé de se sentir, lorsqu’on était à deux — car l’on voyait son reflet dans ses yeux. A eux, à lui ; oui.
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Maxwell T. Northwood
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Jeu 13 Aoû - 0:34
J'avais vu juste au final ; Elise avait compris. C'était un terrain intéressant, d'ailleurs, ce qu'elle avançait. La magie permet la différence... C'est comique. J'aurais dit que la différence permet la magie. Peut-être que ça marche dans les deux sens. Je la regardais et j'essayais d'imaginer, dans tous les cas. De l'imaginer elle, à la fête de fin d'année d'un lycée normal, dans la cantine vaguement décorée de banderoles en papier, sans un bout de bois en prolongation de son bras, sans l'imperceptible aura que je voyais presque briller doucement autour de chaque sorcier, et c'était comme l'imaginer qui ne respirait plus. Je hochai la tête. Il valait mieux passer, oui. Je n'aimais pas cette image et elle n'avait pas l'air insultée par mes mots maladroitement formulés, tout allait bien dans le présent.

Reprenant une gorgée de champagne, je souris contre mon verre. Je n'étais pas vraiment sûr d'avoir envie de découvrir, si ce n'était pas bon. Le goût de l'aventure est chez moi acquis, une nécessité de survie ; ce n'était pas vraiment que je me plaigne de mes découvertes mais si j'avais eu le choix... J'aurais sans doute préféré qu'on me rende ma soeur et que je puisse rester tranquillement chez moi. Comme je ne l'avais pas, je prenais le meilleur de ce qu'on me donnait et j'essayais d'oublier le reste.

- Non mais euh, le champagne c'est bien. Je découvre de toutes façons.


Je suis toujours plus éloquent a posteriori. Je passai une main gênée sur ma nuque devant son ravissement. Ma question avait apparemment fait mouche ; peut-être n'importe quelle proposition aurait-elle fait mouche, à la réflexion, parce que nous étions ensemble. Néanmoins, c'était un peu particulier, ce genre de moments.

- Vraiment, oui.

C'était compréhensible, qu'elle ne croie pas à mon sérieux. La musique ne s'accordait pas à notre âge ni à notre temps. Elle ne savait pas encore que j'écrivais, Elise ; les mots sont toujours un peu comme un secret, parce que les montrer c'est dévoiler un bout d'âme, un quelque chose très personnel. Un jour, peut-être, je lui ferais lire. Un jour où, probablement, je lui expliquerai les mille et une choses que j'ai apprises pour tourner les mots correctement. Pas des nuances d'anglais, non. Juste des connaissances et, parmi celles-là, quelques unes associées à des souvenirs un peu doux, un peu amers.

Un jour, j'avais eu besoin de décrire une danse, et je n'avais pas la moindre idée de comment faire. Je n'avais jamais dansé de ma vie ; trop raide, peut-être, que pour songer à faire de mon corps quelque chose de plus gracieux que transcrire mon imagination. C'était les vacances de Noël, et Abigail était là, et je lui ai demandé. Dis, Abby, tu sais danser ? Au nombre des questions étranges que je lui ai posé quand j'essayais d'écrire, celle-là était encore plus ou moins normale, et la réponse positive m'a étonné. Elle n'a jamais voulu me dire qui lui avait appris, ni pourquoi, ni où. Il neigeait dehors, je me souviens, quand elle m'a appris, la maison sentait encore la cannelle des pâtisseries du goûter. Nous avions fini tous les deux à rire sur le tapis à côté du sapin, mon document oublié sous l'écran de veille. Nous avions dix-sept ans.

- Pas autant que moi, faut pas t'en faire. Je crois que ça fait longtemps.

