Être sorcier dans le Londres magique, c'est vraiment tranquille... Sauf lorsque trois frères, les Bumblebee, décident de révolutionner le monde magique en proposant trois idées qui s'opposent : révéler les sorciers aux moldus, intégrer les créatures à la société, ou tout laisser en l'état en se méfiant bien des deux autres. Le monde magique anglais est en ébullition à mesure que les trois candidats s'opposent, laissant un peu leurs charges respectives à l'abandon au profit de leur campagne. C'est ainsi qu'à Poudlard, un joyeux bazar règne souvent en l'absence du directeur, et que les créatures de tous poils envahissent peu à peu les villes sorcières pour le meilleur comme pour le pire !
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And I found you with flowers this early morning|Flavian.

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Serdaigle



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Deborah Bolton
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Dim 16 Aoû - 23:01




FLAVIAN & DEBORAH
Take me down little Susie, take me down, I know you think you're the queen of the underground and you can send me dead flowers every morning, send me dead flowers by the mail, send me dead flowers to my wedding, and I won't forget to put roses on your grave

Elle aimait la serre au matin, lorsque le soleil ne frappait pas trop encore, et qu’elle pouvait toujours sentir la fraicheur de la nuit sous l’ombrage des feuilles. Elle aimait le silence, l’endroit plongé dans une sorte d’immobilité tranquille, l’aspect immuable de l’environnement. Et l’étrange idée que les jardins demeureraient toujours, et que derrière les baies vitrées devenues poussiéreuses, les bourgeons pourraient encore rire au désastre du temps. Elle pensait bien connaître l’endroit, avec la certitude très prétentieuse d’oser croire qu’aucune senteur, qu’aucun pot de terre ne renfermait plus aucun secret pour elle. Et cette démarche trop libre, l’insouciance de ses pas, de ses petites foulées errantes à quelques centimètres seulement d’une plante carnivore, comme dénuées de prudence, semblaient ignorer le danger. La vanité de l’habitude. Elle marchait en terrain conquis...

Les rayons du soleil perçaient tout juste la matinée à peine avancée, la lumière encore faible, chaude, éclairant doucement son visage. Réveillée un peu trop tôt pour un samedi matin, Deborah portait toujours la négligence des premières heures, une lenteur, des cheveux volumineux défaits et emmêlés, la maigre intensité d’un regard fatigué, d’un sourire endormi. La sensation de s’être habillée d’un geste machinal, incontrôlé, le choix hasardeux d’une longue tunique comme une blouse à manches longues, le tissu fin et vieilli d’un rose délavé bordé de dentelle. Et Deborah paraissait à la fois décalée et à la fois fondue au décor, comme sortant d’une époque un brin plus lointaine.

_ Qu’est-ce que tu fais ?

Ce devait sans doute être l’une de ces rencontres insolites. Et c’était curieux de le trouver là, de le sentir envahir l’espace, soudain trop étroit pour eux deux. Elle l’observait faire, attirée par le moindre mouvement. Car Flavian touchait, déplaçait, manipulait des objets, entretenait, s’appropriait l’essence des fleurs. Et Flavian ressemblait pourtant si peu à un jardinier…

Elle s’était approchée, gravitant autour de lui, étonnée encore de le reconnaître, de le sentir bien là en chair et en os à côté d’elle. Un mince sourire effleura ses lèvres. Cette rencontre avait un goût de ridicule qu'elle ne s'expliquait que trop bien. Ce garçon ne possédait pas la délicatesse des fleurs, et sa seule présence paraissait obsolète.  

_ Flavian, tu jardines ?

Et la question semblait de trop sortie de sa petite bouche fleurie. Deborah paraissait encore étouffer des rires silencieux, comme une moquerie plutôt subtile. Et elle était de cette envie taquine, soudain éveillée par caprice dès lors qu'un presque inconnu avait le malheur de s'introduire inopinément dans le secret de son petit univers. Et elle avait cette effervescence plutôt curieuse dans le fond de l'oeil, tantôt espiègle et agitée, qui ne le quittait pas. Elle le détaillait d'ailleurs si bien et avec si peu de gêne qu'elle paraissait en fait chercher quelque chose chez lui.

