Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille... Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres. Le monde magique anglais est en ébullition à mesure que les trois candidats s'opposent, laissant un peu leurs charges respectives à l'abandon au profit de leur campagne. C'est ainsi qu'à Poudlard, un joyeux bazar règne souvent en l'absence du directeur, et que les créatures de tous poils envahissent peu à peu les villes sorcières pour le meilleur comme pour le pire !
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Ataraxie (Elise)

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Kalev Hopwar
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Sam 8 Aoû - 14:53
Le mois d'août s'associait toujours sourdement avec la quiétude dans l'esprit endormi par la fatigue de Kalev. Souvent moqué pour son caractère frileux, il n'en restait pas moins que le fait qu'il affectionne les températures chaudes le rendait profondément amoureux de l'été. De mémoire, il avait passé la plupart de ses vacances allongé dans le jardin de ses parents pour prendre le peu de soleil qui nimbait la Grande-Bretagne tout au long de l'année. Il fermait les yeux, somnolait quelques heures, se levait parfois pour dénicher une boisson fraîche dans la cuisine, lisait le petit mot laissé par sa mère sur la table à propos de son heure de retour et retournait se coucher, dans son lit cette fois, moite et paresseux, abattu par une chaleur aussi lourde qu'agréable.

Cette année, pourtant, il n'avait pas le loisir de s'étaler sur l'herbe, de deviner la forme des nuages ou contempler leur absence, ni de d'hurler à son frère, de retour à la maison pour quelques jours, de baisser le volume de la radio sorcière qu'il écoutait à longueur de journée. Pour cause, ces vacances là n'étaient pas qu'une coupure entre deux trimestres passés à Poudlard, mais bien une transition. Décemment, alors qu'il s'installait dans l'appartement toujours désert de son aîné, se trouvait un travail et découvrait les facettes du Londres sorcier, il ne pouvait passer tout l'été dans la maison de son enfance. Il y retournerait bien assez tôt ; le lendemain, pour fêter ses dix-huit ans, par exemple. Le vingt-deux du mois d'août, au lieu du vingt-et-un, parce que ses parents ne pouvaient pas s'absenter du travail pour si peu, et parce que son frère s'entraînait dur.

Et puis, ce vendredi-là, il avait déjà quelque chose de prévu, un peu par hasard.

L'ancien Poufsouffle remua sa cuillère dans sa coupe de glace pillée à la pêche, agitant les couleurs et provoquant un cliquetis léger. Le café dans lequel il attendait un peu de compagnie n'était guère bondé, peut-être parce que le mois d'août était propice à quelques vacances en famille, loin de la capitale. La ville, les rues étaient curieusement moins animées que Kalev ne l'aurait imaginé, étendu au soleil de son sa petite ville natale, pourtant non loin d'ici.

Kalev n'avait jamais beaucoup échangé avec Elise Dickney. Ils auraient pourtant eu mille occasions de discuter de tout et de n'importe quoi durant leur scolarité. Après tout, chacun d'eux avait obtenu le poste de capitaine de leur équipe de Quidditch, et les rencontres sur le terrain n'avaient pas manquées. Le problème venait peut-être du fait qu'avec un certain recul, Kalev avait passé la majeure partie de son temps auprès de ses camarades de Poufsouffle. Il n'avait rien contre les autres, seulement, vivre dans les mêmes dortoirs rapprochait bien plus, n'est-ce pas ? Mais l'avantage avec le changement d'environnement, c'est qu'il s'agissait d'une bonne occasion de
réparer quelques petits oublis, de prendre de bonnes résolutions.

Alors, assis devant sa glace pillée, un sourire apaisé sur les lèvres et une mélodie en tête, il attendait l'arrivée de la jeune fille.




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Elise B. Dickney
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Sam 8 Aoû - 17:01
Il y avait ce petit quelque chose de paisible, que de se dire que ses mouvements avaient un but — que de se dire que chaque pas fait menait vers une attente. Vers une personne — vers quelqu’un, oui. La vie. Aussi Elise avait-elle poussé la porte en bois du café avec naturel, comme si elle ne faisait qu’entrer chez elle ; dans un territoire connu mais également nouveau, rempli de promesses. Son regard s’était fait circulaire alors qu’elle balayait une à une les quelques personnes pavant le lieu, elle avait adressé un sourire poli au barman au son du carillon ; ne tardant pas à élargir son esquisse en quelque chose de plus réel lorsqu’elle avait repéré l’objet de ses recherches : Kalev.

Petit bout d’homme dans la place, remuant de sa cuillère elle ne savait trop quoi ; le tout semblant cependant fort rafraichissant. « Kalev ! » Et elle avait souri comme aux premiers jours, Elise ; agitant sa main vers le blond garçon. « Je peux m’asseoir ? » Elle avait ri, s’était penchée en avant pour mieux saisir du regard le visage de son partenaire ; avant de se poser sur la chaise qui lui faisait face. Face à lui — et c’était un peu absurde que de demander ce genre de choses quand on était la personne ayant invité. Elle était quelque peu surprise de le voir avant elle, elle qui avait l’habitude d’attendre plutôt que d’être attendue. Mais ce changement lui faisait du bien, ne faisait que renforcer ses diverses mimiques joyeuses aux ourlets quiets. « Tu vas bien, tu n’as pas trop attendu ? Longtemps ? » Et elle n’était que bourrasque, marrée de mots alors que ses yeux s’écarquillaient doucement sous le jeu des affections et tièdes tendresses.

Au final, le connaissait-elle vraiment ? Elle parlait et s’étendait alors qu’ils n’étaient que deux formes inconnues ; survolées plus qu’accrochées. Mais n’étaient-ils pas deux, à présent ; n’étaient-ils pas eux ? A être ainsi, au bord d’une nouvelle vie, d’une renaissance après Poudlard ; après les douces journées, les amis et la sécurité ? La blonde n’avait jamais trop osé approcher Kalev Hopwar : peut-être avait-ce été par manque de confiance en elle, de certitude qu’ils n’auraient rien à se dire, qu’il la trouverait étrange. Et puis, le temps était passé ; ils s’étaient effleurés lors des matchs de quidditch, s’étaient peut-être même bousculés sans trop faire exprès sur les quais ; dans les couloirs — avaient partagé les mêmes cours, en se voyant sans se savoir.

Cela s’était juste fait, oui. Jusqu’au moment où il avait été question de partir, de s’inventer ailleurs tout en gardant en mémoire ceux qui restaient, ceux qu’elle attendrait ; comme elle aurait aimé qu’on l’attende un an auparavant. « Enfin, enfin. » Elle parlait trop, s’en rendait à moitié compte ; avait fini par se dire que ce n’était pas si grave, que d’avoir des choses à dire. Que d’épandre sa maladresse, si l’on voulait bien la prendre. Son sac était venu s’accrocher sur le dossier de la chaise alors qu’elle finissait de s’installer, reprenait son calme ; ne perdant pas cette joie paisible d’être là — avec quelqu’un. Une personne connue comme méconnue, une personne qu’elle connaissait depuis toute une vie, mais ignorait encore.

Mais ce n’était pas grave, car ils avaient encore le temps.
Tant de questions étaient là, en attente, posées sur ses lèvres dans un de ces sourires que l'on pouvait juger d'éternel.
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Kalev Hopwar
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Sam 8 Aoû - 20:17
En attendant son prénom fuser l'air jusqu'à ses oreilles, le garçon leva le nez pour croiser le regard d'Elise, qui, debout près de la table, faisait preuve de quelques politesses. A la voir ainsi dressée près de lui, Kalev découvrait qu'elle était plus grande que lui ; et il poussa un soupir intérieur, à demi fatigué de ne jamais dépasser personne, à demi amusé de toutes ces filles qui pouvaient le regarder de haut sans qu'il ne puisse rien y changer. En un sens, Kalev se remerciait parfois de ne pas avoir particulièrement de fierté à défendre. Du haut de sa petite taille, il l'aurait sans doute bien trop mal vécu.

- Salut, répondit-il avec entrain, alors que l'ancienne Serdaigle s'installait. Je suis venu un peu en avance de toute façon, et puis c'est l'été, rien ne presse, on a tout notre temps. Enfin pour ma part, je l'ai, mais c'est vrai que tu as peut-être des obligations, c'est possible que je m'avance un peu trop. Je suis peut-être le seul à avoir beaucoup de temps à tuer en fin de compte.