Elise, j'ajoutai en pensées pour me sortir de ma nostalgie, me raccrocher encore au moment présent. Ce n'était peut-être pas très rassurant pour elle que je sois rouillé, puisque j'étais sensé guider, mais j'avais apparemment un certain talent si l'on écoutait le souvenir de ma soeur ; j'avais la raideur et les manières des anglais typiques, et trop de politesse pour marcher sur les pieds de ma partenaire. Je déposai mon verre à mon tour, un peu éberlué devant le salut, mais j'avais attrapé des réflexes d'acteur. Je m'inclinais, une main sur le coeur, un bras dans le dos, avec un large sourire amusé.

- Tout le plaisir est pour moi, mademoiselle.  

Je me redressai lentement, tendant cette main vers elle comme si toute mon affection y était posée pour qu'elle la saisisse. Je l'emmenai vers la piste de danse, prêtant une plus grande attention à la musique pour essayer d'y trouver un rythme. Je me rendais compte que je parlais fort peu, pour ce que je pensais. Les mots à l'oral n'avaient pas autant de charme, sans doute, surtout quand on pouvait poser des actes. C'était devenu ma forme d'expression réelle préférée, à force d'être enfermé toute la journée avec quelqu'un qui ne pouvait plus me répondre. Puisque la main d'Elise était déjà dans la mienne, je n'avais qu'à attraper sa taille, ce que je fis ; je cherchai dans ses yeux une confirmation que tout allait bien pour répondre à mon sourire un peu bête.

- De ce que j'ai compté, c'est une valse. Y avait plutôt intérêt, c'est la seule chose que je connais. J'ai pas souvent dansé, mais ça m'a bien plu. C'est agréable d'avoir une partenaire qui fasse un peu plus que la moitié de ma taille, ceci dit.

Un aveu un peu stupide, quand on regardait quelqu'un dans les yeux. C'est peut-être ça, l'amitié, une série d'aveux un peu stupides, un contraste entre les paroles qui ne veulent rien dire et les yeux brillants de tendresse. Peut-être que je devrais vraiment lui faire lire ce que j'écris.

Il y avait des gens autour de nous mais je ne regardais qu'elle, menant au rythme de la musique à trois temps. Les gens, comme Poudlard, comme la magie, ça ne comptait pas vraiment ; il y avait un nous.



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Elise B. Dickney
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Dim 22 Nov - 0:01
« Elise n’avait trop su pourquoi, mais lorsque Maxwell s’était incliné; elle avait ressenti l’urgence des larmes. Cela l’avait saisie un instant, alors que sa gorge s’était serrée; ses yeux se mettant à briller — ondoyer. Aussi avait-elle ri, doucement; se sentant émue du geste, tout simplement. Peut-être n’était-ce pas plus complexe, peut-être était-ce juste une question d’attention. Qui avait-il de plus beau que l’amour, après tout ? Se sentir apprécié, se sentir en sécurité — ne pas avoir à se soucier du noir de dehors, du froid des draps; juste à sourire à celui vous faisant face.

Celui vous regardant car il voulait vous regarder — il n’y avait aucune obligation, juste un lien sincère; un désir profond d’écoute et de réciprocité. Que pouvions-nous vouloir de plus, se demandait-elle alors qu’elle venait saisir du bout de ses doigts la main tendue de son partenaire. « Vous me charmez, monsieur. » Et elle avait ri avec plus de spontané, laissant ses joues rosir alors qu’elle se laissait aller à leur amitié. C’était amusant, que de se jouer des codes; que d’inventer sa propre histoire — leur moment à eux. Ils marquaient le fil du temps, s’écrivaient sur un livre invisible qui jamais ne disparaitrait. Quelqu’un se souviendrait-il de leur silhouette se découpant dans la foule ? De ce regard qu’ils s’échangeaient, brillant de petites choses; celles propres à la malice du partage ? Elle l’espérait — tant bien même cet inconnu ne pourrait-il pas comprendre; il les vivrait pour une seconde. Et c’était bien suffisant, que de pouvoir partager l’intimité d’un amour; d’une affection encore tendre, ourlée de paresse et de faits un peu brumeux.