_ Flavian. Est-ce que tu aimes les fleurs ?
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Gryffondor



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Flavian T. Maroon
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Lun 17 Aoû - 0:39

Des fleurs. Des fleurs, putain. On l'avait collé à l'entretien des fleurs de monsieur Carthaigh. Flavian regrettait presque la bêtise qui l'avait amené ici – presque, fallait pas pousser non plus – et de s'être fait prendre par une préfète, qui l'avait envoyé voir le directeur des Serdaigles, pour changer, parce que les profs devaient sûrement se refiler son dossier en douce ou tirer à la courte paille qui s'occuperait de son cas, parce que Holly avait sûrement une angine qui l'empêchait de lui aboyer dessus et qu'Emerald commençait à manquer d'idées sordides à lui faire faire juste parce qu'il en avait le pouvoir. A vrai dire Carthaigh avait été sympa en lui donnant ça comme punition. Arroser des plantes, prendre soin d'un jardin, ça semblait tout à fait approprié pour lui. Ca lui apprendrait le calme, ou tout du moins ça le tiendrait à distance du reste des élèves pendant un moment. Et ça permettrait tout le monde de souffler un bon coup et de se boire une bonne tasse de thé, avec un bon coup de whisky dedans, avant que Flavian ne fasse une nouvelle bêtise et qu'un autre préfet ne le leur ramène, tout gentil comme une fleur, croyant bien faire en faisant son devoir.

Y'avait quelque chose qui l'énervait prodigieusement à l'idée de devoir jouer aux jardiniers pour la matinée.

C'était peut-être le côté genré de l'activité – les fleurs, c'était un truc de fille – et même si Flavian admettait facilement que c'était un peu débile, comme façon de penser, ça restait là, en arrière-plan dans son esprit. Ce qui n'était pas surprenant vu comment l'école l'avait traité depuis son arrivée en première année. On ne donnait pas des punitions comme ça à un type qu'on a mégenré depuis qu'on l'a connu – mais quelque part, c'était même pas tout à fait ça qui l'embêtait. Il faisait botanique avec tout le monde. Il était pas contre s'occuper des plantes. Et s'il aimait jouer aux gros durs il avait pas peur de faire de la pâtisserie non plus. Mais il n'attendait rien de la part de l'école – et les professeurs avaient tous abandonnés les uns après les autres eux aussi. On s'en fichait pas mal de ce qu'il devenait, on ne s'attendait plus à ce qu'il rentre dans le rang, et redevienne le gentil bon élève tout sage qu'il aurait du être, celui qui fermait sa gueule et ne transformait pas toute son existence en une provocation puérile au reste du monde (c'était d'ailleurs plutôt marrant, comme vie, fallait bien l'admettre, on s'embêtait pas avec lui). Holly l'avait vertement engueulé la dernière fois qu'il avait un peu trop dépassé les bornes, et puis voilà – mais même elle avait tendance à penser que c'était cool qu'il s'affirme ainsi.

Et Carthaigh, là, en voyant sa tête, avait eu une illumination. Flavian ne savait pas trop ce qui lui avait pris (sûrement l'abus de whisky dans le thé) mais ce prof avait décidé d'essayer de changer sa vie, en bien, à grand coup d'idées formidables et particulièrement inspirées. La thérapie par les plantes. Ouais. Pousser mémé dans les orties, c'était un truc de prof de botanique. Flavian l'avait sentie venir, la punition débile – les idées formidables des profs et des adultes, il les avait subies tout au long de sa vie. Carthaigh aurait mieux fait de se taire. La bombabouse qui sortait de sa bouche n'aurait même pas fait un bon fertilisant pour ses fleurs. Flavian préférait encore Emerald qui, au moins, pourrissait la vie des élèves dans le but avoué de leur pourrir la vie, et pas de tenter de les aider.

Flavian détestait tout le monde par principe, les fleurs y compris. Il n'était pas particulièrement de bonne humeur ce matin.

L'ennui, c'est qu'il était pas tout seul.

Il aurait pu noyer ces plantes tranquille en ruminant sa mauvaise humeur tout seul dans son coin, mais non, il avait fallu que Deborah se pointe. Deborah, c'était une espèce de grosse mouche qui lui tournait autour, parfois, parce que les mouches ont un don pour être agaçantes, c'est ce qu'elles font dans la vie, et parce que Flavian savait tenir tête à Ben. Aujourd'hui, Deborah était déguisée en hippie (forcément, vu le cadre) et semblait se demander ce qu'il faisait ici. Il la regarda d'un air un peu ahuri, et puis continua de noyer ses plantes. Deborah n'avait pas l'intention de le laisser tranquille, cependant, et revint à la charge, lui demandant ce qu'il fichait là.