Il commençait déjà à parler un peu trop : pas moyen de chasser les mauvaises habitudes, décidément. Il avait longtemps essayé, mais c'était fatalement peine perdue. Tant pis. Peut-être fatiguerait-il Elise, peut-être pas, et dans tous les cas, ce n'était pas quelque chose d'important. Les gens se donnaient rendez-vous pour discuter, pas pour se contempler dans les yeux de l'autre durant de longues minutes de silence. Certains affirmaient que le silence exprimait beaucoup de choses, mais Kalev trouvait srutout ce genre d'atmosphère très pesante. C'était sans doute un moyen de communication qui correspondait à merveille à un certain type de personne, mais certainement pas à lui.

Il étendit une jambe sous la table, cognant le pied au passage ; preuve que petit ou grand, on n'échappait pas à certaines petites misères du quotidien, comme les pieds de table et de chaises toujours mal placés. Il apporta à nouveau la glace pillée à sa bouche, tout en tentant de ne pas la finir trop vite ; la coupe était déjà plus d'à moitié vide. La montrant du doigt, il s'adressa à la jeune fille :

- Tu devrais essayer, c'est franchement bon et ça fait du bien. Il coinça la cuillère au coin de sa bouche et baragouina la suite. C'est vrai que j'adore l'été, la chaleur, le beau temps, mais je crache jamais sur une bonne glace. Le cliché dira que c'est parce qu'un Poufsouffle ne crache jamais sur aucune forme de nourriture.

Le garçon rit légèrement, puis reposa la fine cuillère dans la coupe. Et maintenant ? Parler de banalités, c'était facile, n'importe qui d'un peu sociable en était capable, y compris avec le dernier des inconnus. Le soucis, c'était qu'Elise n'avait pas tout d'une inconnue, sans être une proche pour autant, et il n'arrivait pas tout à fait à déterminer des sujets qu'il pourrait aborder avec elle. S'il n'avait pas été lui, il aurait certainement eu un peu peur de dires des choses stupides, sans intérêt, et de se tourner au ridicule ; mais ce n'était pas le cas. C'était simplement qu'après sept ans à se côtoyer sans vraiment s'aborder, c'était finalement étrange de découvrir plus que le visage d'une personne qui avait presque été assimilée au décor, bien qu'en y pensant, cette façon de voir la situation n'était pas des plus tendres.

- Le quidditch va pas te manquer ? finit-il par lancer comme un caillou dans la marre.

De tous les sujets abordables, c'était certainement le plus logique. C'était amené d'une manière un peu abrupte, mais ça lui avait traversé l'esprit, comme ça, et les mots avaient franchi ses lèvres avant qu'il ne s'en rende véritablement compte.




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Elise B. Dickney
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Mer 12 Aoû - 11:51
« Et elle l’écoutait, tout sourire ; yeux sereins. Car il était bon de voir quelqu’un parler librement, se laisser aller à ses côtés. Les flots de paroles ne l’avaient jamais vraiment dérangée, aussi pouvait-on dire qu’en ce moment même, Kalev l’apaisait. Il l’amusait, aussi ; de ses réflexions un peu maladroites, qu’elle jugeait de presque précipitées. Elle-même se faisait des croches pattes vocaux et se rétamait, s’emmêlant dans ses mots et explications, alors elle comprenait. Il était difficile de penser et de parler en même temps, après tout — et embarrassant de prendre six minutes à réfléchir à quoi dire avant de s’élancer, Elise préférait donc le spontané. Qui avait-il de plus naturel que de s’exprimer, après tout ? Le spontané disait bien des choses, il était propice aux quiproquos et aux jugements erronés ; mais pour qui savait aimer, il formait tendresses diverses et rires sincères. « C’est vrai qu’on a le temps, mais dans un sens tout est déjà passé si vite ! » Ils étaient déjà en aout, ça la déstabilisait un peu de se dire que dans moins d’un mois ; elle commencerait sa formation. « L’important est que l’on ne s’ennuie pas, je dirais. » Avoir du temps était une chose, ne rien faire une autre — il fallait juste échapper à l’ennui, pire ennemi de l’homme et de ses pensées. Aussi avait-elle ri un instant, un rire d’une seconde ; rafraichissant ses propos pour qu’ils ne semblent pas trop songés.

Passant une main derrière sa nuque, la blonde avait fini par dévisager la boisson dont lui parlait Kalev — de plus près, Elise reconnaissait la glace pilée. C’était donc ça ! « Haha, ça a l’air bon, mais j’ai peur que ça me monte à la tête ? La dernière fois Thomas a eu pareil. » Enfin c’était ce qu’il lui avait dit, aussi allait-elle fuir ce genre de truc tant qu’elle le pouvait : « Donc je pense que ce sera plus thé glacé à la pêche pour moi, hehe. » Aussi avait-elle adressé un geste au serveur, qui avait opiné du chef avant de partir derrière le bar.

Se reconcentrant sur son ami, la blonde avait laissé échapper un petit sourire à la question offerte : « Ah, tu sais… » Rire court, sans doute un peu maladroit ; aux saveurs passées : « Le quidditch lors de ma sixième année fut particulièrement éprouvant, mais m’a tellement apporté, à mes yeux ce fut un peu ma meilleure année de quidditch. Pas car on a gagné, ça n’a aucune importance ni valeur à mes yeux ; mais car il s’est agi de construire une équipe, de joindre les membres ensemble et de former quelque chose de fort, tu vois ? J’ai vraiment aimé cette sensation de, je sais pas ; d’amitié ? De — ah, je n’ai plus le mot, il ne veut pas venir. Mais AH. Camaraderie ? C’était vraiment génial. » Elle s’en souvenait comme hier, élue capitaine alors que Silas avait décidé de tout plaquer pour se focaliser sur ses études — pas un membre à déclarer hormis Evelynn. Diego l’avait rejointe en deux deux car ils s’étaient un peu promis d’intégrer l’équipe ensemble ; puis elle était partie chercher Pan par la peau des fesses et Sloan, aussi. Qui aurait pensé que la gamine deviendrait une si bonne amie et surtout, une aussi féroce batteuse ? Enfin. « Cette année c’était un peu plus délicat. Enfin j’ai beaucoup beaucoup aimé vous observer ! T’as fait du bon boulot, toi, Fifi et Wesley ; c’était juste parfait ! Vous êtes un super bon trio hehe. De mon côté l’équipe était un peu en bordel, entre ceux qui avaient plus le temps, ceux qui n’avaient plus envie ; comme si ils avaient tout donné dans leur première saison. Je sais pas, j’ai eu l’impression de plus être à la hauteur. Puis je devais pas être en forme, je sais pas — donc bon haha. Mais je ne peux qu’attendre de voir ce que va donner la prochaine saison ! Wesley et Sloan, t’imagines ? C’est incroyable. » Ses yeux brillaient à l’idée. « Ils vont former une nouvelle génération, j’imagine. Avec leur maladresse, ça va juste être parfait. » Elle les voyait déjà, et s’en satisfaisait. « Mais bon ! Et toi alors ? » Car elle avait beaucoup parlé, et qu’au final ; elle se disait que Kalev aurait tout autant de choses à raconter.
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Kalev Hopwar
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Lun 17 Aoû - 13:44
Elise était volubile ; Kalev le découvrait. C'était étonnant, parce qu'il n'avait pas le souvenir de l'entendre beaucoup s'adresser à ses camarades, sur le terrain. Peut-être la concentration exigée lors des rencontres la calmaient ; peut-être n'y avait-il tout simplement pas prêté attention. Il se rendait compte qu'il se faisait beaucoup d'idées à son sujet jusqu'à maintenant. Sans la connaître, il l'avait pensé froide, silencieuse, peut-être mordante. Des gens dans son entourage la fréquentaient, pourtant, mais entre entendre dire et faire face, il y avait un fossé plus grand qu'on ne l'imaginait parfois.