Il ne leur restait plus qu’à découvrir — à ne pas s’effacer l’un et l’autre; mais à se faire mutuellement exister. Elle voulait bien parler pendant des heures, voulait bien se laisser aller à ses histoires et reflexions — mais par dessus tout, elle désirait l’entendre lui. Le double de ce qu’elle aurait pris, oui; Elise était sans doute ainsi.

Et ils étaient partis.

La musique calquant leurs pas, elle était venue chercher ses yeux; redressant son menton. « Les valses ne sont pas toutes les mêmes, tu sais ? » Et elle avait ri — car cela semblait être à présent la seule chose qu’elle savait réellement faire. Peut-être était-elle simplement heureuse, de se sentir en vie; de se sentir exister à deux. Tout avait plus de sens, lorsqu’on pouvait partager quelque chose. « Il y a les valses lourdes de sens, celles ou l’on en entendrait presque un silence. Il y a celles de réunion, celles de séduction — il y a tant de valses différentes. C’est impressionnant, ne trouves-tu pas ? » Son sourire s’était dédicacé, s’épanouissant sous un nouvel angle alors que ses yeux s’étaient fait(s) pétillants — il y avait du mystère et de l’affection, de l’intérêt envers la personne, de l’intérêt envers le monde.

Il y avait quelqu’un d’aimant; quelqu’un donnant.

« Les pas sont tous les mêmes, ou du moins fondamentalement. Quasi toujours ce trois-temps, et pourtant. Des poussières, quelque chose d’infime vient tout changer. Dans la façon de bouger, de se laisser aller — de guider. Dans la façon d’appuyer son pas, de faire ressentir son poids; puis vient les regards et les sourires, ce sont sans doute eux les plus expressifs. Je me souviens avoir assisté à quelques réunions, à quelques buffets — et chaque valse était différente. Des fois la musique est la même, mais ce sont les couples qui imposent leur propre monde. » Et elle s’était un peu perdue dans son histoire, Elise. Cela devenait récurrent, depuis un certain temps. Elle se mettait à parler, à improviser ses sentiments; à les basculer en mots sans chercher à les formuler. Aussi s’emportait-elle, se laissait-elle entrainer par un vent venu d’ailleurs; aussi devenait-elle maladroite, plus réelle — concrète.

Cela l’éloignait-elle peut-être encore plus qu’avant, elle ne savait pas trop. Se disait juste qu’il était temps d’être, plutôt que de penser à être. « Enfin, que dis-je ! Qui s’en soucie ? Tout est dans le partage. » Elle avait ri d’un sourire, avait fermé paupières avant de se rediriger vers lui; tendant son attention vers celui qui lui tenait la taille. « Je n’attends que de voir notre danse, cher Maxwell. » Et il y avait de l’innocence dans ses propos, une chose un peu candide; encore lisse de tout remous. « Je suis contente que tu sois plus grand, mais tu sais; les grands préfèrent souvent les toutes petites. Alors ça me fait plaisir de faire plaisir. » Ce n’est pas qu’Elise avait un jour été complexée par sa taille, mais qu’elle avait plutôt admis l’idée. Le fait qu’elle ne pourrait pas changer, et que tout serait ainsi; à présent. Aussi l’audace de ce soir avait été d’oser de mettre des talons, et elle ne regrettait rien — se sentait en aise; à l’aise. Et c’était bien.

Enfin, ils s’étaient mis à danser — et Elise avait suivi. « Sommes-nous vraiment rouillés ? » Avait-elle commenté, flottant et basculant; « penses-tu que l’on puisse oublier ? Que notre corps puisse s’arracher le souvenir de quelques pas ? Après quelques hésitations, tout a pourtant l’air de si bien aller. » Elle lui avait offert une esquisse solaire, tamisée dans sa douceur; tiède dans son bonheur.

Et puis, il n’était jamais trop tard pour recommencer.
Rien n’était jamais fini — tout ne faisait qu’aller.