« Je fais du tuning de balai, mademoiselle. A ton avis ? » répondit-il, d'un air tout à fait sérieux et légèrement offensé. « Et j'ai une gueule à aimer les fleurs, franchement ? Va te tailler un buisson et fous-moi la paix. »

Franchement. Voilà. Il était pas vraiment d'humeur à supporter les excentricités de la Serdaigle, là. Il sentait que si cette journée radieuse continuait de se dérouler aussi bien, il allait la planter la tête la première dans un gros pot de terre avant l'heure du petit déjeuner.



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Serdaigle



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Deborah Bolton
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Jeu 27 Aoû - 20:48




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Et elle aurait pu s’étonner du regard qu’il lui portait, ou bien encore s’en offusquer. Enfin, il semblait si peu convaincu, si peu ravi de la trouver là. Paraissait-elle si étrange, si étonnante, sortie de derrière un buisson en fleurs ? C'était pourtant là, toujours là, qu'on avait le plus de chances de la trouver. Deborah aimait les plantes, toutes, des plus grandes comme les bosquets, aux plus petites, aux plus insignifiantes, jusqu'à la fleur détachée, laissée pour compte aux pieds des pots, aux pétales tantôt fanés, desséchés entre ses doigts fins, les couleurs passées, et même jusqu'à l'odeur presque fade qu'on ne sentait plus, d'une rose morte. Deborah aimait tout. Deborah aimait la terre et tout ce que celle-ci avait à offrir dans son cycle, la perpétuelle éclosion de la nature et sa toute fin, avant le renouveau des bourgeons la saison suivante. Et Flavian pouvait-il seulement en dire autant ? Flavian parvenait-il seulement à s'arrêter sur des détails, rien que pour sentir les fragrances champêtres courant dans l'air, juste pour prendre le temps d'apprécier, de contempler. Alors, Deborah riait soudain, d'un bref mais puissant éclat. Car le Gryffondor jardinait réellement, et cela en vérité à défaut de bien lui aller, lui donnait une toute nouvelle sensibilité florale qu'elle serait très certainement l'unique à voir. Elle huma l'air, sans pour autant détacher son regard de l'Etrange. Et Flavian pour la première fois ne lui apparut pas comme cette brute locale et grossière qu'il était d'ordinaire, et c'était merveilleusement inouï de voir qu'il ne suffisait que d'un rien, d'un arrosoir pour une allée chargée d'arbustes verts, de quelques jardinières où on avait planté plusieurs espèces de fleurs différentes, du froissement des feuilles chatouillées d'eau, la fraîcheur encore matinale s'engouffrant entre les portes de la serre laissées entrouvertes, l'aurore levant, et la vie suspendue des jardins pour maquiller la violence d'un air de paysan las.

Flavian pouvait bien se montrer sarcastique. Il n'était pas effrayant. Et elle ne s'en allait pas, Deborah, alors que son sixième sens, son intuition féminine auraient dû la mettre en garde, et lui crier que, nécessairement, Flavian était d'une sale humeur. Mais il était trop tôt, le soleil pas tout à fait complètement haut, et elle pas suffisamment éveillée pour retrouver une once d'instinct. Ses réflexes engourdis et endormis, la jeune fille ne s'inquiétait pas. Et de ses pas feutrés, glissant sur les dalles de la serre, elle avait fini par se rapprocher tout à fait, de sa grâce insouciante, cette légèreté ambiante, et surtout, cet enchantement curieux, l'attrait de la nouveauté. Flavian.  

_ Mais, Flavian, si tu n'aimes pas les fleurs, pourquoi est-ce que tu t'en occupes ? Est-ce que tu les aimes en secret ? Puis, je t'assure que... Ce n'est pas grave d'être un garçon et d'aimer les fleurs. Je ne le dirai à personne.

Et elle continuait son cirque dans une parfaite ignorance, réagissant à peine à la mauvaise humeur de l'autre. Les derniers mots s'étaient perdus en un murmure, étouffés par un doigt levé sur sa propre bouche, tandis qu'elle mimait un "shh" prononcé pour assurer de son silence. Deborah croyait si fort avoir trouvé le chemin d'une porte menant tout droit à un jardin secret. Et il y avait l'excitation de l'indiscrétion dans son regard, l'amusement face à l'inconnu. Et puis cette espièglerie lutine comme si elle savait réellement tenir sa langue, comme si tous les élèves n'allaient pas savoir avant la fin de la journée que, Flavian adorait vraiment les fleurs.