L'ancienne Serdaigle parlait d'ennui, et Kalev se demandait si ce mot s'était déjà appliqué à sa vie. Tout avait été tellement heureux et riche, dans l'ensemble, qu'il ne lui était pas aisé de se rappeler un souvenir un peu morne. C'était sans doute pour le mieux. C'était d'ailleurs assez drôle : sans être mauvais sorcier, il n'excellait pas non plus, mais un sort qui lui paraissait d'une facilité enfantine malgré sa difficulté était le charme du patronus. Il était empli de tant de souvenirs tendres et rieurs qu'il n'avait aucun mal à visualiser la joie dans son esprit.

- Je me demande comment on peut s'ennuyer, maintenant que tu le dis, finit-il par exprimer. Il se passe tout le temps des trucs. A Poudlard, il y avait les cours, les amis, les imprévus du château et des fêtes, le Quidditch, les petites siestes, les bêtises... et puis maintenant, il y a des tas de trucs à découvrir, le monde ne se réduit plus à une salle commune, même si c'est un peu dommage. Londres, c'est presque trop grand. Il afficha une grimace un peu gênée. Je sais pas pour toi, mais passer de ma petite ville natale ou de Poudlard à Londres, je trouve ça vachement dépaysant.

Retrouver ses amis dans les quelques étages du château, c'était une chose. Dénicher une tête connue dans les centaines de rues du Londres sorcier, c'était déjà une autre pair de manche.

Puis il parlèrent de Quidditch, longuement, parce que c'était finalement ce qui les rapprochaient, leur pratique de ce sport. Ils avaient trouvé des amis formidables à travers lui, s'étaient surpassé, avaient donné le meilleur d'eux-mêmes. De part leur titre de capitaine, ils avaient tenté de transmettre ardeur et passion à leurs cadets, aussi. Même si, dans le cadre de Kalev, c'était un peu raté : se lever tôt pour s'entraîner, ça n'avait bizarrement jamais été son fort, et c'était peut-être ce qui les avait fait perdre, son laxisme, avec un certain recul.
Et puis maintenant, le flambeau était passé. C'était étrange de se dire que l'équipe de sa maison avait connu des dizaines et des dizaines de capitaines, et plus encore de joueurs. C'était étrange de se dire qu'on n'était un tout petit maillon dans la pérennité de ce groupe.

- Je donne toute ma confiance à Fifi et petit Wes, dit-il en riant. Sans eux, l'équipe serait pas allée très loin. L'air de rien, ça a été super dur de nommer le prochain capitaine, Fifi a été très cool en refusant la place. J'espère que petit Wes aura pas trop la pression, mais avec les autres à ses côtés ça devrait le faire.

Kalev se demanda alors un instant qui serait capitaine, après eux deux. Gertrude ? Elle était tellement détachée de la réalité que l'idée semblait absurde. Ashley ? Il venait à peine d'intégrer l'équipe. Wendy ? Elle était encore si jeune. Enfin, les deux garçons trouveraient bien quoi faire. Peut-être allaient-ils trouver quelqu'un de confiance pour leur succéder. En un sens, Kalev avait hâte de les retrouver ici, à Londres, avec lui.

- J'aurais peut-être dû devenir le concierge de Poudlard, soupira-t-il plus pour lui-même qu'autre chose. M'sieur Ronove m'en a toujours dissuadé, mais dans le fond ça doit pas être si nul comme travail.

Dans tous les cas, il aurait pu rester un peu plus longtemps au château, avec ses amis, et assister aux matchs de Quidditch pour voir ce que la nouvelle formation donnerait.




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Elise B. Dickney
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Mer 6 Jan - 21:02
« J’imagine que Londres deviendra très vite petit. Au final, on y trouvera l’équivalent de notre salle commune — non ? C’est toujours un peu comme ça la vie, quitter une pièce pour entrer dans une nouvelle… Tant bien même peut elle sembler pus vaste que l’ancienne. » Et elle lui avait souri gentiment, Elise. Elle disait sans doute n’importe quoi, s’étant elle-même demandée à de nombreuses reprises si ils n’étaient plus que grain de poussière dans l’immense sablier Londonien. Après tout, à Poudlard ils avaient eu une place; ils avaient fait partie d’une classe et d’une maison — de groupes d’amis. Aussi leur absence avait été notée, remarquée — qu’en serait-il à présent ? Avaient-ils encore une utilité ?

Rire succinct. C’était amusant, que de se voir douter à présent qu’ils étaient devenus grands. Comme quoi, grandir n’était pas forcément gagner en assurance. De nouvelles choses arrivaient, nous déstabilisaient; et l’on recommençait douter de soi, à se demander si l’on avait bien fait le bon choix. « Peu importe ce que tu décides de faire Kalev, tu le feras bien. Tu es aimant. » Et elle l’avait dévisagé un bref instant, ses yeux pétillants. C’était sa manière de dire qu’elle l’aimait, qu’elle le connaissait à sa manière — qu’il n’était pas devenu inexistant, à présent qu’il n’était plus qu’un homme sans horaires et uniformes à suivre et tenir. « Mais retourner à Poudlard t’irait ? Vivre à jamais dans une bulle de passé ? Je me demande comment l’on peut continuer à grandir en étant concierge, j’ai toujours considéré ce poste comme celui des grands enfants. » Et il n’y avait aucune moquerie dans sa voix, aucun mépris — juste cette tendresse un peu bizarre, un peu flouée par les souvenirs qui inondaient son regard. « Nos amis nous rejoindront bientôt tu sais ? Et puis ! Être lâchés comme ça sans vis à vis, n’est-ce pas amusant, en un sens ? Je ne crois pas qu’on ait un jour été préparés à une telle épreuve haha. » Il n’y avait pas de cours intitulés devenir sorcier ou encore le ménage pour les étudiants à Poudlard, ni partout ailleurs. Il fallait apprendre à s’occuper de soi, à devenir autonome; il fallait apprendre à voir le monde différemment, à s’acclimater. Et il serait sans doute étrange de devoir cuisiner — de ne plus avoir le brouhaha matinal des bols s’entrechoquant. Rien n’apparaitrait plus par magie, il faudrait y venir au main; aller au supermarché. Chose étrange — y étaient-ils déjà allés ? « Tu as déjà fait les courses, Kalev ? » Et c’était ridicule de poser ce genre de question, aussi en riait-elle soudainement; tant bien même ses yeux conservaient-ils un certain sérieux. Après tout il y avait les parents, l’internat qu’était Poudlard, les elfes de maison — il y avait toutes ces choses qui les avaient aidés et liés, protégés. Sans doute s’étaient-ils déjà tous accompagnés faire le marché, sans doute avaient-ils ri de tel ou tel produit. Mais y étaient-ils déjà allés dans l’idée de faire quelque chose de leur achat ? De le cuisiner ? De le servir à d’autres ? Sans doute pas.

« Je crois que le plus étrange sera le silence. » Et elle l’avait dévisagé avec un calme un peu soudain; comme si la réalité ne commençait à la frapper que dès à présent. « Dans ces moments là, il faudrait inventer une sorte de téléphone magique. Un truc que l’on pourrait garder à l’oreille, un patronus amélioré. Peut-être même que ça existe déjà ? Ça permettrait de toujours être en contact hehe. De balancer des tu es réveillé ? ou encore attends, t’as bien pensé à mettre une écharpe ? Car il caille tellement dehors ou ce genre de trucs un peu bidons. Se demander ce que l’on a mangé au petit déjeuner, aussi. Ça permettrait de s’acclimater lentement à ne plus être réveillé par quelques excités sautant sur notre ventre pour nous dire qu’il y a du vent dehors et que franchement c’est super cool et que les cours de vol vont être mortels avec six morts et douze blessés. » Car oui, les serdaigles n’étaient pas que des sérieux au visage sombre et triste. Car il y avait de la diversité partout, et des rires dans tous les foyers.

Car Poudlard était le refuge des jeunes, et qu’il n’y avait pas plus vivant que ceux se croyant grands. Naïvement — gentiment.
Malicieusement.
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Kalev Hopwar
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Dim 10 Jan - 10:47
Kalev prit une autre cuillère de glace pillée, écoutant avec attention sa camarade. Elise était quelqu'un d'assez subtile, finalement. Plus qu'il ne l’imaginait. Ses préjugés sur cette personne s'effaçaient les uns après les autres, avec un brin d'amusement. Elle réfléchissait plus que lui, mais peut-être à tort, il sentait en elle un même amour de la vie que lui. Sa façon de présenter leur situation le lui faisait penser.
Pourtant, il ignorait si il adhérait à ses propos. Il avait du mal à imaginer se retrouver dans cette grande ville ; et les bâtiments ne disparaîtraient pas du jour au lendemain pour transformer Londres en petit bourg de campagne. Kalev n'était pas très calé en matières moldues comme la géographie, mais il savait que les villes, ça grandissait toujours, et ça ne diminuait jamais. Il l'avait sans doute lu quelque part, ou son frère le lui avait dit, peut-être.