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Maxwell T. Northwood
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Dim 27 Déc - 15:35
Le rose allait bien aux joues d’Elise. Je me sentais comme si j’avais fait le clown pour déclencher le rire d’une enfant. C’était un peu ça, finalement, un curieux paradoxe entre l’envie de profiter une dernière fois des murs connus et rassurants qui ont vu la moitié de l’enfance et la froide réalité. J’ai toujours trouvé que l’adolescence, ce n’est qu’un prolongement des découvertes de l’enfance, en plus étrange et plein d’émotions très différentes. C’est peut-être parce que je n’ai pas encore bien compris comment on fait pour être adulte ; jouer est toujours important, quel qu’en soit la forme.

Ce jeu-là était bénin, vraiment, afficher des sourires plus dans l’espoir de les voir rendus que dans une joie réelle. Pas que je n’aie pas aimé me trouver à ses côtés, mais c’était son moment. A mon propre bal de promo, j’ai vu des gens se tenir raides et boire le long des murs pour ne pas se mêler à la foule, parce qu’il fallait être là, faire semblant de s’amuser et prendre des photos. Je n’étais pas de cet endroit mais je ne voulais pas que ce soit ce qui arrive à Elise ; j’imagine que des choses différentes ont une importance pour chacun, et que les gestes que l’on pose pour afficher son affection ne sont pas toujours bien compris comme tels. Oui, c’était normal que je sourie, que je rie, que je parle et joue, mais la différence subtile était dans l’intention. Je n’avais envie de tout cela que dans l’idée de la voir heureuse en miroir. C’est une motivation comme une autre.

Outre ces sourires, j’étais un peu tendu à la perspective d’une danse. Je savais que je me débrouillerais probablement, si c’était comme le vélo, mais je voulais bien faire. Comme souvent, d’ailleurs. Il n’y avait plus grand chose à en dire, maintenant que j’avais présenté mes excuses à l’avance, mais Elise avait toujours des choses à dire. Les valses ne sont pas toutes les mêmes, non.

- Peut-être qu’il y a autant de sortes de danses que de sortes de silences. C’est juste une autre manière de le vivre.

Ceci en était un, de silence. Pas exactement, en fait, mais je le voyais comme tel. Pas que ce qu’Elise dise manque de sens, mais sa voix était douce et j’aurais pu entendre un ronronnement de chat à la place, le craquement du feu dans une cheminée malgré la saison qui ne s’y prêtait pas. On n’aurait aussi bien pu ne pas parler, on aurait pu s’en passer facilement, ce qu’on disait ne faisait qu’accompagner. Pas d’enjeu, pas d’explications, juste des pensées à voix haute pour souligner toutes les autres manières de communiquer. Elle a des mots choisis avec soin, Elise, des mots qu’on ne comprend pas toujours. J’aime m’y plonger et voir ce que j’y vois, et constamment me demander si je n’ai pas cligné des yeux trop vite, manqué une nuance dans le son de sa voix. Ce n’est pas très grave au final, je crois ; je laisse glisser, je prends ce que je peux et je m’en délecte. On n’est pas obligé de comprendre pour aimer. Les pas sont toujours les mêmes.

J’ai tiré sur le col de ma veste, un peu, pour l’ajuster, et j’ai souri. Peut-être était-il temps de dire les mots. Je crois que mes yeux pétillaient de malice, du trait d’esprit qui me ferait retourner ses mots, ses précieux mots, non pas contre elle mais vers elle.

- C’est plutôt bien, en fait, qu’à chaque fois ce soit différent. La différence permet la magie, on va voir si je suis assez bon sorcier pour tenir la distance.


Il y a de la magie dans les silences, et puis dans la danse, sans doute. Je ne suis pas assez expérimenté pour le savoir, mais je me souviens assez nettement de celle que j’avais partagée avec Abby que pour savoir qu’il y avait quelque chose. On dit que la musique est une des choses vraiment caractéristiques de l’être humain, la capacité à la prendre comme un art et pas comme un simple moyen de communication, mais sans doute que les gens oublient que ç’en est toujours un. Comme dans toutes les communications, il faut savoir ce qu’on fait si l’on ne veut pas donner une mauvaise image. J’écoutais la musique pour commencer au bon moment. Un, puis deux, puis trois ; mon sens du rythme est étrange mais je sais compter.