_ Oh, Flavian. Il ne faut pas leur donner autant d'eau !

Car enfin elle aimait réellement les fleurs, bien trop pour laisser un amateur tuer les trois quarts des habitantes du jardin. Alors, déjà, elle avait sorti sa baguette pour retirer l'air de rien l'excès d'eau des jardinières. Et n'était-elle pas, soudain, agaçante de bons sentiments, agaçante de délicatesse, alors que, d'un autre côté, elle semblait rire si fort de la situation. Comme si tout n'était que gausserie importune. On n'aurait su dire sur quel pied elle était en train de danser tant le motif de sa présence là pouvait être ambigu. Vouloir bien faire, ou seulement se moquer. Et on aurait juré que cette attitude abondamment fournie en mièvreries semblait tout juste chercher à énerver l'autre.

_ Flavian, de loin tu ressembles à un jardinier.
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Gryffondor



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Flavian T. Maroon
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Mer 2 Sep - 22:59

Deborah s'était mise à rire. Il y avait de quoi. Flavian faisant du jardinage, c'était pas ce qu'on avait l'habitude de voir. C'était incongru, c'était déplacé, c'était étrange mais c'était juste assez normal pour ne donner rien de plus qu'un air de léger décalage, assez pour provoquer le rire ou la gêne. Flavian avait l'air d'un clown, et il le savait. Flavian n'était pas à sa place. Ce n'était pas le rôle qu'on lui donnait, ni le rôle qu'il se donnait lui-même.

C'était triste, quelque part. Il n'y avait pas besoin de grand-chose pour rendre la scène crédible. Il aurait suffi de chasser son air renfrogné, d'apaiser les traits courroucés de son visage, il aurait suffi qu'il se calme et qu'il se laisse faire, pour se reposer gentiment, comme quand il faisait de la pâtisserie. Il ne détestait même pas les fleurs, en soi. Il savait en façonner avec du sucre ou de la pâte d'amandes. Peut-être que dans un univers parallèle il y avait un Flavian jardinier.

Mais ce n'était pas cet univers-là. Dans cet univers-là Flavian avait l'air suprêmement dégoûté de faire du jardinage, un peu comme si on l'avait forcé à ravaler des seaux de limaces après un sortilège raté dans le club de duel. Il tenait son arrosoir comme s'il était toxique au toucher, et il traitait les plantes délicates avec les gestes brusques de celui qui bâcle son travail. Y'en avait marre, en somme. Flavian s'occupait de toutes ces petites fleurs fragiles avec de la haine dans les yeux.

Et il y avait Deborah qui lui tournait autour, attirée par l'étrangeté, comme toujours. Elle vivait dans ses petites histoires à elle, Deborah, et elle aimait bien les petites histoires des autres aussi. Elle avait l'air à sa place, elle, avec ses habits délurés et son petit air curieux – Flavian aurait même pu la trouver mignonne s'il n'avait pas eu envie de la noyer dans son arrosoir en cet instant précis, ou de l'abattre à coup de pelle, et peut-être qu'il aurait jouer à lui raconter des histoires carnavalesques s'il en avait eu l'envie. Mais il en avait pas envie. Pas du tout.

« J'aime pas les fleurs, c'est bon, lâche-moi » bougonna-t-il, en tentant de chasser la Serdaigle.

Mais l'ignorer ne servait à rien. Deborah le suivait comme une pixie, malicieuse, pointant du bout de la baguette tout ce qu'il faisait de mal avant de s'occuper de réparer ses erreurs, l'air de rien, comme ça, sans rien dire parce qu'elle en avait pas besoin. Deborah, elle faisait tout bien, elle faisait tout mieux que l'autre, et elle le savait. Elle ne voulait qu'aider, n'est-ce pas. Elle et son petit sourire de lutin n'étaient là que parce qu'elle avait envie de se rendre utile et d'accompagner Flavian dans son apprentissage du jardinage. N'est-ce pas.

De loin, il ressemblait vraiment à un jardinier.

De près, il avait plutôt l'air en colère.

« J'sais pas, Carthaigh m'a dit de veiller à ce qu'elles aient pas soif, les pauvres petites plantes. » finit-il par remarquer, se tournant -enfin!- vers la jeune fille. « J'voudrais pas le décevoir. »

Et, théâtralement, en veillant bien à ce qu'elle puisse le voir, Flavian souleva son arrosoir, et le retourna juste au-dessus d'un cactus. Toute l'eau tomba d'un coup sur la pauvre plante.