- J'avoue que je sais pas trop où tu as grandi.... Mais Londres, ça change vraiment de chez moi. Je veux dire, Poufsouffle c'était chez moi, mais je parle pas du château ou de la salle commune, mais de chez mes parents. On vit pas si loin de Londres que ça, quelque chose comme même pas une heure en train, mais c'est vraiment différent. C'est vraiment un village de campagne, moldu, mais avec sa petite communauté sorcière. C'est petit, y'a pas grand chose, c'est calme, et pas possible de se perdre. Il ajouta, rieur. J'avais plus de choses de me perdre dans le bric à brac de mes parents que dans les rues de mon village.

Arriver à Poudlard lui avait déjà fait une drôle d'impression, d'ailleurs. Rien que dans le parc, on pouvait certainement mettre deux ou trois fois son village. La différence fondamentale entre son adaptation au château et à Londres, c'est que là-bas, Kalev ne s'était jamais senti seul. A Londres, c'était différent. Tout était étranger, les visages s'oubliaient les uns derrière les autres, et il finissait gentiment par déprimer de cette situation d'isolement.
Pourtant, Elise eut un compliment pour lui qui lui fit chaud au coeur. Il n'y répondit pas tout de suite, un peu troublé, un sourire un peu enfantin sur les lèvres, et joua avec sa cuillère. Il profita qu'elle continue de parler pour se permettre de garder le silence, l'écouta avec la même attention que précédemment, sans doute content d'être là aujourd'hui.

- Moi, je ne vois pas vraiment Poudlard comme le passé. Je veux dire, nous on s'en va peut-être, mais des gens y vont toujours, alors ça reste vivant, et ce qui est vivant, ça reste dans le présent non ? Je sais pas trop comment expliquer ça. Mais je t'avoue que oui, rester là-bas ça m'aurait plu. J'ai pas de grandes ambitions tu sais. Je veux juste un foyer, des amis, et rien d'autre. Du moment que tout est paisible autour de moi, j'ai pas besoin de plus. Et Londres, c'est un peu trop agité pour moi. La politique, le travail, les querelles avec les voisins, le droit des êtres... c'est juste trop compliqué. J'ai que dix-huit ans. Tout ça, ce sont des trucs d'adultes, et j'en suis clairement pas un.

Elise était certainement plus adulte que lui. Elle semblait mieux accepter les choses, être plus posée. On lui avait souvent dit que les filles grandissaient plus vite, assumaient mieux leurs responsabilités. Kalev ne savait pas vraiment si c'était vrai. Il ignorait si c'était juste Elise, si c'était toutes les filles ; si ce n'était pas simplement parce que lui-même était plus enfantin que les autres garçons de son âge. C'était peut-être un manque de confiance en lui, ou au contraire la certitude de préférer rester un enfant. La transition n'était pas facile, entre deux âges.
Et l'ancienne Serdaigle le soulignait bien. Sa remarque sur les courses élargit son sourire. C'était, typiquement, le genre de trucs d'adultes par lesquels Kalev avait tendance à se sentir dépassé ; mais bizarrement, ce n'était pas le pire.

- Quand j'étais petit, ma mère m'emmenait souvent au supermarché moldu quand elle faisait les courses. C'était juste effrayant. C'était immense, t'avais des tas de trucs électriques bizarres, des machines qui font des bips, des voix qui sortent de caisses bizarres sur le plafond pour faire des annonces... Puis du coup, elle devait utiliser de la monnaie moldue aussi, et j'y comprenais rien du tout. Elle me disais qu'elle préférait faire ses courses comme ça pour ne pas avoir à nous cuisiner que de la soupe à la citrouille, mais honnêtement, je trouvais ça inutilement effrayant et compliqué. Du coup je préfère ne pas quitter le Londres sorcier. Il y a une espèce d'épicerie pas loin de l'appartement de mon frère où j'habite. J'essaye d'apprendre à cuisiner alors j'achète des trucs différents à chaque fois, c'est assez amusant.

Ceci dit, ils avaient beau parler, le compliment d'Elise ne lui sortait pas de la tête. Aimant. C'était un beau mot. Il n'y avait jamais pensé, mais il l'aimait, ce mot. Il était doux, et c'était une aspiration qui lui convenait bien, aimer.
Il était aimant. Et, étrangement, un peu fier de l'être.




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Elise B. Dickney
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Dim 17 Jan - 19:02
« Un ami m’a dit qu’il s’achetait souvent des habits dans les magasins moldus. Mais je pense qu’il ne le fait plus depuis quelque temps, ou moins ? Car son style s’est assombri; ça lui donne l’air d’avoir mûri, mais en vrai je pense que c’est surtout très sorcier ! C’est rare de trouver des vêtements respirant la fraicheur ou très colorés, dans les boutiques sorcières. Même si certaines enseignes essaient de changer, on reste très nous-mêmes. Il parait que c’est assez britannique. » Avait-elle souri à Kalev, en réponse à son expérience vis-à-vis du supermarché. L’électronique — mot étrange pour elle comme pour lui. Certains étudiants aux parents moldus avaient déjà essayé de ramener divers appareils à musiques à Poudlard; mais sans électricité leur machine avait rapidement cessé de fonctionner. Aussi ne se sentait-elle pas si curieuse vis-a-vis de ce way of life non-magique. « Mais c’est vrai que se pose le problème de la monnaie ! Sloan m’en a déjà montré, mais je ne me souviens pas en avoir déjà utilisé. Puis vu que j’avais l’option sur l’étude des moldus, j’ai pu voir qu’en fonction du pays; la monnaie change aussi ! » Enfin, qui s’en souciait vraiment ? C’était un peu comme parler d’un autre univers — on était curieux pour un instant ou deux; puis l’on acceptait notre ignorance. Ou peut-être pas ? Elle ne savait pas trop, avait la tête dans les nuages. Aussi ses idées étaient-elles creuses, vu qu’elle-même n’était réellement présente. L’imminence du changement la rendait distraite, aussi avait-elle fini par reprendre ancrage dans les yeux de Kalev. « Enfin ! Qui suis-je pour parler d’autres lors d’un tête à tête. » Et elle avait ri, de son propre sermon, de cette virgule pétillante. C’était sa manière de se remettre à jour, de se concentrer sur ce qui était en face d’elle plutôt que ce qui était immatériel. « Je me demande ce que nous allons devenir. Pour l’instant tout semble si instable, et à force de nous parler; on sera déjà en janvier ! Et alors là, on se dira vraiment ? et on se rendra compte de tout ce qui est passé. Le temps n’est pas vraiment un sablier, il passe vraiment de manière étrange, selon ce que l’on fait, et avec qui l’on est ! Tu ne trouves pas ? » Ses sourires lui étaient dédicacés, alors qu’elle les imaginait — car c’était tout ce qu’ils pouvaient faire, n’était-ce pas ? Prévoir, supposer : inventer. Ils pouvaient refaire le monde à l’infini, tout en découvrant la réalité. « Tu verras, ça ira. Tu aimes, je pense aimer aussi — alors nous deux aimant, nous ne pourrons que continuer à vivre ainsi, non ? Comment imaginer quelque chose de triste et d’apeurant quand tu es déjà plein de bonnes choses ? J’ai toujours associé les jaunes au soleil, on a beau dire que les lions représentent la lumière; celle des Poufsouffle est bien plus stable et franche. Elle dure sur le temps, et c’est ce qui fait un homme heureux, non ? Les aimants font le bonheur des aimés, c’est rare de trouver de tels personnages. Alors sois sûr d’être chéri et aimé en retour, Kalev. Car tu es précieux. » Et elle ne savait pas trop pourquoi elle disait ça — peut-être s’identifiait-elle sans trop s’en rendre compte. Ou laissait-elle juste sortir des vérités qu’elle jugeait trop cachées. Pourquoi devait-on se retenir du bien des gens ? Pourquoi les êtres ne s’unissaient qu’en disant du mal d’untel ? Pourquoi ne pouvait-on pas juste ouvrir son coeur, et laisser jaillir une douce franchise, remplie de bonnes intentions de choses pleinement pensées ? Cela pouvait-être embrassant, mais c’était bien cet embarras qui prouvait à quel point l’on vivait ce que l’on disait, non ? « Enfin, qu’est-ce que je raconte haha. » Et elle-même réalisait un peu ce qu’elle venait de dire, ne se sentait ni coupable; ni emplie de regrets — mais c’était gênant, tout simplement. Surtout lorsqu’on le disait à quelqu'un qui ne vous avait jamais vraiment parlé, tant bien même avait-elle cette impression de le connaitre depuis bien longtemps. « J’avais tendance à beaucoup penser, maintenant j’ai plus tendance à beaucoup parler ? Je ne sais pas. Mais bon. » C’était un peu compliqué d’enchainer sur quelque chose naturellement, aussi la blonde préfète décida de ne rien plus ajouter — car elle n’avait rien à cacher. Quel était l’intérêt d’engloutir ses propres paroles ? Elle n’était pas de ceux ne voulant être entendus pour ce qu’ils disaient réellement — bien au contraire. Elle était de ceux voulant écouter et partager.