Je baissais les yeux vers Elise une fois la danse établie, lancée, l’univers créé. Elle avait encore raison, il y avait comme une bulle autour de nous malgré la proximité de tout les autres, et ça n’avait rien à voir avec l’atmosphère sous-marine. J’aimais bien ma main sur sa taille, le tissu était satiné ; le point d’ancrage avait changé, ce n’était plus elle à mon bras. Peut-être était-ce moi qui la retenais dans la réalité à présent, celle où l’une de ses remarques me fit revenir sur un clignement d’yeux perplexe.

- C’est vrai ? Enfin, je suis content qu’Abby soit petite, parce que je dois la porter et la traîner. C’est plus facile. Pour danser, j’aime bien quelqu’un qui tienne sur ses deux jambes. Je me plie assez en deux comme ça, tu me fais des vacances.


Mes paroles manquaient un peu de sel par rapport à mes observations. C’est toujours comme ça ; je suis un peu lent et c’est dommage. C’était vrai, pourtant, on sous-estime souvent l’importance de l’indépendance dans les relations. Les choses les plus saines ne viennent pas des gens qui s’écroulent, et Elise tenait littéralement debout. J’appréciais beaucoup. Je souriais. Cette danse me semblait paresseuse sans être pourtant lascive, les limites claires et respectées, juste la manifestation d’une affection calme et posée. Ancienne, peut-être, même si elle ne l’était pas tant que ça. Je me demande si ce n’est pas un de ses dons, je ne sais pas si elle peut connaître les gens si vite mais elle peut au moins en donner l’illusion, mettre à l’aise. C’est le genre de talents qui peut être dangereux, mais je ne pense pas qu’Elise le soit. Nous verrons bien.

- Hmm. Je ne sais pas trop. Peut-être que c’est juste une histoire de se laisser aller. J’ai un peu de mal avec ça, c’est bête. Je sais que c’est la peur de se tromper qui fait faire le plus d’erreurs, mais je crois que c’est humain. Là, je crois que ça va.


Et ça allait vraiment ; elle dansait bien, Elise, sans doute mieux que moi mais au moins je ne semblais pas la lasser. Un, deux, trois. C’est facile. Il suffisait de tourner, mais je ne suis toujours pas sûr que je guidais vraiment. Je suivais un rayon de soleil.

- Je suis un peu étonné, tu sais. On dirait que les sorciers sont bloqués dans le temps. C’est étrangement agréable. Vous pouvez tout changer, vous pourriez tout changer, mais tout ça me donne l’impression qu’un jour on a arrêté toutes les horloges. J’aime bien.

Est-ce que je suis né dans le mauvais siècle ou dans le mauvais monde ? Un peu des deux, peut-être. C’est toujours un peu contrariant de souligner les différences avec ma soeur, mais réveiller mon amour du passé me met du baume au coeur. Je me demandais distraitement si, pour écrire, ils utilisaient tous des plumes, ou si ç’avait été une bizarrerie d’Abigail.

Si les sorciers étaient bloqués dans le temps, ils ne l’étaient pas dans l’espace. Nous tournions et flottions à un rythme qui se dissociait progressivement de la musique pour devenir plus lent, ou du moins était-ce mon impression. Un genre de sommeil commun, un genre de rêve peut-être ; c’était agréable. Tant et si bien que je sentis à peine le phénomène magique se déclencher avant que nous ne soyons pris dans un tourbillon de couleurs.

Je l’ai déjà mentionné, je suis lent, et cela s’exprima de manière étrange dans ce transport. Je n’avais pas encore compris, je ne m’étais pas encore arrêté de compté, alors la danse se prolongea malgré moi. C’était un élan de mon corps qu’il fallait que je prenne le temps de stopper, mais cela se ferait après que j’aie compris ce qui s’était passé. Il y eut encore quelques pas sur le tapis moelleux sur lequel nous avions atterri, sans musique autre que mes oreilles qui tintaient avec le choc de la translation. La danse sembla s’éteindre comme un écho, mais il ne faisait ni froid ni caverneux dans ce nouvel environnement.