« Tu penses qu'il en a assez ? Je peux faire plus d'eau, tu crois, un aguamenti me permet d'en avoir a volonté. C'est laquelle ta préférée ? Je voudrais pas qu'elle dépérisse. »

C'était d'un puéril. Typiquement le genre de comportement qu'il pouvait adopter. L'ennui avec Deborah, c'est qu'il ne savait jamais vraiment ce qui pouvait l'énerver – mais rien n'allait l'empêcher d'essayer. Et puis, peut-être qu'après cette matinée, Carthaigh n'oserait plus lui donner le soin de ses plantes. Il était déjà fiché auprès des profs, alors fichu pour fichu, hein.

« T'es sûre de pas vouloir vérifier que j'ai l'air d'un jardinier de nouveau ? Tu pourrais aller loin, très loin. Si tu vas suffisamment loin, et que tu t'retournes, j'aurais peut-être même l'air d'un vrai prof de botanique en train de vraiment noyer ses plantes. »



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Deborah Bolton
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Lun 21 Sep - 16:09




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Flavian avait les mots bruts, les mots gauches qui semblaient maladroits, des mots d’agacement qui se répercutaient à peine dans les oreilles de Deborah, glissaient juste sous ses yeux encore hagards, échappaient tout juste aux épaisses badigoinces qui mordaient l’air de soupirs aises. Elle savait faire preuve de patience, Deborah. Elle possédait cette langueur corporelle, et dans la voix aussi, qui chantaient et charmaient les sens d’un doux air soporifique. Et c’était une sorte de magie encore différente en subtilité qui semblait vouloir opérer ici. Elle assommait les choses, Deborah. C’était l’air ambiant mêlé à la fragrance des fleurs, à son souffle chaud, joueur, qui retombait mollement autour d’eux en une sphère étroite, s’appropriait l’espace, compressé de toute part entre les jardinières en fleurs, visait tout juste à écraser l’autre d’engourdissement. Une torpeur obstinée.

_ Si Flavian, tu aimes les fleurs.

Elle appuyait doucement, certainement, avec une insistance tendre, lourde encore, de cette assurance folle et déplacée qu'ont les gens qui refusent d'admettre la vérité. Elle contredisait, Deborah, le visage rieur, imaginant, inventant. Et Flavian dans le fond ne comptait pas vraiment, s'il s'agissait seulement de dire ou de faire ce qui lui plaisait, égarée encore dans ses affabulations quotidiennes comme unique reflet du monde perdu qu'elle rêvait, dans lequel encore elle habitait. Et Flavian, au milieu de tout ça, y avait l'âme d'un jardinier.

Elle lisait cependant assez bien cette colère dans les traits du garçon, l'amertume face au châtiment offert par monsieur Carthaigh. Elle comprenait encore l'ironie, malgré son air hagard faussement né de la dernière pluie. Elle n'était pas bête, Deborah, juste pas très honnête, juste avec cette faculté de pouvoir occulter les choses, de ne plus les voir, de les transformer. Alors elle était restée de marbre, tandis que Flavian déchaînait sa haine sur un cactus, s'amusant à le noyer sous une trombe d'eau. Il croyait peut-être qu'elle ne savait pas ce qu'il essayait de faire, de secouer en elle. Mais Deborah n'avait pas bronché, pas même fait un pas de côté pour espérer réparer les dégâts. Juste, un lent battement de cils, pourtant, réaffirmant cette accalmie qui semblait obstinément refuser de la quitter. Elle subissait Deborah, avec de fins sourires, une passivité contrôlée. Elle croyait encore que Flavian n'aurait pas su s'y prendre pour réellement l'agacer. Et c'était vrai qu'il ne savait pas, pas encore.

_ Tu es un enfant Flavian. C'est pour ça qu'on est toujours obligé de te punir, tu ne réfléchis pas assez.

Son sourire, narquois, n'avait pas disparu. Et, au lieu de s'éloigner comme il le lui avait suggéré, la jeune fille avait préféré se rapprocher, à quelques centimètres juste, légèrement penchée vers son visage, sur la pointe de ses pieds, obligeant encore le contact de ses yeux plongés dans les siens, un défi à peine susurré du bout des lèvres. Ah. Elle envahissait l'espace, Deborah, comme de la mauvaise herbe, sans laisser le choix.

_ Mais si je recule Flavian, je ne pourrai plus voir ta mauvaise tête de loin. Tu ronchonnes comme un vieux jardinier gâteux.


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