Elle voulait réapprendre à aimer — encore et encore, jusqu’à la fin des temps.
Ainsi, elle n’en regretterait rien.
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Kalev Hopwar
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Dim 17 Jan - 20:35
Kalev avait chaud. Il aimait l'été et sa chaleur, mais un peu moins cette sensation de peau poisseuse. Sa glace se vidait, et il ne comptait plus que sur la conversation pour le distraire ; mais elle lui donnait chaud, elle aussi. Au coeur. Le jeune homme avait toujours su que les mots avaient un pouvoir, mais dans certaines situations, comme celle-ci, cela se ressentait davantage.
C'était pourtant une discussion quelconque. La plus quelconque qui soit. Ils parlaient de courses et de temps qui passent, comme un vieux couple qui n'a plus rien à se dire, alors qu'ils ne commençaient au contraire qu'à se découvrir.

- Ma mère nous a toujours acheté des vêtements moldus à mon frère et moi, c'était plus pratique pour sortir dans le village. Je connais vraiment rien au monde moldu, mais leur mode est pas désagréable. La robe de sorcier c'est naturel pour nous, mais faut avouer que c'est pas toujours très pratique dans l'absolu, non ? J'ai toujours galéré avec l'uniforme de Poudlard en botanique, avec ses longues manches qui se prennent dans les branchages et le bas qui s'agrippent aux racines, dans les serres. Mais j'étais peut-être juste pas très doué ?

Le blondinet rit encore à ce souvenir. Il avait souvent déchiré sa robe, en botanique, ou en soins aux créatures magiques. L'avantage d'être né sorcier, c'était qu'un simple sortilège suffisait à réparer les vieilles coutures. Tout objet cassé retrouvait sa forme en un rien de temps, grâce à la magie. Pourtant, pourtant ! elle ne guérissait pas tout. On ne chassait pas la tristesse d'un petit charme. Kalev était chanceux de ne pas avoir le caractère mélancolique, mais pourtant, parce qu'il était humain, il lui arrivait de connaître la déception.

- Ce n'est pas vraiment le genre de trucs dont je parle d'habitude mais.... je suppose qu'avec toi je peux ? osa-t-il entamer avec hésitation. Aimer, c'est quelque chose de très fort, et de naturel, mais je crois que la malchance des gens aimants, c'est qu'ils ne sont pas toujours aimé en retour. Je veux dire.... Je suis entouré de tas d'amis, d'une famille formidable, et j'ai pas trop de soucis à me socialiser mais, comment te dire...

Est-ce qu'il allait oser en parler ? Il l'avait toujours gardé pour lui. C'était un sujet, somme toute, assez tabou. Personne ne l'avait évoqué à sa place et ça l'arrangeait. Kalev adorait l'amour, il le disait assez souvent. Les couples autour de lui, ça l'égayait, les gens amoureux, ça l'excitait comme un enfant devant les premières neiges. Mais lui, dans tout ça ?

- Disons que j'ai l'impression que les gens aimants sont un peu malchanceux avec l'amour, justement. Je parle pas de Calypso, c'est moi qui ait fait n'importe quoi, mais du reste... On m'a toujours quitté super vite, et c'est un peu blessant. Il passa une main dans ses cheveux, l'air gêné. Et puis, même les gens à qui j'ai tout donné, parfois, ils ne se sont pas du tout rendu compte de mes sentiments, parce qu'après tout c'est naturel que j'aime autrui, alors ça ne se remarque pas quand j'aime quelqu'un plus qu'un autre.

Kalev n'osait pas prononcer la prénom de la personne à laquelle il pensait. Il avait mis du temps à le comprendre lui-même, et personne autour de lui ne s'en était douté, sans doute. Un certain français reparti dans son pays et dont il n'avait plus de nouvelles. Avec le recul, il l'avait aimé, plus que d'amitié. C'était passé, ce n'était pas très grave, mais c'était frustrant. Et il n'avait pas été le seul. Kalev ne comprenait pas bien l'amour. C'était compliqué. Compliqué à reconnaître, à vivre, à gérer. On devait choisir si on aimait les garçons ou les filles, on devait choisir si on aimait comme un frère, comme un ami, ou d'un amour plus fort, et il fallait dire pourquoi on aimait... L'amour avait des tas de règles implicites compliquées. Kalev voulait juste aimer, sans se poser de questions, mais ça ne lui réussissait pas beaucoup.




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Elise B. Dickney
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Dim 17 Jan - 21:24
« J’admets que la robe de sorcier ce n’est pas ce que je préfère. Au final les marques sorcières classiques ont fini par s’inspirer du style moldu, et ce que je porte moi-même, je pense pouvoir le retrouver dans les rues de Londres ? Qui ne porte pas de chemise blanche avec un jean bleu foncé, par exemple ? Ou encore une sorte de trench-coat dans les beiges ? C’est une sorte de nouveauté qui s’est insérée avec notre génération je suppose ? Donc ça ne doit pas être aussi étrange que ça, que de s’habiller chez les moldus ! J’en connais quelques uns à Poudlard à qui ça allait particulièrement bien. » Qu’il s’agisse de Wesley, de Ludovic ou encore de Camille — Sloan aussi, du côté féminin, avait toujours abordé le style pull ample ou t-shirt vantant une quelconque BD inconnue du monde sorcier. Ce n’était pas si étrange, c’était entré dans les coutumes — et cela avait sans doute participé de manière indolore à ce qu’était devenu le Londres politique actuel.

Aussi Elise avait-elle lu une certaine hésitation sur le visage de Kalev — une chose invisible, mais bien présente. Comme deux idées s’opposant, celle voulant avancer; l’autre ne voulant changer. Et Merlin savait à quel point elle ne s’était attendue à une telle bombe lui explosant au visage. Elle s’était alors contentée d’écouter jusqu’à bout; réprimant les soudains pincements au coeur qu’elle ressentait. C’était étouffant, que d’entendre de tels propos sortir de la bouche du blond poufsouffle;  mais de l’autre côté, elle avait comme envie de pleurer. Car c’était bien la première fois qu’elle entendait quelqu'un de son genre avouer être des siens. Ce n’était pas volontaire, mais elle ne pouvait s’empêcher de ressentir une émotion particulière vis à vis de cette confidence qui n’en était sans doute pas vraiment une. Soit. Elle lui avait souri, doucement; avant de venir prendre ses mains des siennes.