- Où…

Où est-ce qu’on était ? Pas la moindre idée, mais j’observais avec encore la main d’Elise dans la mienne, l’autre délicatement posée sur sa taille, comme si ce n’était qu’une pause, un battement de coeur avant de reprendre le compte des pas. J’avais probablement l’air stupide, mais je ne m’en rendais pas encore compte.

Je me demandais, étrangement, si ce n’était pas notre danse qui avait créé ce décor. Je ne suis toujours pas très familier avec la magie, mais ça y ressemblait de très près. Je n’étais pas en alerte, même si j’aurais dû. Je me sentais bien.



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Elise B. Dickney
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Mer 30 Déc - 3:29
« Elise avait éclaté de rire — ses mains étaient venues glisser dans les paumes de Maxwell, avant de les presser chaleureusement. Elle aurait aimé se reculer, pouvoir poursuivre ce rire qui lui brûlait la gorge; mais elle savait à quel point les détachements soudains pouvaient heurter, blesser. Ce n’était pas qu’on le réalisait vraiment, il s’agissait sans doute plus du corps qui réagissait inconsciemment — encore. Aussi avait-elle laissé le calme reprendre contrôle de ses lèvres, alors qu’un sourire simple avait tranché son visage — le tout n’avait duré qu’une fraction de seconde, mais Elise avait toujours peur de faire trop. Alors elle se contrôlait, finissait par reprendre les petits défauts des hommes; et ses doigts étaient venus se recroqueviller sur ceux de son ami. Il s’agissait de maintenir le contact, tout en changeant la position; pour qu’il puisse se rendre compte à son tour. Elle n’avait pas vraiment été surprise, avait en quelque sorte attendu que tout parte en vrille. Car c’était toujours ainsi à Poudlard — car aucun évènement ne s’était jamais déroulé comme prévu, car il s’agissait comme d’une manière de dire préparez-vous, rien ne va jamais comme vous l’espérez : alors soyez ouverts d’esprit, flexibles !

Et c’était sans doute mieux ainsi. Que de les préparer à tout, que ce soit volontaire ou involontaire — aussi finiraient-ils un peu blasés, un peu plus accommodés. Il allait s’agir de bons souvenirs, lorsqu’ils se réuniraient tous dans une dizaine d’années. Chacun aurait une occupation, d’autres seraient peut-être déjà mariés — c’était fou de voir à quel point le monde moldu avait influencé le monde sorcier. Pourquoi continuait-on à croire qu’on serait vieux à soixante ans ? Alors que l’on pouvait bien en vivre deux-cents ? Certes, les maladies magiques étaient souvent létales, et tant bien même vivre sorcier était palpitant; on avait tendance à ne pas durer longtemps… Mais tout de même, c’était surprenant. « Tu vas bien ? » Et elle était attentionnée, Elise; conservant toujours ses bouts de doigts imbriqués dans ceux du blond garçon. Son regard s’était autorisé à quitter comparse pour se perdre sur le nouveau paysage. Où étaient-ils, bon sang ? « Hm ? » Et elle était revenue à lui, souriant d’une manière mi-présente mi-absente; lui montrant par le regard qu’elle était bien là, juste pensive. Sa main droite s’était finalement détachée de quelques millimètres de celle de Maxwell, et ses doigts avaient ondulé alors qu’elle avait fait apparaitre quelques éclats de lumière — étincelles.