A ce qu’il paraissait, avoir un contact physique dans les moments de trouble et d’incertitude permettait de retrouver un certain calme — de se sentir en confiance, plus à l’écoute. Elle-même l’avait en quelque sorte ressenti à plusieurs moments, comme lorsqu’elle s’était vautrée contre Silas dans le coulnoir, quelques années auparavant. « C’est normal, ça, Kalev. » Et elle lui avait souri avec douceur — car c’était tout ce dont elle était capable de faire, Elise. Que d’aimer, que de rassurer et expliquer. Elle n’était pas la sciences, ni encore même l’icône de la sagesse. Mais elle pouvait tenter d’envelopper Kalev dans un quelque chose qu’elle même ne saisissait réellement, car au final; qui était-elle ? « Aimer ce n’est pas forcément recevoir. Celui aimant est toujours en position de faiblesse vis à vis de celui allant être aimé. L’on dit souvent que l’on ne choisit pas de faire la guerre : c’est l’ennemi qui choisi sa cible. L’amour c’est un peu pareil j’imagine ? On décide d’aimer, ou de temps à autre on aime juste, car c’est dans notre nature. Mais on ne peut pas forcer l’amour, tant bien même le crie-t-on tout haut, qui dit qu’il nous sera rendu, réciproqué ? » Et sans doute parlait-elle un peu d’elle, en même temps qu’elle parlait de lui. Les aimants n’étaient-ils pas au final un peu tous les mêmes ? Ils embrassaient à leur manière les autres, et vivaient chacun leur retour. Mais il était certain qu’il existait des exceptions et des injustices, et ce dans tous les domaines — pour tous. Qui était à l’abri de la haine et de la jalousie ? Qui était à l’abri de l’indifférence ? Il y avait tant de formes d’amour particulières, tant de formes différentes. Certains aimaient l’ami, l’autre aimaient la personne. Et il s’agissait d’infimes changements, de variations de tons et de vocabulaire qui changeaient toute la donne. « Quand on aime beaucoup, on englobe la personne de son amour j’imagine ? Dis-toi que dans les relations, il y a à 99,99% des cas une personne aimant plus que l’autre, et celui aimant le plus est en position de faiblesse. Car c’est celui qui perd tout, car il s’est lié de son amour à la personne, et c’est celle aimant le moins qui décidera forcément de partir le premier. C’est peut-être un peu compliqué de dire ça, mais je pense que ça doit faire écho en toi ? Des fois on entend des mots qu’on ne comprend pas forcément, mais il nous donne envie de pleurer; ou de rire — ils nous font nous sentir bien ou très mal. C’est car nous comprenons de l’intérieur, et c’est sans doute le plus important. » Et elle divaguait un peu, le traitait peut-être trop précieusement. Mais elle le voyait si brillant et si doux, si aimant — qui pouvait bien décider de briser l’existence d’un tel individu ? Il était des rares à panser les plaies, des rares à pouvoir se donner; il était des altruistes, population en voie de disparition. Et il l’était sans doute plus que lui, aussi avait-elle juste envie de préserver cet éclat de toute blessure. Était-ce absurde ?
Elise aimait juste la beauté de l’homme — de celui aimant, de celui aidant. Et qu’avait-il de mal à cela ? Elle ne savait pas.

« Et je réponds peut-être à côté de ce que tu voulais entendre ? Au final je pense plus que tu voulais parler plutôt que recevoir une réponse. Alors je ne sais pas pourquoi je te donne une réponse ? C’est un peu bancal, mais sache que je comprends. Et sache que c’est normal — que c’est frustrant. Que ça fait mal. Que l’amour peut-être simple comme infiniment compliqué. Il y a tant de façons d’aimer, n’est-ce pas ? Famille, amis, autrui, particulier. C’est un peu étrange, non ? Mais qui a-t-il de plus frustrant que d’aimer à un point que l’on n’aurait pu imaginer quelqu’un, et qu’il ne nous réciproque pas cet amour; ou du moins, pas de la même manière ? Mais cela arrive, on ne peut pas être chanceux toujours — et je peux dire que tu t’es fait des amis formidables Kalev, de vraies perles; car un être aimant fini toujours par trouver un nid, par s’entourer de gens rayonnant aussi. Après c’est plus compliqué, que de trouver quelqu'un de spécial. On peut passer des mois, des années à chercher — comme cela peut tomber du ciel. Comme on peut s’y attacher sans s’en rendre compte, et puis finir par perdre. C’est un jeu de hasard, mais il ne faut arrêter d’aimer; car au final, tu retrouveras une bonne personne — et celle-ci, tu l’aimeras encore plus que celles passées, et cela parait inimaginable, n’est-ce pas ? Mais ce qui sera encore plus inimaginable dans l’histoire; c’est qu’elle t’aimera tout autant. » Et elle avait beaucoup parlé Elise, elle se demandait même si elle arriverait un jour à s’arrêter. Mais c’était si étrange, rencontrer quelqu'un vis à vis duquel elle ne serait pas déçu. Quelqu'un d’autre en lequel on pourrait poser toute sa confiance, quelqu'un qui se sacrifierait et qui essaierait, qui donnerait. Kalev était peut-être plus qu’une personne aimant, peut-être était-ce une personne donnant. Et c’était beau que de réaliser ça. Certains auraient dit qu’elle exagérait, que sa réaction était disproportionnée : mais c’était car ils ne pouvaient pas comprendre, car ils n’aimaient pas comme elle et Kalev aimaient. Peut-être que lui aussi était perdu entre tendresse et affection, affection et amour. Que tout avait la même couleur, et qu’il finissait à ne plus reconnaitre et à ne plus trouver l’amour de l’un. Enfin. Elle avait fini par rire, par rire en chuchotant, un chuckles lui étant offert.  « Tu es quelqu'un de bien Kalev, vraiment. Et je comprends, et c’est frustrant. Mais il y a d’autres trains, et les déceptions existent; mais si elles sont mises au pluriel c’est bien car l’épanouissement se cache derrière chacune d’entre elle. »

Et elle aurait voulu lui dire des centaines de choses, mais réalisait sa déception amoureuse — qu’il avait aimé, mais n’avait été aimé de la même manière. Et qu’à présent c’était peut-être fini, et qu’il ne pourrait rien y faire. Aussi s’était-elle contentée de lui redonner de l’espoir, car c’était bien la seule chose qu’elle pouvait faire : écouter, comprendre; et faire croire. Car celui qu’il avait perdu ne reviendrait pas, mais qu’un autre finirait par arriver. Et c’était bien ça l’important, bien ça qu’elle avait essayé de communiquer. Sur la fin, certes, mais elle l’avait tout de même évoqué.

Et son sourire sans doute jamais ne s’était fait aussi sincère, un mélange de douceur et de bonheur.
Elise était simplement heureuse, et cela lui suffisait amplement dans l’instant présent.
Il n'y avait plus de solitude — juste une esquisse tamisée, ourlée de tiédeur.
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Kalev Hopwar
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Dim 17 Jan - 21:59
Le contact des mains d'Elise sur les siennes le surprit. Il la regarda d'une expression étrange, puis sourit, refermant ses propres mains sur les siennes. Kalev avait toujours aimé le contact physique. Il avait été de ces enfants câlins qui s'agrippent à leurs parents, de ces petits frères collants qui s'accrochent à leur aîné, de ces amis qui passent un bras autour d'une épaule. Étrangement, pour lui si tactile, les autres aimaient rarement le contact. C'était considéré comme intrusif, gênant, ça pouvait porter à confusion. Kalev touchait pourtant les autres avec toute l'innocence possible, simplement pour se sentir plus proche, transmettre sa joie. Il en faisait de même avec Elise. Il était content de lui parler un peu plus, de pouvoir couper à sa solitude, d'exposer des sujets qu'il n'abordait pas avec tous, de construire quelque chose de neuf, sans renier pour autant ce qui était plus ancien.

Kalev l'avouait, il ne comprenait pas tout, des explications relativement profondes d'Elise. Cette fille réfléchissait plus que lui, et il peinait à suivre tout le cheminement de sa pensée, mais il comprenait l'essentiel, l'idée globale. Son sentiment était partagé. Peut-être même en était-elle plus frustrée que lui. Certainement, même. Kalev se considérait avant tout comme un adolescent un peu maladroit avec ses sentiments. Comme un adolescent tout court. On ne contrôle rien à cet âge-là. On est fougueux et on suit son coeur. A l'adolescence, on est encore un enfant. Seulement, un enfant qui grandit.

- De toute façon, je suis toujours en position de faiblesse parce que je suis un gros trouillard, plaisanta-t-il. Si tu savais toutes les frayeurs que j'ai eu à Poudlard ! Si tu savais, Merlin, je perdrai définitivement le peu de crédibilité que j'ai. Pour tous les Poufsouffle de toute façon, j'en ai plus depuis longtemps.