Tout allait bien.
C’était le plus important, au final — l’environnement ne semblait pas austère, mais par dessus tout elle restait elle-même. En pleine possession de ses moyens, capable d’agir et d’aider en cas de besoin. Un soupir discret s’était fait trahir par le relâchement content de ses épaules; alors qu’elle était revenue toute entière vers Northwood « Je t’avais dit qu’il fallait te méfier, j’ai bien fait de te le répéter encore et encore; regarde un peu la catastrophe ! » Et elle en riait doucement, de manière tamisée; amusée. Après tout, il n’y avait pas mort d’hippogriffe ! Il faisait bon et elle pouvait apercevoir derrière l’épaule de Max une fenêtre donnant sur des étendues de blanc. Ils étaient comme seuls au monde, les crépitements devinés d’un feu de cheminée et leur propre voix venant seuls déranger le silence omniprésent.

Transplaner semblait impossible, aussi. C’était un peu étrange, que de le sentir dans ses os; dans sa manière de prédisposer l’action sans que rien ne s’enclenche. C’était sans doute un résidu vis à vis de Poudlard ? Elle ne savait pas, l’ensemble du tableau lui semblait absurde — mais si Elise avait bien appris quelque chose des ses années passées à Poudlard, c’était que le mot invraisemblable n’avait pas lieu d’être. Pas dans son monde — celui rempli de magie et d’inepties. « Tout le monde a du se retrouver dans le même pétrin, on apprend à s’accommoder au fil des années, je suppose. Vu l’heure, je ne vois pas quoi faire d’autre que de continuer à vivre ? Découvrons un peu notre nouvelle demeure, et voyons ce qui se passe au fil des heures ? » Elle avait souri, le lien toujours établi entre sa main gauche à elle et sa main droit à lui. Sans doute était-elle un peu tendue, mais la présence de Maxwell, être non magique à ses côtés la forçait-elle à se montrer calme et posée.

Il fallait montrer que tout allait bien, comme avec certains enfants. Ne pas mentir, non plus — mais savoir se dire en sécurité lorsqu’il en semblait ainsi. Tant bien même se sentait-elle toujours alerte, et quelque peu déboussolée vis à vis de ce soudain changement physique. Il ne s’agissait plus de bulles, de vase, de musiques aquatiques et de brouhaha heureux — mais de chauds crépitements, de silence et de mélange entre bois ; fauteuils douillets et froid à deux pas. « Je me demande combien de pièces il y a. Et si il est possible de dégoter un bon gros sweat-shirt avec un bas de pantalon confortable. Quoique je pourrais changer nos vêtements mais il est plus pratique de se changer. Enfin, je ne sais pas pour combien de temps on restera là ? C’était tout de même une grosse réception, le Londres Magique ayant été invité. Ça fait du monde à gérer. Surtout que l’on est en été, et que ce n’est pas en Grande-Bretagne qu’il y a de la neige à cette période de l’année.  » Elle réfléchissait sans doute à l’envers, Elise — se retenait d’ajouter aussi l’idée de fouiller les placards à la recherche de quelconques boites de conserve. Mais cela venait souvent plus tard dans les romans, se souvenait-elle. Alors se contraignait-elle dans sa tirade pour rester plus naturelle. Ce n’était pas le stress qui la rendait ainsi, juste l’idée monstrueuse que si tous s’étaient retrouvés dans leur cas; et qu’eux aussi ne pouvaient pas transplaner, ça allait créer un énorme problème de logistique. Leur situation se résumait en un mot : galère.

Enfin. Ce n’était pas naturel, tout de même; que de penser aux causes et conséquences. Elle ne faisait pas partie de l’administration ni de ceux ayant organisés cet immense évènement. Aussi avait-elle fini par lâcher un énorme soupir et avait-elle ri d’un éclat : « Que dis-je. Vraiment. » Avant de lâcher définitivement Maxwell, et d’aller s’effondrer sur un fauteuil ; « Je ne sais pas ! Tu en dis quoi ? ».

Elle était malice; car seuls amusement et partage pourraient les sortir de cet instant de folie. L’attention simple et ourlée de tendresse maligne qu’ils partageaient était leur fil menant à leur petit cocon de normalité.

Et elle comptait bien s’en contenter.

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[BUMBYDAY] All we need — Maxwell ♥

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