Ceux-là, pour sûr, ils l'avaient connu dans les pires moments. Le blondinet n'avait honte de presque rien, alors raconter ses mésaventures le ferait surtout rire, mais avec le recul, il y en avait quand même des belles, même si ce n'était pas le sujet. Ce n'était pas avec Garfield ou Wesley, qu'il parlait.

- Mais, c'est vrai, ça me fait toujours bizarre de croiser des gens qui ont du mal à aimer. On est tous différents, c'est carrément pas le problème, et on a tous notre façon de manifester notre affection, mais y'a de vrais glaçons parfois. Certains de nos camarades étaient sacrément fermés. J'ai essayé d'en ouvrir certains, mais mes démonstrations affectives les ont bizarrement fait fuir. Pas de chance.

Il dégagea sa main droite pour à nouveau la passer dans ses cheveux, dans ce geste familier et presque trop répétitif qui témoignait à la fois de son amusement et de sa gène. Ce geste, il rappelait que Kalev avait longtemps été un garçon timide, qui avait du mal à s'ouvrir, lui aussi.

- En fait, peut-être bien que la solution pour les imbéciles heureux comme nous, c'est de trouver des gens qui ont plein d'amour à revendre aussi. Ce sera un couple niais comme on n'en fait plus, et les mauvaises langues diront que ça leur fera vomir des arcs-en-ciel. Tu sais qu'on s'est déjà moqué de moi parce que j'aime les livres romantiques ? Je m'en fiche un peu, mais ça me fait rire. Sans doute parce que je suis un garçon et que les "mecs" ne lisent pas ce genre de choses.

Entre deux bouquins de Quidditch ou de quêtes médiévales épiques, un livre un peu niais pouvait lui faire plaisir. Enfin, pour le peu qu'il lisait en soit... ce qui était assez ironique pour quelqu'un qui aimait la poésie. Mais disons que dans l'absolu, il préférait parler que d'écrire ou lire. Parler, c'était bien. Divertissant et amusant.

- C'est pas le genre de trucs que je crie sur les toits, mais j'ai hâte de tomber amoureux à nouveau. C'est compliqué et je sais absolument pas comment ça se gère, mais j'adore ce sentiment. Même si j'ai l'air atrocement niais et stupide à dire ça. Au moins ça ne change pas trop de l'image que je renvoie depuis toujours. Si je me mettais à avoir l'air intelligent, on se poserait des questions.

Il tira la langue à Elise, taquin. En soit, ses amis savaient qu'il jouait la comédie, mais c'était sa façon à lui de ne pas les inquiéter. Moins il se prenait au sérieux, moins on se doutait de ses potentiels tracas. Il ne savait pas mentir, mais était un as des sourires bienveillants. Une manière comme une autre de gérer. Avec Elise, il y avait moins besoin de cacher, parce qu'il ne la considérait pas en soit comme une amie. A l'heure actuelle, elle était à la fois une étrangère, un meuble du décor, mais aussi une découverte. C'était un peu bizarre, et ça risquait de lui arriver souvent, si il se mettait à discuter davantage avec d'anciens camarades de Poudlard.

Toujours de la main droite, il tourna sa cuillère dans la coupe vide de sa glace, qu'il fixa un petit moment.

- Je me trompe peut-être, mais t'as l'air d'une fille perspicace, Elise. Je sais qu'on se connait pas des masses mais, par hasard, tu aurais deviné toi, de qui j'ai été amoureux ?

Il releva les yeux et lui adressa un sourire. C'était une curieuse curiosité de sa part. Il se doutait que Garfield ou Alix, peut-être une ou deux autres personnes, avaient deviné, même si elles avaient eu le respect de ne pas en parler. Mais un avis extérieur le rendait curieux. Comme le principal concerné n'avait jamais rien vu, lui, Kalev se demandait parfois s'il n'avait pas été trop peu démonstratif dans ses sentiments.




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Elise B. Dickney
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Ven 19 Fév - 22:20
« Qu’est-ce que la fierté à Poudlard, au final ? » avait-elle ri avec lui. Elle se souvenait encore de la fois ou un imbécile était venu glisser un kit de verrues sous son oreiller — le réveil avait été difficile surtout qu’elle ne s’en était pas tout de suite rendue compte. Enfin. Elle pouvait vaguement imaginer tout ce qu’il pouvait-être arrivé à Kalev; sourire aux lèvres. « Andrea, je sais pas si tu vois ? Un serdaigle cracmou… Enfin bref, niveau fermé il était pas mal. Il y avait aussi Violet, et Louis. Enfin ils trainaient un peu tous ensemble; mais hormis leur petit trio sans compter Ginko c’était assez froid. J’arrivais à m’entendre avec le petit bout de Violet, mais les autres c’était bien plus compliqué. Un de mes amis, Thomas, s’est pris une belle branlée au près de Louis m’avait-il raconté. » Sourire un peu vague aux souvenirs, à ces choses flouées. Tant de choses vis à vis desquels ils avaient été impuissants. Ben-le-fou, Grayson-le-bizuteur et bien d’autres… Quoique, en tant que préfète-en-chef la blonde Elise avait pu agir; mais ce n’était pas pareil. Ce n’était pas en jouant le rôle de l’auror, du préfet falot que l’on changeait l’âme d’un tyran. Aussi n’était-ce que de la protection à court terme; viendraient les réelles sanctions lorsqu’ils sortiraient du château.

Car elle savait, oui; Elise — que Ben finirait derrière les barreaux, si il arrivait à sortir de Poudlard. Telle était la question, serait-il encore en vie dans un an ? Elle n’en savait fichtrement rien. Comment la raison pouvait-elle céder à ce point, naissait-on fou; ou perdait-on la raison progressivement ? Jouait-il un jeu, ou s’était-il perdu dans les dédales de la folie alors qu’il ne voulait y jouer que pour un soir ? « Pourquoi les garçons ne pourraient pas aimer lire des livres ? La romance c’est pour tous, non ? Après tout, on finit tous par tomber amoureux un jour; alors pourquoi tu ne pourrais pas lire à ce sujet ? » À son souvenir, Diego avait déjà du lire des trucs dégoulinants d’amour; et Ludo aussi. Quoique, Ludo c’était plus de l’aventure et de l’histoire, des trucs random lui tombant sous la patte mais bon. Passons. « Je trouve ça beau, tu sais; tomber amoureux. C’est bien, aussi, de lire — ça fait rêver. C’est comme si des images se formaient dans ton esprit, tu sais ? Et un monde s’ouvre et je ne sais pas. C’est assez fantastique. »

Elle lui avait souri de bon coeur, répondant à ses mimiques taquines. Aussi se sentait-elle bien, dans leur banalité; dans leur moment à deux. Il était bon de partager quelque chose, de s’entendre parler et d’être écoutée — tout en pouvant rendre la pareille. « J’ai hate que tu expérimentes l’amour à nouveau haha. Comme j’espère que quelqu'un me tombera dans les bras aussi — je ne crois pas être un jour tombée amoureuse ? Peut-être une fois ? Je ne sais pas. C’est bizarre n’est-ce pas ? » Moue gentille, quoique un peu absente alors qu’elle réfléchissait à tout cela. Qu’était-ce, qu’aimer ? Dans un sens romantique; dans le sens charnel ? Elle ne savait pas tant, se souvenait vaguement de Vance, et du mal qui lui avait fait. L’avait-elle aimée ? Ou s’était-elle juste accrochée à lui, de peur de le voir disparaitre à tout jamais ? Il avait été son premier ami; le premier à partager de l’art, à lui apprendre la musique. Le piano, qu’il maitrisait si bien — et qu’il lui avait transmis. Au final ils s’étaient faits mal à tous les deux. Enfin. Cela remontait déjà à si loin.

Elle espérait qu’elle trouverait quelqu’un — de bien. Un quelqu'un un peu parfait, un peu tout un peu rien. Car elle restait sans doute un peu fleur bleue, Elise.Tant bien même n’en parlait-elle jamais. Était-elle résignée ? A ne jamais trouver ? Qui savait ?

« De qui tu as été amoureux ? » Ce n’est pas comme si elle le connaissait bien. Enfin si — enfin non. C’était compliqué. Elle savait, oui; savait les contours de Kalev. Elle connaissait ses sourires, et pouvait distinguer les couleurs de son âme lorsqu’il la regardait. Mais de là à s’intéresser à sa vie amoureuse… C’était une autre histoire. Avec qui trainait-il, déjà; l’an dernier ? Il y avait eu Wesley, Garfield — ses deux meilleurs amis. Il y avait eu Camille, aussi; l’homme aux problèmes. Ludo lui en avait beaucoup parlé, sur la fin; et elle avait discerné une blessure laissée au fer blanc — une irritation, une déception. Pour des rumeurs, pour des amitiés brisées et des choses ne s’étant faites comme espéré. Enfin. Toujours et encore; se re-concentrer sur le sujet. « Je ne sais pas ? Si il y a bien quelque chose dans lequel je me noie, Kalev; c’est l’amour romantique. » Et elle avait ri, serrant sa main contre celle encore piégée du blond garçon. Et peut-être savait-elle, oui.
Mais qui était-elle, par Merlin; pour lui en parler ?

Elle n’était personne, et jamais elle ne pourrait s’aventurer sur ce genre de discussion librement. Elle le laisserait arriver, et confirmer ses pensées; mais jamais, non jamais — elle n’oserait prononcer une quelconque idée.

Un simple prénom.
Sourire.
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Kalev Hopwar
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Sam 5 Mar - 18:27
L'astéroïde fut étonné, persuadé que cette petite étoile qui n'avait de cesse de briller par sa capacité à comprendre les choses autour avec aisance, aurait été capable de deviner correctement le nom de la constellation à laquelle l'astre pensait en posant cette épreuve. Son esprit n'était peut-être pas aussi aiguisé que pensé. C'était surestimer sa perspicacité. Personne n'était devin ; ni ce corps céleste en face, ni personne d'autre. Forcément. Deviner la source de ses émois, c'était surhumain. Lire dans les esprits n'était le don que des legilimens. L'étoile n'était pas légilimens. Pas aux dernières nouvelles. Mais que connaissait l'astéroïde de sa voisine après tout ? Une erreur était possible. Pourtant, cet aveu d'ignorance laissait croire à une absence de don de ce genre.

A présent, conscient de sa présomption et de l'ignorance de l'étoile, l'astéroïde hésite pourtant à dévoiler la vérité. Une inspiration et l'esquisse d'un sourire. Un dégagement de main pour repousser des cheveux. Les choses débutées doivent être finies. C'était une évidence, comme un ordre implicite. S'interrompre de la sorte n'était pas permis ; c'était trop lâche, et bien que sans courage, l'astéroïde était honnête.

- Rien à cacher plus longtemps, hein ? Inutile de rester ignorante. C'est la constellation du lion qui a fait battre ce coeur. Le meilleur des amis et les prémices d'un amour. Avoir encourager cet amas stellaire à nourrir des sentiments pour autrui n'est pas un regret. Ce qui est un regret est de s'être tu sur des sentiments propres au coeur sous cette poitrine.

Une main s'appose sur le-tshirt, à l'emplacement du coeur. Un sourire quelque peu attristé orne des lèvres, de courts instants. Un nouveau soupir et un étirement ; il faut passer à autre chose.

- C'est du passé par contre. De retour en France, il y a absence de nouvelles. Un ami a été perdu en quelque sorte. Il y a espoir que ce soit contre sa volonté, mais il n'y a pas de certitude. D'autres amis sont là, c'est l'essentiel. D'autres amours viendront aussi. Les sentiments renaissent toujours au gré des rencontres. Vivre sans sentiments et bien trop difficile à imaginer.


Un léger éclat de rire ; l'amour est quelque chose d'étrange et d'encore incompris par l'astéroïde, qui se demande si l'étoile saisit mieux tout le sens de cette émotion. La question est sur le bord des lèvres mais hésite à sortir. Chaque chose  en son temps. Inutile d'être trop pressé.




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Elise B. Dickney
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Sam 5 Mar - 21:29
Elise ne savait pas trop quoi répondre à Kalev — n’avait-il pas lui-même mis un point à la conservation ? Aussi, que pouvait-elle bien dire, ajouter ? Il avait ouvert la parenthèse, avait laissé s’échapper quelques songes; quelques souvenirs… Puis l’avait refermée. Et il aurait été impoli, que de s’aventurer ainsi sur le coeur d’un autre. Ils n’étaient même pas proches, en soi — juste de vagues inconnus. Et elle avait l’impression de le connaitre, oui; mais qu’était une impression ? Qu’était une relation quand elle était à sens unique ? Kalev était quelqu'un d’affectueux, mais ils ne pourraient rattraper toutes ces années à n’avoir que trop rien partagé. Quelques regards, des bouts de mots; mais rien de bien concret. Et elle était de ceux pouvant partir d’un rien, Elise; mais était-ce la vraiment la question ? « Je vois. »

Elle lui avait souri — car si ils ne pouvaient retourner en arrière, ils allaient devoir avancer. « Tu as tant raison, rien n’est fini Kalev; tout ne fait que commencer. Ou plutôt continuer ? Tu es en vie, et tu continueras à être entouré; et à rencontrer de nouvelles personnes ! Regarde-nous, au final ne commençons-nous pas quelque chose de nouveau, en un sens ? Je ne trouve pas si mal, moi; le renouveau. Puis un jour, oui, tu rencontreras cette personne avec qui tu auras envie de finir ta vie; et ce sera réciproque et — ce sera une des choses les plus merveilleuses au monde. Enfin, dans tous les cas; j’y crois. Pour nous, pour toi; pour tous ceux qui nous sont proches ! » Des fossettes s’étaient invitées sur son visage, alors qu’elle lui avait transmis un regard bourré d’affection. Il n’était jamais trop tard pour réparer quoique ce soit, lorsqu’on avait en face de soi quelqu'un de compréhensif et d’aimant. Il n’était jamais trop tard, non; pour s’inviter dans l’amour, dans l’âme de quelqu’un.

Elle était certaine qu’elle avait engagé quelque chose, Elise — avec Kalev. Et en naitrait sans doute une belle relation, une amitié certaine. Ce n’était pas plus mal, c’était un moyen comme un autre d’avancer dans ce nouveau chapitre qui s’ouvrait à eux : un grand, immense — un où il ne resterait plus qu’eux face à leurs choix.

Alors autant être nombreux, autant ne pas être seul.
Autant s’aimer, autant aimer.
Autant être bon, oui.
Aimant et reconnaissant.
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Kalev Hopwar
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Dim 6 Mar - 17:37
Le positivisme d'Elise ferait plaisir à voir. C'était quelque chose que Kalev découvrait en elle, qu'il n'avait pas du tout soupçonné auparavant. Kalev les appréciait pourtant beaucoup, les personnalités enjouées et tournées vers l'espoir. Il s'agissait de personnalités qui lui ressemblaient, qui se rapprochaient de la sienne. Prendre la vie du bon côté, c'était en quelque sorte sa thérapie du bonheur ; et c'était une thérapie qu'il aurait aimé partagé avec le reste du monde. Seulement, pour l'avoir beaucoup essayé, il avait bien conscience que c'était vain. Lorsque certains individus étaient trop plongés dans leur tristesse et leur pessimisme, toute la bonne volonté du monde ne pouvait les en sortir. Ils ne pourraient émerger que par eux-même, lorsqu'ils l'auraient décidé.

- Le jour où tu rencontreras quelqu'un de bien, présente-le moi. J'en ferai de même. Tu l'as très bien dis, puisqu'on a l'occasion d'apprendre à se connaître, ce serait bête de pas en profiter. Quand on se reverra, tu me diras, si faire les courses a été si difficile et si Londres est toujours trop grande.

Kalev débusqua alors un moment de parchemin, et un bon vieux stylo moldu, tout de même bien plus simple à transporter qu'une plume et un encrier, et y écrivit son adresse ; enfin, celle de son frère, mais c'était un peu du pareil au mêm.e Il tendit alors le bout de papier à Elise.

- Je sais qu'il y a les patronus et les hiboux, mais si jamais tu veux passer à la maison, c'est quand même plus simple de connaître l'adresse. Il rangea son stylo. Alors, à une prochaine fois d'accord ?

Kalev lui adressa un dernier sourire, et sortit l'argent nécessaire pour régler le prix de sa glace pilée au serveur. Il salua Elise d'un geste de main, puis sortit, le coeur un peu plus léger qu'à son entrée dans le café.




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Ataraxie (Elise)

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